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ASLOG : Naissance de la Délégation Régionale Martinique-Guadeloupe


SDCom'

Aslog


30/10/2009

L'ASLOG a mis en place sa Délégation Régionale Martinique-Guadeloupe.

Son président, René Meril, est responsable des services logistiques du CHU de Fort-de-France.

« Nous mettons en place une délégation de l'ASLOG en Martinique et Guadeloupe », dévoile René Meril, ingénieur logistique, responsable des services logistiques du Centre Hospitalier Universitaire de Fort-de-France (Martinique) : « cette délégation réunira des logisticiens du secteur hospitalier, ainsi que ceux du secteur industriel (Coca Cola…), commercial (le grossiste alimentaire local Multigros…), des transitaires (Geodis, Schenker…), de sociétés de conseil, et de l'Université des Antilles et de la Guyane (UAG) ». Une création qui a reçu l'assentiment et l'enthousiasme des différents participants aux réunions de travail conduisant à la création de cette délégation de l'ASLOG : « au cours de nos premières réunions, nous avons validé notre candidature au Conseil d'Administration de l'ASLOG. Nous avons commencé à bâtir un programme d'actions et à identifier des axes de projets et de réflexions », ajoute René Meril.


Les spécificités antillaises

La Martinique constitue avec la Guadeloupe située 150 km plus au nord, et la Guyane sur le continent américain, les départements français d'Amérique. La Martinique, comme la Guadeloupe, constituent tout à la fois une région française d'outre-mer et un département d'outremer français distant de quelque 7 000 km des côtes de la France métropolitaine. « Nous sommes toutefois considérés comme des territoires d'exportation », souligne René Meril : « nos achats en métropole sont soumis aux mêmes conditions administratives que les achats à l'étranger : appel à un transitaire, taxations douanières... ce qui rend plus complexes les organisations logistiques ».

A 6 858 km de la métropole, la Martinique (381 427 habitants au recensement de 1999) est située dans l'archipel des Petites Antilles. D'une superficie de 1 128 km², c'est l'un des plus petits départements français. L'île est située dans la mer des Caraïbes à environ 120 km de la Guadeloupe, 440 km au nord-est des côtes de l'Amérique du Sud, 3 150 km de New York et à environ 700 km au sud-est de la république dominicaine. Elle se caractérise par son exiguïté : avec 1 100 km², elle constitue la plus petite région française. Aucun point de la Martinique n'est à plus de 12 km de la mer. Elle mesure 80 km dans sa plus grande longueur, et 39 km dans sa plus grande largeur. Toutefois, avec ses 338 habitants au km² (contre 106 au niveau national), la région Martinique a l'une des plus fortes densités de population de France. L'île présente aussi une topographie difficile. Le relief montagneux occupe une superficie prépondérante (plus de 60 % du territoire). À l'inverse, les plaines ne représentent que 10 % de la surface totale (essentiellement au Lamentin), tandis que la bande littorale se caractérise par son étroitesse. Le terrain s'élève graduellement depuis le littoral jusqu'au centre et vers le nord où sont regroupés les Pitons du Carbet et la Montagne Pelée, point culminant de l'île (1 397 m). Cette partie de la Martinique est aussi le royaume de la forêt tropicale. Au centre, la plaine du Lamentin fait la transition avec la région sud de l'île, qui offre une succession de "mornes" (petites collines) et de vallées encaissées.

A 600 km des côtes de l'Amérique du Sud, à 700 km à l'est de la république dominicaine et à 2 200 km au sud-est de la Floride, la Guadeloupe (451 000 habitants au 1er janvier 2007) se présente sous la forme d'un archipel de 1 702 km², constitué de cinq groupes d'îles : la Guadeloupe continentale, d'une superficie de 1 438 km², composée de la Basse-Terre à l'ouest (848 km²) et la Grande-Terre à l'est (590 km²), séparées par un étroit canal, la Rivière Salée, et les îles voisines, l'archipel des Saintes (14 km²), La Désirade (22 km²) et Marie-Galante (158 km²). Les deux grandes îles composent le "papillon" nommé Karukéra.

La Basse-Terre est dominée par le volcan de la Soufrière qui culmine à 1 467 mètres, et par quelques autres sommets aux noms évocateurs : la Couronne, les Pitons de Bouillante, le Sans Toucher. Grande-Terre est, au contraire, un plateau de faible altitude propice à l'élevage et à l'agriculture.

La proximité de l'Amérique favorise les échanges avec les États-Unis et les îles de la Caraïbe, tant et si bien que les Premières Rencontres de la Logistique en Martinique (LOGISTICA) ont attiré nombre de responsables logistiques des autres îles de la Caraïbe. Ces Rencontres ont été organisées en mai 2009 par l'ADEM (Agence pour le Développement Économique de la Martinique) sur les thèmes de l'approvisionnement, l'entreposage, la distribution, l'aide à la décision et la mesure de la performance, en partenariat avec la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Martinique (CCIM) et le Conseil Régional de la Martinique. « Il y a manifestement un terrain favorable pour mettre en œuvre des organisations logistiques couvrant les pays qui nous entourent », estime René Meril.




Une logistique en environnement de crise

La région des Antilles est particulièrement concernée par les aléas géologiques naturels de nature volcanique, sismique et aussi par les risques de tsunamis.
L'arc des petites Antilles se situe en effet à l'aplomb d'une zone de convergence des plaques tectoniques nord- et sud-américaines avec la plaque Caraïbe, les premières s'enfonçant sous la seconde par le phénomène de subduction. Ses mouvements engendrent des déformations et donc des séismes et du volcanisme dans la région.

La subduction est un processus d'enfoncement d'une plaque tectonique sous une autre plaque de densité plus faible, en général une plaque océanique sous une plaque continentale ou sous une plaque océanique plus récente. Lorsque deux plaques se rencontrent, poussées l'une contre l'autre, la solution la plus fréquente à cette opposition est la descente de l'une des plaques sous l'autre. Les séismes profonds et très profonds s'alignent le long de la plaque descendante et montrent qu'elle peut plonger sur plusieurs centaines de kilomètres.

De ce fait, les Antilles sont susceptibles d'être soumises à des séismes de très forte intensité. Elles ont été classées en zone III, degré de sismicité maximale du zonage français.
Les séismes antillais sont en fait de deux types : certains se produisent à l'interface de subduction entre les plaques américaines et la plaque Caraïbe.

D'autres séismes, plus superficiels ont lieu dans la plaque chevauchante Caraïbe. Il est vrai que cette plaque Caraïbe se déplace par rapport aux plaques Nord Amérique et Sud Amérique qui la bordent, ce qui se traduit par des déformations à l'intérieur des plaques, notamment au niveau de l'arc des Petites Antilles. Parmi les principaux séismes historiques ayant affecté l'archipel de la Guadeloupe, celui du 8 février 1843 correspond à un séisme profond de la zone de subduction, tandis que les séismes du 29 avril 1897 et du 21 novembre 2004 sont dus à des déformations au sein de la plaque Caraïbe. Quant aux séismes ressentis en Martinique, ils sont liés à la subduction de la croûte océanique atlantique sous les Antilles et à des déformations de la bordure orientale de la plaque Caraïbe : les principaux séismes historiques ayant affecté la Martinique sont ceux du 11 janvier 1839, du 7 novembre 1727, du 21 mai 1946. Par ailleurs, le 8 juin 1899, une secousse de magnitude 5,1 a été localisée au large de la Martinique. Plus récemment, le 29 novembre 2007, un séisme de magnitude 7,3 sur l'échelle de Richter eut lieu au large de la Martinique.

La vulnérabilité aux séismes est aggravée par une forte densité de population (dans certains secteurs de la Martinique), l'occupation de zones dangereuses (versants raides et instables), des pratiques de construction non-conformes aux règles parasismiques, un secteur productif agricole, touristique et industriel fragile, un réseau de voies de communication très exposé.

En janvier 2007, le gouvernement a adopté un plan Séisme aux Antilles qui s'intègre au programme national de prévention du risque sismique. Sa première phase 2007-2013 concerne le renforcement du bâti, à travers la consolidation ou la reconstruction de bâtiments scolaires, de logements collectifs et d'infrastructures de gestion de crise (bâtiments de classe D). Sont également prévus, les travaux de rénovation des deux centres hospitaliers universitaires de Pointe-à-Pitre et de Fort-de-France dans le cadre du plan hôpital 2012 du ministère en charge de la Santé. Enfin, le projet de programme relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement, prévoit un renforcement de ces mesures (article 39).
Les séismes, s'ils se produisent dans la mer ou à proximité de la côte, peuvent être à l'origine de raz-de-marée et de tsunamis.

Cette région est également soumise aux effets conjugués de très fortes dépressions météorologiques prenant naissance au-dessus des eaux chaudes des océans de la zone intertropicale, s'accompagnant de vents très violents, d'une houle cyclonique importante sur le littoral, d'une marée cyclonique correspondant à une élévation générale du niveau de la mer pendant quelques heures, et de pluies torrentielles : ce sont les cyclones appelés ouragans ou hurricanes dans la mer des Antilles, et typhons dans l'ouest du Pacifique. Le risque est réel chaque année, entre fin juillet et début novembre, les mois d'août, septembre et octobre étant les plus favorables à la formation d'ouragans susceptibles d'intéresser toute la région. Chaque année en juillet, au début de la saison cyclonique, les médias rappellent aux populations les consignes à appliquer en cas de menace ou de confirmation de menace. Un exercice de transmission réunit les services opérationnels des municipalités à chaque début de saison cyclonique afin de rappeler à chacun d'eux les différentes phases de l'alerte et permettre de faire l'inventaire des moyens mis en œuvre en cas de déclenchement du Plan de Secours Spécialisé Cyclones. Il n'empêche qu'en 2008, les routes étaient coupées et le Centre Hospitalier Universitaire isolé.

« Volcans, tremblements de terre, cyclones… génèrent une prise en charge particulière des problèmes de santé et de toutes les organisations logistiques associées », commente René Meril : « ce sont des organisations logistiques de crise qui doivent être mises en place en Martinique et en Guadeloupe. Notre délégation devra mener une réflexion globale sur ce sujet ».


L'économie locale marquée par l'industrie agroalimentaire

"La canne, c'est notre sidérurgie", a-t-on par ailleurs coutume de dire aux Antilles et pour cause les industries locales ressortent essentiellement du secteur agroalimentaire (sucreries, rhumeries, conserveries) qui représentent en Martinique 40 % du chiffre d'affaires de l'industrie hors énergie. L'agriculture (canne à sucre, banane, melon, café, avocat…) a longtemps été le moteur économique de l'île qui exporte essentiellement des fruits et du rhum, mais elle ne survit que grâce aux subventions de l'État et des collectivités locales : les producteurs de rhums agricoles et industriels des DOM ont obtenu en 2007 une belle victoire à Bruxelles avec l'augmentation du contingent de rhum commercialisé en métropole, contribuant ainsi au développement de l'exportation, au maintien et au développement de la filière canne-sucre-rhum.

L'économie guadeloupéenne repose également sur le secteur agricole dont la production de la banane et la filière canne-sucre-rhum. La banane reste le premier produit d'exportation en volume : la production récoltée de 40 181 tonnes en 2007 traduit toutefois une baisse de production due notamment aux dégâts occasionnés par le cyclone DEAN, mais aussi à la baisse continue de la production depuis plusieurs années. La culture de la canne à sucre représente la deuxième activité agricole. Le sucre est la seconde production locale. Deux usines (Gardel en Grande-Terre et Grande-Anse à Marie-Galante) ont, en 2007, broyé près de 732 450 tonnes de canne à sucre pour produire 80 210 tonnes de sucre.

Canne à sucre pour l'industrie du sucre et du rhum, fruits et légumes tropicaux pour les industries de jus de fruit, confiturerie, légumes surgelés, potage, mais aussi produits de l'élevage, viandes et œufs ou produits de la pêche pour les industries de découpe ou de transformation en charcuteries salaisons ou plats cuisinés… Les matières premières locales ne manquent certes pas. L'industrie agroalimentaire locale assure la transformation des produits de la pêche : ainsi en est-il par exemple en Martinique de la société Délices Locales qui propose une large gamme de produits originaux issus des traditions culinaires antillaises (soupes, terrines, souskay, chiquetailles, rillettes, sauces, piment confit…). L'industrie agroalimentaire recèle bien des saveurs entre tradition et modernité chez de nombreux industriels comme Sotradev, producteur de viande de boucherie, charcuterie et produits saumurés, ou Kini qui découpe et conditionne la viande de porc, Martinique Aviculture qui produit 35 à 40 millions d'œufs par an et sert 60 % du marché local, Man' Nicol qui revisite avec créativité et innovation le traditionnel boudin créole. Il n'en reste pas moins vrai que la production locale est pénalisée par la perte de parts de marché prises par l'import, beaucoup mieux armé que la production locale. Quant aux cultures fruitières et maraîchères, elles ne parviennent pas à couvrir les besoins des habitants de la Guadeloupe qui doit importer chaque année plus de 10 000 t de fruits et légumes.

Les besoins des Antilles françaises sont en fait énormes, et concernent tant les produits alimentaires, matières premières, emballages, qu'un large éventail d'équipements industriels et pièces de rechange. Ces marchandises sont importées. Les approvisionnements des Antilles françaises proviennent essentiellement de la métropole. Ils arrivent par bateaux et par avions pour les approvisionnements de dépannage en urgence. Le transport maritime des matières premières se répartit lui-même entre le fret conteneurisé (4 879 conteneurs EVP en 2008), le vrac liquide (pétroles bruts destinés au raffinage par la Société Anonyme de la Raffinerie des Antilles), et le vrac solide : vrac alimentaire (fret céréalier tel que blé, le riz brut, d'autres céréales pour la fabrication d'aliments de bétail), vrac non alimentaire (clinker, engrais bruts, aciers…). Il est aussi des importateurs qui s'approvisionnent en Chine, dans le Sud-Est asiatique, comme en Inde… sachant qu'ils font systématiquement transiter leurs produits par la métropole de façon à mutualiser leurs expéditions avec les flux de marchandises partant du Havre vers les Antilles, et tenter de réduire les coûts de transports. Toutefois, ceux-ci grèvent les prix de vente, qui s'avèrent sensiblement supérieurs aux prix des produits équivalents en métropole. « Le surcoût moyen dû au transport varie entre 40 % et 60 % », dit René Meril constatant un fort déficit de la balance commerciale de la région. Une étude publiée en mai 2009 par PIL, le magazine de l'industrie martiniquaise, constate que les coûts d'approvisionnement de certaines matières premières importées peuvent dépasser le prix d'achat lui-même (126,98 % du prix d'achat pour l'engrais potassique, 124,59 % pour les bouteilles en verre utilisées en distillerie).

La crise sociale qui a secoué les Antilles françaises en février-mars 2009 avait pour origine la lutte contre la vie chère et la perte du pouvoir d'achat. Durant cette période de grève générale, l'activité industrielle a été paralysée. Les pertes sont importantes (un mois sans chiffre d'affaires), les recrutements ont été annulés, les stocks n'ont pas été écoulés… Depuis, la production a repris doucement. Il semblerait que les consommateurs achètent moins qu'auparavant, les commandes des distributeurs aux industriels sont donc moins importantes qu'en début d'année, et les industriels ont du mal à récupérer les créances d'avant la grève.


Les objectifs de la Délégation Martinique Guadeloupe

Dans le contexte qui vient d'être décrit, la nouvelle Délégation Régionale de l'ASLOG aura pour mission première de se faire connaître auprès des organisations socioprofessionnelles.
Un enseignement universitaire visant au DEUG logistique existe en Martinique : en liaison avec l'université, la Délégation va prolonger l'activité de l'ASLOG en métropole autour du référentiel de la performance logistique.

La Délégation aura également pour mission d'organiser des événements tels que les journées de la logistique martiniquaises ou caribéennes, ainsi que des réunions d'information sur la logistique, en particulier pour les TPE et PME.

Enfin la délégation Martinique- Guadeloupe de l'ASLOG se veut un lieu d'échanges et de rencontres avec tous les intervenants des différents secteurs logistiques, afin d'aborder sereinement différents sujets et autres difficultés que nous connaissons, entre autres :

  • l'organisation du transport de passagers
  • l'organisation du transport de marchandises
  • la centralisation et la rationalisation des stocks et des achats à l'import pour les TPE
  • l'organisation de filières à l'export pour des TPE innovantes du secteur agro-alimentaire
  • la logistique de crise, par rapport à nos différents risques

 


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