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‘‘Le défi majeur des entrepôts est celui de la flexibilité ’’


Isabelle BADOC, Supply Chain Solutions Marketing Manager chez Generix Group

Isabelle BADOC, Supply Chain Solutions Marketing Manager chez Generix Group


Réalisée le lundi 14 février 2022 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « Entrepôt : Nouveaux défis, nouvelles opportunités »


À quels principaux défis les entrepôts sont-ils confrontés ?

Lors de son intervention au HUB Institute début février, le Directeur de la Supply Chain de Stellantis soulignait que dans notre secteur, le nouveau paradigme était celui du dysfonctionnement permanent. Cela s’est avéré particulièrement juste pour les sites logistiques ces derniers mois.

La pandémie et les perturbations subies sur les transports internationaux ont en effet soumis les entrepôts à rude épreuve avec du personnel absent, des ruptures de stock en amont de la chaine, etc.

Dans le même temps, l’accélération du e-commerce ces deux dernières années a élevé le niveau d’exigence et obligé les sites à adopter de nouveaux modes de fonctionnement.

Cette hausse du degré d’incertitude combinée à des promesses clients toujours plus ambitieuses met l’entrepôt face à un nouveau défi : celui de la flexibilité.




À quels enjeux spécifiques les entrepôts e-commerce sont-ils soumis ?

D’abord, les exigences en termes de délais de livraison sont particulièrement fortes, ce qui se matérialise dans l’entrepôt par des fréquences de cut offs accrues. Le temps dont il dispose pour préparer une commande est donc toujours plus court. L’organisation adoptée doit permettre de reprioriser en continu les opérations pour satisfaire la promesse formulée aux clients. Toutes les fonctions sont concernées : réception, mise en stock, préparation, packing, etc.

Un entrepôt qui avait une activité traditionnelle d’approvisionnement de magasins doit désormais déployer de nouveaux modes et circuits de picking. Je pense notamment aux processus de ramasse qui permettent de mutualiser la préparation des commandes unitaires.

L’entrepôt e-commerce doit également être en mesure de déployer de nouveaux moyens de production automatisés et robotisés en particulier pour le packing : formage des cartons, calage, pose de coiffes, pesée, etc.

Ensuite, un e-commerçant doit souvent élargir son panel de transporteurs pour proposer une offre de livraison adaptée aux attentes de ses clients. L’entrepôt doit donc se connecter à de nouveaux acteurs, par exemple à des prestataires spécialisés sur le dernier kilomètre. Le défi est ici informatique. Heureusement, des plateformes du type Teliae ou TDI facilitent cette connexion. Elles permettent de grandement simplifier la tâche pour les chargeurs, en particulier sur le volet génération des étiquettes transporteurs.

Enfin, pour tenir la promesse faite à leurs clients, encore faut-il que les e-commerçants disposent d’une visibilité sans faille sur les stocks (quantités disponibles à la vente, lieux de stockage, etc.). C’est un prérequis pour pouvoir proposer des délais et des options de livraison pertinents. Une solution OMS permet d’adresser efficacement ce besoin en déterminant depuis quel stock et dans quelles conditions servir le client.


Quel levier activer pour rendre son entrepôt plus flexible ?

La première chose est d’être en mesure d’analyser finement la productivité de ses ressources (matérielles et humaines) pour déterminer les cadences associées à chaque typologie de commande ou d’opération.

En fonction de ces éléments, le WMS doit pouvoir dynamiquement prendre des décisions et switcher facilement d’un mode d’organisation à un autre, c’est-à-dire adapter la façon d’utiliser les ressources humaines comme matérielles. Par exemple changer l’affectation des commandes (d’une ligne de mécanisation vers une équipe ou vice versa).

Les modèles d'Intelligence Artificielle sont à ce titre prometteurs. Inclus dans un processus de décision complètement automatisé, ils sont en mesure de tenir compte de l’ensemble des paramètres : contraintes, vélocité de production, disponibilité, objectifs, caractéristiques des commandes, etc.


Comment pallier les problèmes d’approvisionnement auxquels sont confrontés les entrepôts ?

Il est à mon sens devenu nécessaire de revoir le dimensionnement des stocks de sécurité pour les produits et composants stratégiques. Je pense par exemple aux best-sellers de Noël, aux articles de base nécessaires à la satisfaction des clients ou encore aux composants indispensables à la continuité des chaines de production des industriels.

Néanmoins, un niveau de stockage plus élevé a évidemment des incidences.

Si l’entreprise opère la logistique par elle-même, la question de la densification du stockage peut se poser. Au-delà des traditionnels transstockeurs, des systèmes de type Autostore se sont développés ces dernières années. Ils permettent d’exploiter plus de volume sur une même surface et évitent de devoir déménager ses stocks.

Si l’entreprise a recours à un prestataire logistique, le WMS doit pouvoir être rapidement déployable pour autoriser l'ajout de mètres carrés de stockage sans nuire à sa continuité d’activité. L’utilisation de templates est à ce titre recommandée.

Enfin, si devant la complexité de la tâche, les entreprises ne sont pas condamnées à réussir à chaque fois, il est néanmoins indispensable qu’elles informent leurs clients des retards ou manques de produit. Le pire est de mettre le destinataire devant le fait accompli le jour de la livraison. La visibilité constitue donc un levier de satisfaction des clients. Elle contribue à l’image que l'entreprise leur renvoie dans la mesure où elle permet d’attester de sa maîtrise des opérations.

Generix vient de publier son Guide de l’entrepôt du futur.

Le secteur est en pleine effervescence. Automatisation, robotisation, Intelligence Artificielle, visibilité Supply Chain… nombreuses sont les opportunités qui doivent permettre d’accompagner les évolutions rapides des modes de consommation et d’entrer dans l’ère de l’entrepôt du futur.

Comment les plateformes sont-elles en train de s’adapter ? Qu’attendre des dernières innovations ? Quelles sont celles qui devraient émerger dans les prochaines années ?

Le livre blanc de Generix Group présente des éléments de réponse à ces questions afin d’aider les entreprises à préparer l’entrée de leur logistique dans une nouvelle ère.

Le guide est téléchargeable sur le site de l’éditeur.


Comment pallier la pénurie de main-d’œuvre dans l’entrepôt ?

Les métiers de l’entrepôt sont traditionnellement durs et éprouvants.

La pénibilité du travail des collaborateurs peut néanmoins être réduite grâce à la robotisation. Celle-ci les libère d'actions répétitives et physiques ce qui permet de leur affecter en priorité des tâches à plus forte valeur ajoutée.

L’intérêt du poste peut également être amélioré grâce à la diversification des missions. Cela nécessite de travailler la polyvalence des équipes, ce qui est aussi pour leur employabilité et pour la flexibilité de l’entrepôt.

Les outils de digital learning qui collent bien avec les modes de vie des jeunes collaborateurs peuvent contribuer à cet objectif de polyvalence. Ils permettent d’apprendre une nouvelle mission par petites touches en y consacrant simplement quelques minutes. Cela est également utile quand il s’agit de rendre rapidement opérationnels des intérimaires.


Est-ce quelque chose que vous proposez déjà ?

Dans notre WMS, la formation à destination des super utilisateurs (ceux qui vont paramétrer le système) est déjà digitalisée.

Il est néanmoins possible d’aller plus loin en adressant les utilisateurs clés. C’est ce que nous sommes en mesure de proposer sous forme d’accompagnement à la création de modules de formations sur mesure, chaque entrepôt disposant encore de processus qui lui sont propres, notamment dans les phases de réception, de préparation et d’emballage.

À mon sens dans les prochaines années, fournir des modes opératoires en module Digital Learning deviendra un livrable à part entière d’un projet WMS.

Nous disposons d’ores et déjà des outils de digital learning et des compétences métiers pour aider nos clients en ce sens.


Où en êtes-vous sur le sujet de l’IA appliquée à l’entrepôt ?

En ce qui concerne l’Intelligence Artificielle, il est possible de distinguer 3 étapes :

  1. L’analyse fine

Il s’agit de comprendre les causes des dysfonctionnements grâce aux outils d'analyse qui permettent de mettre en évidence des coefficients de corrélation. C'est ce que nous faisons avec notre solution Data Power.

  1. La capacité prédictive

Il s’agit de mettre sous contrôle les causes identifiées. Les algorithmes surveillent les comportements des facteurs à la source des dysfonctionnements. Quand un signal est identifié (par exemple un seuil critique dépassé), il devient possible de prévoir la survenance du problème (rupture, ralentissement de productivité, etc.) et son échéance (dans deux heures, le lendemain matin, etc.).

Disposer d’une telle capacité prédictive nécessite de mettre sous contrôle tout ce qui se passe dans l’entrepôt, de manière continue.

C’est ce niveau que nous sommes actuellement en train de construire chez Generix.

  1. L’automatisation des mesures correctrices

Viendra ensuite l’étape de l’automatisation des mesures correctrices. Cela sera possible quand les algorithmes auront suffisamment de recul sur l’historique des décisions prises pour pallier les dysfonctionnements. Ils pourront alors reproduire les choix adaptés chaque situation.

Sans recourir à l’Intelligence Artificielle il était déjà possible de gérer en séquentiel des recommandations à partir d'une combinaison de facteurs. Ce qu’apporte l’IA, c’est que cette prise de décision peut être automatisée et basée sur un nombre d’indicateurs et d’alertes beaucoup plus importants.

Les algorithmes existent déjà. Il convient cependant de pouvoir traiter plus d'informations pour les nourrir. 

L’offre Supply Chain Hub de Generix Group

« Supply Chain Hub est une plateforme visant à gérer la totalité des flux end to end de la Supply Chain. Avec Supply Chain Hub, notre volonté a été de désincarcérer les produits traditionnels (WMS, TMS, etc.). Nos clients souscrivent à des processus sous forme d’abonnement prenant en compte la réalité de leurs besoins, ni plus ni moins. C’est-à-dire qu’ils peuvent tout à fait combiner son utilisation avec d’autres composants de leur système actuel.
La plateforme est en fait par nature ouverte au monde externe. Elle dispose pour cela de capacités de connexion standard avec l'ensemble des grandes solutions du marché : ERP, plateformes transport, plateformes de gestion des derniers kilomètres, etc.
Nos clients peuvent ainsi bénéficier d’une visibilité totale sur l’exécution de leur Supply Chain.
»

Jean-Charles Deconninck, Président de Generix Group


Que peuvent attendre les entreprises de leur WMS en 2022 ?

Il s’agit avant tout de pouvoir rapidement mettre en place la solution, ce qui implique de pouvoir accélérer le temps nécessaire à la formation, réduire la durée de connexion des automates et des robots au WMS, etc.

Le WMS doit pour cela partir sur des templates ou des connecteurs avec des systèmes tiers.

Nous avons de notre côté beaucoup travaillé cette année sur les API pour justement pouvoir connecter plus vite les systèmes d'information et réduire la charge de mise en œuvre des projets. Donc, pouvoir potentiellement déployer rapidement de nouveaux sites. Dans la même idée, le WMS doit être ouvert à des solutions de visibilité sur les stocks et les délais pour permettre de faire ses choix en temps réel et livrer les clients à partir des stocks les plus pertinents.

L’autre point concerne la planification des moyens de production des commandes et l'affectation dynamique intelligente des ressources que j’ai évoquées à l’instant. Nous allons de notre côté continuer à travailler sur l’aspect Labor Management de notre solution.


Bio Express

Isabelle BADOC est titulaire d’un Mastère Spécialisé « Intelligence Marketing » obtenu à HEC en 1997 et diplômée depuis 2015 d’un MBA Global & Domestic Transport Management de l’E.S.T. Elle démarre sa carrière en 1998 chez Influe en tant qu’ingénieure commerciale sur la solution de Gestion Partagée des Approvisionnements puis est en charge du développement du marketing produit. En tant que Product Marketing Manager, sa mission consiste à définir la stratégie marketing produit de la plateforme collaborative Generix Supply Chain Hub, de l’animer et de la valoriser auprès des marchés cibles. Elle participe également activement en France aux rencontres de l’Agora Clubs ou de l’ASLOG.

Site Internet de Generix : https://www.generixgroup.com/fr


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