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Interview de Sébastien Sliski, General Manager Collaborative Supply Chain Solutions chez Zetes



Omnicanal : faire de sa supply chain un avantage concurrentiel

INTERVIEW

‘‘ La supply chain est désormais en contact direct avec le consommateur ’’ S.SLISKI, ZETES


Sébastien Sliski, General Manager Collaborative Supply Chain Solutions chez ZetesInterview de Sébastien Sliski, General Manager Collaborative Supply Chain Solutions chez Zetes.
Réalisée le 12/06/2018 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « Omnicanal : faire de sa supply chain un avantage concurrentiel ».


Le secteur de la distribution semble marqué par un véritable bouleversement…

Les changements sont en effet conséquents. La tendance vers le développement des modèles omnicanaux est profonde.

  Autres contributions

Rémy MALCHIRAND | MANHATTAN ASSOCIATES
‘‘ La priorité est de tenir le service promis au client ’’

Philippe MARQUES et Bruno LACOSTE | A-SIS
‘‘ La mise en place d’une supply chain omnicanale performante, une question de survie ’’

Gilbert GARCIA | KLS
‘‘ Le maillon le plus faible dimensionne le niveau de performance global ’’

Cristina GARCIA | SPRING GDS
‘‘ La logistique inverse transfontalière est la prochaine opportunité pour les e-commerçants ’’

Tandis que les acteurs historiques investissent le on-line, les pure players font le chemin inverse et s’engagent dans la distribution sur point de vente physique.

Les enseignes ont fait le constat que la vente de certains produits nécessite un contact physique. Certains e-commerçants ont également besoin de s’appuyer sur des showrooms pour faciliter l'interaction avec les consommateurs et enrichir l'expérience client.

Bref, les enseignes ne peuvent plus distribuer l’ensemble de leurs produits sur un seul canal.


Comment ont évolué les promesses des distributeurs ces dernières années ?

L’évolution la plus notable porte sur les engagements en termes de délais aussi bien en ce qui concerne la rapidité de la livraison que sur la pertinence des créneaux proposés.  

  • La rapidité de livraison

On assiste à une course au délai le plus court pour servir les clients. Celle-ci se fait aujourd’hui au détriment des coûts.
Lorsqu’il s'agit de livrer des clients en centre-ville en 3 heures, il devient nécessaire de s’appuyer sur de nouveaux modèles.

  • La pertinence des créneaux

L'objectif pour les distributeurs est de proposer des fenêtres beaucoup plus courtes à leurs clients. Les consommateurs sont en effet de moins en moins enclins à accepter d’être « bloqués chez eux » à attendre leur colis.

Mais finalement, il est possible d’en profiter pour minimiser l'impact en termes de frais de livraison.

Il s’agit pour cela de réussir à amener le client vers un choix compatible avec l’optimisation des flux de l'enseigne. C’est possible en lui adressant des propositions de livraisons orientées. Concrètement, deux personnes qui commandent en même temps pourront ne pas se voir suggérer les mêmes créneaux.

Toute la chaine d'informations doit être travaillée pour collecter un maximum de données externes et internes à l’entreprise afin de mettre en place des offres qui satisfassent aussi bien le client que le fournisseur tout en minimisant pour ce dernier les coûts de distribution. À ce titre, l’intelligence artificielle est très prometteuse. Elle permet en effet de mieux modéliser en analysant des masses d’informations et d’offrir des options plus ciblées au distributeur pour la distribution et la vente de ses produits.




Quels sont les impacts des évolutions des modes de consommation sur la supply chain des entreprises ?

La supply chain est désormais en contact direct avec le consommateur.

Il y a aujourd’hui un équilibre à trouver entre d’une part des coûts qui sont élevés et d’autre part des attentes fortes en termes de qualité de service.

Pour le consommateur, il existe désormais une grande diversité de moyens de mise à disposition des commandes. Certains modes, plus pratiques pour lui que la livraison à domicile, représentent d’ailleurs des opportunités de massification pour les entreprises. Je pense en particulier aux livraisons en points relais ou en consignes automatiques.  

Dans le même temps, la volonté des villes de diminuer le nombre de camions pour limiter la pollution et les nuisances sonores impacte fortement le design des nouvelles solutions. Il s’agit de privilégier des configurations permettant de massifier les flux à travers la création de points de concentration des biens avant éclatement vers les destinataires.

Les besoins sont alors forts en termes de flexibilité et de suivi en temps réel de la bonne exécution de l’engagement.

D’autant plus que les enseignes sont de plus en plus confrontées à des situations de volatilité des volumes d’une journée à l’autre, mais également à l’intérieur même d’une journée.

Dans l’entrepôt, cette exigence de flexibilité augmente dès qu’on se rapproche des centres de consommation. Elle apparait alors difficilement compatible avec de gros investissements d’automatisation. Des solutions plus agiles de type robotique doivent être privilégiées. Mais il existe également d’autres outils intéressants comme les solutions de projection de lumière qui peuvent aider les opérateurs à trier les colis (visual sorting).


Qu’est-ce exactement que le visual sorting ? Comment cela fonctionne-t-il ?

Le visual sorting est une technologie qui permet de projeter des images sur le colis pour assister l’opérateur.

L’installation consiste en un projecteur accroché en hauteur et un lecteur situé au niveau du sol. Le système est capable d’identifier les colis puis d'afficher sur ceux-ci les informations utiles à l’opérateur. À noter que cette projection suit le colis quand celui-ci est en mouvement.

Cela permet en particulier d’apporter une notion dynamique par rapport à une étiquette standard. C’est-à-dire que si un élément concernant le colis ou la commande associée change, l’information projetée est automatiquement mise à jour. 

Ces configurations sont très flexibles et faciles à mettre en œuvre. Elles permettent par exemple, de s’affranchir d’une obligation d’étiqueter avec des données figées les colis très en amont du processus du traitement de la commande.


Qu’en est-il de la gestion des retours ?

Beaucoup de progrès restent à faire sur ce point. Beaucoup de travail a été effectué sur la capacité de livrer, mais la gestion des retours est encore aujourd’hui traitée par défaut. Nous constatons en particulier deux problèmes.

D’abord, il est souvent compliqué pour le consommateur de renvoyer la marchandise.

Ensuite, le cycle de traitement et de réintégration de ces retours dans le circuit de vente reste encore trop long, ce qui peut contribuer à des phénomènes de surstock.

C’est en particulier le cas dans le domaine de la vente de prêt-à-porter dans lequel il peut être compliqué au moment de la commande de bien appréhender les tailles et les coloris.

Pour pallier ces deux problèmes, il est nécessaire de proposer aux consommateurs des alternatives dans la prise en charge des retours, alternatives associées à des configurations techniques en mesure d’en accélérer le traitement.

Plusieurs pistes existent : allier vente par Internet et magasin en est une, gérer les retours à travers les consignes locker en est une autre.

Nous travaillons  avec Panasonic sur les lockers pour intégrer la capture des dimensions, image et poids des colis retournés. L’objectif est d’accélérer le flux et la réintégration dans les stocks disponibles à la vente afin de définir le choix du transporteur et la gestion de la preuve de retour.


Continuons sur vos outils. Que proposez-vous aux entreprises utilisant des modèles omnicanaux ?

Nos domaines d’intervention concernent particulièrement le temps réel et la collaboration entre les silos (fournisseurs, entrepôts, transporteurs, lieux physiques de livraison) pour accélérer le cycle de commande et de s’assurer de la réalisation des engagements pris.

Nous proposons pour cela la solution ZetesOlympus, véritable tour de contrôle qui permet de récupérer en temps réel les événements survenus dans les différents silos et réseaux de distribution.  ZetesOlympus vise à donner de la visibilité au service client, afin qu’il puisse interagir avec les clients et de toujours avoir l’information la plus pertinente.

En effet, quand il achète un produit, le consommateur n’a que faire des répartitions de responsabilité entre les différents intervenants. Il contracte avec l’enseigne sur la base d’un délai et d’une qualité de service et s’attend simplement à ce que l’engagement pris soit respecté.  
Il n’a pas à être concerné par qui porte le stock, qui prépare sa commande, qui va la lui livrer, etc.

Ensuite nous proposons toutes les briques d'exécution qui s'insèrent dans une capacité omnicanale : preuve de livraison, exécution en entrepôt, préparation en magasin, click & collect, etc.


  Ce qu'il faut retenir :
  • Commercialement, les enseignes ne peuvent plus distribuer l’ensemble de leurs produits sur un seul canal.
  • Les distributeurs ont désormais des engagements forts en termes de délais (rapidité de livraison et pertinence des créneaux proposés).
  • La supply chain est désormais en contact direct avec le consommateur.
  • Il est nécessaire de proposer des alternatives dans la prise en charge des retours associées à des configurations techniques en mesure d’en accélérer le traitement.
  • Zetes propose des solutions temps réel favorisant la collaboration entre les silos (fournisseurs, entrepôts, transporteurs, lieux physiques de livraison).

Bio Express :

Depuis 2015, Sébastien Sliski est General Manager de la suite Supply Chain Collaborative de Zetes. Cette suite permet une visibilité dans la Supply Chain et une capacité Track & Trace en offrant des solutions de Supply Chain Execution et une couche collaborative pour restituer l’information.

Il était auparavant Country Manager de Zetes France remplissant plusieurs rôles transverses pour Zetes.

Sébastien Sliski a plus de 15 ans d'expérience dans la gestion des applications Supply Chain dans des environnements internationaux.

Avant de rejoindre Zetes, il était responsable des applications logistiques et de la gestion de projets à un niveau corporate d’un groupe français de retail.

Sébastien Sliski est titulaire d’un Master 2 en gestion de projets logistiques obtenu dans l’Université Panthéon Assas.

Site Internet de Zetes : http://www.zetes.fr/


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