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Supply Chain : quelles innovations en 2019 ?

INTERVIEW

‘‘ La fusion entre WMS et WCS permet de véritablement raisonner en temps réel ’’ L.GOURDON, GRN Logistic / SSI SCHÄFER France


Laurent GOURDON, DG de GRN Logistic / IT SSI SCHÄFER FranceInterview de Laurent GOURDON, DG de GRN Logistic / IT SSI SCHÄFER France
Réalisée le 18/02/2019 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « Supply Chain : quelles innovations en 2019 ? »


GRN Logistic a rejoint le groupe SSI Schäfer il y a un an et demi désormais…

Nous avions eu par le passé l’occasion de collaborer sur un certain nombre de projets. SSI Schäfer connaissait donc bien GRN Logistic.

  Autres contributions

G.DWARIKA | GEFCO
‘‘L’innovation est au cœur de la stratégie de développement de GEFCO’’

E.RAYNAUD | A-SIS
‘‘Le machine learning trouve dans l’entrepôt des cas d’usage prometteurs’’

J. BOUR | DDS LOGISTICS
‘‘ Un incubateur transport pour adresser les nouvelles attentes du secteur   ’’

P.HENRION | BOA CONCEPT
‘‘ Aller toujours plus loin dans la modularité logistique ’’

F.BIESBROUCK | BK SYSTEMES
‘‘ Nous visons l’élargissement fonctionnel continu de nos solutions ’’

M.HARIK | XPO LOGISTICS
‘‘ L'industrie de la supply chain a besoin de machines ! ’’

M.DALBARD | PTV
‘‘ PTV souhaite remettre en cause certains paradigmes dans le domaine de la logistique urbaine ’’

En 2017, quand le groupe a souhaité développer un département IT en France, il a donc opté pour le rachat de notre société.

Fondateur de l’entreprise, j’en suis resté le Directeur Général.

Nous avons en fait décidé de croiser les Directions. Vincent GOEPP et moi-même sommes conjointement DG de GRN Logistic et de SSI Schäfer France.

Dans les deux sociétés, Vincent a à sa charge les aspects finance et reporting, tandis que je suis responsable des parties ventes, réalisation et support.


Quelle est la principale évolution que vous avez pu constater ces derniers mois dans le domaine de l’entrepôt ?

Sur les projets que nous menons actuellement, la fusion entre solutions WMS et WCS constitue selon moi une vraie tendance. Elle est liée à l’augmentation des niveaux d’automatisation et de robotisation.

Regrouper dans un outil unique WMS et WCS sans nécessité d’interfaces constitue en effet une innovation majeure permettant de répondre aux nouveaux besoins des entrepôts.




Qu’est-ce que cela change ?

Pendant longtemps, la configuration était la suivante :

  • Le WMS indiquait les commandes à traiter dans la journée. Il descendait au WCS les bacs à préparer.
  • Le WCS exécutait puis rendait compte au WMS.

Aujourd’hui, nous proposons de procéder de manière totalement différente.

Nous considérons que l'ordonnancement des commandes doit tenir compte de la situation physique de l’installation et en particulier des disponibilités sur les diverses gares.

Il ne s’agit donc plus de raisonner à la journée, mais bien en temps réel.

Les tâches non encore effectuées sont ainsi prises en compte. Si l’installation reste capacitaire sur un tronçon, celui-ci peut être utilisé pour traiter une partie des commandes.

On s’assure ainsi de tirer au mieux profit des équipements à disposition.
Ensuite, en termes d'exploitation, les postes et terminaux vont travailler avec les deux solutions dans les proportions suivantes :

  • 80% avec le WCS.  L’emballage, le picking, la mise en stock seront gérés à travers cette solution
  • 20% avec le WMS. Celui-ci devient un outil de réservation de stock et de gestion des priorités au niveau global.

Cela veut-il dire que vous installez nécessairement vos solutions WMS et WCS conjointement ?

Quand nous avons créé GRN Logistic, il y a maintenant une quinzaine d’années, nous avons voulu intégrer les deux produits. Nous avons en effet pu constater dans nos expériences précédentes qu’empiler les couches entre WMS et stockeurs automatiques de permettait pas de parvenir à des résultats satisfaisants.

Néanmoins, différents cas de figure existent. Nous pouvons installer en standalone notre WMS ou notre WCS ou bien procéder à une installation conjointe.

Sur nombre de sites sur lesquels notre WCS est utilisé, il nous est désormais demandé d’assurer des fonctions que le WMS en place n’est pas en mesure de fournir.

L’objectif de nos clients est de bénéficier de ce potentiel d’optimisation.

En intégrant des fonctions WMS, il devient possible de gagner en productivité sans avoir à procéder à une évolution globale du système.
Dans l’autre sens, nous remplaçons fréquemment le WCS associé au matériel en place par le nôtre.

Ensuite, au fur et à mesure de la collaboration avec un client, il est possible que celui-ci souhaite étendre son périmètre d’utilisation de nos solutions.

C’est par exemple le cas de la startup MaxiCoffee chez laquelle nous avons commencé par déployer notre WMS. L’entreprise comptait alors 300 commandes / jour. Elle en est désormais à plus de 4.000 / jour.

Entre temps le site a été automatisé et nous avons déployé notre module WCS.

On entre désormais dans une troisième phase avec la construction d’un nouveau bâtiment et une redéfinition complète des processus permettant d’accompagner leur croissance.


Tous les entrepôts sont-ils éligibles à cette « fusion » entre le WMS et le WCS ?

Un minimum de flux est bien entendu requis. Si ceux-ci sont modestes, l’utilisation d’un WMS classique associée à du terminal radio reste adaptée.

À partir de 5.000 lignes de commande / jour, une solution combinant WCS et WMS devient pertinente. C’est en particulier le cas dans les secteurs de la pharmacie et du e-commerce. Néanmoins, aujourd’hui tous les secteurs sont concernés par la concentration des entrepôts pour justement être en mesure d’augmenter la part d’automatisation des flux.

Nous avons ainsi parmi nos références des sites qui traitent un million de lignes / jour.


À quelles autres évolutions les entrepôts sont-ils confrontés ?

De manière générale, dans les nouveaux entrepôts, la part de convoyeurs se réduit fortement au profit de l’automatisation. Plutôt que d’utiliser des étagères avec du dynamique et des convoyeurs, ce sont des shuttles automatisés qui sont mis en place. Ils permettent de traiter 80% des flux et d’ainsi diviser par 3 le recours aux convoyeurs.

Ensuite plus spécifiquement, les fonctions de réception et d’expéditions sont particulièrement impactées par un certain nombre d’innovations. Ce sont d’ailleurs des fonctions pour lesquelles nous développons actuellement de nouveaux concepts.

Côté réceptions, il s’agit de traiter en automatique les cartons fournisseurs : ouverture automatique du colis, détection automatique des codes à barre, etc. On passe d'un dépotage manuel complet à un dépotage semi-automatique, voire automatique avec de l'EDI fournisseur.

Toujours concernant les réceptions, l’utilisation de trieurs haute cadence se développe fortement.

Pour les expéditions, le tri par convoyeurs multi brins tend à être remplacé par des robots de palettisation dont les prix ont beaucoup baissé et qui permettent une plus grande fluidité et une meilleure réactivité.


Et au niveau de la gestion des tournées de livraison ?

Il s’agit d’organiser le travail des quais afin de séquencer au mieux le remplissage des camions. Nous travaillons en particulier sur des projets de tri automatique de tournées.

Le traitement des colis et des petites pièces est automatisé avec le shuttle. Les palettes peuvent également être concernées avec des trieurs dédiés. Quand ce travail est effectué manuellement, les caristes empilent les palettes. En cas de changement de plan de tournée, la tâche des opérateurs devient particulièrement complexe. Au contraire, dans un trieur automatique, il est possible de faire évoluer la séquence quasiment jusqu’au dernier moment. La flexibilité est donc accrue, ce qui est un vrai atout quand on sait à quels aléas les opérations de transport peuvent être soumises.

Nous menons également des projets visant à utiliser la RFID pour connaître en temps réel le remplissage des camions.


Passons à votre solution transport MORPHEUS TMS. À quels types d’acteurs est-elle destinée ?

Notre TMS est destiné aux entreprises qui achètent de la prestation de transport.

Il permet en particulier de gérer l’affectation des transporteurs aux flux, l’édition des étiquettes au fil de l'eau synchronisée avec les flux logistiques, etc.

Au sein du groupe SSI Schäfer, nous comptons également une autre solution transport, celle-ci destinée aux sociétés qui exploitent une flotte en propre. Il s’agit du TMS INCAS qui permet aux entreprises d’optimiser leurs tournées et d’en suivre l’exécution en temps réel.

Les outils de ce type ont d’ailleurs beaucoup évolué ces derniers mois. Ils prennent désormais la forme d'une simple application Smartphone sans nécessité d’utilisation d’un GPS. Le déploiement ne contient donc plus de volet hardware.

L'application connaît en temps réel le positionnement du camion pour déterminer si la tournée est respectée, combien de fois le camion en est sorti, pourquoi une livraison a été inversée par rapport à une autre, etc.    


Sur quelles évolutions de votre WMS travaillez-vous actuellement ?

Nous avons décidé de développer un nouveau client natif Android pour une intégration complète aux Smartphones et aux tablettes. La mise en page peut ainsi évoluer en fonction de la résolution du device utilisé, ce qui n’est pas le cas quand une solution d’émulation est favorisée.

Il est ainsi possible de gérer les glisser-déplacer, le multi fenêtrage, etc. En mode full graphique, les fonctions deviennent plus intuitives pour les opérateurs.

Sur quels sujets travaillent vos équipes de recherche et développement ?

En plus du travail sur les transpositions de nouvelles interfaces utilisateurs que nous considérons comme très important, nous équipes travaillent sur les sujets :

  • Du Machine Learning pour optimiser certains algorithmes.
  • De la visualisation 3 D pour l'activité de l’entrepôt. Plutôt que d'afficher des emplacements ou quelques convoyeurs en 3D, l'idée est de savoir à quel endroit est l'opérateur, dans quelle zone il convient de rajouter des préparateurs, etc.

Et du côté de SSI Schäfer ?

Nous allons présenter au SITL le Flexi Shuttle de SSI Schäfer.

Ce shuttle se différencie de la plupart de ceux actuellement disponibles sur le marché par le fait qu’il est en mesure de traiter du multi charges.

Au-delà d’une gestion classique de bacs 600x400, il permet de manipuler des colis multi formats (cartons, plateaux, bacs cubiques et coniques) du x 200x200 jusqu'au 860*680 avec des poids pouvant aller jusqu’à 50 kilos.

Couplé au concept 3D Matrix, breveté par SSI Schäfer, cette solution ne se limite pas à un ou deux élévateurs par allée, mais est véritablement multi-élévateurs.

Cette nouvelle génération de shuttle va permettre de faire varier le nombre et les dimensions des bacs de manière dynamique en fonction des besoins des clients.

Il n’est également plus nécessaire de vider les contenus des cartons dans des bacs. De la pièce détachée comme du colis complet peuvent ainsi être automatisés.


Bio Express

Laurent GOURDON est Directeur Général de GRN Logistic, société qu’il a fondée en 2005.

Depuis le rachat de la société par SSI Schäfer, il est également DG de la filiale française du groupe.

Il a auparavant travaillé dans le développement de solutions de régulation de moteurs pour l'aéronautique puis occupé le poste de Directeur Logistique Europe chez Kardex.

Site Internet de GRN Logistic : http://www.grnlogistic.fr/ et de SSI Schäfer http://www.ssi-schaefer.com


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