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‘‘ Seuls les entrepôts agiles réussissent à tirer leur épingle du jeu’’


Jean-Pierre GAUTIER, Directeur des Métiers chez ACSEP.

Jean-Pierre GAUTIER, Directeur des Métiers chez ACSEP.


Interview réalisée le mercredi 17 février 2021 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « L’entrepôt agile ».


Comment a évolué le rôle de l’entrepôt ?

L’entrepôt peut désormais être défini comme étant un espace de stockage dans lequel des ressources (humaines, matérielles et informatiques) préparent des commandes.

Cette définition permet de s’affranchir des contraintes de localisation dans la mesure où une commande peut aujourd’hui être préparée dans des lieux très divers. Ce phénomène a été accentué avec la crise sanitaire que nous avons traversée ces derniers mois. De nouveaux schémas de distribution ont été mis en place associés au développement de nouveaux services et modes de mise à disposition des produits.

Par exemple, de nombreux restaurants sont devenus des lieux de Click & Collect dans lesquels il est désormais possible de commander de la nourriture plutôt que de faire ses courses dans une grande surface.

Il est même possible d’aller plus loin. Dans des domaines comme ceux de la santé ou des interventions de techniciens, les entrepôts ont acquis une notion de mobilité physique. Les articles situés dans une camionnette ou dans le coffre de la voiture d’intervention doivent être tracés afin de pouvoir être considérés au moment d’honorer une commande. L'entrepôt n'est donc plus forcément caractérisé par 4 murs.

La mobilité peut également revêtir un aspect temporel, comme en atteste la mise en place d’entrepôts urbains éphémères.

Bref, l'image d'Épinal d’entrepôts qui seraient de vieux bâtiments sur le bord de nos routes est clairement dépassée.

Cette nouvelle définition ouvre le champ des possibles et permet de bien prendre conscience de la nécessité d’agilité pour pouvoir répondre au plus près à des promesses et à des besoins qui évoluent très rapidement et à une consommation de plus en plus volatile.




Que doit apporter l’agilité à l’entrepôt ?

D’abord, il s’agit de s’adapter à la nouvelle variabilité des flux et à des commandes qui tombent de plus en plus tard. Alors qu’auparavant les magasins commandaient une semaine à l’avance, les demandes arrivent aujourd’hui à 18h ou 19h, heure à laquelle l’entrepôt est désert. La charge de travail de la journée est dès lors découverte le matin même. Il n’est plus possible de l’anticiper.

Ensuite, la différenciation se fait désormais sur les modalités de mise à disposition des produits (options et rapidité de livraisons) et sur les services (personnalisation, possibilité de se faire installer un article technique, etc.). C’est particulièrement vrai dans le cas des produits de grande consommation pour lesquels un même article est disponible auprès d’une multitude d'enseignes.

L'entrepôt est donc devenu un important levier de compétitivité et son agilité contribue fortement à la performance et les services qu’il est en mesure de délivrer.

C’est en particulier en son sein que doit s’effectuer en temps réel la réconciliation entre les stocks physiques et informatiques, qui est essentielle pour :

  • S’assurer de ne pas manquer des opportunités de vente,
  • Effectuer des préparations de commandes rapides,
  • Limiter le niveau global des stocks dans le réseau de distribution.

Plus généralement, l’agilité de l’entrepôt s’apprécie dans sa capacité à travailler en transparence avec l’ensemble de la chaîne logistique. Il ne doit en aucun cas s’apparenter à une « boîte noire ». Outre la disponibilité des stocks que je viens d’évoquer, être en mesure de communiquer des informations sur les statuts de traitement d’une commande en temps réel, comme peut le faire notre WMS IzyPro, est essentiel.
Des fonctions comme l’ADV, le marketing et les approvisionnements doivent pouvoir interagir avec la logistique afin d’être capable d’informer le client sur le statut de sa commande, en modifier le contenu si nécessaire, ajouter des produits promotionnels, etc.

Aujourd'hui, un entrepôt avec quelques opérateurs peut déjà bénéficier de ce type de services à moindre coût. Cette communication avec l’écosystème est incluse dans les solutions de type WMS, à l’image de notre solution IzyPro.

L’agilité concerne également l’orchestration des commandes entre les entrepôts qui composent le réseau de l’entreprise. Plutôt que d’avoir une logique de zone de chalandise figée ou de spécialisation par référence, il est préférable de s’appuyer sur un OMS, solution en mesure d’optimiser à chaque commande l’entrepôt le plus pertinent en fonction d’une multitude de critères.

À mon sens, il n’y a jamais de grandes révolutions à mener dans un entrepôt à moins que celui-ci soit vraiment très mal organisé. S’il est finalement assez facile de réaliser les premiers 90 % du chemin, c’est sur les derniers 10 % que la différence entre deux sites s’appréciera réellement.


Justement, quelle démarche mener pour favoriser l’agilité de son entrepôt ?

Je pense qu’on peut reprendre l'adage de Toyota : « C'est à marée basse que l'on voit les rochers ».

Dans les derniers mois, les directions d’entreprise ont pu constater l’existence d’un certain nombre d’écueils. Elles ont pris conscience que sans une logistique performante, il devenait impossible de délivrer à leurs clients les produits que ceux-ci souhaitaient acquérir.

Dans la période que nous venons de vivre, seuls les entrepôts agiles ont réussi à tirer leur épingle du jeu.

La mise en œuvre d’un projet d’agilité sera clairement plus rapide si la décision vient de la Direction, même quand le nombre d’opérateurs est limité.

Dégager un budget, même s’il est modeste, est à ce titre clé. Avec quelques milliers d’euros, il est déjà possible de commencer à optimiser ses opérations et à mettre en œuvre un certain nombre de basiques. Attaquer le sujet par ce qui est facilement implémentable me paraît constituer un conseil de bon sens.

Je pense en particulier aux modules de formation dont le financement peut en partie être assuré par le service public. La formation peut viser :

  • À favoriser la polyvalence des opérateurs pour limiter l’appel aux intérimaires en cas de pics.
  • Améliorer leur connaissance des outils (EDI, OMS, portails collaboratifs, etc.).
  • Etc.

Il convient ensuite de prendre conscience que l’entrepôt est composé de briques (organisation, système d'information, managers, opérateurs, machines, etc.). Il ne me semble pas pertinent de chercher à optimiser une brique indépendamment des autres. À ce titre l’implication des opérateurs est indispensable, ce sont eux qui connaissent réellement les implications terrain.

Enfin, l’agilité est une question d’état d’esprit, de capacité à se remettre en cause continuellement. Il s’agit de penser efficience plutôt qu’efficacité. Cela passe en particulier par la mise en place et le suivi d’indicateurs. On ne peut améliorer que ce qui peut être mesuré. Et il est très important de savoir d’où l'on part.


Comment mesurer l’agilité de sa préparation de commandes ?

La façon dont le travail des opérateurs est ordonnancé est primordiale. Pour respecter une logique de flux tirés, les schémas d'organisation doivent désormais pouvoir être modifiés plusieurs fois par jour.

Si le matin, au démarrage des opérations 50% du portefeuille des commandes est connu, une préparation massifiée visant à traiter plusieurs dizaines de commandes en même temps sera privilégiée.

Dans l’après-midi, l’heure limite de chargement des camions approchant, les opérateurs n'emprunteront plus les mêmes circuits d'optimisation. Ils ne traiteront plus que quelques commandes à la fois.

Un WMS n’offrant pas une telle flexibilité dans l’ordonnancement des missions ne permettra pas d’honorer les commandes qui doivent être faites dans la dernière demi-heure précédant l’expédition.

C’est la même idée avec la mécanisation ou la transitique. Si le traitement d’une commande implique le lancement d’un trieur de 500 sorties, la réactivité ne sera pas suffisante pour honorer les dernières commandes urgentes.

Il est clairement préférable de prévoir un mode spécifique pour la dernière heure de préparation. Les process existent. C'est dans la façon de les piloter et de les faire vivre ensemble que réside ? l'agilité de la préparation.


En quoi votre offre permet-elle de rendre plus agiles les entrepôts de vos clients ?

Nous attaquons le sujet de l’agilité de l’entrepôt sous différents angles :

  • Notre WMS IzyPro peut se connecter à l'ensemble des acteurs du marché et s'intègre en un temps record. Nous venons par exemple d'installer notre système chez un client qui prenait possession d’un nouveau bâtiment. En 6 semaines, il était déjà possible de traiter les premières commandes Internet et de livrer les premiers magasins.
    L’agilité d’IzyPro convainc certaines organisations jusque-là bloquées. Notre WMS leur permet donc de gérer des typologies de missions qu’ils n’étaient jusque-là pas en mesure de réaliser.
  • Avec notre portail collaboratif IzyWeb, il est possible pour nos clients de consulter tout ce qui se passe en temps réel sur l'entrepôt sans passer par IzyPro. Cette relation directe permet aussi de saisir des réceptions et des commandes directement dans IzyWeb.
  • La formation et le e-learning. Nous formons de plus en plus de gestionnaires de stocks sur les bonnes pratiques du métier et sur le logiciel qu'ils utilisent. Cette offre connait un engouement très fort.
  • Du conseil pragmatique. De plus en plus de petites entreprises s'équipent de WMS. Nous leur proposons notre expertise métier, autour de l'utilisation et de l'adéquation de la solution avec leur existant et leurs besoins en termes de services. Nous nous assurons que nos recommandations seront suffisamment concrètes pour pouvoir être comprises et mises en œuvre.

Nous comptons aujourd’hui une centaine de collaborateurs. Les clients attendent de nous une grande réactivité et un large panel d’expertises. Nous avons fait le choix de la polyvalence et de l’agilité au sein même de nos équipes qui connaissent à la fois l’opérationnel mais aussi les SI. Nos experts sont ainsi à même d’intervenir sur les différents volets de notre offre : intégration, conseil, formation, support, etc.


Bio Express

De formation technicien supérieur en logistique, Jean-Pierre GAUTIER a occupé différents postes de Direction d’Entrepôt et de Projets chez Hays Logistique (désormais Kuehne+Nagel). En 2000, il cofonde l’éditeur L4 Epsilon, entreprise au sein de laquelle il occupe la Direction des Opérations puis la Direction Générale. En 2011, il rejoint ACSEP en tant que Directeur des Métiers. À ce titre : - Il apporte son expertise opérationnelle dans l’organisation et l’intégration des projets - Il définit la roadmap de la solution IzyPro (WMS développé par ACSEP) en regard de l’évolution des métiers et des schémas de distribution. - Il conseille les entreprises dans leurs choix stratégiques et opérationnels.

Site Internet d'ACSEP: https://www.acsep.com/


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  L'entrepôt Agile

L. COCHET | AUTOSTORE
‘‘ Planifier et redéployer les ressources pour des mois, semaines et journées qui ne se ressemblent pas ’’

P. HENRION | BOA CONCEPT
‘‘ Ne pas compromettre le traitement des volumes futurs par l’adoption de solutions trop figées ’’

I. BADOC | GENERIX
‘‘L’agilité de l’entrepôt est clé dans le respect de la promesse client ’’

L. UVO | UVOTEC
‘‘ Dans les centres de tri, l’automatisation est encore limitée ’’

L. GOURDON | SSI SCHÄFER
‘‘ Pouvoir automatiquement basculer d’un mode de préparation à l’autre’’

L. KRAFFMULLER | KUEHNE+NAGEL
‘‘ L’humain est un point clé de l’entrepôt agile ’’