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Dossier sur la collaboration dans la supply chain

INTERVIEW

‘‘La collaboration pour sortir d’une logique de silos ’’ G. VICOT, ZETES


Guillaume VICOT, Country Manager pour ZETES FranceInterview de Guillaume VICOT, Country Manager pour ZETES France
Réalisée le 26/11/2019 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « Optimiser sa supply chain à travers la collaboration ».


Où en est-on de la visibilité de bout en bout dans la supply chain ?

Dans la plupart des industries, les chaines logistiques empruntées par les produits depuis leur fabrication jusqu’à leur distribution fonctionnent encore généralement en silo. Des collaborations relatives peuvent exister, par exemple entre un industriel et son sous-traitant ou entre un chargeur et son client. Néanmoins, très peu de supply chain sont organisées pour apporter de la visibilité de bout en bout.

  Autres contributions

H. KERJEAN | AKANEA
‘‘S’assurer de la pertinence des données collectées ’’

M-L. EXBRAYAT | SIGMA
‘‘ Favoriser le partage de la donnée pour une supply chain collaborative’’

F.BAUDELIN | CHRYMELIE
‘‘ La Supply Chain dans l'entreprise est collaborative par définition   ’’

J. BOUR | DDS LOGISTICS
‘‘ La barrière du coût direct vis-à-vis des transporteurs doit être levée ’’

P.MARQUES | A-SIS
‘‘ Ne pas collaborer reviendrait à ne pas pérenniser son activité ’’

A.CAYETANO | S2PWEB et B2PWEB
‘‘ Maîtriser la donnée tel est l’enjeu des acteurs du transport et de la logistique’’

Les systèmes d'information ont en effet été établis pour répondre à des besoins propres à chaque intervenant avec au mieux une collaboration avec les acteurs amont ou aval.

À noter néanmoins qu’une collaboration end-to-end existe, parfois malgré elle, dans certains secteurs spécifiques. Je pense aux marchés réglementés (tabac, médicaments, explosifs, alcools dans certains pays) qui sont soumis à la traçabilité unitaire des produits. Chaque acteur se voit contraint de partager des informations sur une plateforme commune pour permettre la traçabilité/visibilité de chaque produit tout le long de sa vie, et en garantir l’authenticité au bout de la chaine.

D’autres secteurs concernés par des problématiques de protection de marque (luxe) ou encore à des marchés se référant à une norme sectorielle (phytosanitaires), s’appuient sur l’identification unitaire de leurs produits pour obtenir une traçabilité fine de bout en bout de leur supply chain et pouvoir se porter garant de leur conformité.

Tracer implique de piloter et de suivre les activités à chaque étape de la vie des produits. Les outils de traçabilité, comme ceux que nous proposons, offrent la capacité de restituer tous les évènements logistiques de chaque produit à un instant « t » de son parcours. Imaginons ces informations collectées et traitées en temps réel, il devient alors très simple de les utiliser à des fins d’optimisation de ces processus supply chain. C’est d’ailleurs ainsi, que nombre de nos clients, dont l’objectif premier était d’assurer une traçabilité globale, ont su tirer parti de leur investissement.




Que faut-il faire pour parvenir à un tel degré de visibilité ?

A l’échelle de la supply chain globale, il est indispensable que tous les acteurs impliqués dans le traitement des produits, collaborent entre eux. La collaboration vient de l'échange de l'information qui, pour être facilement partagée, doit impérativement être numérisée et être facilement exploitable par toutes les parties prenantes quel que soit le système d’information en place. Une fois les données issues de différents systèmes présents dans son réseau Supply Chain partagées, on peut obtenir la visibilité en temps réel sur tous les événements critiques qui influent sur les performances des uns et des autres et sur l'exécution des commandes — depuis l'établissement du bon de commande jusqu'à la réception au point de destination finale.

La rapidité et le degré de fiabilité des informations partagées tiennent compte de nombreux paramètres. Si tout commence à la naissance d’un produit ou de son unité logistique en bout de chaines de production, un prérequis sera une identification systématique, claire, comprise et utilisable par tous.

C’est ce qui est aujourd’hui fait pour les secteurs que j’évoquais à l’instant. Un identifiant unique est utilisé permettant de suivre une unité logistique où qu’elle se trouve dans la chaine de distribution (production, transport, entreposage, magasin, etc.) avec éventuellement une relation parent-enfant en termes de packaging.

La mise en place de cette agrégation permet, à la lecture de l’identifiant palette, de connaitre l'ensemble des constituantes sérialisées en rapport avec cette palette (cartons, boites, blisters, voire l’article).

Prenons l’exemple suivant : 5 articles dans un blister, 3 blisters dans une boite, 4 boites dans un carton et 9 cartons sur une palette.

À la lecture de la palette, la liste des 9 cartons, des 36 boites, des 108 blisters et des 540 articles sera consultable. Il suffira à l’opérateur de scanner la palette pour que l’évènement réalisé (réception, préparation, expédition, etc.) soit propagé à l’ensemble des unités logistiques inférieures sans nécessité de scanner chacune d’entre elles.

Tout cela est donc rendu possible par l’utilisation de solutions d’identification et d’agrégation interfacées avec les différents systèmes d'informations des intervenants de l'écosystème. Une définition précise des typologies d’informations attendues de ces systèmes devant être établie.

L’identification unitaire des produits permet donc une telle précision mais elle n’est encore réservée qu’à une faible partie des produits que nous consommons.

Cependant, dans les industries textile, technologique ou même des produits de consommation, la pression publique devrait à terme imposer aux acteurs des filières concernées de pouvoir retracer la vie des produits qu’ils commercialisent à l’unité. Ce sera alors l’occasion de tirer profit des bénéfices opérationnels qui proviennent d’une pleine collaboration.


Existe-t-il également un intérêt commercial à la mise en place d’une collaboration supply chain ?

Tous les maillons de la chaine d’approvisionnement peuvent bénéficier de la collaboration. Le premier bénéfice indiscutable est de lutter ensemble contre la complexité grandissante des supply chain. On le sait, tenir la promesse client est devenu un enjeu majeur surtout quand ce client exige des services de livraison rapide et la facilité des retours des marchandises (cf : étude Zetes « visibilité Supply Chain ») .

L’objectif est de réduire les temps d’attente et de continuer à fournir des services de qualité dans un contexte de pression constante.

La collaboration permet d’obtenir une meilleure visibilité sur la circulation des flux au sein des entreprises et entre elles (flux de produits et flux d’information), pour tenir ses engagements et bénéficier d’un avantage concurrentiel (cf report visibilité : 87 % des répondants pensent que la visibilité de bout en bout est un avantage concurrentiel).

Cette visibilité favorisée par la collaboration permet la bonne exécution des commandes et l’atteinte des objectifs de satisfaction de clients devenus volatiles, qu’il s’agit de retenir par tous les moyens, faute de voir chuter ses revenus ou pire encore, de voir disparaitre son entreprise.


Justement, pouvez-vous nous présenter l’offre de Zetes ?

Zetes propose des solutions qui interviennent à différents niveaux.

D’abord au niveau de l’exécution métier. Ces solutions permettent en fait de faire le travail de traçabilité que ce soit en matière d’identification ou de collecte de données pour les différents métiers tout au long de la chaine logistique. Ce sont nos solutions ZetesAtlas (identification, sérialisation et agrégation des produits sur les lignes de conditionnement), ZetesChronos (traçabilité en temps réel des biens avec preuve de livraison électronique), ZetesMedea (exécution optimisée des processus logistiques) et ZetesAthena (pour l’exécution et la productivité des magasins).

Ensuite, pour sortir de la logique de silos que j’évoquais en début d’entretien, nous proposons ZetesOlympus qui est une couche collaborative permettant d’agréger l’ensemble des informations de traçabilité provenant des systèmes d’exécution, que ceux-ci soient édités par Zetes ou par des tiers.

Enfin, nous proposons également désormais ZetesZeus, véritable outil de visibilité permettant de restituer les informations collectées sous forme de dashboard dans l’objectif de faciliter la prise de décision opérationnelle.

La prochaine étape sera d’introduire de l'intelligence dans le système. Une fois les données collectées et analysées, il s’agira d’aller vers le prédictif.


Quels peuvent être les bénéfices opérationnels de l’utilisation d’un système collaboratif ?

Les bénéfices sont nombreux. Ils concernent la réduction de stocks, la prise de décisions proactive, l’accélération des temps administratifs, la réduction du gaspillage, la simplification des opérations d’inventaire grâce à des attendus plus fins, une diminution des nombres de litiges sur les factures transporteurs, ou encore indirectement et à l’heure où l’écologie occupe une place de plus en plus importante, la contribution à la protection de l’environnement en limitant les émissions de CO2 (moins d’erreurs de livraison entrainent moins de transports, donc moins de polluants…), etc.

Avec un système collaboratif, il devient en particulier possible de prendre connaissance d’informations avant que les produits n'arrivent physiquement chez le destinataire de manière à prendre des décisions de gestion qui permettent de pallier les aléas.


Pouvez-vous illustrer ?

Prenons l’exemple d’un distributeur qui passe commande à son fournisseur de 100 unités destinées à approvisionner 10 magasins (10 unités par magasin). Si le fournisseur n’est en mesure de n’expédier que 80 unités, le distributeur ne s’apercevra généralement qu’il manque 20 unités qu’à la réception de la marchandise dans son entrepôt.

Avec un système de collaboration, au contraire, le fournisseur peut déclarer qu’il n’enverra que 80 unités. Le distributeur sait donc qu’il ne recevra pas l’ensemble de sa commande et peut décider en amont de la réception comment il organisera l’approvisionnement de ses magasins (8 unités pour chacun des magasins, 10 unités pour 8 magasins, etc.).

C'est exactement ce que nous avons fait pour Marks & Spencer sur la partie alimentaire produits frais. Il s’agit de produits de valeur avec des dates de péremption très courtes. Il est par exemple possible de commander à l’enseigne son gâteau d'anniversaire. Pour un tel produit, un retard n’est pas concevable.

Notre solution ZetesOlympus a permis d'obtenir des informations en temps réel sur les performances d'exécution des commandes dans la Supply Chain de produits frais. Celle-ci est donc mise sous contrôle.

Bien évidemment tout cela n’a de sens que si l’on dispose de l’information en temps réel. Au moment où l'information est relevée par l'outil d'exécution, elle doit immédiatement être transmise à la solution de collaboration pour permettre son traitement sous forme de tableau de bord ou d’alertes. Des règles de gestion précises avec des notions de seuils de tolérance en fonction de la criticité de l’évènement doivent être définies de manière à traiter en priorité ce qui va être réellement impactant pour l’entreprise.


Quel est l’enjeu de la mise en place de tels systèmes pour les distributeurs ?

Dès leur création, les e-commerçants ont bâti un système d'informations qui leur permet une grande agilité dans les modes de livraison. Les commerçants traditionnels disposent eux d’un système d'information qui n'est pas nativement structuré pour répondre à ces nouveaux défis. Comment dès lors rester compétitifs face à ces nouveaux compétiteurs ? L'utilisation d’une solution collaborative qui vient s’interfacer sur les systèmes d’informations existants est une réponse tout à fait adaptée.

Avec de tels outils, il est en particulier possible de proposer des modes de livraison différents (livraison à domicile, en point relais, click & collect, etc.) en s’assurant de contrôler la disponibilité et le cheminement des produits sur chaque canal.

Ce sont des solutions simples et rapides à mettre en œuvre qui permettent de conserver son système actuel de manière à maitriser le TCO (coût global de possession). Bien souvent proposées en mode SaaS et cloud, elles peuvent même être utilisées à la consommation par exemple en fonction du nombre d’opérations ou de tournées.


Bio Express

Diplômé d’une école de commerce, Guillaume VICOT a d’abord évolué dans le secteur de la grande distribution.

Il a ensuite intégré le fabricant de scanners PSC qui a par la suite été racheté par Datalogic, groupe dont il a fait partie pendant 17 ans et pour lequel il a en particulier occupé le poste de Vice-Président Ventes et Marketing pour l’Europe.

En septembre 2016, il a rejoint la start-up américaine Altierre dans le domaine des étiquettes électroniques et de l’Internet des objets, société dont il a établi les opérations en Europe.

En juin 2018, il a repris la position de country manager chez Zetes France.

Site Internet de Zetes : https://www.zetes.com/fr


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