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‘‘S’affranchir d’un plan de transport fixe basé sur un nombre restreint de prestataires ’’


Jérôme BOUR, PDG de DDS LOGISTICS

Jérôme BOUR, PDG de DDS LOGISTICS.


Interview réalisée le mardi 6 avril 2021 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « S’y retrouver dans la galaxie des solutions transport »


Quelles sont les principales attentes des chargeurs vis-à-vis des solutions de transport ?

Les attentes traditionnelles des chargeurs correspondent au triptyque suivant :

  • Réduire les dépenses transport.
  • Optimiser l'efficacité des tâches des employés (productivité administrative).
  • Avoir de la visibilité sur les opérations.

Deux nouveaux sujets ont néanmoins émergé ces dernières années :

  • La nécessité de pouvoir mesurer les émissions de CO2 générées par leurs opérations de transport dans l’optique de mettre en œuvre des actions correctives.
  • L’obligation de définir une supply chain plus résiliente. Ce point est désormais au cœur des préoccupations des organisations. Quelque soient les modes de transport qu’elles utilisent, toutes les entreprises ont été impactées ces derniers mois. Encore ces dernières semaines, le maritime et surtout l'aérien ont connu de fortes perturbations.

C’est le rôle du TMS d’aider les industriels et les distributeurs à atteindre ces différents objectifs.  


Qu’est-ce qu’un logiciel TMS ?




Comment un chargeur peut-il améliorer sa résilience ?

Nombre d'entreprises se sont rendu compte qu'elles étaient dépendantes d'organisations figées. Le transport n’est pas un domaine infaillible. Ce n’est pas parce que le même prestataire est utilisé depuis plusieurs années que l’entreprise est assurée de pouvoir bénéficier d’un niveau de service constant.

Sans solution digitale, il est très difficile de s’affranchir d’un plan de transport fixe basé sur un nombre restreint de prestataires. Quand l’un d’entre eux, pour des raisons indépendantes de sa volonté fait défaut, la mise en œuvre d’alternatives est longue et complexe.

Avec un TMS au contraire, le référencement de plusieurs schémas de transport avec des prestataires associés à chacun d’entre eux est facilité. L’entreprise peut dès lors rapidement switcher sur un nouveau transporteur ou sur un nouveau type de flux si nécessaire.Il peut par exemple s’agir de :

  • Passer sur du flux colis si la plateforme à partir de laquelle le chargeur livrait jusqu’à présent en camions complets est fermée.
  • Ouvrir la possibilité à ses clients de récupérer leurs commandes sur un mode drive si la prise de rendez-vous avec les transporteurs ne fonctionne plus.
  • Opter pour de l’aérien dans le cas où un conteneur devait embarquer sur un navire alors que le Canal de Suez est bloqué.
  • Etc.

En résumé, la résilience transport de l’organisation repose en fait sur :

  • La capacité à anticiper par la définition de schémas alternatifs et le référencement d’un large panel de prestataires.
  • La capacité à basculer rapidement sur ces nouveaux schémas et transporteurs en fonction de l’évolution des conditions externes et des besoins de l’entreprise.

L'utilisation d’un TMS est pour cela une condition nécessaire, mais non suffisante, l’entreprise devant opter pour une vraie politique d’évaluation des risques sur la sécurisation de ses approvisionnements.


Comment s’assurer de la fiabilité de ses transporteurs ?

D’abord, nous conseillons de travailler avec les prestataires sur la durée et sur la base de relations contractuelles avec des tarifs définis.

Ensuite au moment du choix, le rôle de l'acheteur est de comparer les offres au-delà du seul aspect tarifaire.
Nous conseillons ainsi d'associer aux tarifs des éléments d'engagement de qualité de service, incluant les éléments de manipulation de l'information.

Pour permettre de piloter la qualité de service, les solutions de transport utilisées par les chargeurs vont en effet devoir récupérer des données provenant des transporteurs. Celles-ci peuvent être directement issues de remontées depuis les TMS des prestataires ou si ceux-ci n’en disposent pas d’applications mobiles mises à disposition des chauffeurs. Nombre de solutions technologiques sont disponibles sur le marché.

Dans tous les cas, un transporteur ne peut plus aujourd’hui s’affranchir de ces remontées d'information.

Enfin, au-delà de ce suivi, le chargeur a bien entendu tout intérêt à mener une revue de performance régulière avec ses transporteurs.


En quoi les attentes des prestataires vis-à-vis des solutions vont-elles différer de celles des chargeurs ?

Qu’ils soient transporteurs ou commissionnaires, les prestataires ont des besoins en miroir de ceux des chargeurs :

  • Sur l’aspect visibilité, ils doivent directement produire la donnée et la mettre à disposition de leurs donneurs d’ordre alors que ces derniers doivent de leur côté la consolider auprès de l’ensemble de leurs prestataires et la rendre exploitable pour bénéficier d’alertes, estimer des ETA ou encore mesurer la qualité de service.
  • Sur l’aspect productivité, ils cherchent à optimiser leurs opérations. C'est là l’intérêt pour eux de s’appuyer sur des solutions d'optimisation de tournées.

Enfin les prestataires vont chercher à piloter le plus finement possible leurs marges entre leurs coûts (interne ou externe) et leurs ventes.


Pouvez-vous nous présenter un rapide panorama des solutions existantes ?

Chacun des 3 métiers (chargeur, transporteur, commissionnaire) va être adressé par des solutions dédiées, sachant que certains éditeurs sont spécialisés sur un métier en particulier et d’autres en couvrent plusieurs. C’est le cas de DDS Logistics qui propose des TMS à destination des chargeurs, des 4PLS et des commissionnaires. Ces TMS couvrent les aspects de planification, de gestion des tarifs et de visibilité.

Il existe ensuite deux types de solutions complémentaires aux TMS :

  • Les solutions d’optimisation de tournées : elles peuvent être utilisées comme une solution à part entière ou bien être intégrées à un TMS. C’est cette option que nous proposons à nos clients chargeurs qui opèrent en propre une partie de leurs flux à travers notre partenaire Mapotempo.
  • Les plateformes digitales : elles se positionnent sous deux sous-segments :
    • L'intermédiation qui peut s’apparenter à de l'affrètement digital. C’est ce que proposent des acteurs comme Sendder, Fretly, Fretlink ou Ocargo. À travers leurs plateformes, ils mettent en relation chargeurs et transporteurs. Ils ont d'ailleurs souvent le statut de commissionnaires.
    • La collaboration avec des solutions 100% dédiées visibilité comme Wakeo, Project44… Chez DDS Logistics nous proposons la plateforme collaborative Join2Ship qui nous permet d’adresser les acteurs sans limites de taille.

Qu'est-ce qu'une plateforme collaborative ?


Le marché a donc vu apparaitre dans les dernières années une série de nouvelles offres autour des plateformes. Celles-ci ont eu le grand mérite de créer une certaine effervescence. Elles ont par contre largement complexifié la compréhension des industriels et distributeurs sur le type de solutions adaptées à leurs besoins.

Le niveau de connaissance de ces entreprises est en fait assez variable. Même s’il progresse peu à peu, le taux d’équipement reste faible et les cahiers des charges que nous recevons se limitent bien souvent à « nous voulons digitaliser notre transport ».

Le recours à un consultant est dès lors bénéfique. Il accompagne l’entreprise pour l’aider à bien définir son besoin, préidentifier les éditeurs proposant des solutions adaptées et identifier les éléments qui vont réellement différencier les solutions.


Le budget transport est-il encore un critère à considérer au moment de décider de s’équiper ?

Ce n’est plus vraiment le cas.

Pour les transporteurs et commissionnaires, y compris pour les plus petits acteurs, le TMS est le principal outil de travail. C’est la solution qu’ils utilisent pour pouvoir facturer leurs donneurs d’ordre.

Auparavant pour les chargeurs, on considérait qu’en dessous de 5 millions d'euros de budget transport, il n’était pas pertinent de s’équiper d’une solution TMS. Avec l'apparition de plateformes plus légères proposant un périmètre fonctionnel moins complet, quasiment toutes les entreprises sont désormais éligibles à des fonctions d'affrètement, d’édition d'étiquettes, de traçabilité, etc. Elles doivent en effet toutes donner de la visibilité à leurs propres clients ce qui n’est pas faisable avec le seul Excel.

Dans certains cas, la décision d’équipement peut même être poussée par les transporteurs peu enclins à continuer à recevoir des commandes par e-mail ou par fax au regard des coûts d'intégration dans leurs systèmes.

Il est également possible de cibler les fonctionnalités qui permettront d’atteindre les bénéfices le plus rapidement possible. C’est le type de raisonnement que nous poussons chez DDS Logistics avec des offres packagées offrant ainsi la possibilité à toute entreprise d’investir dans une solution transport.


Quels sont les critères qu’un chargeur aura intérêt à considérer pour faire son choix entre plusieurs TMS ?

Ils sont de 5 ordres :

  1. Les modes de transport utilisés. La plupart des TMS traitent le routier. Sur l'aérien et le maritime, l’offre est plus limitée. S’assurer que les solutions identifiées gèrent bien les modes opérés par l’entreprise permet donc de faire un premier tri. Même sur le routier d’ailleurs, certaines solutions sont orientées flux colis quand d’autres sont orientées camions complets.
  2. La gestion des tarifs. Les tarifs transport peuvent être très complexes à gérer dans les solutions, en particulier parce qu’en plus d’une grille par tranche de poids ou par nombre de palettes, il convient d’ajouter frais annexes et surtaxes. C’est réellement un élément différenciant entre les TMS. Nous conseillons d’ailleurs généralement aux prospects qui nous sollicitent de prendre les tarifs qu’ils ont négociés avec leurs transporteurs et de demander aux éditeurs de les intégrer dans leurs solutions afin d’en tester la bonne intégration.
    Il est en effet primordial que la solution retenue soit en mesure de comparer les transporteurs les uns aux autres sur les bonnes bases tarifaires. Idem pour la préfacturation et le contrôle factures, il s’agit que toutes les « subtilités tarifaires » soient bien appliquées.
  3. Le niveau de détail auquel l’entreprise veut descendre. Prenons le cas de la traçabilité. L’enjeu est-il d'avoir de la visibilité sur ses expéditions ou plutôt sur ses produits ? La visibilité sur le moyen de transport est souvent disponible. Pouvoir suivre ses produits nécessite par contre de disposer d’une solution en mesure de piloter plusieurs niveaux de liens (entre le produit et la commande dont il fait partie, entre la palette et les moyens de transport successifs qui l’acheminent, etc.)
    Toutes les solutions n’adressent pas les mêmes sujets avec le même niveau de finesse.
  4. La maitrise des émissions de CO2. C’est un élément que l’on retrouve désormais régulièrement dans les cahiers des charges. Là encore il s’agit de s’assurer de la finesse à laquelle le TMS est capable d’opérer ses calculs (au moyen de transport, à une quote-part de tonne.CO2 émise au produit, etc.). Le point est d’autant plus différenciant que le besoin est encore neuf et que certains éditeurs n’ont pas encore beaucoup d’expérience sur le sujet.
  5. La compétence métier de l’éditeur. Au-delà de la solution en elle-même, la capacité des équipes de l’éditeur à l'intégrer est clé. Il s’agit alors de s’assurer des ressources et compétences mises à disposition du projet.

Les commissionnaires ont-ils des critères additionnels à considérer ?

Sur la commission internationale, les solutions sont finalement assez proches les unes des autres. Les principaux points différenciants porteront sur :

  • La finesse de la facturation. Il s’agit de pouvoir facturer sur une unité d’œuvre qui peut différer de celle de l’achat. Par exemple facturer au mètre linéaire alors que l’opération est achetée à la palette.
    L’enjeu est de s’assurer de maitriser la marge de l’entreprise.
  • La gestion des opérations douanières. Dans un projet commissionnaire, le TMS devra quasi systématiquement s’interconnecter avec un système ou un partenaire douanier. Certains de nos confrères proposent une solution douanière en plus de leur TMS. Chez DDS Logistics nous avons fait le choix de nous appuyer sur un partenariat avec Conex, spécialiste leader du secteur.
  • La gestion de la relation commerciale. Dans le monde de la commission de transport, le CRM est en lien étroit avec les opérations. L'articulation CRM / cotations / opérations est clé. Nous proposons un CRM, mais sommes également en mesure d’interfacer notre TMS avec les différents CRM du marché.

Comment s’assurer de la capacité des solutions à répondre à son besoin ?

La qualité de l’expression de besoin est prépondérante. Il s’agit de s’assurer de bien lister ses attentes fonctionnelles, de définir clairement les données qui vont être manipulées et les interfaces nécessaires avec les autres systèmes.

Ensuite, il sera intéressant d’avoir une démo qui permettra de justement traiter ce type de questions.

Pour aller plus loin, le POC peut également être pertinent. Celui-ci fait souvent l’objet d’une prestation payante. Je pense qu’au vu des enjeux cela ne doit pas constituer un frein. Quand l’entreprise s’apprête à s'engager sur des solutions structurantes, l’argent consacré à s’assurer que la future solution répondra bien à ses besoins et que les utilisateurs y adhéreront sera assez vite rentabilisé.


Quels sont les points de différenciation de votre offre ?

DDS Logistics propose donc une offre complète de TMS à destination des chargeurs et des commissionnaires auxquels vient s’ajouter une plateforme collaborative.

Les principaux éléments qui nous distinguent de nos confrères sont :

  • Le fait que nous ayons concentré notre offre sur l’édition de solutions transport uniquement. Notre R&D est donc 100% dédiée au transport. Cela nous permet de faire continuellement évoluer nos produits, de les enrichir en permanence.
    Nous avons par exemple beaucoup investi sur l'aspect collaboratif avec Join2Ship ces dernières années. Nous travaillons en ce moment sur les aspects d'optimisation, en particulier pour le remplissage des moyens ou des conteneurs et également sur les émissions de CO2.
    Cette spécialisation transport se reflète également dans l’expertise métier de nos équipes d’intégration.
  • Notre capacité à traiter les flux de la plupart des entreprises, quels que soient leurs tailles, les périmètres géographiques, les modes de transports qu’elles utilisent, etc.
    Par exemple sur le routier, notre expertise couvre aussi bien les flux colis, que les camions complets. Idem, nous avons une vraie légitimité sur la gestion des flux internationaux qui vient en grande partie de notre expérience de travail avec les transitaires.
  • La finesse de paramétrage de nos solutions qui nous permet de traiter avec le même TMS aussi bien des sacs à main que des poutrelles d'acier ou du shampoing.
  • Notre capacité à connecter nos TMS aux écosystèmes transport et logistiques de nos clients. Nous sommes à ce titre totalement agnostiques. C’est d’autant plus important que le TMS arrive généralement dans un contexte ou l’entreprise utilise déjà un ERP et un WMS depuis plusieurs années.
  • Notre expertise métier en termes d’intégration de solutions transport.

Bio Express

Jérôme BOUR a pris la Direction de DDS Logistics en 2000. Il a auparavant occupé les postes de Directeur Informatique du Groupe DAHER, de Responsable de l’organisation et des systèmes opérationnels chez DHL et de Consultant chez Ernst & Young.

Site Internet de DDS Logistics : https://www.ddslogistics.com/


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