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Extraits
du travail de recherche d’un logisticien sur la
logistique humanitaire. Merci à lui de partager
le fruit de son travail. Pour plus d’informations
sur le sujet, nous vous invitons à prendre
contact avec lui en utilisant l’adresse e-mail suivante
: logistique.humanitaire@hotmail.fr
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| a)
Qu’est-ce qu’une ONG ?
La qualification des associations séparées
du gouvernement effectuant des missions humanitaires
n’a pas été une chose aisée.
Nombre d’appellations différentes furent
essayées, que ce soit les ASI (Associations
de Solidarité Internationale), les ANE (Acteurs
Non Étatiques) ou encore les OSI (Organisations
de Solidarité Internationale) sans qu’une
typologie ne prenne l’avantage. Mais c’est
au final le terme d’ONG (Organisation Non
Gouvernementale) qui a été préféré
et qui demeure le plus employé actuellement.
Ce terme est désormais officialisé,
car il figure dans la charte des Nations Unies depuis
1945 (article 71).
Le flou qui a longtemps résidé sur
la définition de ces organisations et les
désaccords toujours d’actualité
sur l’acronyme d’ONG prouvent bien la
difficulté qu’il y a à les caractériser.
Le dictionnaire Larousse définit les ONG
comme étant des « organisme[s]
financé[s] essentiellement par des dons privés
et qui se voue[nt] à l’aide humanitaire sous
une ou plusieurs de ses différentes formes
(assistance médicale ou technique dans les
pays non-industrialisés, aide aux plus démunis
dans les pays développés, secours
en cas de catastrophe ou de guerre, etc.) »[1].
C’est une définition qui, bien que
correcte, présente des limites. En effet,
la caractérisation de ces organisations passe
de plus en plus souvent par ce que Philippe Ryfman
appelle « la méthode du faisceau
de caractéristiques »[2]
. Celle-ci ne se contente pas de définir
les activités ou les caractéristiques
principales des ONG mais présente des critères
qui, s’ils sont tous remplis, permettent de
supposer avec de grandes chances que l’organisation
observée est bien ce qu’on appelle
une « ONG ». |
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| Selon
le principe de la notion d’association, la
constitution de l’ONG doit être d’origine
privée dans l’optique de réaliser
des objectifs non lucratifs. La nature non lucrative
de ces objectifs doit être impérativement
précisée dans sa forme juridique.
De plus, l’organisation se doit d’être
indépendante de l’État (ce qui
n’empêche aucunement la création
de liens à posteriori entre ces
deux entités). Outre son indépendance
politique, une ONG doit avoir une indépendance
financière. Enfin, elle doit être dotée
d’un caractère transnational dans son
action.[3] |
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b)
Évolution des ONG : de leur naissance à
leur forme actuelle
Si
l’on veut comprendre quelle a été
la raison de la création des ONG actuelles
mais aussi leur fonctionnement, nous devons nous
pencher sur leur création. Nous verrons qu’elles
ne sont pas issues d’une longue réflexion
accompagné d’un business plan. Leur
création est plutôt le fait d’une
évidence, une simple réaction induite
par un décalage entre une situation perçue
et une volonté d’agir et qu’elle
repose sur ces concepts ancestraux.
(1)
Un fondement religieux
Si nous remontons dans le temps, nous voyons que
les prémices de ces organisations sont
fondées sur les dogmes religieux dominants.
Le judaïsme prône la tsedaka[4]
à
l’égard du pauvre, de la veuve, de
l’orphelin et de l’étranger.
Le christianisme, quant à lui, s’appuie
sur le concept de charité (l’apôtre
Paul en déclame la vertu comme étant
le fondement de l’être : « Si
je n'ai pas la charité, je ne suis rien
»[5] ), alors
que l’Islam avec ses préceptes de
zakat et sadaqa (une des cinq obligations religieuses
musulmanes) définit le principe du don
aux plus démunis selon le Coran («
Les aumônes sont destinées aux
pauvres, aux nécessiteux […] »[6].
C’est en effet avec le concept de la charité,
présent sous des nominations différentes
mais similaires dans le principe pour ces trois
religions, que les premières actions humanitaires
de développement ont été
créées. Mais les fonctions religieuses
ne s’arrêtent pas aux devoirs des
textes fondateurs, elles prennent aussi la forme
d’institutions.
Les églises assumaient en effet la charge
de nombreuses activités telles que l’éducation
mais aussi le soin aux malades dans des dispensaires,
les orphelinats. Il serait cependant ardu de comparer
l’action humanitaire telle nous la connaissons
de nos jours à une action qui bien souvent
– bien que dispensée par l’église
– était soumise à l’impôt.
(2)
Des pratiques militaires sur les champs de bataille
La pratique de l’action humanitaire urgentiste
sur le terrain semble remonter au Ier siècle
après J.-C. : un médecin militaire
de la légion romaine, Dioscoride d’Anazarba[7],
aurait créé une école de
médecine. Là encore, la prise en
compte sur le terrain d’une situation d’urgence
(les blessés sur le champ de bataille)
a amené une réponse qu’on
pourrait qualifier d’ « humanitaire
». En effet, le fait de prodiguer des soins
gratuits aux personnes dont l’intégrité
physique est en danger rejoint très clairement
les buts des ONG urgentistes modernes. C’est
ainsi que, bien que les avis diffèrent
sur le sujet du fait du manque d’écrits,
Dioscoride d’Anazarba serait le premier
médecin urgentiste.
Au
fil des années, philosophie et religions
se mêlèrent afin d’imposer
des normes en accord avec ces préceptes.
On remarque notamment de grands progrès
en temps de guerre où les prisonniers mais
parfois les civils blessés étaient
désormais protégés par des
règles de conduite sur le champ de bataille.
On citera notamment l’aboutissement de ces
procédures que représente la convention
de Genève[8]
(première en 1864, complétée
en 1949 et 1977) qui édicte les règles
fondamentales du droit humanitaire international.
Mais, bien que les prémices de l’activité
humanitaire dite « de développement
» soient apparues dans les premiers siècles
de notre ère, il ne s’agit pas pour
autant de l’action telle que nous la connaissons
aujourd’hui.
Après la révolution française,
un chirurgien militaire de l’armée
napoléonienne nommé D. J. Larrey
(1766-1842), bien conscient de l’urgence
que posait le problème des blessés
de guerre, décida d’agir directement
sur le théâtre des conflits pour
soigner les blessés aussi bien alliés
qu’ennemis et sans distinction de grade.
Dans l’optique de rendre ses services plus
productifs, il inventa l’ambulance volante
[9] qui permettait
de soigner directement les blessés sur
le champ de bataille. Il sera le premier à
capitaliser son savoir dans un ouvrage alliant
médecine de guerre et inventions, Mémoire
de chirurgie militaire 1786-1840 [10]
. Ses apports en terme de médecine militaire
ont permis de soigner de nombreux blessés,
mais surtout d’insuffler une réelle
volonté de soutien aux victimes dans un
contexte ou les guerres étaient particulièrement
violentes et le soutien aux blessés quasiment
inexistant.
(3)
Philosophie et prémices des ONG
Pendant la période des Lumières,
au XVIIIe siècle, apparait la notion d’Humanité
que Diderot voit comme étant « [un]
noble & sublime enthousiasme se tourmente
des peines des autres & du besoin de les soulager
; il voudroit parcourir l’univers pour abolir
l’esclavage, la superstition, le vice, &
le malheur»[11]
. Cette notion sort cette fois du cadre religieux
pour atteindre une portée philosophique.
La réflexion sur l’action humanitaire
est désormais de plus en plus ancrée
dans les mentalités et, en 1755, lors du
tremblement de terre de Lisbonne , la question
de l’action de crise est réellement
abordée. C’est en effet grâce
à la gestion de crise reconnue comme excellente
du premier ministre Sebastiaõ de Melo que
les secours ont pu être administrés
rapidement à la population et que Lisbonne[12]
fut entièrement reconstruite en un an.
Il
faudra cependant attendre le XIXe siècle
pour que l’engagement associatif prenne
un réel essor et abandonne son aspect d’action
individuelle pour devenir collective. C’est
au début de ce siècle que vont apparaître
les prémices du lobbying aux États-Unis.
En 1812, la guerre civile d’indépendance
entre Vénézuéliens et Espagnols
fait rage à Caracas. Et c’est en
plein milieu de ce conflit armé qu’un
tremblement de terre, suivi d’une série
de raz de marée, ravagea la ville, tuant
entre 15 000 et 20 000 personnes. Le lobbying
associatif américain poussa le gouvernent
fédéral à prêter secours
aux habitants de Caracas. Face au poids grandissant
de ces mouvements nouveaux, le gouvernement américain
céda à ces pressions humanitaires
et envoya des denrées alimentaires sur
le lieu de la crise.
Alexander von Humboldt écrira par la suite
son témoignage personnel de l’après-crise
lors de son voyage à Caracas : «
[…] le congrès, assemblé
à Washington, décréta unanimement
l’envoi de cinq navires chargés de
farines aux côtes de Venezuela, pour être
distribués aux habitants les plus indigents
»[13]
. Cette action humanitaire internationale, la
première notoire, fut accueillie avec une
forte reconnaissance et permit de palier les besoins
alimentaires d’un peuple en péril
et de surmonter cette situation de crise.
Dès
lors, le mouvement associatif américain
et mondial pris une ampleur toute nouvelle, portée
par le concept émergent de lobbying.
En 1823, en Grande-Bretagne, est crée la
« British and Foreign Anti-Slavery Society
» qui est ce qu’on pourrait qualifier
une ONG de nos jours et qui, comme son nom l’indique,
avait pour vocation de lutter contre l’esclavage
en Grande-Bretagne. Cet engouement populaire est
une fois de plus couronné de succès
car l’association obtient l’abolition
de l’esclavage en 1833, soit seulement 10
ans après sa création. [14]
Dès
lors, nous voyons que l’action humanitaire
n’est plus simplement un mouvement isolé,
l’action de quelques hommes qui veulent
faire progresser la société de leur
côté. Il s’agit désormais
d’un réel élan mondial dont
les démocraties font office de terre fertile[15].
De cette volonté humaine et individuelle
de coupler la charité pour les plus démunis
au soulagement des souffrances des blessés
est née une volonté collective,
qui a gagné en puissance, d’apporter
un soutien aux peuples en péril.
(4)
Une nouvelle ère : l’action humanitaire
moderne
Nous l’avons évoqué précédemment,
nombre d’actions humanitaires embryonnaires
ont eu lieu sur des champs de bataille. C’est
aussi ce genre d’événement
qui est à l’origine de la plus grande
organisation non gouvernementale française
actuelle.
Engagé volontaire dans l’armée
napoléonienne, Henry Dunant combat aux
côtés de l’Empire à
la bataille de Solferino. Cet homme a été
profondément marqué par cette bataille
qui fut un massacre épouvantable et surtout
devant le manque de soins apportés aux
blessés. Il improvise avec des habitants
des villages voisins des services de secours aux
blessés et soigne dans des conditions élémentaires
les blessés des deux camps[16]
. Il écrira par la suite « […]
ne serait-il pas à souhaiter qu’ils
profitent de cette espèce de congrès
pour formuler quelque principe international […]
[qui] servirait de base à des Sociétés
de secours pour les blessés dans les divers
pays d’Europe ? […] L’humanité
et la civilisation demandent impérieusement
une œuvre comme celle qui est indiquée
ici ; il semble qu’il y ait même là
un devoir »[17]
. Ces idées sont directement à la
base de la création d’un Comité
de Secours aux Blessés, qui devint en 1875
le très réputé CICR (Comité
International de la Croix-Rouge, plus souvent
connu sous le nom de la « Croix-Rouge »).
Afin de ne pas s’écarter des réalités
et que ce comité soit en mesure de répondre
aux problèmes réels rencontrés
sur le terrain, il s’associe avec un général
de l’armée suisse, Guillaume-Henry
Dufour qui lui apporte ses connaissances dans
les conflits armés, ainsi que sa vision
orientée terrain.
Le CICR s’internationalise dès 1881
avec la création de la Croix-Rouge américaine.
Au fil des années, d’autres pays
rejoignirent le mouvement via l’installation
d’une entité en leur sein (on notera
notamment les Croix-Rouge allemande, belge, chinoise…
ainsi que le Croissant rouge palestinien et le
Cristal rouge israélien).
Dès lors que les premières organisations
à but humanitaire furent créées,
le paysage associatif n’eut de cesse de
progresser. Toutefois, il est bon de noter que
c’est dans un premier temps en reconnaissance
à des situations de crise que les associations
se créent.
Au
lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors
que le paysage politique est totalement chamboulé
et que de nombreux États subissent des
blocus préjudiciables à la population,
l’association « Fight the Famine
» (qui sera connue plus tard sous le nom
de « Save the Children Fund –
SCF ») est créée
dans le but de sauver les enfants des famines
et des problèmes alimentaires . Pour cela,
elle ira même jusqu’à contourner
littéralement les blocus établis
afin de venir en aide aux démunis.
Le mouvement humanitaire n’aura de cesse
de se développer à travers tout
le XXe siècle, en réponse aux malheurs
et aux crises. Il marquera un nouveau pas, dans
les années 1970, suite à la guerre
au Biafra. L’instabilité politique
des pays du Sud et les atrocités qui y
sont commises (on parlera notamment de génocide
au Biafra) soulignent une fois de plus le besoin
d’une réaction rapide et appropriée.
C’est dans ce contexte qu’une poignée
de médecins créera « Médecins
Sans Frontières », un nouveau type
d’ONG dont la vision est portée sur
les pays du Sud, dont l’assistance à
la population est qualifiée d’ «
urgence », et à portée internationale.
Nous voyons que les prémices des organisations
que nous pourrions qualifier de « caritatives
» ou d’« humanitaires d’urgence
» sont nées sur le terrain (un champ
de bataille par exemple), à la suite d’une
problématique mettant en jeu des vies humaines
(des guerres ou des catastrophes naturelles).
La vocation de cette action caritative était
donc de résoudre de façon temporaire
l’irruption d’un problème de
type humanitaire. Il est important de noter que
les premières actions humanitaires concrètes
sont nées d’une improvisation, sans
réflexion préalable. Ce fut, dans
bien des cas, une réponse qui se devait
immédiate devant le critère d’urgence
de la situation, et donc improvisée.
Au
fil des années, ce concept s’est développé.
Relayé par le principe de la religion dans
un premier temps, ce sera par la suite des organisations
aussi bien rattachées au gouvernement que
libres de la fonction publique qui assureront ce
principe de charité. Une fois que les organisations
de toutes formes auront pris le pas sur l’Église
sur le terrain de l’action caritative, elles
auront la volonté de changer l’expression
caritative (trop proches d’une notion ecclésiastique)
pour des notions diverses telles que l’action
humanitaire, gestion de crise humanitaire, situation
d’urgence…
Cette évolution ne s’est pas faite
d’un seul coup, mais à petits pas.
D’une action individuelle à des associations.
Celles-ci donnèrent lieu à des organisations
qui finalement s’internationalisèrent.
Au fil des années, les ONG ont créé
des processus afin de répondre de façon
optimale aux crises qui se présentaient afin
de ne plus être simples acteurs réactifs
fa ce à ces événements. C’est
alors qu’est né un critère d’anticipation,
à savoir une pro-activité qui permette
de mieux allouer les ressources.
Voir
également :
- La
structure des supply chain humanitaires
- Vers
une simplification des différents postes
afin de privilégier la souplesse
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[1]
http://www.larousse.fr/encyclopedie/nom-commun-nom/organisation/75270
[2]
Philippe Ryfman (2004), Les ONG, La Découverte,
p.28.
[3]
Philippe Ryfman, 2004, op. cit. p. 29.
[4]
Le mot Tsédaka, traduit « charité
» vient de la racine « Tsedek »
qui signifie justice.
[5]
La Bible, Paul, Épître aux Corinthiens
(I, 13).
[6]
Le Coran, Sourat [9.60].
[7]
Philippe Ryfman (2008), Une histoire de l’humanitaire,
La Découverte, p. 12.
[8]
CICR (2009), Les Conventions de Genève : la
pierre angulaire du droit international humanitaire,
dans http://www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/html/genevaconventions.
[9]
Voir annexe.
[10]
Dominique Jean Larrey (2004), Mémoires de chirurgie
militaire et campagnes 1786-1840, Tallandier.
[13 ]Alexander von Humboldt,
Aimé Bonpland (1820), Voyage aux régions
équinoxiales du nouveau continent, fait en
1790, 1800, 1801, 1802, 1803 et 1804, Librairie grecque-latine,
p. 67 tome 5.
[14] http://www.bbc.co.uk/history/british/empire_seapower/antislavery_04.shtml.
[15]
Alexis de Tocqueville (1868), De la démocratie
en Amérique, Michel Lévy frères.
[16] Philippe Ryfman (2008),
Une histoire de l’humanitaire, La Découverte.
[17] Henry Dunant (1863),
Un souvenir de Solferino, Fick, pp.165-166.
[18] http://www.savethechildren.net/alliance_fr/about_us/founder.html. |
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Quelques
livres sur le sujet :
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Une
histoire de l’humanitaire
de Philippe Ryfman
Présentation
de l’éditeur
Trop de visions segmentées
occultent la réalité complexe
de l’humanitaire - facteur déterminant
pourtant de la survie et du rétablissement
de la dignité de millions de personnes
et lieu de l’engagement de centaines de
milliers d’autres. Pour la saisir, de même
que ses enjeux et frontières, il
faut revisiter d’abord sa généalogie.
Puis en montrer les émergences successives,
les transformations et mutations progressives
et les dynamiques à travers ses acteurs
non gouvernementaux ou publics, avec le
recul de bientôt un siècle
et demi d’existence. Plutôt que de
s'inscrire dans une simple linéarité
chronologique, la démarche se veut
à la fois panoramique et prospective,
afin de penser le présent à
partir d’éléments historiques.
Dans un contexte international marqué
par la globalisation et l’anomie, les conflictualités
et les risques climatiques ou de catastrophes
naturelles survenant sur une planète
de plus en plus urbanisée et peuplée,
les besoins humanitaires ne devraient en
effet pas décroître.
L'auteur
vu par l’éditeur
Philippe Ryfman est professeur et chercheur
associé au Département de
science politique et au Centre de recherches
politiques de la Sorbonne (Université
Paris-I-Panthéon-Sorbonne). Egalement
avocat, il a dirigé le Master "Coopération
internationale, action humanitaire et politiques
de développement ". Il a notamment
publié Les ONG (" Repères
", 2004), contribué à
divers ouvrages collectifs et assuré
la chronique a Société civile
" du Monde-Economie.
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Les
ONG de
Philippe Ryfman
Présentation
de l’éditeur
Les organisations non gouvernementales (ONG)
sont très présentes dans l’actualité
mondiale, mais finalement assez mal connues.
Les dénonciations caricaturales alternant
avec les hagiographies sans nuances n'en
facilitent pas l’analyse. D'autant que,
si une abondante littérature sur
les ONG existe, la recherche demeure encore
lacunaire. Ce livre s'attache donc, après
avoir montré l’inscription des ONG
dans une histoire déjà longue,
à souligner l’ambiguïté
du concept, laquelle n'est nullement contradictoire
avec un fort activisme. Il s'efforce de
répondre aux principales questions
les concernant : financement, sociologie,
gestion, management, valeurs, identité
collective, concurrence, professionnalisation,
légitimité, gouvernance, place
dans la " société civile
" et relations internationales. Enfin,
si la montée en puissance des ONG
du Sud et des pays émergents symbolise
une planétarisation - que traduit
aussi l’émergence d’une diplomatie
non gouvernementale - de ces acteurs au
sein d’un monde globalisé mais en
crise, ils sont désormais en butte
à l’hostilité sourde d’un
nombre croissant d’États.
L'auteur
vu par l’éditeur
Philippe Ryfman est professeur et chercheur
associé au Département de
science politique et au Centre de recherches
politiques de la Sorbonne (université
Paris-I). Également avocat, il a
dirigé le master "Coopération
internationale, action humanitaire et politiques
de développement ". Il a notamment
publié " Une histoire de l’humanitaire
" ("Repères", 2008),
contribué à divers ouvrages
collectifs et assuré la chronique
"Société civile"
du " Monde-Économie ".
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L'idéologie
humanitaire. ou, Le spectacle de l’altérité
perdue de
Bernard Hours
Présentation
de l’éditeur
L'action humanitaire a produit en quelques
années une idéologie cohérente
qui permet de penser de façon homogène
le destin des victimes des catastrophes,
tant naturelles que politiques. C'est à
travers la médecine humanitaire,
en particulier, que cette mondialisation
de la gestion des Autres est désormais
tellement ritualisée par les médias
qu'elle est devenue un sentiment virtuel,
un élément de correction morale
universelle. En fait, l’idéologie
humanitaire se présente comme la
facade éthique des nouvelles formes
d’exploitation économique. Elle sert
d’abord à rendre acceptable l’iniquité
en attirant le regard sur les seules victimes
spectaculaires.
L'auteur
vu par l’éditeur
Bernard Hours, anthropologue (Institut Français
de Recherche Scientifique pour le Développement
en Coopération) a mené, au-delà
de ses travaux sur les relations entre le
politique et le religieux (Laos, Vanuatu),
et sur les systèmes de santé
(Laos, Cameroun, Bangladesh, Vietnam), une
réflexion de longue durée
sur L'évolution de l’idéologie
du développement et l’action humanitaire.
Celle-ci s'est nourrie d’une expérience
concrète de responsable d’ONG médicale
et de dix ans de recherches de terrain
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Le
dispositif humanitaire : Géopolitique
de le générosité d’Emil
Cock
Présentation
de l’éditeur
Les médias associent généralement
le système humanitaire à des
institutions caritatives responsables de
secourir les populations en détresse
des pays en voie de développement.
Mais ces institutions ne constituent qu'un
maillon d’un système beaucoup plus
large impliquant un nombre d’acteurs agissant
dans l’ombre. L'auteur analyse les mécanismes
de ce dispositif humanitaire complexe dont
le public et les volontaires sont souvent
mal informés. Son analyse se base
à la fois sur son expérience
de terrain auprès de Médecins
sans frontières et Médecins
du monde et sur un examen détaillé
d’un grand nombre de documents officiels
de sources variées. Il dégage
les liens entre le dispositif humanitaire
et les sphères politiques, économique
et militaire. Ce livre ouvre les yeux sur
les enjeux réels de la générosité
occidentale en identifiant son origine,
ses rouages et son rôle dans la géopolitique
actuelle.
L'auteur
vu par l’éditeur
Emil Cock est médecin, diplômé
de l’Institut Universitaire d’Etudes du
Développement (IUED) à Genève,
collaborateur du Programme interdisciplinaire
de l’action humanitaire (PIAH) de l’Université
de Genève.
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Souvenir
d’un Tsunami Humanitaire de
Christophe Charbon
Présentation
de l’éditeur
Le 26 décembre 2004, un tsunami ravage
les côtes de 4 pays d’Asie et atteint
au total 14 pays différents, provoquant
la mort de 226 000 personnes. L'émoi
est mondial. En écho à cet
événement, une réaction
brusque va apparaître, celle de la
gestion humanitaire la plus chaotique de
tous les temps. Pour la première
fois, un consultant de l’ONU, présent
sur les lieux du désastre pendant
un an et demi, brise de nombreux tabous
et nous présente une analyse méticuleuse
du mécanisme humanitaire face à
ce type de circonstance. Ce récit
nous livre également une foule d’enseignements
sur les désordres que provoquent
désormais les systèmes de
charité en provenance des pays riches.
Christophe Charbon nous propose aussi une
analyse historique passionnante en comparant
la gestion du tsunami de 2004 à l’aune
de la gestion des catastrophes à
travers l’histoire.
L'auteur
vu par l’éditeur
Christophe Charbon est un agronome belge,
né en 1970. Il effectue depuis 8
ans des missions pour différentes
organisations internationales dans des pays
en guerre, dans des situations post-conflit
ou dans des pays atteints par un désastre
naturel. Consultant international, il fut
dans le cadre du tsunami vice-coordinateur
de la FAO à Aceh en Indonésie
pendant 9 mois avant d’être affecté
à Bangkok durant 6 mois en tant que
coordinateur des projets agricoles pour
les pays les plus touchés par le
tsunami.
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Voyage
au bout de l’humanitaire de
Marc Vachon et François Bugingo
Présentation
de l’éditeur
Voici une histoire vraie. Marc Vachon naît
à Montréal, en 1963. Abandonné
à la naissance, ballotté d’un
foyer à l’autre, il connaît
tout ce que la vie dans nos pays "
développés " offre de
plus terrible : la violence, l’abus, le
vide. Il y oppose l’évasion, la drogue,
le crime. Il devient un " pourri "...
jusqu'au jour où il découvre
par hasard à Paris l’existence de
Médecins sans frontières (MSF).
Puisqu'il a quelques connaissances dans
la construction, on l’engage pour veiller
à la logistique d’un camp au Malawi.
Dès lors, une autre vie commence
: il met au service de cette cause l’instinct
de survie qu'il a acquis dans la rue. Il
se rend indispensable et, très vite,
devient le logisticien de choc de MSF. Celui
qui peut déplacer des montagnes,
celui qui n'a peur de rien ni de personne,
celui qui peut construire des abris pour
des dizaines de milliers de réfugiés
en un temps record devient un aventurier.
Il prend un malin plaisir à falsifier
des papiers pour passer des camions en contrebande
à la frontière kurde, et se
livre au trafic des Harley Davidson à
Bagdad. " Mais au lieu d’être
un chevalier noir sur une Harley noire à
Montréal, j'étais un chevalier
blanc sur une Harley blanche en Irak. "
Les missions se succèdent l’Irak,
après la première guerre du
Golfe, le Mozambique, le Soudan, Sarajevo,
le Rwanda, où il assiste aux préparatifs
d’un génocide. Il découvre
que l’humanitaire est aussi un lieu où
s'exerce le pouvoir. Son récit l’amène
ainsi à livrer une critique décapante
des dérives de l’humanitaire à
l’âge de l’information-spectacle.
Ce livre, écrit en collaboration
avec le journaliste François Bugingo,
raconte une victoire personnelle sur le
destin et un combat inachevé contre
l’injustice. C'est l’histoire d’un héros
d’aujourd’hui, comme il y en a trop peu.
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