Publications > ASLOG > 17ème Enquête sur les besoins en emplois et en formations dans les fonctions de la logistique > III - Gestion des Emplois et des recrutements



Newsletter Logistique, Transport et Supply Chain
  Pour suivre la publication de nouveaux articles / ressources, inscrivez-vous gratuitement à la Newsletter FAQ Logistique

ASLOGDocument reproduit avec l’accord de l’ASLOG. L’ASLOG, l’Association française pour la logistique est une organisation neutre et indépendante. Multisectorielle, elle est aujourd’hui la seule association qui couvre l’ensemble des activités au sein de la chaine logistique globale. Elle représente un réseau professionnel de plus de 1500 membres en France et plus de 135 000 en Europe à travers l’ELA (European Logistics Association). Pour soutenir les entreprises dans cette démarche, l’ASLOG, facilitateur d’échanges, se positionne aujourd’hui plus que jamais comme un soutien des entreprises dans leur recherche de compétitivité et de performance globale.



17ème enquête annuelle sur les besoins en emplois et en formations dans la logistique

Enquête réalisée du 10 au 30 janvier 2011

Département des Etudes
Transport & Logistique (DETL)-
Direction des Relations
Institutionnelles et des Etudes
(DRIE)
 

Valérie CASTAY
Chef de projets Etudes

Jean André LASSERRE
Directeur des Relations Institutionnelles et des Etudes


III - Gestion des Emplois et des recrutements



  • 3.1 Gestion du niveau des effectifs

L’industrie pharmaceutique et les prestataires transportlogistique emploient relativement plus de salariés de la logistique par m2 de plateforme que les autres secteurs

C’est dans l’industrie pharmaceutique et chez les prestataires transport-logistique qu’on observe une concentration de salariés de la logistique par m2 de plateforme logistique la plus élevée : 44% des établissements de l’industrie pharmaceutique emploient 10 salariés et plus pour 1 000 m2, ainsi que 39% des prestataires transport-logistique.


    • Une évolution des effectifs logistiques en demi-teinte

En 2010, la proportion d’établissements ayant vu ses effectifs de cadres logistiques diminuer s’est rétractée, aussi bien dans les établissements de 100 salariés et plus (proportion qui est passée de 8% à 5%), que dans les établissements de moins de 100 salariés (proportion qui est passée de 9% à 3%). Si, dans les établissements de moins de 100 salariés, l’augmentation des effectifs de cadres de la logistique a été plus fréquente (7%) que sa diminution (3%), dans les établissements de 100 salariés et plus, les sondés restent plus nombreux à constater une diminution (5%) qu’une augmentation (3%).

La proportion d’établissements ayant vu diminuer leurs effectifs de techniciens / agents de maîtrise en logistique est restée stable dans les établissements de 100 salariés et plus, et s’est rétractée dans les établissements de moins de 100 salariés (passant de 12% à 7%). Les sondés sont également plus nombreux que l’an dernier à constater une augmentation de ces effectifs en 2010 : 8% d’établissements de moins de 100 salariés, après 5% en 2009. Si, dans les établissements de moins de 100 salariés, l’augmentation des effectifs de techniciens / agents de maîtrise en logistique a été plus fréquente (8%) que sa diminution (7%), dans les établissements de 100 salariés et plus, les sondés restent, comme pour les cadres, plus nombreux à constater une diminution (10%) qu’une augmentation (5%).

Les effectifs d’opérateurs logistiques sont sujets à davantage de fluctuations : la proportion d’établissements ayant augmenté leurs effectifs d’opérateurs a plus que doublé, tant dans les établissements de moins de 100 salariés (17% après 8% en 2009), que dans les établissements de 100 salariés et plus (14% après 6% en 2009) ; cependant, la part des établissements de 100 salariés et plus révélant une diminution des effectifs salariés d’opérateurs logistiques reste significative et en augmentation : 19% des établissements, après 13% en 2009, ont vu leurs effectifs d’opérateurs logistiques diminuer. Il s’en suit que, comme pour les autres catégories d’emploi, les établissements de 100 salariés et plus annonçant une baisse des effectifs d’opérateurs logistiques continuent d’être plus nombreux que ceux annonçant une augmentation.



    • Les diminutions d’emplois logistiques ont été plus fréquentes que leurs augmentations dans les secteurs de l’automobile, du commerce et de la chimie

Dans l’industrie pharmaceutique, le différentiel entre le nombre de répondants faisant état d’une augmentation des effectifs logistiques toutes catégories confondues et le nombre de répondants constatant au contraire leur diminution est positif : +8% pour l’effectif de cadres, +14% pour l’effectif d’agents de maîtrise, +12% pour l’effectif d’opérateurs. Ce secteur, déjà l’année dernière, résistait plutôt mieux que les autres à la crise.

Trois secteurs, pour toutes les catégories d’emploi confondus, ont un différentiel négatif entre le nombre d’établissements qui ont augmenté leurs effectifs et ceux qui les ont diminué : il s’agit en premier lieu du secteur automobile dont le différentiel est le plus marqué à la baisse, dans la lignée de l’année 2009 pour l’emploi de cadres et de techniciens (-16% pour l’emploi cadre après -14% en 2009, et -24% pour les techniciens après -23% en 2009 ), mais de manière plus défavorable encore qu’en 2009 pour l’emploi d’opérateurs ( -32% après -14% en 2009).

Le secteur de la chimie et du commerce de plus de 100 salariés déplorent également un nombre d’établissements ayant détruit des emplois dans chacune des trois catégories d’emploi supérieur au nombre de ceux qui en ont créé (différentiel de -11 points pour les opérateurs dans le secteur du commerce).

Pour le secteur transport-logistique, tant dans les établissements de moins de 100 salariés, que dans les 100 salariés et plus, le différentiel négatif entre le nombre d’établissements ayant augmenté leurs effectifs et ceux les ayant diminué concerne exclusivement l’emploi de techniciens, l’emploi d’opérateurs étant plutôt mieux orienté (différentiel de +3 points entre les établissements de moins de 100 salariés du transport et de la logistique constatant une augmentation et ceux constatant une baisse).

Remarquons que les prévisions établies par les établissements début 2010 pour l’année en cours étaient globalement justes pour les établissements de 100 salariés et plus, qui avaient été plus nombreux à anticiper une baisse plutôt qu’une hausse des effectifs. Néanmoins, pour les opérateurs, les ajustements à la baisse ont été plus fréquents que ce que les répondants prévoyaient, en particulier dans l’industrie automobile et le commerce.

Au contraire, les effectifs ont connu en 2010 une évolution plus favorable que prévue dans les établissements de moins de 100 salariés, qui avaient été particulièrement pessimistes l’an dernier.

    • La baisse d’activité des entreprises et les réorganisations de la logistique expliquent largement la baisse d’effectifs

Si la baisse d’activité des entreprises est logiquement le premier motif invoqué par les établissements de toute taille pour expliquer les diminutions d’effectifs d’opérateurs logistiques (raison citée par la moitié des répondants), ce motif a tendance à reculer au profit d’autres raisons, en particulier les réorganisations logistiques citées par 43% des répondants de 100 salariés et plus (+ 24 points par rapport à 2009) et 39% des répondants d’établissements de moins de 100 salariés, et également le non-remplacement des départs (démission, maladie, fin de CDD), phénomène qui concerne plus d’un tiers des établissements de moins de 100 salariés qui ont vu leurs effectifs d’opérateurs baisser ; les départs en retraite non remplacés ont également bondi en 2010.

    • Le recours aux heures supplémentaires a augmenté

Les établissements ont été nettement plus nombreux à avoir davantage recours en 2010 aux heures supplémentaires pour des emplois logistiques : ils sont 33% des établissements de 100 salariés et plus dans ce cas, soit 10 points de plus qu’en 2009, et 36% des établissements de moins de 100 salariés, soit 12 points de plus qu’en 2009.

Le secteur qui a le plus accru l’intensité de l’utilisation du travail en heures supplémentaires est celui de l’industrie automobile, avec 60% d’établissements ayant davantage recours aux heures supplémentaires en 2010.

Seuls les établissements du secteur transport-logistique de 100 salariés et plus ont été moins nombreux qu’en 2009 à recourir davantage aux heures supplémentaires.


    • Malgré la sortie de la crise, le non-remplacement des départs a été en 2010 à l’oeuvre dans près d’un établissement sur quatre de 100 salariés et plus

Malgré la sortie de crise, bon nombre d’établissements de 100 salariés et plus ont continué de ne pas remplacer les départs, stratégie utilisée par plus d’un établissement sur cinq pour les emplois d’opérateurs, soit 10 points de plus qu’en 2009. Néanmoins, les autres mesures de compression des effectifs (licenciements économiques, chômage partiel/technique, mise en congé/JRTT) ont moins eu cours en 2010 qu’en 2009 : le taux de recours au chômage technique/ partiel des opérateurs est ainsi passé de 11% à 7%. Pourtant, les établissements de 100 salariés et plus ont finalement eu davantage recours en 2010 à ces différentes mesures qu’ils ne l’avaient anticipé un an plus tôt.

Pour les établissements de moins de 100 salariés, si le non-remplacement des départs pour les cadres et techniciens s’est amplifié (respectivement +4 points et +12 points comparé à 2009), le non-remplacement des départs des opérateurs s’est replié considérablement (-9 points par rapport à 2009), les pertes d’emplois d’opérateurs logistiques ayant surtout eu lieu en 2009.

Le non-remplacement des départs du personnel logistique a été particulièrement à l’oeuvre dans l’industrie des équipements mécaniques (34% des établissements), alors que l’industrie automobile a été amenée à recourir à des mesures plus dures de type chômage partiel/technique (33%) et licenciements économiques (18%).


    • Peu d’entreprises prévoient de prendre en 2011 de nouvelles mesures de licenciements, et le non-remplacement des départs devrait marquer le pas

2% seulement des établissements de 100 salariés et plus prévoient de prendre en 2011 de nouvelles mesures de licenciements économiques, chômage technique /partiel ou mise en congé / JRTT. Cependant, le non-remplacement des départs devrait être encore à l’oeuvre (ce sont là les prévisions de 3% des établissements pour les emplois cadre, de 5% des établissements pour les emplois de techniciens et de 9% pour les emplois d’opérateurs), bien que dans de moindres proportions qu’en 2010.

Quant aux établissements de moins de 100 salariés, à l’instar des établissements de plus grande taille, leurs intentions de recourir au chômage technique/partiel et aux mises en congé / JRTT sont faibles ; néanmoins, ils sont légèrement plus nombreux à prévoir recourir aux licenciements économiques qu’ils ne le prévoyaient un an auparavant, ainsi qu’au non replacement des départs d’opérateurs et de techniciens/agents de maîtrise en logistique.

Les prestataires transport-logistiques sont parmi ceux qui annoncent le plus fréquemment qu’ils ne remplaceront pas les départs.


    • Retour de l’optimisme pour les prévisions d’effectifs en 2011

Pour les établissements de 100 salariés et plus, la sortie de crise amène les responsables interrogés à afficher des intentions d’augmentation d’effectifs pour 2011 ciblées particulièrement sur les opérateurs (16% des établissements, soit + 10 points par rapport aux prévisions de 2010 à la même période). Pour toutes les catégories d’emploi logistiques, la proportion d’établissements ayant l’intention de diminuer les effectifs en 2011 se rétracte. Désormais, quelles que soient les catégories d’emploi, le pourcentage d’établissements prévoyant des créations d’emplois est supérieur au pourcentage de ceux redoutant une destruction d’emplois, ce qui n’était le cas d’aucune catégorie d’emploi dans les prévisions de l’an dernier.

Les tendances exprimées par les établissements de moins de 100 salariés sont de même nature, et les intentions d’augmenter les effectifs logistiques sont d’ailleurs plus marquées : elles concerneraient 8% des établissements pour les emplois de cadres, 7% pour les techniciens/agents de maîtrise et 17% pour les emplois d’opérateurs. La proportion d’établissements envisageant des diminutions d’effectifs logistiques diminue dans une large mesure comparativement aux prévisions un an plus tôt.


    • Les prestataires transport-logistique sont les plus nombreux à anticiper une augmentation des effectifs que leur baisse

Seuls les secteurs de l’automobile et de la chimie envisagent encore pour toutes les catégories d’emploi une contraction des effectifs logistiques. Les prestataires transportlogistique de 100 salariés et plus sont les plus optimistes : ils sont 27% à croire en une augmentation des effectifs logistiques d’opérateurs, contre 1% seulement à craindre leur baisse.


  • 3.2 Gestion des recrutements


    • Les recrutements en logistique sont repartis à la hausse

Globalement, les recrutements en logistique sont repartis à la hausse, avec 38% des établissements interrogés qui déclarent avoir recruté du personnel logistique en 2010, contre 28% en 2009. Cette tendance est encore plus marquée dans les établissements de moins de 100 salariés qui sont 40% à avoir recruté du personnel logistique alors que cette proportion s’était effondrée à 18% en 2009.

Le secteur transport-logistique a tout particulièrement recruté (57% des établissements de 100 salariés et plus dans ce cas).

Le secteur de l’industrie pharmaceutique se distingue avec une proportion d’établissements recruteurs supérieure de 23 points à celle de 2009.

Le secteur commercial a en revanche diminué fortement son niveau de recrutement en 2010, le taux d’établissements ayant recruté passant de 49% en 2009 à 35% en 2010 dans les établissements de 100 salariés et plus.


    • Les opérateurs ont particulièrement bénéficié de la recrudescence des recrutements

En 2010, ce sont massivement les opérateurs qui ont bénéficié de ce mouvement à la hausse des recrutements, après une diminution drastique en 2009. Ainsi, la proportion d’établissements ayant procédé à des recrutements d’opérateurs, comparée à 2009, a doublé en 2010 (52% contre 26% en 2009) et a plus que triplé pour les établissements de moins de 100 salariés (55% contre 17% en 2009).

Si la proportion d’établissements ayant recruté des cadres en 2010 est restée stable chez les établissements de 100 salariés et plus, elle a augmenté de 4 points (plus que doublé) dans les établissements de moins de 100 salariés.

Pour les techniciens/agents de maîtrise, après un net repli en 2009, les recrutements reprennent timidement dans les établissements de 100 salariés et plus, et beaucoup plus nettement dans les établissements de moins de 100 salariés avec une hausse de 17 points de la proportion d’établissements ayant recruté des techniciens/agents de maîtrise en 2010 comparé à 2009.


    • Fonctions logistiques qui ont donné lieu à des recrutements en 2010 (en pourcentage d’établissements ayant cité l’item)

L’effort porté sur les fonctions stratégiques se poursuit, avec 78% des établissements ayant recruté des cadres qui évoquent ce motif. Dans les établissements de 100 salariés et plus, les recrutements de techniciens/agents de maîtrise ont souvent été motivés par le renforcement des fonctions achats/approvisionnement (29% des répondants), desquelles les entreprises attendent peut-être une meilleure maîtrise des coûts.

Pour les postes d’opérateurs, les fonctions logistiques qui ont donné lieu à des recrutements en 2010 ont trait à la manutention et la conduite d’engins de levage, la réception-expédition, et l’emballage ou la préparation de commandes. Cette dernière fonction est davantage investie par les établissements de 100 salariés et plus que par ceux de taille plus modeste.

Les recrutements de cadres de la logistique sont motivés en premier lieu par les remplacements (63% des réponses des établissements de 100 salariés et plus, et 48% des établissements de moins de 100 salariés) ; vient ensuite le motif des réorganisations logistiques (31% pour les établissements de 100 salariés et plus, et 52% pour les établissements de moins de 100 salariés.

Pour les recrutements de techniciens /agents de maîtrise, dans les établissements de plus de 100 salariés, le premier motif est le surcroît d’activité (cité par 48% des établissements). Les réorganisations ont également pesé davantage dans les recrutements de techniciens /agents de maîtrise, ce motif étant cité par 44% des établissements de moins de 100 salariés les ayant recruté.

Quant aux opérateurs logistiques, ils sont, comme l’an dernier, recrutés en premier lieu pour motif de remplacement (invoqué par 58% des établissements de moins de 100 salariés en ayant recruté, et 45% des établissements de 100 salariés et plus). Le deuxième motif a trait au surcroît d’activité.


    • Pour leurs recrutements en logistique, les établissements interrogés font appel massivement à des jeunes de moins de 26 ans

Pour leurs recrutements en logistique, les établissements interrogés font appel à des jeunes de moins de 26 ans dans 82% des cas (tous secteurs confondus et toutes tailles confondues) ; c’est particulièrement vrai chez les prestataires transport-logistique (93% des répondants de 100 salariés et plus ayant recruté).

Si les seniors de plus de 50 ans sont recrutés en logistique par plus d’un établissement sur cinq en moyenne, il faut noter que les prestataires transport-logistique leur réservent un traitement de faveur (62% des recruteurs de ce secteur auraient fait appel à eux en 2010).

Un tiers des établissements aurait recruté des demandeurs d’emploi au chômage depuis plus d’un an. Ce sont dans les établissements de 100 salariés et plus du commerce que ce type de profil est le plus fréquemment recruté.

Les personnes sans qualification ont quasiment deux fois plus de chance d’être recrutées pour un emploi logistique dans un établissement de 100 salariés et plus que dans un établissement de moins de 100 salariés.


    • Les difficultés de recrutement refont surface…

Un tiers des établissements de 100 salariés et plus interrogés déclarent éprouver des difficultés de recrutement, alors qu’ils n’étaient que 12% un an auparavant, de sorte que la proportion d’établissements connaissant des difficultés de recrutement a atteint son niveau de 2008. Pour les établissements de moins de 100 salariés, cette proportion passe de 9% l’année dernière à 22%, mais reste encore éloignée du niveau de 2008 (-16 points).


    • … et retrouvent leur niveau de 2008, voire le dépassent

Quel que soit le secteur d’activité (excepté celui de l’industrie chimique), les difficultés de recrutement des établissements de 100 salariés et plus ont augmenté pour retrouver leur niveau de 2008 ou le dépasser.


    • L’intensité des ces difficultés commence à s’accroître

Pour les opérateurs et les techniciens/agents de maîtrise, l’intensité des difficultés de recrutements repart à la hausse : dans les établissements de 100 salariés et plus, elle est décrite comme forte par près d’un établissement sur deux pour les opérateurs (après 29% des établissements en 2009), et par un établissement sur trois pour les techniciens/agents de maîtrise (après 19% des établissements en 2009).

La pénurie de candidat, reste, comme les années précédentes, la première cause des difficultés de recrutement des techniciens/agents de maîtrise pour les établissements de 100 salariés et plus, et le devient pour le recrutement d’opérateurs par les établissements de moins de 100 salariés. Elle représente aussi, en 2010, dans les établissements de 100 salariés et plus, une cause majeure de difficulté de recrutement des cadres de la logistique (30% des réponses, contre 12% en 2009), après la faible mobilité géographique des candidats (37% des réponses, contre 19% en 2009).

L’occurrence des réponses mettant en exergue le manque de motivation des candidats aux postes d’opérateurs logistiques tend à se réduire, même si cette cause reste la plus fréquemment citée par les établissements de 100 salariés et plus (27% des réponses, après 36% en 2009).

Le manque d’expérience des candidats est un défaut relativement plus souvent mis en avant par les établissements de 50 à 99 salariés.


    • Les prévisions de recrutements sont plus optimistes en 2011 qu’en 2010

Les prévisions de recrutement pour 2011 sont largement plus optimistes qu’elles ne l’étaient l’an dernier pour 2010. Ce constat vaut quelle que soit la taille des établissements, et pour toutes les catégories de personnel logistique. Ainsi, la proportion d’établissements de 100 salariés et plus qui envisagent d’augmenter leurs recrutements d’opérateurs logistique passe de 6% en 2010 à 22% en 2011, et pour les établissements de moins de 100 salariés de 8% en 2010 à 16% en 2011. Pour les recrutements de cadres, la part des établissements prévoyant une augmentation des recrutements a doublé, et elle fait plus que doubler pour les techniciens/agents de maîtrise.

Simultanément, la proportion d’établissements qui anticipent une baisse des recrutements s’est considérablement réduite, quelle que soit la catégorie d’emplois. Il s’en suit que contrairement aux prévisions de l’an dernier, et pour chacune des catégories d’emploi (à l’exception des projets de recrutements des cadres par les établissements de 50 à 99 salariés), le pourcentage d’établissements tablant sur une augmentation des embauches en 2011 est supérieur au pourcentage de ceux anticipant un essoufflement des flux entrants.

Il faut noter cependant un taux d’incertitude non négligeable sur les projets de recrutement des établissements de moins de 100 salariés, même si l’incertitude semble s’être amenuisée cette année.


  • 3.3 Mobilité interne et gestion des parcours professionnels


    • La mobilité interne gagne en importance par rapport à l’an dernier

La proportion des établissements de 100 salariés et plus ayant pourvu des emplois logistiques par mobilité interne gagne 7 points par rapport à l’an dernier, sans toutefois retrouver le niveau de 2008. Il n’en est pas de même dans les établissements de moins de 100 salariés, où les possibilités de mobilité interne ont faibli (le pourcentage d’établissements ayant pourvu des emplois logistiques par mobilité interne perd 6 points par rapport à l’an dernier). Les possibilités de mobilité interne sont dans ce contexte corrélées à la taille de la structure (elle est rendue possible dans 38% des établissements de 100 salariés et plus, contre 17% dans les établissements de moins de 100 salariés).


    • Davantage de promotions en 2010

Les mouvements de promotion donnant lieu à une élévation de catégorie d’emploi sont repartis à la hausse en 2010, quelle que soit la taille des établissements, et les opérateurs logistiques, comme les techniciens/agents de maîtrise, en ont bénéficié. Le pourcentage d’établissements de 100 salariés et plus ayant offert de telles promotions dépasse celui de 2008.


    • Peu d’établissements bénéficient d’exonérations ou allègements de charges sociales du fait de leur localisation

Dans les établissements de 200 salariés et plus, la formation professionnelle a été davantage sollicitée qu’en 2010 pour accompagner les promotions sociales ; ce qui n’est pas le cas dans les établissements de taille inférieure, accroissant ainsi la corrélation entre taille des établissements et possibilité de bénéficier d’une formation professionnelle pour évoluer professionnellement.


  • 3.4 Interim

    • L’intérim reprend du souffle

Pour l’année 2010, globalement, l’utilisation de l’intérim, principale variable d’ajustement de l’emploi à l’activité économique, est repartie à la hausse pour les emplois logistiques. Pour les établissements de 100 salariés et plus, le bond est particulièrement significatif, avec 73% d’entre eux ayant sollicité les services des agences d’intérim (12 points de plus qu’en 2009), soit le niveau de 2008. C’est plus que ce à quoi on pouvait s’attendre au regard des pronostics des sondés l’an dernier, puisque 3% seulement des établissements de 100 salariés et plus laissaient entendre que le nombre d’opérateurs logistique en intérim pourrait s’accroître, tandis que 10% penchaient plutôt pour une baisse supplémentaire de leur nombre. Les entreprises ont vraisemblablement été un peu surprise par la reprise économique, qu’elles n’osaient pas vraiment envisager pour 2010.

La reprise de l’intérim a été particulièrement vigoureuse dans les secteurs industriels où son utilisation était tombée au plus bas : industrie automobile, industrie pharmaceutique, industrie des équipements mécaniques, industrie chimique. L’utilisation de l’intérim continue en revanche à fléchir dans le secteur transport-logistique où les établissements sont moins nombreux à y avoir recours en 2010 (ce qui n’exclut pas que le nombre d’intérimaires employés soit remonté), en particulier dans les tranches de taille inférieures.


    • Le pari d’une reprise de l’intérim ?

Les prévisions de recours à l’intérim pour 2011 pour les emplois d’opérateurs logistiques sont orientées à la hausse comparativement à ce qu’elles étaient l’an dernier pour 2010. Ainsi, 10% des établissements projettent d’utiliser en 2011 davantage d’intérimaires qu’en 2010 pour des postes d’opérateurs logistiques, après moins de 3% formulant un an auparavant de telles anticipations pour 2010.

Si les établissements de 50 à 99 salariés sont plus nombreux à prévoir une augmentation du nombre d’opérateurs logistiques en intérim que ceux qui prévoient leur baisse (différentiel de 3 points), les établissements de 100 salariés et plus continuent d’être moins nombreux à miser sur une progression des effectifs d’intérimaires.


  • 3.5 Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences


    • Les secteurs de l’automobile, de la pharmacie et du transportlogistique ont mis en place en 2010 plus de mesures que les autres pour faire au vieillissement de la population

46% des établissements de 100 salariés et plus ont mis en place des mesures pour faire face au vieillissement de la population dans le cadre de leurs politiques de recrutement et de gestion de ressources humaines.

Parmi eux, ce sont les établissements des secteurs de l’automobile, de l’industrie pharmaceutique et du transport-logistique qui ont fourni le plus d’efforts, leur proportion dépassant de 10 points la moyenne tous secteurs d’activité confondus.


    • Les mesures mises en place par les entreprises le plus fréquemment ont été celles visant à améliorer le travail des séniors

Quelle que soit la taille des établissements interrogés, les mesures le plus fréquemment mises en place par les entreprises ont visé à alléger la pénibilité des tâches des séniors (61% des établissements de 100 salariés et plus et 58% des établissements de 50 à 99 salariés). Les autres mesures mises en place très fréquemment sont celles proposant des promotions aux séniors (44% dans les établissements ayant plus de 100 salariés et 48% dans les établissements ayant de 50 à 99 salariés) et les mesures visant à proposer des formations aux séniors (50% dans les établissements ayant plus de 100 salariés et 62% dans les établissements de 50 à 99 salariés).

D’autres mesures ont encore pu être citées, comme la mise en place d’une organisation qui favorise le partage des savoirs, la mixité générationnelle des équipes, du coaching et tutorat pour les jeunes.

Les politiques pour développer l’attractivité de l’emploi envers les jeunes arrivent au dernier rang des mesures prises : lorsqu’elles portent sur la stabilité des contrats professionnels ou la rémunération, elles sont mieux représentées dans les établissements de 100 salariés en plus alors que les établissements de moins de 100 salariés seraient plus nombreux à proposer un projet de développement professionnel aux jeunes (14% contre 8%).


    • Une très faible proportion des salariés âgés bénéficie des dispositifs de surcote ou de retraite progressive

En ce qui concerne les salariés âgés, quelles que soient leur catégorie d’emploi, une très faible proportion d’établissements emploie des salariés continuant de travailler après l’âge légal de départ à la retraite sans percevoir encore de pension de retraite (dispositif dit de « surcote »).

I ls ne sont pas plus nombreux à employer à temps partiel des salariés qui ont atteint l’âge d’ouverture du droit à une pension de retraite et bénéficient d’une fraction de leur pension de retraite (dispositif dit de retraite progressive ou « cumul emploi-retraite »).


    • Les mesures de reclassement professionnel ont concerné davantage les établissements de grande taille

Les mesures de reclassement professionnel (hors reclassement des salariés licenciés pour motif économique) ont concerné davantage les établissements de 100 salariés et plus (20%) que les autres (9%).

Ces mesures de reclassement ont surtout été réalisées dans l’industrie pharmaceutique (35%), les industries agroalimentaires (26%), et le transport routier et la logistique (23% des établissements de plus de 100 salariés et plus, et 18% de ceux de plus petite taille).


    • La lassitude professionnelle, le manque de motivation et le stress se sont fortement réduits en 2010

Avec le regain d’activité économique, la lassitude professionnelle et le manque de motivation se sont fortement réduits en 2010 par rapport à l’année 2009, aussi bien pour les cadres que pour les techniciens/agents de maîtrise et les opérateurs dans tous les établissements quelle que soit leur taille (cependant la tendance est plus prononcée dans les établissements les plus grands).

Il en va de même pour le stress au travail, amplement dénoncé en 2009, et en repli en 2010. Cette caractéristique reste néanmoins pour les trois catégories d’emploi plus prononcée que la lassitude ou la perte de motivation.

La lassitude professionnelle est plus fortement ressentie dans le secteur des prestataires logistique et le stress des opérateurs davantage mis à l’épreuve dans les secteurs industriels de l’automobile, des biens d’équipements et de la chimie.


    • Les opérateurs sont les plus exposés aux risques

Dans tous les établissements, quelle que soit leur taille, ce sont les opérateurs qui sont les plus concernés par les facteurs de pénibilité ou d’exposition du personnel logistique qui ont été énoncés aux sondés. Ces principaux facteurs sont, pour les opérateurs logistiques, des horaires atypiques (cités par 42% des établissements de moins de 100 salariés), le port de charges lourdes (34% des établissements de 100 salariés et plus), des postures fatigantes (32% des établissements de moins de 100 salariés), le travail répétitif (32% des établissements de 100 salariés et plus), les températures extrêmes (28% des établissements de moins de 100 salariés). La deuxième catégorie d’emploi la plus concernée par deux de ces facteurs, horaires atypiques et postures fatigantes, sont les techniciens/agents de maîtrise dans les établissements de moins de 100 salariés (respectivement 19% et 9%). Les cadres restent très peu concernés par ces facteurs.


    • Une très large majorité des sondés a mis en place des mesures visant à identifier et évaluer les risques ex ante

La quasi-totalité des établissements indique avoir mis en place un Document unique d’Evaluation des Risques.

Pour les établissements de moins de 100 salariés, la prévention des risques professionnels consiste d’abord à mettre en place des actions de formation (87% des répondants), et à identifier et évaluer a priori les risques (72%). Si ces mesures sont également plébiscitées par les établissements de 100 salariés et plus, ils accordent néanmoins une place plus importante encore à l’analyse des accidents du travail et des maladies professionnelles (83%, contre 63% des établissements de moins de 100 salariés).

Les approches pluridisciplinaires, et l’harmonisation des politiques santé-sécurité avec les autres politiques de l’entreprise, sont relativement moins pratiquées (71% des établissements de 100 salariés et plus, 58% des établissements de moins de 100 salariés).


    • Le plan de formation : dispositif phare de la politique RH

Pour l’ensemble des établissements, toute taille confondue, les dispositifs et mesures RH les plus fréquemment mis en place sont (dans de plus fortes proportions néanmoins pour les établissements de 100 salariés et plus que les autres) le plan de formation (88% des établissements de 100 salariés et plus) et l’entretien individuel annuel (pratiqué dans 89% des établissements de 100 salariés et plus).

Les mesures qui sont reléguées en queue de peloton sont les accords relatifs à la mixité des emplois (14% à 16%), et les contrats d’insertion tels que le CUI/CIE (7% à 8%), le CIVIS (4% à 5%) et le CDD senior (4% à 5%).

Les mesures en milieu de classement qui sont nettement plus utilisées dans les établissements de 100 salariés et plus que par les établissements de moins de 100 salariés portent sur le bilan de compétences à l’initiative de l’entreprise (60% contre 28%), le plan senior (56% contre 33%), le bilan social (44% contre 33%), le plan pour l’égalité professionnelle hommes/femmes (36% contre 12%) et enfin la GPEC (26% contre 10%).


    • Plus d’un établissement sur deux s’appuie sur des conseils extérieurs pour la mise en oeuvre d’actions internes dans le domaine social


Les intentions de sous-traitance pour 2011 repartent clairement à la hausse

Plus d’un établissement sur deux s’appuie sur des conseils extérieurs pour mettre en oeuvre des actions internes dans le domaine social (et jusqu’à 60% dans l’l’industrie pharmaceutique).


SOMMAIRE
 
INTRODUCTION
 
I. Conjoncture
 
II. Stratégies et organisation
 
III. Gestion des emplois et de recrutements
 
IV. Politiques de qualification
 
V. Politiques de formation continue


Contactez notre équipe