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Achats transport : quels outils pour réduire son budget ?

La situation du marché du transport routier préoccupe naturellement bon nombre de chargeurs. Alors que la demande est toujours plus forte, la pénurie actuelle de chauffeurs réduit fortement les capacités disponibles. Les hausses de tarifs des prestations sont dès lors inévitables.

Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ LogistiqueMais cette situation peut tout de même avoir un effet bénéfique pour les donneurs d’ordre. Celui de leur faire prendre conscience que la performance durable du transport doit être obtenue en allant au-delà de la seule négociation sur les taux avec les transporteurs.

Fidéliser ses prestataires en leur donnant une plus grande visibilité et en instaurant un fonctionnement réellement collaboratif peut en particulier s’avérer particulièrement pertinent. Il s’agit par exemple pour le chargeur de mettre en œuvre les conditions opérationnelles qui faciliteront l’atteinte de potentiels d’optimisation par le transporteur. Ainsi, l’entreprise s’assurera de bénéficier de bons taux de prise de fret. C’est en effet un point prépondérant. Rien ne sert de négocier des tarifs performants avec ses transporteurs si ceux-ci sont volatiles et ne respectent pas leurs engagements.

Ensuite, face aux évolutions des promesses clients, le transport ne peut plus être analysé par le seul prisme de son coût pour l'entreprise, mais doit plutôt être considéré comme élément créateur de valeur.

Une phase d’appel d’offres transport est par exemple l’occasion de remettre à plat ses attentes en termes de performance, d’identifier les périmètres sur lesquels la société est défaillante, de vérifier si son organisation est bien adaptée au bon pilotage de l’activité transport et plus largement aux opérations supply chain, etc.

La digitalisation des échanges représente à ce titre des potentiels de gains conséquents, dont profitent encore trop peu d’entreprises.

Les contributeurs de ce nouveau dossier vous présentent les outils disponibles et en quoi leur utilisation doit participer à la réduction des budgets transport.

 

Bonne lecture !
Frédéric LEGRAS
Directeur FAQ Logistique


La parole aux experts ! 

Valérie CARREAU | TRANSPOREON

‘‘ Sortir d’un mode directif pour aller vers un mode collaboratif ’’

Valérie CARREAU | TRANSPOREON

La situation est clairement tendue. Alors que les besoins d’expédition de marchandises sont toujours plus forts, les capacités ont tendance à se réduire. Les analyses comparatives que nous avons réalisées entre Q4 2016 et Q4 2017 démontrent un véritable effet ciseau entre les capacités et les prix :
• En France les capacités disponibles de transport ont baissé de plus de 6% alors que les coûts moyens de transport ont pour leur part augmenté de 7%.
• Au niveau européen, la capacité disponible a reculé de plus de 23% alors que les tarifs de transport ont augmenté de plus de 14%. Mais au-delà des impacts sur leurs budgets de transport, ce qui est finalement encore plus problématique pour les industriels et les distributeurs c’est qu’ils sont confrontés à des risques dans la livraison de leurs marchandises.

Jérôme BOUR | DDS LOGISTICS

‘‘ Il y a un vrai intérêt à construire des relations de long terme avec les transporteurs ’’

Jérôme BOUR | DDS LOGISTICS

Tout dépend des modes de transport concernés. Sur le maritime par exemple, la situation est plutôt favorable aux chargeurs. L'état actuel de surcapacité du marché favorise le pouvoir de négociation des acheteurs.

Les taux de fret continuent donc à baisser. Ces flux maritimes concernent plutôt les imports depuis l’Asie. La situation est différente si on considère le transport routier en Europe pour lequel le marché est confronté à une pénurie de chauffeurs ce qui a bien entendu un effet de hausse des coûts d’achat de prestation.

Carmen NEIRA | FAQ LOGISTIQUE CONSEIL

‘‘ Appel d’offres transport : les aspects économiques ne sont qu’une partie de l’équation ’’

Carmen NEIRA | FAQ LOGISTIQUE CONSEIL

Il faut voir les processus d’appel d’offres transport comme l’occasion de se reposer les bonnes questions :
• Quelles sont mes attentes en termes de performance transport ?
• Sur quels périmètres suis-je défaillant ou ai-je des difficultés à répondre à la promesse faite à mes clients ?
• Mon organisation est-elle adaptée au bon pilotage et à la gestion de l’activité transport et plus largement aux opérations supply chain ?
• Etc.

Philippe MARQUES | A-SIS

‘‘ En transport, l’information est le nerf de la guerre ’’

Philippe MARQUES | A-SIS

Année après année, les taux d’équipement des chargeurs restent limités.

Des études récentes estiment qu’au niveau européen, seuls 10% des sociétés utilisent un TMS. Les résultats sont identiques au niveau français. Le ratio est vraiment faible, surtout en comparaison des 40% constatés aux États-Unis.

En France, les entreprises qui n’ont pas de TMS utilisent généralement les fonctions de leur ERP (40%) ou alors Excel (54%). Pour autant, 43% des sociétés prévoient tout de même d'investir dans des solutions TMS dans les prochains mois.

Les chargeurs ont en effet bien conscience que le transport reste la dernière fonction clairement sous-équipée sur laquelle les potentiels de gains économiques sont conséquents.

Raphaël de CASTILLA | PTV GROUP

‘‘ Une plus grande collaboration s’instaure désormais entre chargeurs et transporteurs ’’

Raphaël de CASTILLA| PTV GROUP

Ce que nous remontent aussi bien les chargeurs que les transporteurs, c'est la saturation du marché.

Il y a en effet une distorsion entre la demande qui continue de croître et l’offre qui se contracte, en particulier du fait d’une pénurie de chauffeurs.

Logiquement les prix des prestations ont tendance à augmenter.

Leurs marges également, ce qui n'est pas un luxe au regard de leurs faiblesses historiques.


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