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"Comment mettre sous contrôle ses opérations de transport ?"

INTERVIEW

‘‘La mesure du taux d’acceptation des ordres de transport est clé’’
J.BOUR, DDS LOGISTICS


Jérôme BOURInterview de Jérôme BOUR, PDG de DDS LOGISTICS.
Réalisée le mercredi 20 mai 2020 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « Comment mettre sous contrôle ses opérations de transport ? »


Quel est l’enjeu derrière la maîtrise des opérations de transport ?

L’ensemble des opérations logistiques sont enfin vues comme un élément à part entière de l’expérience client. La crise sanitaire actuelle a d’ailleurs accentué l’importance d’une supply chain performante.

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Les industriels ont pris conscience qu’en plus d’attendre le bon produit au bon prix, les clients aspirent désormais à le recevoir au bon moment et à bénéficier de visibilité sur le déroulement de sa livraison. Le e-commerce a été en ce sens précurseur.

La promesse client intègre ainsi un volet transport qu’il est devenu indispensable de maîtriser.

Les entreprises doivent cependant faire face à une équation compliquée à résoudre. Dans leurs expériences d’achat sur des sites e-commerçants, les clients ont en effet pris l’habitude de livraisons rapides et tracées, mais ont, dans le même temps, acquis une perception de coûts logistiques quasi nuls. Ils ne comprennent donc pas pourquoi, pour des achats professionnels de plusieurs milliers d’euros, leurs fournisseurs ne sont pas en mesure de leur proposer une expérience similaire à celle dont ils bénéficient quand ils commandent un produit de quelques euros sur Amazon.

La période de confinement que nous venons de vivre a encore amplifié le phénomène. Si les clients sont en mesure de comprendre les perturbations inhérentes à la situation, ils ont paradoxalement un niveau d'attente supplémentaire sur la visibilité et la fiabilité des délais annoncés. Ils doivent en effet servir leurs propres clients. La pérennité de leur activité dépend en grande partie de la performance de leurs approvisionnements. L’enjeu de risque associé au transport a ainsi été mis en lumière.




Quels éléments convient-il de mesurer pour s’assurer de la performance de ses livraisons ?

L’utilisation de l'OTIF (On Time In Full) est bien sûr incontournable. Cet indicateur permet de mesurer si l’objectif est tenu et donc si la promesse client est respectée.

Ensuite, ce qui est important c’est de s’attaquer aux causes du non-respect des engagements, de comprendre à travers des indicateurs quelles en sont les origines et en particulier où se situent les problèmes. Ceux-ci surviennent-ils sur le flux amont (du fournisseur à l’industriel) ou sur le flux aval (de l’industriel au client) ?

Sur le flux amont, il s’agit de comprendre si les retards finaux viennent du fait que l’industriel reçoit lui-même les matières, composants et emballages hors délais. Le respect des objectifs de livraison de ses clients passe donc par la mise sous contrôle de ses propres approvisionnements.

Sur le flux aval, les chargeurs vont mesurer la performance de leurs transporteurs à différentes étapes :

  • Sur leur site expéditeur : les prestataires se présentent-ils à temps pour les rendez-vous de chargement ? Se conforment-ils aux protocoles de sécurité ? Leurs véhicules sont-ils propres ? Etc.
  • Au moment de la livraison des destinataires : les délais et créneaux sont-ils respectés ? Les contraintes des clients (horaires, accessibilité, nécessité d’un hayon, etc.) sont-elles bien prises en compte ? Comment sont traités les litiges ? Etc.

Il faut également bien avoir conscience que mettre en place des indicateurs, s’ils ne sont pas alimentés en données fiables, ne sert à rien. Les chargeurs doivent donc s’assurer que leurs prestataires respectent bien leurs engagements en termes de fourniture de l'information en elle-même. La remontent-ils dans les temps et est-elle complète ?

Enfin, la mesure du taux d'acceptation des ordres de transport est un point qui va devenir de plus en plus important avec la reprise de l’activité qui devrait caractériser les prochains mois. En effet, les entreprises risquent fort de faire face à une pénurie de transporteurs accentuée par la crise sanitaire. De la capacité a été réduite et une mauvaise image du métier de chauffeur a été renvoyée, avec l’impossibilité d’avoir accès à des conditions d’hygiène satisfaisantes. Ce point risque de peser sur les vocations qui étaient déjà assez faibles eu égard la pénibilité de la fonction.

Ainsi dès que l'économie retrouvera un rythme équivalent à celui qui était le sien avant mars 2020, le suivi de la capacité des prestataires à respecter leurs engagements en termes de prise des ordres sera important.


Comment mettre sous contrôle la partie amont quand les entreprises ne gèrent généralement pas les transporteurs opérant sur ce tronçon ?

Dans la plupart des cas, il s’agit en effet d’achats rendus. C’est donc le fournisseur qui est en charge d’organiser le transport.

L’entreprise est livrée par une multitude de prestataires avec lesquels elle n’a pas de relation commerciale.

C’est par le biais des solutions digitales qu’il devient possible de faciliter la collaboration entre tous les acteurs et de mesurer la performance de ces opérations.

Si les fournisseurs ne sont pas en mesure de proposer de telles solutions, l’industriel a tout intérêt à lui-même favoriser leur mise en place.

Un des objectifs de notre plateforme Join2ship est ainsi d’embarquer les écosystèmes des fournisseurs et de leurs transporteurs. Mettre à leur disposition la plateforme permet aux entreprises de bénéficier de cette visibilité, de mesurer l'OTIF amont, de gérer les plannings de rendez-vous sur les quais pour éviter les saturations, etc.

Ce dernier point est particulièrement intéressant dans la période actuelle. Anticiper l'arrivée des chauffeurs facilite la mise en œuvre des moyens pour assurer la distanciation entre les opérateurs.

L'enjeu est donc de maîtriser la chaîne amont avec ses fournisseurs.


Que peut faire une entreprise une fois qu'elle a constaté que son transporteur était défaillant en termes d’acceptation des ordres ?

Le point doit être considéré au moment de la sélection de ses prestataires.

Nos TMS permettent par exemple d’affecter les transporteurs aux flux sur la base d'un ensemble de critères. Les tarifs bien sûr, mais également une note de qualité sur la prestation effectuée. Cette note est composée de différents éléments tels que le respect des délais, la remontée d'information, etc. Il nous parait indispensable d'y intégrer le taux d'acceptation des ordres.

Ainsi au fur et à mesure que le transporteur ne respecte pas ses engagements, sa note se réduira et il sera de moins en moins retenu.


La contrepartie n’est-elle pas alors de se priver de tarifs performants ?

S’appuyer sur des transporteurs qui ont des taux d’acceptation des ordres faibles représente un risque, celui de ne pas trouver de solution de remplacement à temps ou de devoir consentir en urgence à une prestation beaucoup plus onéreuse.

La charge administrative correspondant à la recherche de solutions alternatives doit également être prise en compte.

Il est dès lors préférable de privilégier des transporteurs dont les tarifs sont peut-être un peu plus élevés, mais dont on constate qu’ils respectent leurs engagements.

Il ne sert en fait à rien d'avoir négocié de bons prix si dans les faits, ils ne sont jamais appliqués faute de présentation du transporteur.

La difficulté tient au fait que c’est à l'usage que l’entreprise pourra mesurer ce taux d’acceptation. Certains transporteurs peuvent en effet être tentés de remettre des prix très agressifs avec des hypothèses de limitation de retour à vide, de régularité de flux, etc. Si celles-ci ne se confirment pas, ils se désengagent alors. Il est donc indispensable de suivre cet indicateur dans le temps et d’adapter ensuite les affectations en fonction.

La fidélisation des transporteurs est d’ailleurs un aspect à privilégier pour s’assurer de performances dans la durée. On favorise ainsi des transporteurs qui connaissent ses process de travail et qui savent ce qu’attendent les destinataires.

C’est un moyen de ne pas subir les coûts de la non-qualité qui peuvent faire exploser le coût complet d'une opération.

Cela s’est d’ailleurs fortement développé aux États-Unis au plus fort de la pénurie connue ces dernières années. L’idée était d’améliorer l’attractivité des chargeurs vis-à-vis de leurs transporteurs. La mise à disposition d’outils digitaux entrait pleinement dans cette démarche.

La digitalisation contribue en effet fortement à la mise sous contrôle des opérations. C'est d’ailleurs criant en ce moment avec les équipes en télétravail aussi bien chez les chargeurs que chez les transporteurs, les agences étant fermées.

Avec les plateformes, un process de travail commun peut être défini et amélioré dans la durée. Il devient possible de voir comment chacun travaille sur son périmètre et renseigne l'information.

Des indicateurs de suivi peuvent directement être partagés avec les transporteurs et les destinataires si on est sur le flux aval ou avec les fournisseurs si on est sur le flux amont.

Il devient ainsi possible d’adopter un langage commun et de piloter dans la durée ces indicateurs.


Quelles solutions proposez-vous en rapport avec la mise sous contrôle des opérations de transport ?

Pour répondre à ces enjeux, il convient d'offrir des solutions rapidement implémentables.

C’est ce que nous proposons en particulier à travers notre plateforme collaborative Join2ship et nos solutions transport packagées Shipper Light et Import Light.

  • Join2ship

Notre plateforme collaborative permet en quelques heures de commencer à inviter ses transporteurs, de définir son process, etc.

Join2ship inclut des éléments opérationnels et de suivi : visibilité des opérations, calcul de l'ETA, prise de rendez-vous de chargement et de livraison, mesure d’indicateurs, etc.

Join2ship permet de répondre à la question : la marchandise est-elle bien partie dans les temps ? Du site de l’industriel pour le flux aval, mais aussi des sites de ses fournisseurs pour le flux amont.

  • Shipper Light

Shipper Light répond à l’objectif de mise en œuvre rapide de fonctions TMS en rapport avec le contrôle des budgets transport. Dans un contexte de volatilité des coûts, la vision de sa dépense se complexifie fortement avec des dénonciations de tarifs, un recours plus fréquent au spot, etc. Shipper Light permet de piloter cela.

  • Import Light

Import Light adresse les besoins de visibilité des entreprises qui s’approvisionnent à l’international, en particulier en Asie.

L'enjeu porte ici moins sur l'aspect purement transport que sur celui de la production par le fournisseur. La solution permet de piloter la visibilité de son portefeuille de commandes. Là encore, une solution digitale de ce type est d'autant plus pertinente quand les interlocuteurs habituels ne sont plus à l'usine ou au bureau, mais en télétravail.


Bio Express

Jérôme BOUR a pris la Direction de DDS Logistics en 2000. Il a auparavant occupé les postes de Directeur Informatique du Groupe DAHER, de Responsable de l’organisation et des systèmes opérationnels chez DHL et de Consultant chez Ernst & Young.

Site Internet de DDS Logistics : https://www.ddslogistics.com/


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