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STEF-TFE pilote les CCC des surgelés


SDCom'

Aslog


09/06/2010

Parmi les pilotes des Centres de Consolidation et de Collaboration (CCC), STEF-TFE offre dans son entrepôt frigorifique d'Arras (80 000 m3 environ) une capacité de stockage mutualisé de 15 000 palettes de produits surgelés aux industriels (16 à ce jour).

« Nous entretenons historiquement d'étroites relations avec le groupe Carrefour », déclare Bertrand Bompas, directeur des activités GMS au sein du groupe STEF-TFE, qui est par ailleurs membre de l'association du Club Demeter Environnement et Logistique, à l'instar de représentants de l'ensemble de la chaîne logistique et des différents métiers et types de produits qui la composent… Un club présidé actuellement par Didier Thibaud, directeur Supply Chain France de Carrefour.

« Traditionnellement, la Supply Chain du surgelé travaille en flux poussés avec des taux de rupture en linéaires relativement élevés, supérieurs à 10%. Voici deux ans environ, Didier Thibaud nous a fait part de son souhait que nous lui proposions des schémas novateurs pour faire évoluer et optimiser cette Supply Chain ».

Le rayon des surgelés serait en effet celui des rayons alimentaires qui connaîtrait le plus fort taux de rupture, et ce, notamment en raison de la logistique interne des magasins et du non-réapprovisionnement en cours de journée des linéaires de surgelés.

« Pour notre part, insiste Bertrand Bompas, les taux de service des entrepôts que nous opérons pour le compte des distributeurs sont bons et conformes aux objectifs ».

Comment alors améliorer le rendement du rayon des surgelés ? Comment faire évoluer et optimiser la Supply Chain des produits surgelés, tendre les flux, sans pour autant que cette tension se traduise par un transfert de coût d'un intervenant de cette chaîne vers un autre intervenant ?

La réponse à ces interrogations passe par le concept de Centre de Consolidation et de Collaboration (CCC) mis en place dans la Supply Chain des produits secs par certains prestataires. En effet, les activités de ces deux Supply Chains sont similaires : elles concernent des flux stockés. Seule la température diffère. De plus, le rayon surgelé est un petit rayon en volume avec beaucoup de références.

« Il était impératif que le bilan économique soit favorable pour tous les acteurs de la Supply Chain », estime à juste titre Bertrand Bompas, « nous avons modélisé le schéma traditionnel et celui du Centre de Consolidation et de Collaboration associé à la logique du camion complet tant en amont qu'en aval, de façon à en démontrer l'intérêt aux industriels concernés et évaluer le bénéfice qu'ils peuvent en attendre ». Il appartient à chaque industriel de se déterminer en fonction de ses capacités et de l'optimisation de son propre modèle.




Le CCC du surgelé

Alors que pour les produits de grande consommation, les volumes sont tellement conséquents qu'il suffit de regrouper quelques industriels sur un même entrepôt pour qu'un distributeur dispose d'un Centre de Consolidation et de Collaboration qui lui soit dédié, il n'en va pas de même de l'univers du surgelé par nature très hétérogène (légumes, poissons, viandes), satisfaisant une pluralité des besoins : de l'entrée au dessert pour les repas, petits-déjeuners, apéritifs, grignotage… Comparé au marché des produits de grande consommation, le surgelé a des caractéristiques qui lui sont propres. Il constitue un micromarché comptant une multitude d'industriels souvent de taille moyenne, comme de petite taille. Les plus gros volumes de surgelés proviennent de la boulangerie-pâtisserie, des glaciers, des légumes. Le marché des surgelés, de par sa taille et son morcellement, représente un obstacle à la mise en place des CCC, mais l'enjeu en est d'autant plus important.

« Il en résulte que la réponse à la demande de Carrefour ne pouvait passer par un site qui lui soit exclusivement dédié. Les volumes ne le justifiaient pas », affirme Bertrand Bompas : « nous avons analysé la localisation des industriels fournissant Carrefour… de façon à réunir un maximum d'industriels dans la logique des Centres de Consolidation et de Collaboration ».

Un schéma national comportant plusieurs CCC a été proposé à Carrefour de façon à drainer sur des bassins régionaux les fournisseurs qui s'y trouvent positionnés. « Nous en sommes arrivés à proposer un schéma cible comportant jusqu'à 5 entrepôts mutualisés… En l'occurrence des entrepôts préexistants de grande capacité, dans lesquels nous nous proposons d'héberger l'activité des CCC sans pour autant nécessairement la dédier intégralement à Carrefour ».

Le premier CCC des surgelés a démarré en octobre 2009 sur le site STEF-TFE d'Arras pour satisfaire la demande des 5 entrepôts frigorifiques de Carrefour en France (Montsoult, Le Mans, Saint-Sever, Salon-de-Provence, Attignat), qui sont des entrepôts secondaires préparant les commandes à destination des magasins. Ce site positionné au coeur du Pas-de-Calais regroupe à ce jour 16 industriels, déjà fournisseurs de Carrefour, éligibles selon des critères de sélection liés aux volumes et à la localisation.

Aujourd'hui, Carrefour adresse ses commandes aux 16 industriels présents dans le CCC et simultanément à STEF-TFE à Arras, de façon à constituer autant que faire se peut (le processus est encore manuel) des multiples de camions complets. La préparation des commandes est alors déclenchée au sein de l'entrepôt d'Arras avec l'aide d'un système informatique développé en interne par STEF-TFE (Agrostar), répondant aux fonctionnalités requises dans le cahier des charges de Carrefour. « Nous allons proposer le déploiement d'un outil de GMA de façon à ce que la capacité de transport soit intégrée automatiquement dans la chaîne d'approvisionnement. Le logiciel permettra de garantir la constitution de camions complets avec les palettes des 16 industriels présents sur le CCC d'Arras », assure Bertrand Bompas : « cet outil de GMA devrait être opérationnel au plus tard au mois de septembre ».

Quant au réapprovisionnement de l'entrepôt d'Arras, il est laissé à l'entière discrétion de chacun des industriels, qui ont eux-mêmes intérêt à livrer en camions complets. Ouvert aux clients via les systèmes d'information, le back-office du CCC permet une lecture des stocks en temps réel, une visibilité permanente sur les commandes, une optimisation du taux de service avec une validation systématique de la qualité le jour même de la livraison. À l'instar de tout CCC, les marchandises stockées dans l'entrepôt leur appartiennent : le transfert de propriété intervient au moment où les marchandises sont expédiées aux entrepôts de Carrefour.

Ce schéma représente la première phase du déploiement des Centres de Consolidation et de Collaboration dans le domaine du surgelé.

Une seconde phase en vue

Bertrand Bompas dévoile « qu'à l'issue de cette première phase, dès lors que le rythme de croisière serait atteint, il était convenu que STEF-TFE proposerait aux industriels d'accueillir leurs marchandises à destination de leurs autres clients distributeurs. Nous commençons à évoquer cette seconde phase avec les industriels ».

Il faut bien entendu que le transport de toutes ces marchandises puisse également être massifié au départ d'Arras pour qu'elles soient livrées en camions complets vers chaque entrepôt de distributeur, avec une fréquence de livraison acceptable 2 à 3 fois par semaine. « En effet, la problématique dépasse celle du seul CCC, et concerne surtout l'optimisation du transport aval», déclare notre interlocuteur.

Avec un regroupement des flux à destination de plusieurs enseignes, les industriels pourraient ainsi optimiser le fonctionnement du CCC. « La capacité de l'entrepôt d'Arras a beau être de 15 000 palettes… Si l'on envisageait de le dédier complètement à cette activité, cette capacité ne suffirait pas », admet Bertrand Bompas : « c'est la raison pour laquelle notre schéma directeur vise à déployer jusqu'à cinq CCC, que nous préférons appeler : "Entrepôts Massificateurs Régionaux" ou EMR ».

L'Entrepôt Massificateur Régional est selon la définition donnée par STEF-TFE, destiné aux industriels et à tous leurs clients (et non plus uniquement au seul client Carrefour).

Le concept de l'EMR est proche de celui du CCC. Le CCC est un concept Carrefour et l'EMR s'adresse aux industriels du surgelé souhaitant améliorer l'efficacité de leur Supply Chain sur le plan physique, administratif, informatique et financier.

En 2010, STEF-TFE disposera de trois EMR : Arras et Allonnes qui sont déjà en service, et enfin celui de Lyon qui le sera à la fin du premier semestre 2010. Sachant que, ces entrepôts existent déjà, mais nécessitent quelques transformations pour accueillir des industriels prêts à mettre en pratique l'accélération des fréquences de livraison avec une logique de la mutualisation de leurs flux pour optimiser le transport.

Ces entrepôts massificateurs répondent à trois caractéristiques les rendant aptes à accepter des flux à forte rotation :

  • Une bonne localisation sur un bassin régional (distance maximum de 300 km entre l'industriel et l'EMR), Une grande capacité de stockage,
  • Une architecture adaptée de façon à pouvoir gérer de façon optimisée des flux à forte rotation

Les vertus des EMR

La filière des surgelés doit gagner en efficacité et remettre en cause une organisation d'approvisionnement figée depuis plus de 10 ans… Apporter aux industriels de la filière de nouveaux services pour répondre aux nouvelles exigences de la GMS (diminution des stocks, augmentation de la fréquence de livraison, réduction des délais de livraison, optimisation du coût de transport), ce sont les promesses des EMR de STEF-TFE. Solution innovante et évolutive, ils reposent sur 4 fondamentaux : une cellule de pilotage, une organisation multifournisseurs, une démarche favorisant le développement durable dont l'amélioration significative de l'impact carbone du maillon logistique, une gestion administrative simplifiée et sécurisée.

Les atouts d'une solution EMR STEF-TFE sont multiples, tant sur le plan commercial, technique, économique et environnemental. STEF-TFE a présenté aux industriels une étude économique permettant d'estimer les enjeux que chacun d'eux pourra retirer de cette mutualisation. Le regroupement du stock de l'industriel et du stock du distributeur sur le site d'Arras a permis de réduire d'un facteur 1,5 à 2 la taille du stock global sur la Supply Chain des produits surgelés.

Pour Bertrand Bompas, « l'industriel bénéficie d'une meilleure visibilité sur ses marchandises, ce qui lui a permis d'entamer l'optimisation de son stock qui se trouve dorénavant sous son contrôle et qu'il peut piloter plus efficacement ».

Jean-Claude Festinger


 


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