Dossiers > WMS & TMS > Suite intégrée ou best-of-breed ? > Entretien KLS
‘‘ Nous ne concevons pas des modules, mais des métiers interconnectés au sein d'une suite souveraine et modulaire ’’
T. TSCHINSCHANG et T. CHAMPION, KLS

Thomas TSCHINSCHANG, Directeur commercial de KLS et Thomas CHAMPION, Ingénieur Commercial transport chez KLS
Entretien réalisé le mardi 19 mai 2026 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier : « TMS / WMS : suite intégrée ou best-of-breed ? ».
Suite intégrée ou best-of-breed : derrière ces deux approches se cachent des enjeux très concrets de spécialisation métier, d’interopérabilité et d’évolutivité des systèmes d’information Supply Chain.
KLS défend pour sa part un modèle reposant sur des expertises dédiées, associées à une forte continuité entre ses différentes applications. Le groupe développe ainsi des solutions WMS, TMS et des outils destinés au secteur de la santé, tout en conservant des organisations propres à chaque domaine métier.
Quels critères doivent guider le choix entre suite intégrée et best-of-breed ?
Le principal enjeu réside généralement dans l’équilibre entre couverture fonctionnelle, cohérence globale et ouverture de l’écosystème.
Certaines entreprises privilégient une approche unifiée afin de bénéficier de synergies plus fortes entre les différentes briques logicielles, avec une continuité accrue des données, des processus et des interfaces.
D’autres préfèrent au contraire répartir les périmètres entre plusieurs éditeurs métier afin de conserver davantage de flexibilité et de diversifier leurs partenaires technologiques.
Dans tous les cas, la capacité des systèmes à rester ouverts et interopérables demeure essentielle, notamment dans des environnements où plusieurs outils et applications doivent coexister.
Comment vous positionnez-vous par rapport à ces deux modèles ?
Chez KLS, la philosophie consiste plutôt à proposer « le meilleur de chaque brique », avec la capacité de les assembler au sein d’un environnement unifié.
Notre conviction est qu’il est possible de conserver des expertises très pointues tout en construisant une architecture fluide et interconnectée.
Concrètement, nos WMS et TMS sont des applications complémentaires, capables de fonctionner ensemble tout en conservant leurs spécificités métier.
La connexion entre les deux solutions repose sur nos modules EAI, avec des échanges de données standardisés que nous avons développés en interne pour garantir une intégration native et maîtrisée.
Lorsqu’un projet combine les deux dimensions, les différents périmètres sont intégrés dans une logique commune, avec une continuité administrative, financière, contractuelle et technique entre les solutions.
Quels avantages voyez-vous dans cette organisation ?
Le principal avantage réside dans le niveau d’expertise apporté au client. Le WMS et le TMS sont considérés comme deux métiers à part entière, avec leurs propres problématiques, leurs propres logiques et leurs propres attentes opérationnelles.
Cette organisation permet de bénéficier d’un accompagnement particulièrement pointu sur chaque périmètre tout en conservant une cohérence globale entre les différentes briques.
Elle favorise également la réactivité pendant les phases projet, avec une capacité d’arbitrage rapide entre les différents intervenants et une meilleure coordination des sujets transverses.
Enfin, cette organisation offre davantage de souplesse dans le temps. Le TMS constitue souvent le premier pas dans la digitalisation des chargeurs, qui cherchent ensuite naturellement à optimiser la logistique en amont de leurs expéditions avec un WMS — et inversement. La synergie des deux solutions permet alors de fluidifier l'ensemble de la chaîne logistique de A à Z, en évitant les goulots d'étranglement entre la gestion d'entrepôt et le pilotage transport.
Votre approche semble également très orientée métier…
C’est effectivement un point structurant. Historiquement présent également sur les sujets WCS, le groupe s’est développé autour de plusieurs business units : activité TMS, activité WMS multi-sectorielle, applications dédiées au monde de la santé, mais également outils conçus pour les blocs opératoires.
Cette organisation illustre une philosophie constante : lorsqu’un domaine nécessite une véritable expertise métier, il est traité de manière autonome plutôt que comme un simple module additionnel.
L’idée reste néanmoins de conserver un socle commun autour de la traçabilité, de la gestion des stocks et de l’orchestration des flux. L’objectif n’est pas de devenir un ERP généraliste, mais de continuer à enrichir progressivement l’écosystème autour de ces expertises historiques.
En quoi les besoins du secteur de la santé se distinguent-ils des environnements logistiques plus classiques ?
Le secteur de la santé présente des contraintes particulières.
Le monde hospitalier combine en effet des problématiques de traçabilité, de gestion des patients, de réglementations exigeantes, de remboursement, de fabrication, de gestion de stocks critiques et d’interfaces avec de nombreux logiciels métiers.
Ces enjeux dépassent largement le simple cadre logistique traditionnel. C’est ce qui a conduit KLS à développer des solutions dédiées à ce secteur, notamment autour des blocs opératoires et des processus hospitaliers.
C'est précisément ici que notre philosophie métier prend tout son sens : plutôt que d'adapter un outil généraliste, nous prenons le temps de développer des briques fonctionnelles spécifiques, pensées pour répondre aux contraintes réelles de chaque secteur. Dans la santé, cela se traduit par exemple par un module de sérialisation des médicaments. Dans l'industrie, par une gestion dédiée des matières dangereuses. Ce niveau de spécialisation ne s'improvise pas — il est le fruit d'années d'écoute client et d'investissement R&D sur des périmètres métier que d'autres traitent comme de simples options. À l'inverse, lorsque les problématiques relèvent davantage de flux industriels ou logistiques classiques, les WMS et TMS restent parfaitement adaptés.
Quels types d’entreprises ciblez-vous avec votre WMS ?
Nous nous positionnons plutôt sur des projets nécessitant une vraie conduite de projet et un fort niveau de paramétrage.
Il ne s’agit pas d’un outil « catalogue » ou « prêt à l’emploi ». Les projets sur lesquels nous nous positionnons nécessitent généralement des phases de conception, de tests et de validation importantes avec les équipes clientes.
Notre WMS est ainsi moins adapté aux très petites structures recherchant des solutions très standardisées ou de premier niveau.
À l’inverse, cette forte capacité de paramétrage permet d’adresser des projets complexes ou multisites, y compris à l’international, à condition que le client dispose d’équipes IT suffisamment structurées pour accompagner les déploiements.
Le modèle repose justement sur cette complémentarité : KLS apporte la conception, l’outil et le cadre projet, tandis que certains grands groupes peuvent ensuite s’appuyer sur leurs propres équipes informatiques pour industrialiser les déploiements à plus grande échelle.
Le positionnement du TMS est-il différent ?
Oui, car le TMS reste généralement plus simple à intégrer et à déployer qu’un WMS dans le système d’information. Les projets sont donc plus rapides (entre 3 et 6 mois) et requièrent moins de ressources en interne.
Cela permet d’adresser des entreprises ayant parfois très peu de ressources IT, notamment lorsqu’elles utilisent principalement la solution comme station chargeur ou pour piloter leurs transporteurs.
À l’opposé, notre TMS peut également accompagner des organisations multisites et internationales avec des environnements beaucoup plus complexes.
Comment les enjeux de cybersécurité influencent-ils vos choix technologiques ?
Avec le contexte géopolitique actuel, les sujets prennent une importance croissante dans les choix d’architecture et de développement logiciel.
KLS a ainsi fortement investi en R&D afin de réduire sa dépendance à certains composants ou outils externes, notamment lorsqu’ils provenaient d’éditeurs étrangers.
L’objectif est de privilégier une logique de souveraineté logicielle en conservant la maîtrise des développements stratégiques et des composants fonctionnels critiques. Concrètement, l'ensemble de nos solutions est conçu, développé et maintenu par nos équipes en France. Déployées en SaaS, elles offrent à nos clients le choix de leur hébergement, avec la possibilité de s'appuyer sur un partenaire cloud 100% français.
Cette approche vise à sécuriser les environnements clients tout en garantissant une plus grande maîtrise des évolutions technologiques dans le temps.
Chez KLS GROUP, l’innovation technologique va de pair avec une exigence de sécurité absolue. En 2026, nos solutions ont fait l’objet d’un audit technique approfondi mené par un cabinet indépendant. Ce test d’intrusion applicatif confirme la robustesse de nos environnements web face aux menaces actuelles. La cybersécurité n'est pas une option "en plus". C'est le socle sur lequel nous bâtissons nos innovations. À l'heure où les cyberattaques se multiplient, nos solutions doivent garantir un système sécurisé.
Comment votre expertise historique dans le WCS s’adapte-t-elle aux nouvelles architectures automatisées ?
KLS vient en effet du monde du WCS et du pilotage des systèmes automatisés.
Pendant longtemps, les installations intralogistiques reposaient sur un pilotage très centralisé. Aujourd’hui, les architectures ont fortement évolué : les robots, convoyeurs, AGV ou transstockeurs embarquent désormais leurs propres couches logicielles et leurs propres capacités de pilotage.
Cette évolution ne supprime pas pour autant le besoin de coordination globale. Lorsque plusieurs systèmes automatisés coexistent au sein d’un même site, il reste indispensable d’orchestrer l’ensemble afin d’harmoniser les flux et garantir la cohérence opérationnelle.
Même si chaque équipement joue désormais sa propre partition, il reste nécessaire de disposer d’un chef d’orchestre capable de synchroniser l’ensemble.
KLS a ainsi développé une logique de « WCS maître », jouant précisément ce rôle entre les différents sous-systèmes automatisés.
Même si chaque équipement possède désormais son propre logiciel, il reste nécessaire de disposer d’une couche capable d’ordonner les flux, de coordonner les interactions entre les différents sous-systèmes et d’assurer une vision globale du fonctionnement de l’installation.
Bio Express
Thomas CHAMPION a rejoint KLS en 2019. Il occupe le poste d’Ingénieur Commercial transport. Il avait auparavant évolué dans le secteur de la grande distribution pendant une dizaine d’années.
Thomas TSCHINSCHANG est Directeur commercial de KLS. À ce titre, il a en charge la stratégie commerciale et le management des forces de ventes de l’entreprise. Il a auparavant occupé les postes d’Ingénieur d’affaires puis de Responsable Développement des Ventes France.
Site Internet de KLS Transport : https://www.kls-group.fr/
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