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Achats transport : quels outils pour réduire son budget ?

INTERVIEW

‘‘ En transport, l’information est le nerf de la guerre ’’ P.MARQUES, A-SIS


Philippe MARQUES, Responsable Produits chez A-SISInterview de Philippe MARQUES, Responsable Produits chez A-SIS.
Réalisée le 04/05/2018 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « Achats transport : quels outils pour réduire son budget ? ».


Où en est le marché du TMS à destination des chargeurs ?

Année après année, les taux d’équipement des chargeurs restent limités.

  Autres contributions

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‘‘ Sortir d’un mode directif pour aller vers un mode collaboratif ’’

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Carmen NEIRA | FAQ LOGISTIQUE CONSEIL
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Des études récentes estiment qu’au niveau européen, seuls 10% des sociétés utilisent un TMS. Les résultats sont identiques au niveau français.

Le ratio est vraiment faible, surtout en comparaison des 40% constatés aux États-Unis.

En France, les entreprises qui n’ont pas de TMS utilisent généralement les fonctions de leur ERP (40%) ou alors Excel (54%).

Pour autant, 43% des sociétés prévoient tout de même d'investir dans des solutions TMS dans les prochains mois.

Les chargeurs ont en effet bien conscience que le transport reste la dernière fonction clairement sous-équipée sur laquelle les potentiels de gains économiques sont conséquents.


À partir de quels leviers ces gains peuvent-ils être obtenus ?

La réduction des budgets transports liée à la mise en place d’un TMS provient principalement de trois facteurs :

  • L'optimisation des coûts d'achat de transport (affecter le bon prestataire à la bonne ligne de transport),
  • L'amélioration des taux de remplissage (regrouper intelligemment les commandes pour réduire le vide),
  • L'allègement de la charge administrative du fait de l'automatisation d'un certain nombre de tâches.

Les différentes études menées s'accordent ainsi à estimer des réductions de budget transport comprises entre 5 et 10% selon le périmètre sollicité.

Par exemple, selon une étude ARC : dans près de 40% des déploiements, ce sont des gains de 5 à 10% qui sont constatés. Dans 23% des cas, ceux-ci sont même supérieurs à 10%.



De quels niveaux de budgets transport parle-t-on ?

En général, il devient pertinent de mettre en place un TMS quand le budget transport de l’entreprise est supérieur à 2 ou 3 millions d'euros. Le retour sur investissement est dès lors très rapide même si une seule partie des fonctions est activée.

Je pense en particulier aux fonctions d’optimisation du remplissage des camions sur un périmètre d'affrètement ou de regroupement tarifaire sur un périmètre messagerie/express. Ce sont des gains très directs.

Mais au-delà de ces optimisations, mettre en place un TMS, c'est avant tout être en mesure d'identifier finement ses coûts de transport, ce qui constitue un préalable à l'application d’un cercle vertueux. À partir d’informations objectives, le chargeur peut suivre ses coûts et travailler de manière proactive.

Aujourd'hui, les clients qui ne sont pas équipés sont un peu « aveugles » sur le transport. Ils manquent d'arguments pour la négociation et ne sont pas vraiment en mesure d’analyser finement leurs achats de transport.

Avec un TMS au contraire, il est très simple de produire des tableaux de bord et de faire de la simulation et de la comparaison tarifaire. Il est ainsi possible de mesurer très rapidement les impacts de l'intégration de nouvelles grilles tarifaires ou de nouveaux prestataires.

Il devient également simple d’analyser les coûts de transport en les répartissant sur diverses mailles (catégories de produits, clients, etc.) tout en les croisant avec les données de facturation client.

Là encore, sans TMS la tâche est très compliquée puisqu’il s’agit alors de réagréger des données provenant de différents systèmes (ERP, WMS, etc.).

Bref, dans le transport comme dans bien d’autres secteurs, l'information est le nerf de la guerre. Être en mesure d’en disposer et de pouvoir la traiter de manière pertinente est une grande force pour les chargeurs.


Avec un TMS, quels sont les types de critères qui peuvent être utilisés quant à la sélection des transporteurs ?

Il est possible de pondérer le choix du prestataire en combinant de nombreux critères :

  • Coûts,
  • Services,
  • Délais,
  • Qualité
  • Etc.

Notre TMS inclut même la gestion des quotas : les contrats sont pilotés en fonction des engagements à respecter par exemple en termes de chiffre d'affaires que le chargeur s'est engagé à réaliser auprès du transporteur.


Que proposez-vous en termes de gestion de la relation entre le donneur d’ordre et ses prestataires ?

Notre portail collaboratif vise à digitaliser les échanges entre un chargeur et ses transporteurs :

  • Les ordres de transport à réaliser sont soumis au(x) prestataire(s) éligible(s) sur la ligne déterminée. En cas d’acceptation, le transporteur peut directement, à travers le portail, prendre rendez-vous sur le quai pour le chargement,
  • Les étiquettes sont éditées au format des transporteurs,
  • Les informations sur la bonne exécution de la prestation y sont remontées. Le chargeur les reçoit, les valide ou non… L'idée est que les parties puissent se mettre d’accord pour qu’à la fin, la facture ne soit plus qu'une formalité,
  • Les évènements sont gérés (confirmations de jalons, chargement de documents) et les alertes potentielles sont automatiquement communiquées auprès des transporteurs. Le client final peut être informé en avance en cas de retard de sa livraison,
  • Les preuves de livraisons y sont remontées par les transporteurs. Soit de manière automatique par EDI ou bien directement en se connectant sur le portail.

Quels sont les enjeux associés au contrôle facturation ?

Les gains dépendent naturellement des volumes et des typologies de transport.

Si les prestataires utilisés sont de gros faiseurs de messagerie, en général les facturations sont justes.

Sur l’affrètement au contraire, les gains qui ont été couramment constatés sont habituellement compris entre 3 et 6%. Il s’agit d’une part de corriger des erreurs de montants indument facturés et d'autre part d’économiser de la charge administrative nécessaire à ce contrôle quand il est effectué manuellement.

L'idée est donc d'automatiser un maximum ce qui peut l'être pour que l’opérateur n’ait plus qu’à se concentrer sur la gestion des exceptions.


Bio Express :

Philippe MARQUES a pris fin 2015 la responsabilité produits de la gamme d’A-SIS : définition et application de la stratégie et suivi de l'évolution de la gamme y compris la mise en application des sujets innovation. Il occupait auparavant le poste de Responsable de l’activité TMS/OMS de l’éditeur.

Site Internet d’A-SIS : http://www.a-sis.com/


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