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‘‘ Bâtir une architecture capable d’évoluer dans le temps ’’
N. FERREIRA, AKANEA


Nicolas FERREIRA, Directeur Marketing Produit AKANEA

Nicolas FERREIRA, Directeur Marketing Produit AKANEA


Entretien réalisé le jeudi 23 avril 2026 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier : « TMS / WMS : suite intégrée ou best-of-breed ? ».

Les modèles suite intégrée et best-of-breed structurent depuis longtemps les choix en matière de systèmes d’information supply chain, obligeant les entreprises à arbitrer entre recherche de cohérence globale et performance métier.
Aujourd’hui, l’évolution des technologies, la généralisation des API et l’ouverture des écosystèmes rebattent les cartes. La frontière entre les modèles s’estompe, au profit d’architectures plus modulaires, capables de combiner différentes briques pour répondre à des attentes ciblées.
Nicolas Ferreira, Directeur marketing produits supply chain chez AKANEA
, partage son analyse des forces et limites de ces approches, ainsi que des critères à prendre en compte pour construire une architecture cohérente, évolutive et orientée vers la performance.


Pouvez-vous présenter votre rôle chez AKANEA et votre périmètre ?

Je suis Directeur marketing produits supply chain chez AKANEA, en charge de la structuration et de l’évolution des offres TMS et WMS. Cette fonction couvre la définition des roadmaps produits, la veille marché et concurrentielle, ainsi que l’analyse des retours clients et des usages terrain. Elle intègre également la construction des offres, l’accompagnement des équipes commerciales et le suivi des performances et de la satisfaction client. L’ensemble s’inscrit à l’interface du produit, du marché et du business, avec une responsabilité sur tout le cycle de vie de l’offre.




Quels sont, selon vous, les avantages et limites des approches suite intégrée et best-of-breed ?

La suite intégrée apporte une cohérence fonctionnelle native, avec un référentiel de données unique partagé entre les différentes briques. Les applications sont conçues pour s’imbriquer naturellement, ce qui simplifie le déploiement, limite le nombre d’interfaces et facilite la gouvernance du système d’information.

Cette approche réduit les risques d’incohérences entre applications, notamment sur les données, et permet un pilotage plus fluide de la supply chain, en particulier lorsque l’on combine des solutions TMS, WMS et d’autres modules connexes. Elle offre également un cadre plus simple pour les équipes IT comme pour les utilisateurs, avec moins de points de rupture à gérer.

En contrepartie, cette logique peut montrer ses limites dès lors que les besoins deviennent plus spécifiques. La profondeur fonctionnelle n’est pas toujours équivalente à celle d’acteurs spécialisés sur certains modules, et l’entreprise dépend directement de la feuille de route d’un seul éditeur. Cela peut ralentir l’innovation ou limiter la couverture de certains besoins spécifiques.

Sur un TMS, par exemple, certaines fonctionnalités avancées comme l’optimisation de tournées peuvent ne pas être intégrées en standard. Si l’éditeur ne couvre pas ce périmètre, le client doit soit s’en passer, soit envisager des solutions externes, ce qui vient remettre en question la logique initiale d’intégration complète.

À l’inverse, une approche best-of-breed consiste à sélectionner les outils les plus performants pour chaque besoin métier. Elle permet de bénéficier d’une excellence fonctionnelle sur chaque brique, avec des solutions souvent plus avancées et plus innovantes, notamment sur des sujets comme l’optimisation ou l’intelligence artificielle.

Cette flexibilité permet de s’adapter à des environnements complexes ou à des besoins métiers très spécifiques, avec une capacité à faire évoluer rapidement certaines briques sans remettre en cause l’ensemble du système.

Mais cette approche implique une intégration plus exigeante. Elle multiplie les flux, les interfaces et les référentiels de données, avec un risque accru de silotage si l’ensemble n’est pas correctement orchestré.

Elle peut également générer des coûts supplémentaires, liés à l’intégration, à la maintenance et à la gestion de plusieurs éditeurs. La gouvernance devient plus exigeante, avec la nécessité de piloter plusieurs interlocuteurs et plusieurs environnements techniques.

Enfin, elle suppose de disposer de compétences IT internes solides, capables d’assurer la cohésion et la pérennité de l’architecture dans la durée.


Dans quels contextes privilégier l’une ou l’autre approche ?

Le choix entre une suite intégrée et une approche best-of-breed dépend avant tout du contexte de l’entreprise et de ses priorités.

Les suites intégrées sont particulièrement adaptées aux organisations qui cherchent à structurer leur système d’information, avec des besoins relativement standardisés. On les retrouve souvent dans des ETI, des entreprises multi-activités transport et logistique, ou encore dans des contextes où la maturité IT est plus limitée et où la robustesse prime. Leur principal atout réside dans une mise en œuvre plus simple et une gouvernance facilitée.

À l’inverse, les approches best-of-breed répondent mieux à des environnements complexes ou très spécifiques, avec des exigences fortes en matière d’optimisation et de différenciation. Elles s’adressent davantage à des grandes entreprises disposant d’une DSI mature, capable de gérer la multiplicité des solutions et la gouvernance associée.

Plusieurs critères permettent d’orienter ce choix. La maturité IT reste un facteur clé : une organisation peu structurée privilégiera une suite intégrée, tandis qu’une entreprise plus avancée pourra s’orienter vers du best-of-breed.

La complexité des flux joue également un rôle important. Des environnements multisites, multimétiers ou multi-activités favorisent le recours à des solutions spécialisées.

Enfin, le niveau d’optimisation attendu, le besoin de standardisation ou de différenciation, ainsi que les contraintes de coûts et de gouvernance doivent être pris en compte.

Dans l’ensemble, la suite intégrée permet une mise en œuvre plus rapide et plus maîtrisée, tandis que le best-of-breed offre un potentiel de performance plus élevé, au prix d’une complexité accrue.


La frontière entre ces deux modèles demeure-t-elle toujours aussi marquée ?

Si ces repères restent structurants, la distinction entre les deux approches tend néanmoins à s’estomper.

Les architectures ont évolué avec le développement des technologies web, des API et des connecteurs standard, facilitant l’ouverture des systèmes et leur interconnexion. Les suites logicielles deviennent plus ouvertes, tandis que les solutions spécialisées sont plus simples à intégrer.

On se dirige ainsi vers des architectures plus modulaires et hybrides, articulées autour d’une solution cœur enrichie par des briques complémentaires.

Chez AKANEA, le TMS ou le WMS constitue par exemple une base pouvant être enrichie par des outils tiers : informatique embarquée, bourse de fret, CRM, applications de mobilité, logiciels comptables, Plateformes Agréées (PA) pour la eFacture, portails clients ou affrétés ou encore solutions dédiées à certaines fonctions comme la gestion des étiquettes transport.
Cette approche permet de conserver une cohérence globale tout en gagnant en souplesse et en capacité d’innovation, notamment sur des sujets comme l’optimisation, la visibilité temps réel, la gestion de flotte, la data ou encore l’intelligence artificielle.

Sur ces thématiques, nous combinons développements internes et partenariats. Nous travaillons par exemple sur des mécanismes de création automatique de commandes à partir de scans de documents ou d’e-mails grâce à des technologies d’IA générative.

L’objectif reste de proposer à chaque client une architecture adaptée à ses usages et à ses contraintes opérationnelles, deux entreprises ayant parfois des modes de fonctionnement très différents malgré des activités similaires.



Comment se structure l’offre d’AKANEA ?

AKANEA se positionne comme un éditeur de solutions métiers pour la supply chain, avec une approche combinant suite logicielle cohérente et ouverture à l’écosystème. Cette logique d’ouverture s’appuie sur une gamme couvrant différents métiers de la supply chain.

Sur le transport routier, nous proposons trois solutions :

  • IROAD, pour les créateurs d’entreprise, les patrons-chauffeurs et les TPE
  • XROAD, pour les PME
  • MROAD, pour des activités spécifiques comme la messagerie, la température dirigée ou les grands comptes

Sur la logistique, nous avons le WMS Xtent, qui s’adresse notamment aux 3PL, aux grossistes et aux négociants, avec des déclinaisons métiers, par exemple dans le secteur viticole avec l’offre VitiStock ou pour les transporteurs-logisticiens.

Enfin, nous disposons d’une solution dédiée au transport international de fret maritime et aérien avec notre TMS Freight Forwarding, à destination des commissionnaires de transport.


Quelles sont vos principales forces différenciantes ?

Je mettrais en avant trois éléments.

D’abord, notre appartenance au groupe ISAGRI, 1er éditieur logiciel français familial et indépendant, qui nous permet de travailler dans une logique de long terme, d’investir dans la modernisation de nos offres et d’innover.

Ensuite, notre ouverture technologique, avec des architectures modulaires et des API facilitant les intégrations.

Enfin, notre capacité à faire évoluer nos solutions en continu, avec des projets de réécriture, l’intégration de nouvelles fonctionnalités et le développement de modules complémentaires : portails clients, portails affrétés, applications mobiles, etc.


Au final, quel est selon vous le véritable enjeu ?

Aujourd’hui, la question n’est plus de choisir entre suite intégrée et best-of-breed.

L’enjeu est désormais de concevoir une architecture supply chain cohérente, évolutive et orientée performance, en combinant intelligemment les différentes approches.

Bio Express

Nicolas Ferreira est Directeur marketing produits supply chain chez AKANEA.

Il débute sa carrière dans le secteur du diagnostic immobilier, au sein d’un réseau de franchise, avant de s’orienter vers le marketing et la communication, notamment en agences digitales. Il rejoint ensuite un éditeur de logiciels B2B, où il développe son expérience dans l’univers des solutions professionnelles.

Présent chez AKANEA depuis plus de sept ans, il y évolue d’abord sur des fonctions marketing digital avant de se tourner vers le marketing produit.

Site Internet d’Akanea : https://akanea.com/


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