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Dossier sur la digitalisation des entrepôts

INTERVIEW

‘‘ Pouvoir intégrer facilement les nouvelles technologies au fur et à mesure de leur apparition ’’
F.BIESBROUCK, BK SYSTÈMES


François BIESBROUCK, Directeur de BK SystèmesInterview de François BIESBROUCK, Directeur de BK Systèmes.
Réalisée le 16/03/2020 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « La digitalisation au cœur de la performance des entrepôts ».


Où en est la digitalisation de la logistique ?

L’amélioration considérable des réseaux intra et interentreprises combinée à la montée en puissance de la connectivité entre les systèmes et les objets ont permis d’amener un niveau d’interaction dont la frontière ne cesse d’être repoussée.

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‘‘ L'Intelligence Artificielle dans la logistique : état des lieux et perspectives ’’

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‘‘ Renforcer l’agilité de l’entreprise dans un contexte omnicanal ’’

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Ce qui est intéressant c’est que tous les domaines d’activité viennent contribuer les uns aux autres, Cela représente autant d’outils et d’opportunités à saisir, ou du moins, à étudier.

Nous, en logistique, nous bénéficions bien évidemment de toute cette manne de technologie sur laquelle nous pouvons exercer notre créativité.

Fort de cela, les entrepreneurs de notre secteur rivalisent de propositions pour essayer d’améliorer les processus opérationnels, la traçabilité, la productivité et la mise à disposition d’informations. Ce tableau peut être complété avec les potentialités de l’intelligence artificielle pour obtenir un laboratoire dans lequel s'élabore tout un tas de solutions plus ou moins efficaces, plus ou moins marketing, mais dont certaines se révèlent être extrêmement pertinentes.


Quels bénéfices la digitalisation peut-elle apporter à la performance de l’entrepôt ?

Dans l’entrepôt, au cœur des processus, ce sont les fonctions d’identification et de localisation qui en ont le plus bénéficié. La pose d’une étiquette RFID transforme n’importe quelle marchandise en objet connecté.

Les améliorations concernant le positionnement géographique des smartphones et les technologies GPS nanométriques transforment chaque opérateur en balise localisée à 5 cm près.

Les systèmes vidéo à haute définition permettent, grâce à des logiciels de décodage basés sur l’intelligence artificielle, d’interpréter assez facilement des informations de type code à barres ou tag, voire même d’effectuer de la reconnaissance d’objets.

On fait donc converger les technologies. L’association de chacune d’entre-elles permet d’atteindre un bénéfice supérieur à la simple somme des parties. Les éditeurs de WMS ont donc à leur disposition tous ces dispositifs pour essayer d’optimiser les processus. Les bénéfices peuvent se retrouver à peu près dans toutes les fonctions de l’entrepôt.

Par exemple en réception, mixer les attendus transmis par EDI avec la lecture automatique d’un tag RFID d’une palette ou d’un colis permet de récupérer automatiquement tout le détail de leur contenu, avec tous les éléments de traçabilité si nécessaires.

La localisation en temps réel des opérateurs permet par exemple de réagencer en temps réel les missions de préparation en fonction des nouvelles commandes enregistrées, ce qui optimise les chemins de préparation et la réactivité.

Les mêmes fonctionnalités s’appliquent à une flotte de cariste. Le choix de telle ou telle palette à manutentionner peut se faire en tenant compte de la position des chariots pour éviter les embouteillages dans les allées.

Même chose en expédition, la RFID permet par exemple d’identifier 100 % du contenu d’un colis, et de garantir un niveau de qualité incomparable.

Grâce à ces nouvelles technologies périphériques, il est ainsi possible d’amener de l’intelligence supplémentaire dans le WMS.




Comment concrètement faire bénéficier les WMS de ces nouvelles opportunités ?

Bien évidemment, si toutes ces technologies sont disponibles, leur intégration nécessite des compétences particulières que nous n’avons pas forcément en interne dans nos entreprises. À chacun son métier.

L’utilisation de ces technologies passe donc par la mise en place d’alliances avec des spécialistes de tel ou tel domaine. Cela passe aussi par la capacité des WMS à s’interfacer avec ces technologies de manière efficace et transparente.

L’agilité du WMS est un des critères majeurs pour en bénéficier, d’autant plus qu’en fonction du contexte, le choix des technologies peut parfois être le fait du client. Je pense par exemple aux techniques d’interface avec les flottes de chariots automatiques où chaque fabricant met à disposition ses propres outils avec ses propres concepts.

Dans ce contexte, le WMS devient la plate-forme à travers laquelle l’ensemble des technologies converge. Le WMS qui est par essence le double numérique de l’entrepôt interagit de plus en plus et de mieux en mieux avec l’environnement physique réel. Les fonctions de base sont toujours les mêmes, mais avec chaque nouvelle technologie, c’est comme si on ajoutait un sens supplémentaire : la vue, le toucher, la situation dans l’espace, la voix, etc. Néanmoins, le WMS reste le cerveau du système d’information de l’entrepôt, celui qui interprète et qui décide.


Quid de la relation avec les équipements ?

Il est intéressant de constater que des équipements qui étaient auparavant totalement indépendants ont pris leur part dans l’évolution en intégrant à leur niveau les nouvelles technologies issues de la digitalisation et de l’essor de l’intelligence artificielle.

Par exemple, les fabricants de chariots proposent désormais du matériel autonome. En conséquence, le WMS doit finalement, simplement changer son niveau d’interface. Alors qu’il était jusqu’à peu orienté vers le cariste à travers un terminal radiofréquence, le système d’interface est désormais en lien direct avec le matériel.

Sur le fond, il s’agit toujours d’entrer ou de sortir des palettes et d’ailleurs bien souvent, les deux systèmes cohabitent.


Quels conseils pourriez-vous donner à une organisation qui souhaite mener un projet de digitalisation de son entrepôt ?

Une entreprise qui se pose la question de la digitalisation de son entrepôt doit toujours avoir en tête que l’objectif est une amélioration de la productivité et/ou de la qualité.

De plus, la technologie d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier ni celle de demain. Il faudra donc s’appuyer sur des WMS qui auront cette capacité à intégrer facilement les nouveaux outils au fur et à mesure de leur apparition.

L’architecture est donc essentielle et l’agilité garantit de pouvoir bénéficier à terme des technologies qui pourront rendre service à l’ensemble de la chaîne logistique, et plus particulièrement, dans notre cas, à l’entrepôt. Par ailleurs, dans toute cette agitation autour des nouvelles technologies, il faut rester vigilant sur les vraies innovations efficaces et ne pas se laisser emporter par les sirènes du marketing et de la communication.


Quelle est l’offre de BK Systèmes en rapport avec la digitalisation des entrepôts ?

En ce qui nous concerne, nous avons conçu notre solution Speed WMS comme une plate-forme idéale d’agilité.

Le cœur de notre application est un WMS robuste, expérimenté et puissant, capable de s’adapter aux entrepôts les plus simples, comme aux plus sophistiqués, quels que soient les volumétries et les secteurs d’activité.

Sur cette base, nous sommes capables d’intégrer toutes les technologies. Par exemple, nous avons intégré la localisation indoor et outdoor, notamment pour les opérateurs dans l’entrepôt et les chauffeurs dans leurs tournées de distribution.

Autre exemple, notre module de communication et d’alerte permet de disposer d’un système d’échange d’informations en temps réel avec tous les interlocuteurs de quelque nature que ce soit autour de l’entrepôt.

Nous avons également une bonne expérience dans le domaine de la RFID et sommes parfaitement prêts pour expérimenter toutes les opportunités offertes par les nouvelles technologies qui émergeront dans les prochains mois et années.


Bio Express

François BIESBROUCK a commencé sa carrière en tant que Responsable Informatique chez le prestataire logistique FDS (qui a été intégrée depuis à HAYS Logistique puis Kuehne + Nagel). Il y a acquis une forte expérience opérationnelle dans le domaine de la gestion d’entrepôt. Au début des années 1990, il propose à la SSII Hardis de s’engager dans une nouvelle voie en développant un WMS. À partir de cet accord, François BIESBROUCK prend la direction du Département Logistique et développera le WMS Reflex. En 1998, il crée la société BK Systèmes et développe la première version de la solution Speed WMS en 2003 puis en 2019 FOXY APS. L'activité est centrée sur la gestion des entrepôts, des sites de production, de distribution et de leur approvisionnement. À ce jour, BK Systèmes est composée d'une soixantaine de collaborateurs en France, avec plus de 150 clients dans plus de 25 pays.

Site Internet de BK Systèmes : http://www.bksystemes.fr/


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