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Dossier sur l'entrepôt intelligent

INTERVIEW

‘‘ Ce sont des entrepôts auto adaptatifs dont les entreprises ont désormais besoin ’’ F.BOIZARD, HARDIS


Florent BOIZARD, Directeur de la BU Reflex d’Hardis GroupInterview de Florent BOIZARD, Directeur de la BU Reflex d’Hardis Group.
Réalisée le 03/09/2019 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « L’entrepôt intelligent ».


Pourquoi les entreprises ont-elles besoin d'un entrepôt plus intelligent ?

Quatre facteurs contribuent selon moi à ce besoin d’intelligence dans les entrepôts :

  • Les exigences plus fortes des clients en termes de délais, de qualité, de personnalisation et de gratuité des livraisons et retours. Le niveau d’attente est bien entendu impacté par les expériences d’achat dans le e-commerce. Aussi bien en B2B qu’en B2C, les clients demandent à leurs fournisseurs de s’aligner sur ce qu'Amazon a défini comme étant la norme.
  • La nécessité de baisser les coûts logistiques de manière à être en mesure de proposer aux clients des prestations de livraison et de retour gratuites.
  • La volonté de réduction de l’empreinte carbone à laquelle certains industriels sont particulièrement sensibilisés.
  • L’émergence d’opportunités technologiques dont les entreprises souhaitent pouvoir bénéficier sans s’égarer dans la réalisation de POC à mon sens inutiles. 

Comment apporter de l’intelligence à son entrepôt ?

  Autres contributions

P. HENRION | BOA CONCEPT
‘‘ Digitaliser le transport de charges dans l’entrepôt’’

L.BOLLEREAU, F.ZIELINSKI | SAVOYE
‘‘ Piloter un assemblage d’équipements ’’

F. BIESBROUCK | BK SYSTEMES
‘‘ Une communication temps réel entre WMS et physique ’’

L. GOURDON | GRN / SSI SCHÄFER
‘‘ Privilégier une configuration dynamique ’’

G.DWARIKA | GEFCO
‘‘ Un entrepôt intelligent est un entrepôt qui collecte de l’information ’’

ZETES
‘‘ dezdezde ’’

Les ERP se concentrent sur la transformation digitale, l'amélioration du parcours omnicanal et la gestion fine au client. Sauf exception, c’est donc au WMS qu’incombe la charge de piloter l’entrepôt. Même dans ceux qui sont 100% automatisés une telle solution est nécessaire.

C’est pourquoi un entrepôt ne peut être intelligent que s’il est piloté par un WMS lui-même intelligent.

En ce sens nous considérons que le WMS ne doit pas se contenter de proposer des outils de suivi d'activité aux managers, mais plutôt lui fournir de l'aide à la décision en temps réel. À ce titre, l’intégration du Big Data est particulièrement intéressante. Elle favorise en effet le pilotage événementiel. C’est-à-dire que plutôt d’informer le manager sur l’avancement de l’ensemble de l’activité, il devient possible de se concentrer sur les situations anormales, par exemple une commande en retard, et de mettre en évidence les écarts par rapport à la norme.

Hardis Group comprend ainsi une équipe de technophiles et de data scientists spécialisés dans les domaines du Big Data et du cloud.




Quels sont les nouveaux bénéfices à attendre de l'utilisation d’un WMS ?

Le WMS doit permettre :

  • D’allouer automatiquement les missions dans l’entrepôt.
  • De favoriser l’autonomie des opérateurs.
  • De s’ouvrir sur l’écosystème de l’entreprise.
  • De tirer profit des nouvelles technologies.

Les ressources peuvent être allouées en temps réel et non plus par batch comme c’était auparavant le cas. Reflex se base sur une grande masse de données en particulier en rapport avec les prévisions de demande pour une prise de décisions en temps réel. Le système organise ainsi les préparations sans nécessité d’intervention humaine.

Nous considérons d’ailleurs que dans l'entrepôt intelligent, les actes administratifs doivent être réduits au minimum. Dans un contexte logistique très volatile, il est indispensable de pouvoir enclencher des processus ou des chantiers adaptés à l’activité non par paramétrage ou par configuration, mais automatiquement en fonction de la réalité terrain.

Ce sont des entrepôts auto adaptatifs dont les entreprises ont désormais besoin.

Ensuite, le WMS doit donner aux opérateurs toute l’information nécessaire pour qu’ils puissent travailler en autonomie. Par exemple en cas d’avarie sur un colis, le préparateur doit pouvoir prendre celui-ci en photo et prévenir le service client immédiatement. Il n’est ainsi pas nécessaire d’arrêter le processus de travail en cours et de solliciter une autre ressource.

Cela requiert en particulier la mise à disposition de solutions ergonomiques. À ce titre, le fait d’avoir basculé la gestion des terminaux sous Android il y a quelques années a véritablement transformé le terrain.

Dans le même ordre d’idée, nous proposons de former les opérateurs en utilisant un environnement virtuel d'entrepôt. Nous les initions aux gestes clés et pouvons également les soumettre à des cas d'erreur.  C’est particulièrement utile pour les entreprises qui s’appuient sur un grand nombre d’opérateurs et d'intérimaires

En s’ouvrant sur l’écosystème, il est possible de tirer profit de l’intégration de nouvelles données. L’heure prévisionnelle d’arrivée des camions peut par exemple contribuer à une meilleure planification des ressources dans l’entrepôt.

De même, je l’évoquais quand je parlais d’allocation automatique, les prévisions de demande doivent être utilisées. Il est pour cela intéressant de récupérer auprès de systèmes externes les informations sur les prochaines opérations commerciales.

Dans l’autre sens, connecter le WMS au service client permet à celui-ci de disposer directement d’informations détaillées et d’alertes (par exemple la photo d’un colis abimé) qu’il peut rapprocher du suivi de livraisons.  

Enfin, en communiquant avec des objets connectés utilisés à l’intérieur de l'entrepôt, le WMS peut en améliorer drastiquement les performances.

Les boutons et afficheurs peuvent être mis en place beaucoup plus facilement qu’auparavant dans la mesure où il n’est plus nécessaire de les câbler. Ces boutons permettent aux opérateurs de signaler une situation anormale qui sera ensuite traitée au niveau informatique. Je pense par exemple à une remontée sur l’absence de produits dans un emplacement.


Comment les nouvelles technologies sont-elles perçues par les opérateurs ?

Il est important de s’assurer de les rendre compréhensibles et de détailler les bénéfices qu’elles peuvent apporter. Si ce n’est pas le cas, le terrain les rejettera.

Nous avons en ce sens recruté des experts sur différentes technologies sur lesquelles nous nous positionnons en tant qu’intégrateur. En parallèle de la commercialisation de notre drone inventoriste Eyesee, nous avons en particulier monté des équipes expertes dans les robots et les objets connectés en mesure d’apporter du pragmatisme sur ces sujets. L’enjeu est que ces nouvelles solutions soient accessibles, avec de bons temps de réponse et un coût raisonnable.


Quels sont les bénéfices apportés par votre drone inventoriste ?

Très simple d’utilisation, Eyesee accélère l'inventaire. Il est particulièrement adapté aux entrepôts qui manipulent des produits de forte valeur. L’inventaire se fait très rapidement de manière automatique. Ses résultats sont directement intégrés dans le WMS utilisé.

Une quinzaine d'entreprises sont aujourd’hui équipées.


Revenons sur l’allocation des ressources en rapport avec les prévisions…

Lorsque nous avons décidé de travailler sur les prévisions de ressources, nous avons d’abord consacré de gros efforts sur la construction d’un outil fiable de mesure de productivité : Reflex Labour Management. Module de Reflex, il permet de déterminer si les opérateurs sont sur les bonnes tâches. Ensuite, nous consolidons les historiques et les prévisions de ventes pour planifier les besoins et charges des ressources.

Zoom sur Labour Management System
Récemment dévoilé, le module Labour Management System (LMS) du logiciel de gestion d’entrepôt Reflex WMS a été conçu pour réduire significativement le travail d'ordonnancement, s’assurer que les commandes sont bien préparées et expédiées dans les délais requis et optimiser la productivité dans les entrepôts logistiques. À l’aide d’un algorithme, il calcule en temps réel les besoins en ressources humaines et matérielles et permet de réaffecter ces ressources au fur et à mesure de l’arrivée de nouvelles commandes dans le WMS. Reflex LMS embarque également des fonctionnalités de pilotage de l’activité, destinées aux managers, afin de les aider à anticiper les retards, lisser l’activité et améliorer la capacité d’absorption d’aléas.


Vous avez annoncé il y a quelques mois le lancement d’une practice conseil…

Son objectif est d'accompagner nos clients dans la digitalisation de leur supply chain.

Nous les aidons dans l'identification des sujets métiers qui pourraient être digitalisés et sommes également en mesure d’aller jusqu’à la mise en production en passant par la gestion du changement, qu’il s’agisse de solutions Hardis ou de solutions tierces.

Nous sommes en fait convaincus qu'un éditeur ne doit pas tout faire seul, mais doit au contraire disposer d’une vision claire de ce qu'il est en mesure d’apporter dans l'écosystème de ses clients.

Lorsque des fonctionnalités spécifiques ne sont pas présentes dans nos solutions, nous choisissons de nous appuyer sur des entreprises tierces partenaires en mesure d’apporter à nos clients une vraie valeur ajoutée. Nous avons ainsi développé ces dernières années des connexions standards avec Voiteq, TDI, Shippeo, et bien d'autres.

L’objectif est toujours de mettre en place des outils ouverts en termes de technologie et d'intégration avec l’écosystème de l’entreprise.

En termes d’accompagnement, nous veillons à ce que les solutions proposées soient accessibles pour les opérateurs et compatibles avec les attentes de robustesse, de fiabilité et de temps de réponse très courts des entrepôts.

Nous disposons également d’une usine de développement logiciel logistique en cloud. Nous codons sur Amazon, sur Google ou sur Azure et nous avons la capacité à déployer de façon très efficace des solutions robustes. Il s’agit de digitaliser des processus aujourd’hui réalisés à travers Excel sans pour autant les intégrer à l’environnement majeur informatique de l’entreprise.


Quels secteurs d’activité adressez-vous ?

Nous travaillons avec la distribution au sens large : les retailers, les FMCG (produits de grande consommation), les pure players e-commerce, les industriels qui vendent sur les market place, etc.

Nous intervenons également dans l'industrie notamment dans les secteurs de l’automobile, l’électronique et l’aérospatial. 

En fait, nous souhaitons pouvoir déployer nos solutions d'optimisation de l'exécution supply chain sur tous types de sites : dans les usines, dans les réserves des magasins, sur les surfaces de vente des boutiques, dans les entrepôts urbains et dans les centres de distribution.

Nous menons d’ailleurs actuellement des projets autour de la maîtrise des surfaces logistiques des magasins de grande distribution.

Nous sommes également en mesure d’optimiser la livraison vers le client (achat et suivi du transport).

Tout cela permet de proposer aux distributeurs et industriels qui passent à l'omnicanal un pilotage intégré du stock et des commandes sur l’ensemble de leur réseau. Reflex leur offre une visibilité sur tous les points de stock, mais surtout la maîtrise de l'exécution sur chacun de leurs sites.

C’est par exemple intéressant pour un distributeur spécialisé qui peut utiliser les produits présents dans les réserves de ses magasins pour servir des clients ayant passé leur commande sur Internet.

En termes de périmètre géographique, notre ambition est de devenir un leader européen. Nous avons en ce sens un réseau de partenaires et des filiales à Madrid et à Amsterdam.

Nous sommes également en mesure d’accompagner le développement de nos clients à l’international (Etats-Unis, Russie, Chine…)


À quels besoins répond la mise en place de Reflex dans les usines ?

Dans les usines, les objectifs sont d'accélérer les flux logistiques, de mieux maitriser les stocks et d'améliorer la personnalisation en aval des lignes. Nous avons par exemple signé avec Renault un partenariat pour permettre au constructeur d’apporter la marchandise sur la ligne en temps réel et en synchrone.


Quels aspects du transport gérez-vous dans votre WMS ?

Reflex dispose de fonctions permettant d’optimiser les achats de transport à travers la simulation, le contrôle facture et le monitoring.

Un des principaux intérêts est de calculer le nombre de colis que chaque transporteur devra charger, ce que les TMS ne peuvent généralement estimer faute d’informations sur les données articles. Nous avons en particulier travaillé la pré-palettisation et le précolisage pour déterminer au mètre plancher près le besoin en moyens de transport.


Bio Express

Florent Boizard, 39 ans, est membre du COMEX de Hardis Group et directeur de la Business Unit Logistics Solutions, éditeur de la suite d'optimisation d'exécution Supply Chain Reflex.

Diplômé des Arts et Métiers, Florent a débuté sa carrière aux Galeries Lafayette où il passe 2 ans comme chef de projet logistique.

En 2005, il rejoint Hardis Group, comme consultant, puis devient successivement responsable de responsable du consulting en 2009, responsable de l'offre en 2013 et directeur de la BU Logistics Solutions en 2015.

Site Internet de Hardis Group: https://www.hardis-group.com/


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