Les
solutions d’approvisionnement collaboratives…
…
sont nées des mouvements ECR (Efficient
Consumer Response) visant à mieux
travailler ensemble. Les industriels ont
proposé à leurs clients
de mieux maîtriser leurs flux d’écoulement
de produits au travers de schémas
de collaboration. Sur la base d’informations
fournies par chacun de leurs clients,
les industriels établissent une
proposition optimale tant pour les besoins
de chaque client que pour obtenir une
Supply Chain plus fluide et plus économique.
C’est ce que l’on a désigné
par "Gestion Partagée des
Approvisionnements" ou GPA, donnant
naissance à la collaboration logistique.
Schématiquement, les clients envoient
des informations quotidiennes sur leurs
ventes, sur leurs stocks, sur leurs promotions,
et éventuellement sur leurs ruptures.
Le fournisseur s’équipe d’un
calculateur d’approvisionnement
qui a pour vocation d’établir
un optimum de livraison, de façon
à l’intégrer dans
le système de gestion, puis d’établir
une proposition de livraison au client.
Après acceptation de ce dernier,
l’industriel expédie ses
marchandises vers les entrepôts
et vers les magasins.
Dans la "Gestion Partagée
des Approvisionnements", il y a effectivement
partage des responsabilités. Sur
le marché français, cette
base de collaboration a pris son essor
à la fin des années quatre-vingt-dix.
Les solutions sous-jacentes ont été
également déployées
en Europe, en Asie, en Amérique
latine et aux États-Unis.
On a ainsi assisté à un
premier pas vers l’industrialisation
de l’approvisionnement. La GPA de
la fin des années quatre-vingt-dix
a permis d’obtenir assez rapidement
des bénéfices, et régulièrement
à baisser les stocks de 50 % et
à réduire simultanément
les ruptures en entrepôt de 50 %
: c’est ce qu’on a baptisé
: "le deal 50-50".
Petit
à petit vers la GMA
La pression de plus en plus forte du marché
a conduit à optimiser tout ce qui
peut l’être. Avec la hausse
du prix des carburants, il est devenu
prioritaire de pratiquer la collaboration
logistique pour réduire le nombre
de transports. Le développement
durable est un thème majeur au
sein des entreprises. Les pressions sont
donc multiples. Voilà pourquoi
l’on essaie maintenant de réaliser
la quadrature du cercle en cherchant simultanément
à réaliser des livraisons
de plus en plus fréquentes, à
réduire les coûts de transport,
à minimiser les émissions
de CO2. Le principe adopté consiste
à optimiser les réseaux
logistiques et à jouer sur la capacité
des acteurs à travailler ensemble
sur des solutions gagnant-gagnant afin
d’optimiser la filière économique.
On a donc cherché à combiner
les flux, à travailler sur des
solutions multifournisseurs… Et
ce, au travers de la "Gestion Mutualisée
des Approvisionnements" ou GMA. C’est
là un mécanisme où
plusieurs fournisseurs issus d’un
même territoire (ils ont des points
de départ et des ponts de livraison
communs) regroupent leurs livraisons en
concevant dès l’origine,
des livraisons optimisées, en mettant
en place des règles acceptées
par tous et en exécutant un flux
de calculs permettant d’avoir un
maximum de camions complets. Des gains
significatifs ont été obtenus
ainsi. Il est intéressant de noter
que la collaboration logistique s’est
de la sorte établie entre groupes
concurrents. Ceux-ci ont adopté
une logistique commune et un calcul d’approvisionnement
commun.
Les chiffres sont éloquents : lorsque
l’on part d’une GPA déjà
optimisée, et en y ajoutant le
facteur de la mutualisation, on est parvenu
au cours de ces cinq dernières
années, en moyenne, à des
baisses de stock de 19 %, avec simultanément
une amélioration du taux de service.
Cette mutualisation fonctionne aujourd’hui
auprès de plus de 40 entrepôts
majeurs des grands distributeurs en France.
Le concept a donné lieu à
une très grande proactivité
du côté des industriels.
Ce concept a aujourd’hui tendance
à s’étendre. Et Generix
peut se targuer d’être un
acteur majeur de ce domaine dans les plates-formes
informatiques qui sous-tendent le processus.
La voie ultime de progrès consiste
à impliquer un maximum d’industriels
(notamment des PME/PMI) dans la collaboration
logistique. Toutefois, ce que le distributeur
peut réussir avec un nombre limité
de grands industriels, il ne peut l’appliquer
directement à des dizaines de petits
industriels (ou d’industriels expédiant
de petits volumes). D’où
l’idée formulée avec
un distributeur (Carrefour en l’occurrence),
pour "embarquer" un maximum
d’entreprises dans un schéma
de fonctionnement qui allait permettre
de mutualiser des flux de cinquantaines
et pourquoi pas ? de centaines d’industriels
expédiant chacun de petits volumes.
C’est le principe du "Centre
de Consolidation et de Collaboration"
ou CCC : un entrepôt (autrement
dit le stock avancé du fournisseur)
ayant pour vocation de réaliser
une massification amont en vue d’optimiser
les flux en aval, ceux dirigés
vers les entrepôts des distributeurs.
Un principe qui génère moins
de réceptions, des livraisons plus
fréquentes, des stocks moindres.
Bien entendu, pour que ce principe fonctionne,
un système de gestion d’entrepôt
s’impose. Il faut aussi, tant pour
le flux amont, que pour le flux aval,
avoir la capacité de calculer un
approvisionnement qui reflète les
consommations réelles, de façon
à déterminer les commandes
idéales à générer
tant pour réapprovisionner une
ou plusieurs fois par semaine les entrepôts
des distributeurs par camions complets,
que pour organiser le chargement de ce
"Centre de Consolidation et de Collaboration"
par les fournisseurs industriels. Ces
derniers veulent bien entendu avoir à
maintenir un stock minimal au sein du
Centre de Consolidation et de Collaboration,
car ce sont eux qui le supportent financièrement.
Les résultats sont ici encore éloquents
: le taux de service est amélioré,
ce qui implique pour l’industriel
une meilleure présence en linéaires,
donc des ventes additionnelles, et des
marges additionnelles. Au niveau des taux
de rotation, il n’y a pas photo,
car on augmente les rotations des livraisons
: on parvient à multiplier par
un facteur 2 la rotation des produits
et à diviser par un facteur 2 le
nombre de jours de stock. Certes, on ne
transporte pas 33 palettes tous les jours.
Mais les résultats sont là
: le transport s’effectue de plus
en plus souvent en camions complets. Comme
l’émission de CO2 est directement
liée à ce dernier paramètre,
d’autres économies sont susceptibles
d’être générées.
Gestion
"On Demand" inside
Pour gérer tous ces flux, Generix
Group a développé des moteurs
d’approvisionnement de nouvelle
génération, simples (pour
l’utilisateur), mais sophistiqués
(pour le calcul des prévisions),
permettant, à partir de la vente
aux consommateurs, d’en déduire
l’approvisionnement à réaliser
par chaque fournisseur. On retrouve ces
moteurs dans la solution baptisée
Akila destinée au réapprovisionnement
des grands distributeurs.
Generix Group dispose par ailleurs d’une
solution de gestion d’entrepôt,
en l’occurrence Infolog qui gère
plus de 180 centres de distribution dans
le monde, auxquels s’ajoutent les
Centres de Consolidation et de Collaboration.
Generix Group délivre ses systèmes
informatiques, soit en mode "licence",
soit en mode SaaS (Software as a Service)
: plutôt que d’acheter une
licence et une infrastructure informatique,
plutôt que d’avoir à
les exploiter et les maintenir, l’utilisateur
n’a plus qu’un lien dirigé
vers un serveur. Il achète un service
à la demande et ne paie que ce
qu’il a consommé.
Le système commercialisé
par Generix Group à Carrefour et
à ses fournisseurs associe :
- Une plate-forme standard de gestion
d’entrepôt Infolog en mode
"On Demand" autorisant des déploiements
rapides et un mode de consommation à
la demande adapté aux attentes
des fournisseurs,
- Un portail collaboratif Web pour assurer
aux utilisateurs de Carrefour et aux fournisseurs
la traçabilité complète
des transactions commerciales et des stocks,
ainsi que la synchronisation parfaite
des informations et des flux,
- Un outil de gestion mutualisée
des approvisionnements pour optimiser
le circuit et le remplissage des camions.
Il
faut convenir avec Fernand Damotte, International
Development Director, en charge des solutions
d’approvisionnement collaboratives
chez Generix Group, que l’éditeur
a hérité du savoir-faire
d’Influe, « leader mondial
de la gestion partagée des approvisionnements
(GPA)… Nous avons une base installée
d’environ 500 clients dans le monde…
Nous équipons de nombreux grands
groupes ».
La solution de GPA baptisée EWR
Plus s’est imposée comme
l’outil de référence
sur le marché de la Gestion Partagée
des Approvisionnements. Pour faire face
à la demande croissance de réduction
des stocks par les distributeurs, a été
développé EWR MP [comme
Mode Pooling], rebaptisé EWR On
Demand, qui constitue un service de mutualisation
des transports et de l’approvisionnement
entre plusieurs industriels : on y retrouve
l’arsenal des messages EDI indispensables
pour les échanges entre partenaires
de la mutualisation, des moteurs de calcul
des prévisions à court terme
(autrement dit de tendances, données
indispensables pour remplir les deux prochains
camions de livraison), et, pour chacun
des industriels présents dans le
pool, le calcul des besoins, le formatage
au jour le jour des camions complets en
tenant compte des unités logistiques
référencées chez
chacun (ce faisant, en effectuant correctement
les arrondis de palettes), enfin la proposition
de livraison combinée envoyée
au distributeur, que ce dernier va ensuite
accepter à l’instar de ce
qui se pratique en GPA… Bien entendu,
sous la coordination d’un tiers
de confiance appelé à assurer
l’arbitrage entre les industriels
(concurrents de plus en plus souvent)
présents dans le même pool…
Des industriels qui ne se voient pas et
qui ne peuvent même pas supputer
ce que fait leur voisin. « Force
est de constater, avec Fernand Damotte
que ce processus est aujourd’hui
bien industrialisé : le système
est de plus en plus fluide, il y a très
peu de modifications de la part des distributeurs
».
Une
société qui souhaite externaliser
son outil de GPA peut faire usage du logiciel
EWR On Demand, plutôt que d’héberger
des logiciels à demeure. Or, pour
pratiquer correctement la GMA, les industriels
doivent travailler avec le même
système pour qu’un calcul
global puisse être exécuté
et que la mutualisation soit menée
à bien : ils feront tous usage
du même logiciel EWR On Demand.
« C’est ainsi que Henkel a
basculé d’une solution logicielle
vers la solution hébergée
en se dirigeant vers la mutualisation
», dit Fernand Damotte. En effet,
Henkel explique dans sa brochure "Partager
notre politique de Développement
Durable" qu’il a mis en oeuvre
une démarche logistique collaborative
pour une meilleure efficacité des
coûts et des flux et qu’il
intervient dans les deux projets de pooling
:
- Le projet Détergents HeCoRe :
depuis 2006, la branche Détergents
mutualise 100 % de son entreposage et
30 % de ses livraisons avec d’autres
industriels (Reckitt Benckiser et Colgate)
autorisant ainsi une diminution du nombre
de camions sur les routes (800 camions
en moins par an), soit une réduction
de 20 % du trafic, et 600 000 litres de
gazole en moins consommées par
an.
- Le projet Cosmétiques CHangeS
(C comme Colgate, H comme Henkel, G comme
GSK et S comme Sara Lee) : depuis 2007,
la branche Cosmétiques partage
6 entrepôts avec d’autres
industriels pour une gestion mutualisée
des approvisionnements, et avec pour résultats
: 50 % de camions en moins sur les routes
et 10 % de qualité de service en
plus.
Aujourd’hui,
une dizaine de pools sont à l’ouvrage
en France, impliquant sept enseignes (Carrefour,
Auchan, Système U Ouest et Sud,
Match, Cora, Le Galec SCAP nord, Casino
à Saint-Laurent-de-Mure) et une
trentaine d’industriels intervenant
dans le domaine des produits stockables
de grandes consommations : détergents,
produits d’hygiène, papiers,
épicerie… Certains industriels
atteignent 50% de leurs volumes en GMA
au niveau national : on n’est donc
plus en face d’un concept restant
à déployer, mais d’une
réalité industrielle. En
mutualisant les moyens logistiques et
de transport de deux ou trois industriels,
en organisant des livraisons quotidiennes
plutôt qu’une à trois
fois par semaine, et en adaptant leurs
Conditions Générales de
Vente, ces industriels (souvent concurrents)
ont la capacité de livrer leurs
clients de la grande distribution en camions
complets. Force est néanmoins de
constater une extrême prudence et
la très grande discrétion
dans la manière de procéder
de ces industriels, pour que la mutualisation
ne soit pas requalifiée d’entente.
«
Nous n’avons pas pour vocation
d’opérer nos propres systèmes
», poursuit Fernand Damotte, pour
qui, « ces systèmes sont
pris en charge par des opérateurs
logistiques ou des opérateurs de
services ». Des collaborations
ont ainsi été mises en place
avec des prestataires logistiques comme
FM Logistic (projet Cosmétiques
CHanGeS) ou Kuehne+Nagel (projet HeCoRe).
« D’autre part, nous constatons
depuis deux ans que dans tous leurs cahiers
des charges, les industriels demandent
aux prestataires logistiques s’ils
ont la capacité de pratiquer une
gestion mutualisée des approvisionnements
», note Fernand Damotte pour qui
« la GMA constitue un argument
des prestataires logistiques pour attirer
des industriels dans leurs plates-formes
».
Mettre en place une GMA requiert néanmoins
un certain nombre de réglages pour
que le processus soit parfaitement efficace.
Aux dires de Fernand Damotte, «
les industriels préfèrent
mener avec un partenaire choisi, sur un
périmètre limité,
un certain nombre de tests avant le déploiement
de la GMA à grande échelle
et de bénéficier du potentiel
relativement important d’économies…
Ce qui explique leur discrétion
au départ pour le moins, de façon
à être assuré de disposer
des bons paramètres avant d’être
sollicités par la grande distribution
». On a constaté sur tous
les pools la capacité à
baisser rapidement les stocks… Sachant
que l’on n’a pas encore atteint
tous les bénéfices possibles,
et que certaines révisions de processus
s’avèrent trop coûteuses
pour les industriels. Ainsi en est-il
par exemple des unités logistiques
: celui qui livre aujourd’hui des
palettes complètes, acceptera peut-être
de réadapter ses unités
logistiques de livraison et de passer
progressivement à la couche, là
où le besoin se fait sentir, mais
refusera ostensiblement de passer à
la préparation au carton complet
pour satisfaire les exigences de la GMA
compte tenu des coûts industriels
que cela pourrait impliquer. Ces industriels
pourraient en outre avoir tendance à
arrêter le développement
de leurs processus de mutualisation pour
ne pas atteindre un niveau d’exigences
trop contraignant.
«
Quoi qu’il en soit, sur des
pools en GMA, Carrefour a annoncé
avoir réduit ses stocks de 19%
après trois mois, et amélioré
son taux de service de 0,5 point
», précise Fernand Damotte.
Les CCC exploitent un portail On Demand
Les Centres de Consolidation et de Collaboration
(CCC) préconisés par Carrefour
utilisent un portail 3C également
conçu On Demand par Generix : cette
solution permet d’opérer
complètement le CCC.
Dans le CCC se trouvent stockées
les marchandises appartenant aux industriels.
Il satisfait les commandes des magasins
de distribution via les entrepôts
secondaires appartenant aux distributeurs.
Deux besoins d’approvisionnement
y sont donc couverts :
- L’approvisionnement des différents
entrepôts de distribution que livre
chaque CCC,
- La préconisation de relivraison
des marchandises que maintient chaque
industriel dans le stock avancé
du CCC.
En
quête de baisse des stocks, nombre
de distributeurs s’intéressent
au concept du CCC, tant en France que
dans d’autres pays dont la géographie
est relativement vaste (les grands pays
européens en particulier tels que
l’Espagne et l’Italie où
des projets de GMA sont en phase pilote).
Qui dit mutualisation, pense réduction
des transports puisqu’ils sont mutualisés,
et par voie de conséquence de l’empreinte
carbone. Un projet de mutualisation comporte
par conséquent un volet "Green
Supply Chain" mis en avant par les
directions générales des
entreprises industrielles concernées,
et bien reçu par les distributeurs.
« Voilà pourquoi on nous
demande de disposer très tôt
de calculs de gains financiers, mais aussi
d’empreinte verte »,
souligne Fernand Damotte.
What
else ?
Avec l’évolution de la GPA
qui permettait de réassortir le
stock en entrepôt, vers la GMA et
les CCC, le logiciel de Generix a été
complètement réécrit
pour prendre en compte la multitude d’innovations
apparues au fil des ans… Plus de
dynamique vis-à-vis des promotions…
Capacité à intégrer
des flux mixtes, associant des produits
en cross-docking et d’autres produits
en flux stockés pour satisfaire
des réalités économiques
différentes. « Le mot
GMA devrait par conséquent évoluer…
», concède Fernand Damotte
: «…nous mettons de plus
en plus souvent en avant la collaboration
logistique, de façon à optimiser
les flux (stockés et cross-dock)
entre un client, un fournisseur et le
prestataire logistique qui l’opère
dans des conditions de performance optimale
avec l’obligation de mettre en oeuvre
un projet vert ». Demain, les
projets de collaboration logistique devraient
pouvoir hériter des travaux de
R&D sur les prévisions multiniveaux
ayant donné naissance chez Generix
au logiciel Akila d’approvisionnement
des entrepôts et des points de vente,
successeur du logiciel ApproPlus développé
par Influe, considéré comme
le grand frère d’EWR. Les
prochaines générations de
logiciels de collaboration logistique
On Demand devraient pouvoir bénéficier
de la remise en cause des moteurs de prévision,
et tenir compte de la nature des données
disponibles.