IPS
Europe est une société
française dont le siège
social est basé à
Orléans, qui emploie une
centaine de collaborateurs et dont
le chiffre d’affaires était
de 4,2 M€ en 2008. Ce prestataire
logistique de type 4PL est en charge
de la coordination de transport,
de la gestion d’approvisionnement
et du "freight audit &
Payment" (son métier
d’origine) visant à
la réception, à la
saisie, au contrôle des factures
des transporteurs et des documents
joints. |
Douwe
Egberts devait s’approvisionner en
café (poudre et grains) et en cacahuètes
(Benenuts, cédé depuis à
Pepsico), tandis que Cadbury, de par la
nature de ses produits (le chocolat), effectuait
des transports sous température dirigée
(entre +14 °C et +16 °C).
« Fin 2003, poursuit Benoît
Thiebaud, et jusqu’au démarrage
du premier pilote en septembre 2004, il
n’y avait point d’outil informatique
permettant de pratiquer la GMA.
Il fallait aussi lever un point de détail
sur l’organisation, car personne n’avait
envisagé un tel partenariat auparavant
: qui allait être responsable de quoi
? Quel serait le rôle de chaque industriel
? ».
Il
y avait lieu en outre de choisir le logiciel
commun de GPA mutualisé : en effet
le
logiciel OCS (développé à
l’origine par CTS pour les besoins
de Mars) était à l’usage
chez Cadbury, tandis que Douwe Egberts exploitait
le logiciel EWR d’Influe. Plusieurs
pistes étaient envisagées,
comme celle d’adopter un système
central chez ILS basé sur EWR qui,
en reprenant les données de chacun
des deux systèmes d’approvisionnement,
devait pouvoir optimiser la globalité
des approvisionnements. Cependant, cette
solution s’avérait techniquement
complexe, coûteuse… finalement
impossible à mettre en place. «
Nous sommes revenus très vite
à la nécessité de mettre
en oeuvre un système partagé
par les deux industriels, accessible par
le biais d’une connexion Internet.
Le développement d’une première
version de cette solution a débuté
en 2004 chez Influe », narre
Benoît Thiebaud, qui, à l’époque
était chef du projet chez ILS. Bien
entendu, il fallait rencontrer la grande
distribution, et la convaincre du bien fondé
de cette mutualisation au sein du pool Cadbury/Sara
Lee. « Trois entrepôts pilotes
ont été choisis, deux de Carrefour,
un d’Auchan ». Il s’agissait
de vérifier que la GPA mutualisée
apportait vraiment les plus attendus par
les industriels, mais aussi par les distributeurs
en quête d’une baisse de stock
et de l’amélioration de la
qualité. Chaque industriel était
resté sur son entrepôt respectif,
Cadbury chez Wincanton à Saint-Cyr-en-Val
au sud d’Orléans, Sara Lee
chez Norbert Dentressangle à Artenay,
au nord d’Orléans. Un système
multipick avait été mis en
place : le camion prenait la marchandise
d’un site, puis le reste sur l’autre
site logistique.
Ces entrepôts étaient distants
d’une quarantaine de kilomètres.
Au début 2008, les marchandises des
deux industriels étaient regroupées
sur le même entrepôt, celui
de FM Logistic à Neuville-aux-Bois,
à une vingtaine de kilomètres
au nord d’Orléans, à
proximité des axes routiers A10 et
A19.
Flashback…
«
J’ai rejoint en 1989 l’agence
de Groupeco à Haguenau, qui se positionnait
alors comme l’organisateur logistique
du groupe Mars », se souvient
Benoît Thiebaud : « en 1993,
je gérais à Orléans
toutes les activités logistiques
d’approvisionnement et d’expédition
des deux usines de Mars de la région
Centre (Saint-Denis-de-l’Hôtel,
la Chapelle Vendômoise) qui produisaient
en flux tendus, c’est-à-dire
sans stock de matières premières,
ni aucun stock de produits finis (petfoods,
produits secs) ». Pour apporter
de la valeur ajoutée à son
client, de nouveaux services de type 4PL
ont été créés
à partir des années 1996-1997,
dont un service oeuvrant directement sur
les programmes de production afin d’organiser
les expéditions en sortie d’usines
(Saint-Denis-de-l’Hôtel, Ernolsheim-sur-Bruche,
La Chapelle Vendômoise) directement
vers l’étranger… «
Cette activité mise en place chez
Groupeco a marqué le début
d’une collaboration avec le groupe
Mars dans d’autres domaines que celui
des transports ». L’entité
Groupeco Services avait pour vocation le
développement de prestations à
valeur ajoutée de type 4PL : l’organisation
des flux de transport pour le groupe Mars
(et d’autres sociétés,
comme Nestlé Friskies), l’élaboration
de services clients (prise de commandes
pour le compte d’Unisabi). «
Je gérais par ailleurs la partie
multimodale, notamment le transport ferroviaire
et le transport maritime pour le groupe
Mars », dit Benoît Thiebaud.
De son côté, Bruno Bourgeon,
considéré en France comme
le père de la Gestion Partagée
des Approvisionnements chez Mars Unisabi,
prenait la direction générale
de Groupeco en mars 2001. La réorganisation
de Groupeco s’est conclue fin 2002,
par sa reprise par Hays Logistics, puis
par la création d’ILS en septembre
2003 dont l’objectif était
d’offrir aux donneurs d’ordres
des services opérationnels externalisés,
à valeur ajoutée, tout le
long de la Supply Chain, pour améliorer
la gestion de l’exécution des
opérations, avoir une meilleure visibilité
des opérations, identifier et corriger
les anomalies et les litiges, donner un
accès permanent aux informations,
réduire les coûts de gestion.
En somme, il s’agissait d’offrir
des services complémentaires à
l’édition de logiciels, spécialité
du groupe Influe créé en 1990
et présidé par Maël Barraud.
Bruno Bourgeon était nommé
directeur des services au sein de cette
filiale dédiée à l’optimisation
de la Supply Chain, tandis que Benoît
Thiebaud figurait parmi les trois premiers
salariés de la filiale d’Influe.
Benoît Thiebaud : « notre
client Cadbury [en cours de rachat par Kraft
Foods engendrant un groupe considérable
incorporant aussi Lu] nous a accompagnés
dans cette démarche : nous avons
géré dès le début
sa coordination de transport pour la distribution
nationale ».
En 2008, suite au rachat d’Influe
et d’Infolog par Generix, décision
a été prise de regrouper les
forces d’ILS chez IPS Europe, présidé
par Jean-Marie Mascarenhas. Le rachat d’ILS
par IPS Europe a été entériné
le 31 mars 2008.
«
Notre rôle est de faciliter la
gestion des opérations »,
explique Benoît Thiebaud, «
en l’occurrence, le contrôle
des opérations de transport (le management
du plan de transport, que l’on désigne
également par "coordination
de transport", l’audit et le
paiement des factures de transport), la
mutualisation des livraisons dans le cadre
de la gestion mutualisée des approvisionnements
(aujourd’hui, IPS Europe pilote 3
600 livraisons mutualisées organisées
chaque année au travers de trois
pools actifs, auxquels s’ajoutent
un pool en projet et un autre pool en phase
d’implémentation), la production
automatique d’indicateurs, ainsi que
la mise à disposition de logiciels
personnalisés (notamment un logiciel
d’expédition), et la connaissance
pointue du marché qui nous permet
de proposer des activités de benchmarking
»
Le
pool alimentaire Cadbury/Sara Lee
La collaboration entre Cadbury et Sara Lee
a démarré en 2004. Leurs clients
de la grande distribution les incitaient
à suivre une démarche vertueuse
connue sous le sigle des 3C, c’est-à-dire,
réduction des Coûts, amélioration
du Cash (besoin en fonds de roulement pour
constituer les stocks), amélioration
du Chiffre d’affaires. Cadbury et
Sara Lee qui se considèrent comme
de petits fournisseurs vis-à-vis
de leurs grands clients de la grande distribution
se sont lancés dans une démarche
de mutualisation afin de répondre
(au moins partiellement) et de satisfaire
les objectifs que leur assignaient leurs
clients. Ils ont commencé par mettre
en oeuvre ce processus en s’appuyant
sur EWR, l’outil de GPA, en établissant
des règles de fonctionnement entre
eux et le prestataire, et en fixant bilatéralement
des règles du jeu (ou des objectifs)
avec chacun des clients intervenant dans
le démarrage du processus de mutualisation.
Pour sa part, l’entrepôt FM
Logistic de Neuville-aux-Bois a ouvert ses
portes en octobre 2006, avec quatre bâtiments
couvrant une surface de 24 000 m².
Mars
a été le premier occupant
du lieu en 2006 : il vient de le quitter
pour rejoindre un site de Norbert Dentressangle
au nord d’Orléans. La surface
laissée vacante (24 000 m²)
est bien entendu disponible pour accueillir
un nouvel industriel susceptible de mutualiser
sa distribution avec Cadbury et Sara Lee
:
- « Sara Lee exerce deux activités
principalement », indique Alain
Courrouyan, directeur du Service Client
de Sara Lee France : « une activité
Food, essentiellement liée au café
au travers de Sara Lee Coffee and Tea
France (café), avec des marques
telles que Maison du Café et Senseo.
Et une activité Sara Lee Household
& Body Care France (produits d’entretien,
d’hygiène et de parfumerie)
autour des marques Pyrel et Catch (insecticide),
Ambi Pur (entretien), Kiwi (shoe care),
Williams, Monsavon et Sanex (body care
: les soins du corps). Mon rôle
est de servir l’ensemble des clients,
ceux de la grande distribution principalement
».
-
Cadbury est une société
fondée en… 1831 par John
Cadbury. Il créait alors une petite
fabrique de cacao et de chocolat. Cadbury
France est aujourd’hui n° 1
sur le marché français de
la confiserie : n° 1 du chewing-gum
et du bubble-gum (Hollywood), n° 1
des bonbons en sachets (Carambar, Kréma,
La Pie qui Chante, Malabar, Vichy), n°
2 des poudres chocolatées (Poulain
Grand Arôme), n° 2 de la petite
confiserie de poche (Cachou Lajaunie,
La Vosgienne, Stimorol, Halls), n°
4 des tablettes de chocolat (Poulain,
1848).
Les
deux sociétés Cadbury et Sara
Lee ont une forte activité promotionnelle,
ce qui facilite le remplissage des camions.
La plate-forme logistique de Neuville-aux-Bois
a connu des extensions de cinq bâtiments
en janvier 2008 notamment pour accueillir
Cadbury dans un bâtiment de 27 000
m² (et 44 000 emplacements de palettes
en racks), à température dirigée
entre +15 et +22 °C, puis à partir
de mai 2008, Sara Lee sur 9 000 m²
(13 000 emplacements de palettes en racks),
enfin de deux autres bâtiments en
mai 2008. Aujourd’hui, ce site embranché
fer offre une surface utile de 60 000 m²
et dispose d’un foncier (80 000 m²)
qui permettrait de nouveaux agrandissements.
« C’est un site de stockage,
de préparation de commandes, et de
copacking destiné au pooling alimentaire
», précise Benoît
Thiebaud : « il comporte une plate-forme
centrale de mutualisation donnant directement
accès aux quais de chargement, avec
tout autour les zones de stockage des produits
Cadbury et Sara Lee. Celles-ci sont approvisionnées
par les usines : les flux correspondants
parviennent par l’arrière de
l’entrepôt ». Cette
architecture autorise la convergence des
flux vers cette plate-forme de façon
à ce qu’elle puisse réaliser
correctement la mutualisation… Alors
que dans un entrepôt classique, chaque
cellule de stockage dispose de sa propre
zone d’expédition.
Ce pool sert aujourd’hui 460 000 palettes
par an à 40 points de livraison :
les entrepôts de 7 enseignes de la
grande distribution. Chacun de ces entrepôts
est livré de 2 à 4 fois par
semaine.
Pour Alain Courrouyan (Sara Lee), «
la solution mise en place répond
exactement aux besoins des clients, notamment
en ce qui concerne la réduction des
coûts logistiques. L’augmentation
de la fréquence des livraisons est
source de gains financiers pour le distributeur
dont les stocks sont réduits. En
outre le taux de service est amélioré
».
Et
du côté des industriels ? «
L’optimisation des camions a été
obtenue, tout comme la réduction
des coûts de transport. On enregistre
également des gains en termes de
préparation de commandes que l’on
livre par palettes hétérogènes
ou par couches homogènes. En outre,
les organisations ont été
optimisées ». De son côté,
Philippe Godefroy, directeur du Service
Client chez Cadbury, indique que les gains
enregistrés par Carrefour (branche
Supermarchés) sont significatifs
:
- Les stocks ont été réduits
de 38 % pour l’un des industriels
et de 15 % pour l’autre,
- Le taux de service mesuré sur un
an a progressé de 0,6 point,
- Le nombre de livraisons a été
baissé de 36 %,
- 93 t de CO2 ont été supprimées
en une année.
| |
Avantages
|
Inconvénients
|
| Global
|
Baisse
des coûts de transport : optimisation
des camions complets, élimination
des reliquats |
Processus
complexe à mettre en oeuvre
|
| Baisse
des émissions de CO2 |
Augmentation
des contraintes |
| Standardisation
des processus et des organisations
(possibilité de repérer
et de traiter les anomalies dans l’exploitation
au quotidien). |
|
| Prévisions
et réactivité améliorées
: la mutualisation permet de lisser
les pics |
| Meilleur
service client |
| Distributeurs
|
Augmentation
de la fréquence de livraison
|
Augmentation
du poids des industriels, d’autant
plus qu’ils sont nombreux |
| Augmentation
du taux de service |
|
| Diminution
des stocks |
| Industriels
|
Avantage
concurrentiel du fait de la mutualisation
des coûts logistiques, meilleure
gestion de la mise sur le marché
des nouveaux produits, des produits
saisonniers, des promotions. |
Engagement
à long terme (sur 2 à
4 années) au moins avec un
ou plusieurs partenaires. |
| Augmentation
des coûts de préparation
(couche/colis, vs palette) |
Avantages
et inconvénients de la GMA
Benoît Thiebaud insiste de son côté
sur le fait qu’un projet de GMA est
stratégiquement important et impliquant
pour les entreprises : il faut nécessairement
que, dès le démarrage du projet,
les directions générales,
commerciales, financières soient
intégrées de façon
à le valider.
Important également : le principe
de confiance réciproque, malgré
la concurrence possible entre industriels.
Dès les premières réunions
d’échanges et d’information,
il est extrêmement important tant
pour les directions logistiques que pour
les équipes opérationnelles,
que chacun ait confiance envers les autres
participants au pool. Il est essentiel également
d’être assuré que l’outil
informatique de GMA est étanche et
ne permet pas de voir les données
des partenaires d’un même pool.
De plus, le prestataire logistique pilote
du pool ne communique aucune information
confidentielle aux industriels, hormis les
données communes.
Par la suite, chaque industriel confronte
ses résultats aux seules attentes
de son client, sans avoir de relations avec
les autres industriels (s’ils sont
concurrents) autres que les considérations
logistiques et celles de la distribution.
Il est d’autres prérequis :
- Nécessité d’avoir
un entreposage commun sous le même
toit (ou proche, moyennant la mise en oeuvre
d’un processus multipick, voire la
mise en service d’une navette),
- Disponibilité d’entrepôts
de livraison (plates-formes du client) communs,
- Compatibilité des marchandises,
- Volumétrie le plus possible équilibrée
entre partenaires,
- Définition d’un plan de transport
commun.
Trois
autres pools en service
Les
activités d’IPS Europe se sont
développées dans le domaine
de la GPA mutualisée au travers de
trois autres pools qui sont venus compléter
le pool historique Cadbury/Sara Lee :
> Le pool "produits d’entretien"
HeCoRe réunit trois entreprises
concurrentes : Henkel, Colgate, et Reckitt
Benckiser. Ce pool était à
l’origine davantage orienté
GPA concertée : à chaque
industriel, sa GPA, et ce, à partir
d’une préallocation de place
dans les camions. Au travers d’une
concertation, chaque jour, des places
dans le camion pouvaient s’échanger
entre industriels. En 2008, le pool s’est
orienté vers la GPA mutualisée.
Il est revenu à Kuehne + Nagel
d’en assurer la mise en place et
l’organisation physique dans la
plate-forme de Savigny-le-Temple, en passant
un partenariat avec IPS Europe, le tiers
de confiance, pour en assurer la gestion,
avec l’aide de la solution informatique
développée par Generix (logiciel
EWR MP). « Nous sommes tombés
d’accord en 2008 pour commencer
à opérer la GPA mutualisée
d’HeCoRe dès le début
2009 », développe Benoît
Thiebaud. On peut lire dans l’étude
du PIPAME (Pôle Interministériel
de Prospective et d’Anticipation
des Mutations Économiques) sur
la logistique mutualisée publiée
en octobre 2009, que :
- Ce sont 800 000 palettes par an qui
sont livrées au client Carrefour
via la mutualisation des moyens,
- Le taux de remplissage des camions est
passé de 75 % à près
de 100 %,
- Le nombre de véhicules et de
kilomètres parcourus a baissé
de 20 %,
- Ce sont 3 150 t de CO2 qui sont supprimées,
et 1,2 million de litres de gazole qui
sont économisés chaque année,
- Le taux de service a progressé
d’un demi-point.
> Un pool alimentaire sec dont le pilote
est lancé depuis début mars
2010 avec deux industriels intervenant
avec le
logiciel d’OCS de CTS. Leurs
marchandises se trouvent sur le même
entrepôt de mutualisation qui livre
quatre
entrepôts Carrefour.
>
Le pool Mercury "DPH et agroalimentaire"
(Kimberley-Clark et Kellogg’s) en
cours de déploiement avec le logiciel
d’OCS : ce sont 2 industriels qui
sont hébergés chez 2 prestataires
différents séparés
par quelques centaines de mètres,
et 13 entrepôts Carrefour.
>
Au-delà de ce volet spécifique
à la mutualisation, un industriel
du secteur de l’hygiène a
confié au début 2010 sa
GPA à IPS Europe en attendant de
trouver d’ici quelques mois un partenaire,
en préambule probablement de la
création d’un futur pool
de mutualisation. Et dans le cadre de
cette GPA, IPS Europe organise des livraisons
multidrop pour différentes plates-formes
de la même enseigne. On pourrait
imaginer demain des livraisons de ce genre
à des enseignes différentes
dont les plates-formes se trouveraient
sur des zones quelque peu excentrées.
Mais ce n’est guère le cas
pour le moment.
>
Enfin, IPS Europe a lancé avec
le groupe
Sofrilog (un réseau de 42 sites
Sofrica
et Sofrino
implantés dans les zones de production
et de consommation) l’idée
d’une organisation qui pourrait
appliquer la GMA sur le domaine des produits
surgelés avec les clients de la
grande distribution. À cet effet,
une joint-venture a été
créée sous le nom de Cold
Stream avec l’idée de pouvoir
appliquer le processus de GPA mutualisée
sur les produits surgelés : le
projet est au stade de l’étude.
Et Benoît Thiebaud d’indiquer
: « il faudrait trouver des
industriels disposant de la masse critique
pour pratiquer la GPA et livrer au minimum
une fois par semaine les entrepôts
de la grande distribution, à partir
de plates-formes communes ou situées
à proximité l’un de
l’autre. Dans ce contexte, nous
pourrions également être
partenaires de la mutualisation ».
L’autre
objectif d’IPS Europe est d’aider
ses partenaires actuels dans leur recherche
de nouveaux partenaires pour viser le pool
idéal du million de palettes, ou
pour le moins en approcher.
Les bénéfices de la
GMA
Il est difficile de chiffrer les bénéfices
de la GMA car ils dépendent de la
situation de départ de chacun des
industriels concernés. D’une
façon générale, la
mise en oeuvre d’un processus de GMA
permet :
1. Une réduction des stocks,
2. Une amélioration du taux de services,
3. Une réduction des coûts
de transport, du fait de l’optimisation
des camions et de la facilité de
livrer les reliquats (cas des produits en
rupture) dans les prochains départs
des camions mutualisés.
4. Une réduction sensible des émissions
de gaz à effet de serre.
Dans
le cas de la mutualisation des marchandises
de Cadbury et Sara Lee, après une
année d’exploitation, sur la
douzaine d’entrepôts livrés,
on a constaté une réduction
de stock de 19 % et une amélioration
de la qualité de service (approvisionnement
des magasins par les entrepôts de
distribution) de 0,56 point du fait de l’augmentation
de la fréquence de livraison.
Pour Alain Courrouyan, « la pression
des distributeurs, associée à
la mise en place de la LME, conduisent les
distributeurs à inciter les fournisseurs
à s’inscrire dans un Centre
de Consolidation (CCC) et de Collaboration
ou à adopter une solution de cross-dock,
c’est-à-dire à supprimer
les stocks dans les entrepôts du distributeur.
Nous en sommes à une étape
qui voit la réduction des stocks
chez les clients grâce à la
GMA, un processus efficace qui donne des
résultats intéressants. C’est
aujourd’hui notre réponse aux
demandes de CCC ou de cross-dock adapté
aux produits frais… mais le cross-dock
peut avoir des conséquences quant
à la disponibilité en linéaires
: lorsque le magasin commande à une
fréquence moins régulière,
et comme d’autre part la commande
ne fait que transiter par un entrepôt
où il n’y a plus de stock,
il s’ensuit que le processus de réapprovisionnement
par l’industriel du magasin est plus
long, ce qui induit un risque de rupture
en linéaires plus important ».
Il est clair que les distributeurs ne vont
pas annuler du jour au lendemain ce qu’ils
ont gagné avec les processus de GMA
au terme de plusieurs années de mise
en oeuvre… Des processus qui apparaissent
aujourd’hui intéressants à
des prospects, alors qu’ils n’étaient
pas favorables autrefois à la GMA.
Les mentalités sont en effet en train
d’évoluer, mais force est de
constater que le nombre de pools reste encore
faible. « La mutualisation est
un concept qui va se développer
», estime de son côté
Philippe Godefroy : « de nombreux
projets sont dans les cartons, et c’est
là la bonne nouvelle ».
Jean-Claude
Festinger
www.aslog.org
GPA
et VMI
Dans le schéma
classique de la GPA, l’industriel
(ou son organisateur dans le cas
d’une mutualisation de type
GMA des palettes de produits de
plusieurs partenaires industriels)
communique une proposition de commande
au distributeur qui est libre de
l’accepter ou non, voire de
la modifier avant de la confirmer.
Dans la VMI (Vendor Managed Inventory)
pratiquée par les Anglo-Saxons,
la proposition de commande équivaut
à une commande que l’industriel
envoie au distributeur, sans autre
forme de discussion. Des changements
de mentalité sont observés
dans les enseignes de la grande
distribution où il est question
aujourd’hui de la mise en
place dès 2010, de pilotes
de la VMI en France. |
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