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WMS/TMS : une frontière en voie de disparition ?

  INTERVIEW

‘‘Dans nombre de cas, le TMS va piloter le WMS’’ J. BOUR, DDS Logistics

Jérôme BOUR, Directeur Général de DDS Logistics

Interview de Jérome BOUR, Directeur Général de DDS Logistics.
Réalisée le 22/07/2014 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « WMS / TMS : une frontière en voie de disparition ? ».



Existe-t-il des zones de recouvrement entre les solutions des éditeurs de WMS et de TMS?

Certains éditeurs de WMS ayant développé des éléments simplifiés de gestion du transport, des recouvrements existent en effet.

  Autres contributions

Isabelle BADOC, Generix Group
‘‘ La frontière entre WMS et TMS n’est pas étanche ’’

Evelyne RAYNAUD et Bruno LACOSTE, a-SIS
‘‘ Contrairement au marché du WMS, le marché des TMS est hétérogène ’’

Ottavio RIVELLI, inconso
‘‘ Contrairement au marché du WMS, le marché des TMS est hétérogène ’’

Jean-Christophe HENRY, Infflux
‘‘ Associer WMS et TMS permet de transformer la promesse commerciale en réalité opérationnelle ’’

Patrick REHEL, Negsys
‘‘ Les marchés du WMS et du TMS sont de plus en plus liés ’’

Par exemple, la génération des étiquettes des transporteurs est intégrée à certaines solutions de gestion d’entrepôts. Les étiquettes sont alors produites en fin de chaîne de préparation.

Dernièrement, dans le cadre d’un dossier auquel nous avons répondu, nous avons également constaté qu’un éditeur de WMS avait intégré la préaffectation des transporteurs. Cela avait un impact sur les quais de chargement et c’est une information dont la gestion d’entrepôt avait besoin.

On ne peut cependant pas considérer que ces différentes fonctions intégrées s’apparentent réellement à un TMS.

De notre côté, en tant qu’éditeur de TMS, nous sommes interfacés à un WMS chez la grande majorité de nos clients. Chez ceux-ci, la question de savoir si une fonction sera assurée par l’un ou l’autre des logiciels est en fait assez rare.

Enfin, un certain nombre d’éditeurs de WMS ont développé ou acheté une solution de TMS et incitent donc les clients à l’utilisation d’une solution intégrée entre leur WMS et leur TMS.



Un TMS peut-il assurer des fonctions de WMS ? Si oui, quel en est l’intérêt ?

Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Il existe des frontières bien claires.

Ce dont on s’aperçoit de plus en plus, ce sont plutôt des situations dans lesquelles le TMS va piloter le WMS.

La planification des réceptions et des préparations sont des fonctions du WMS où il y a une forme de recouvrement dans la mesure où c’est le TMS qui, en premier, dispose de l’information.

Sur le flux aval, le TMS connaît la contrainte finale, à savoir la livraison au client. A partir de celle-ci, il établit un rétro planning et définit donc l’ordre dans lequel les préparations doivent être ordonnancées.

Par exemple, il prend en compte le créneau de livraison convenu avec le destinataire pour décider quand la marchandise doit être expédiée. À partir de cette donnée, il va informer la préparation de commandes du WMS du planning à considérer pour respecter la promesse faite au client.

De la même manière, en amont, le TMS disposera de la vision des flux prévisionnels à destination de l’entrepôt. La solution pourra alors communiquer au WMS un planning de réception qui lui permettra d’étaler la charge. Ainsi, on s’assurera que les transporteurs n’effectueront pas toutes les livraisons en même temps et n’engorgeront donc pas les quais.


Proposez-vous une offre commune avec un ou des partenaires WMS ?

Nous sommes très rarement interrogés sur des dossiers dans lesquels le client cherche à s’équiper à la fois des deux systèmes. Dans la plupart des cas, un WMS est déjà en place. Les projets WMS et TMS sont alors complètement déconnectés.

C’est la raison pour laquelle il est finalement assez peu fréquent de devoir monter une offre commune. Nous nous adaptons à la situation présente chez nos clients.

Ainsi, nous ne sommes pas concurrents sur le périmètre du WMS avec d’autres éditeurs.

D’ailleurs, dans les rares cas dans lesquels le client cherche à s’équiper en même temps des deux solutions, le projet WMS a tendance à être plus lourd. On se retrouve alors en présence d’une décision d’abord prise sur le périmètre de la gestion d’entrepôt.


Comment expliquer que les taux d’équipement entre WMS et TMS soient si différents?

Les deux marchés ont un décalage de 10 ans dans leur maturité. Ceci est dû à des raisons d’historique et de mentalité.

Les WMS sont des solutions arrivées à maturité dans les années 1990. Tous les éléments de base qui composent l’offre (la réception, le stockage ou la préparation) sont disponibles depuis de nombreuses années.

Il y a ensuite eu des progrès lourds autour de la mécanisation, des matériels embarqués, etc. Les grands acteurs du monde de l’ERP proposent eux-aussi des offres qui tiennent la route. Une diffusion à travers ces solutions plus généralistes a donc également eu lieu.

Au-delà de l’historique, c’est la compréhension du retour sur investissement qui explique les différences de taux d’équipement.

Classiquement, les entreprises ont en effet tendance à s’intéresser à leurs propres process. Quand la gestion d'un entrepôt est inefficace, cela concerne rapidement un nombre conséquent d’opérateurs.

À l’intérieur de la société, les utilisateurs d’un WMS sont plus nombreux que ceux d’un TMS. Vu de l’entreprise, le réflexe sera donc d’optimiser en premier le process interne de l’entrepôt afin d’obtenir le gain de productivité sur un maximum d’opérateurs.

Le TMS vient alors en seconde position dans la mesure où un chargeur a du mal à concevoir que nombre d’utilisateurs du TMS sont en fait externes (chez ses transporteurs).

Les gains de productivité indirects sont atteignables grâce à une plus grande efficacité des transporteurs. La matérialisation des économies est cependant plus difficile alors même que les montants peuvent être plus élevés. Les retours sur investissement sont d’ailleurs généralement supérieurs à celui d’un WMS.


Bio Express

Jérôme BOUR a pris la Direction de DDS Logistics en 2000. Il a auparavant occupé les postes de Directeur Informatique du Groupe DAHER, de Responsable de l’organisation et des systèmes opérationnels chez DHL et de Consultant chez Ernst & Young.

Site internet de DDS Logistics : www.ddslogistics.com


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