Chaîne
d’approvisionnement
Tout comme en Amérique du Nord, les
chaînes d’approvisionnement
des entreprises se complexifient avec une
augmentation des approvisionnements internationaux
et la spécialisation des usines.
Bien que se tournant également vers
l’Asie, les entreprises européennes
ont également accès aux pays
de l’Europe de l’est et de l’Afrique
du Nord où les coûts demeurent
bas et les délais d’approvisionnement
sont beaucoup moins longs. Finalement, mentionnons
que l’européen porte une plus
grande attention aux détails et à
la qualité que le consommateur américain,
et que celui-ci demeure très fier
de sa région.
Réseau
de distribution
L’Europe est toute petite selon nos
standards nord-américains, et il
est donc possible d’approvisionner
le marché entier (selon le type de
produits vendus) avec un seul centre de
distribution. Dans la majorité des
cas, ces sites sont localisés en
Hollande, Belgique ou en Allemagne (centre
de gravité de l’Europe). La
majorité des centres de distribution
sont localisés dans la grande périphérie
des villes afin d’avoir accès
à une main-d’oeuvre stable,
garantir un accès facile aux sites
en évitant les traditionnels bouchons.
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Transport
L’offre de transport est très
morcelée alors que 75 % des entreprises
de transport ont moins de 5 camions. Nous
retrouvons aujourd’hui peu d’entreprise
ayant un réseau européen,
et ceci entraîne de nombreuses ruptures
de charge. La température, plus clémente
qu’au Canada, permet de transporter
les produits secs avec des remorques à
ridelles qui sont plus économiques.
Les axes routiers sont très congestionnés
et l’accès aux villes est très
difficile et commence à être
réglementé (heures de livraison).
Aux Pays-Bas, les autorités gouvernementales
font la promotion du transport fluvial (naturel
et canaux) afin de désengorger les
axes routiers (des projets d’entrepôt
sur péniche sont actuellement en
cours d’essai à Amsterdam).
Main-d’oeuvre
La complexité des échanges
commerciaux avant la UE a favorisé
la reconnaissance de la fonction logistique
depuis déjà quelques années.
De nombreuses universités offrent
des programmes en logistique et les diplômés
sont recherchés. Au niveau de la
classe ouvrière, la population vieillissante
de l’Europe, jumelée au statut
des emplois dans cette industrie amplifie
la rareté de la main-d’oeuvre.
Les relations de travail sont différentes
en Europe et les entreprises prônent
les valeurs humaines au détriment,
parfois, de la productivité absolue.
Cette approche est également reflétée
dans les acquis sociaux des employés
(35 heures de travail, semaine de vacances,
complexité de la mise à pied
des ressources, etc.)
Technologies
Lors de nos visites des sites en Europe,
nous constatons un degré d’automatisation
plus élevé qu’au Canada.
Cette automatisation est justifiée
par les aspects suivants : coût et
rareté de la main-d’oeuvre,
coût du terrain ainsi que l’importance
des flux à traiter. Cette automatisation
est d’autant plus impressionnante
que la qualité des équipements
est nettement supérieure à
celle que nous avons en Amérique
du Nord. Dans l’aménagement
des sites, un effort est mis à rendre
l’espace agréable pour les
employés avec beaucoup de lumière
naturelle, des aires de repos et un souci
pour l’ergonomie
des postes de travail et la sécurité.
Systèmes d’information
Comme mentionné précédemment,
la complexité des échanges
commerciaux avant l’UEa favorisé
la mise en place de systèmes de pilotage
des flux logistiques. Aujourd’hui,
la vaste majorité des entreprises
utilisedes WMS et TMS, et elles sont actuellement
rendus à la deuxième génération
de systèmes alors qu’ici nous
en sommes encore rendu à justifier
de tels outils dans nos sites. Comme en
Amérique du Nord, le marché
est très fortement segmenté
et peu de joueur sedistingue par leur part
de marché prédominante. Les
vendeurs de solutions WMS et TMS font également
face à une offre des ERP qui s’améliorent
considérablement.
Impartition
Le recours à l’impartition
est une pratique courante en Europe alors
que les entreprises cherchent à se
concentrer sur leur coeur de métier
(core business). L’offre est également
mature et les prestataires proposent plus
que le transport et l’entreposage;
ils peuvent prendre en charge toutes les
activités de la chaîne d’approvisionnement.
En guise de conclusion, nous devons nous
demander ce que nous pouvons apprendre des
européens, et inversement ce que
nous pouvons leur transmettre. En tant que
nord-américain, nous devons retenir
l’importance du facteur humain dans
les opérations, la qualité
des équipements, l’importance
des WMS ainsi que l’avantage stratégique
liée à l’impartition.
Les européens, de leur côté,
peuvent retenir la valeur de la collaboration
entre les acteurs de la chaîne et
les nouvelles technologies (RFID, reconnaissance
vocale, etc.) ainsi que l’importance
des indicateurs de performance.
Philippe Gautrin, Ing.
Associé, Groupe GCL
www.gclgroup.com
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