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TMS: les critères de choix

  INTERVIEW

‘‘Ne pas projeter ses besoins au-delà de la recherche d'un gain immédiat entraîne le risque de se tromper de TMS’’ I.BADOC, Generix

Isabelle BADOCInterview d’Isabelle BADOC, Marketing Manager Supply Chain Solutions Generix.

Réalisée le 21/10/2016 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « TMS : les critères de choix ».


Comment un TMS permet-il de réduire le budget transport de l’organisation ?


Le TMS agit sur deux leviers :

  • La facture transport en elle-même
  • Le coût administratif de la gestion des opérations de transport
  Autres contributions

Jérôme GABALDE, Transporeon
‘‘ Les gains permis par les solutions Transporeon concernent les chargeurs, mais également leurs transporteurs ’’

Fabien PETITJEAN, Acteos
‘‘ La mise en place d’un TMS n’est pas une formalité. C’est un projet en soi ’’

Jérôme BOUR, DDS Logistics
‘‘ Le terme TMS englobe sous un même nom des réalités assez hétérogènes ’’

Olivier SCHULMAN, a-SIS
‘‘ Il convient de favoriser une solution à la fois complète et modulable fonctionnellement ’’

La facture transport

Le TMS permet de mieux organiser les tournées et le chargement des commandes dans les camions. Il aide quotidiennement les opérateurs à :

  • Mieux sélectionner les transporteurs en termes de typologie de service nécessaire, de caractéristiques volumétriques des commandes et de coût proposé
  • Optimiser leur regroupement pour la constitution de chargements performants
  • Contrôler les factures des transporteurs

Ainsi le nombre de kilomètres parcourus global des commandes diminue, ce qui se répercute logiquement dans les coûts et est également bénéfique en termes d’empreinte carbone.

Le fait de pouvoir automatiser la partie appel de moyens rend par ailleurs possible le référencement d’un plus grand nombre de transporteurs et de tarifs. Les entreprises peuvent ainsi s’affranchir de schémas d'organisation transport figés limitant le panel de prestataires. D'intéressantes opportunités tarifaires s’offrent alors à elles.

Par ces deux aspects la facture transport diminuera donc. Mais le TMS va également permettre une fois la facture transporteur émise d’en contrôler automatiquement le montant en tenant compte des éléments réels de l’exécution rapportés aux tarifs référencés.

Nombre de clients nous indiquent que la mise en place du contrôle facture (ou l’utilisation d’un module de préfacturation) génère des gains immédiats.

La réduction du coût administratif

Les outils généralement utilisés avant la mise en place d’un TMS sont du type base de données Excel, papier et téléphone. Le traitement de la relation transporteur est alors particulièrement chronophage et lié à la connaissance des opérateurs.

L’automatisation rendue possible par le TMS permet de traiter plus de volumes sans pour autant augmenter le nombre d'opérateurs.

Le potentiel est d’autant plus grand quand l’entreprise souhaite passer d’une organisation dans laquelle le transport est géré indépendamment par chaque site à un service transport unique. Ce dernier identifiera les opportunités de mutualisation et sera plus enclin à capitaliser parce qu'il négociera avec les transporteurs sur un volume global. Il deviendra alors tout à fait justifié d'équiper ce service d'un TMS.

Quand les règles sont suffisamment paramétrables et que les schémas ont bien été pensés, le TMS est donc très efficace en termes de réduction des coûts administratifs.



Pouvez-vous illustrer les bénéfices de la mise en place du TMS Generix Group avec un exemple ?

Je peux vous citer l’exemple d’un de nos clients dont les opérations sont gérées par deux opérateurs pour un budget transport de 30M€.

Une fois que l’ERP descend les commandes des clients, notre TMS éclate les commandes en support, les ventile par transporteur et lance l’affrètement.

Le résultat est automatiquement renvoyé dans l'ERP.

Les opérateurs peuvent ainsi se consacrer aux cas à plus forte valeur ajoutée concernant la gestion des exceptions et aléas. Par exemple, une défaillance d’un transporteur qui n’est finalement pas en mesure d’assurer la mission initialement prévue, la recherche de prestataires si le booking automatique n’a pas abouti, etc.


À quels acteurs le TMS de Generix Group est-il destiné ?

Nous ciblons les chargeurs et organisateurs de transport avec ou sans moyen en propre.

Notre solution dispose en effet d’un module de gestion de flotte qui permet d’utiliser ces ressources comme le seraient des moyens externes.


Comment s’y retrouver dans le marché français actuel du TMS ?

La tâche est en effet compliquée. Le marché n'est pas très lisible aujourd'hui.

D’une part, un grand nombre de solutions hétérogènes sont englobées derrière le terme TMS.

D’autre part, certaines solutions comme la nôtre sont orientées vers les chargeurs alors que d’autres visent à gérer des flottes et sont donc destinées aux transporteurs. TMS chargeur et TMS transporteur n’assurent pas les mêmes fonctions et ne peuvent être utilisés que partiellement en dehors de leur cible initiale.

Enfin, les positionnements ne restent pas figés. Par exemple, certaines solutions dont le périmètre initial était limité à une partie du pilotage transport (édition des étiquettes transporteurs, gestion du dernier kilomètre, messages EDI, etc.) intègrent progressivement des fonctionnalités d'affrètement ou de calcul de préfacturation.

Une segmentation est donc nécessaire tout en sachant qu’il n’existe pas aujourd’hui de TMS universel qui conviendrait aussi bien à un chargeur qu'à un transporteur, dans un contexte international et domestique et qui saurait gérer l’édition des étiquettes au format de tous les transporteurs.

La première étape consiste donc à bien définir son besoin, ce qui doit permettre de déterminer le type de solutions y répondant.

Il sera ensuite possible de consulter les éditeurs identifiés par rapport à un cahier des charges.


Sur quels critères comparer les solutions les unes avec les autres ?

J’identifierai trois grands critères :

L’adaptabilité de la solution

Même si l’aspect de standardisation des fonctions de la part de l'éditeur est important, il convient tout de même de vérifier que la solution est adaptable à son contexte et à ses besoins. Pour la gestion du transport, la solution doit permettre de coller dans un premier temps aux besoins de la société quitte à progressivement revenir vers quelque chose de plus standard.

La méthode de mise en œuvre

Si on veut aller vers un usage progiciel plutôt que vers un développement spécifique, il convient d'expliquer le pourquoi et de "vendre" l'intérêt de passer à une solution du marché.
La capacité de l’éditeur à proposer une méthode de mise en œuvre et un accompagnement au changement performants est alors clé.

Pour s’assurer que celui-ci sera pertinent dans cette tâche, il convient de vérifier son nombre de références. En effet, c’est en ayant mené de multiples projets que cette expérience se construit et aide à prendre du recul pour déterminer les axes de standardisation.

Le périmètre couvert par le TMS

Les sociétés vont généralement démarrer le TMS sur un seul aspect :

  • La préfacturation pour récupérer les erreurs de facturation
  • La ventilation des coûts pour que chaque mois ou chaque trimestre la finance puisse faire sa synthèse finale
  • L’optimisation du chargement des camions
  • Etc.

Chacun va avoir identifié le levier d'atteinte de gain, de rentabilité le plus important ou le plus évident pour lui pour naturellement commencer par celui-ci. C'est d’ailleurs souvent la mise en avant de cet axe d’optimisation qui facilite l'obtention du budget pour financer le projet.

Néanmoins, il ne faut pas s’arrêter à cette seule première fonction et bien vérifier que le TMS choisi puisse également permettre de bénéficier d’autres leviers de gains.

Autant ne pas partir sur une solution qui, par exemple, ne ferait que de l'optimisation de tournées.

Cette préconisation n’est pas toujours respectée et c’est bien dommageable pour les entreprises concernées. Il nous arrive ainsi régulièrement de mettre en place notre solution dans une société qui possède déjà un TMS installé sans qu’elle n’ait pu se projeter sur le moyen / long terme.

Même en ayant opté pour le mode SaaS, il n'est pas moins couteux d'acquérir une nouvelle solution que de simplement activer une fonction dans un TMS déjà interfacé avec son ERP.


Les dossiers sur lesquels vous vous positionnez font-ils toujours l’objet d’un appel d'offres ?

Il y a en effet systématiquement une consultation du marché. Si elles ne sont pas toujours matures dans l’aspect métier et solutions TMS, les entreprises concernées le sont dans leur façon d'acheter les systèmes d'informations.

Elles appliquent naturellement les bonnes pratiques de mise en concurrence, ne serait-ce que pour pouvoir plus facilement négocier.

Cela ne les empêche pas néanmoins de nous contacter très souvent en amont du lancement d'un appel d'offres pour que nous les aidions à positionner le projet dans l'entreprise, à dimensionner le périmètre ou même à estimer des éléments de retour sur investissement.


Quels conseils pourriez-vous donner à une société qui souhaite s’équiper d’un TMS ?



Ne pas négliger le temps nécessaire

Bien souvent les entreprises, même les plus grandes, partent de solutions archaïques. Les solutions qui équipent les services transport s’apparentent alors à du sur mesure,

Mettre en place un TMS standard reste un projet relativement long nécessitant un accompagnement au changement. Il ne faut pas penser qu'il pourra être démarré en trois mois.

Un projet dont le périmètre est limité à un premier volet peut être finalisé en six mois. Sur un périmètre plus complet, on est sur l’ordre de l’année.

On peut donc partir sur une moyenne de 6 mois par grande fonctionnalité.

La tendance est néanmoins à l’accélération de ses temps. Les démarches devraient se standardiser dans les prochaines années avec des modules plus proche du plug & play qu’ils ne le sont aujourd'hui.

Travailler l’expression des besoins

Ne pas bien décrire ses besoins et ne pas les projeter au-delà de la recherche d'un gain immédiat entraînent le risque de se tromper de solution.

Il convient donc de travailler son cahier des charges, de hiérarchiser ses attentes, d’établir un planning réaliste des étapes et d’identifier les impacts du projet sur le reste de l'entreprise et sur les clients.

Nombreux sont les acteurs internes et externes qui peuvent être impactés. Leur bonne intégration dans la construction de l’expression de besoins facilitera le déploiement de la solution.

Enfin, la valorisation des gains escomptés permettra de piloter correctement le projet une fois celui-ci lancé.


Justement, quels éléments pouvez-vous fournir à vos prospects pour les aider à estimer le payback de leur projet TMS ?

Nous sommes en mesure de leur communiquer des grandes orientations sur la base :

  • D’un calculateur que nous avons construit
  • De la compilation de diverses études comprenant des témoignages clients sur les gains réellement enregistrés

Néanmoins, une analyse plus poussée est généralement nécessaire.

Ce qu’on sait, c’est qu’il est largement possible d’obtenir des réductions de budget de transport de 10% minimum, car c'est ce sur quoi communiquent très facilement les clients.

Par exemple, la seule préfacturation représente des opportunités de gains majeures. Elle permet de traduire directement dans le compte de résultat les efforts de négociations menées en amont.

Généralement pour l’organisation, le coût du TMS représente moins de 10% du gain réalisé. Les clients savent avant le démarrage du projet qu'ils vont largement rentabiliser la solution.


Comment jugez-vous la santé actuelle du marché français des TMS ?

Le marché est en phase de montée en puissance. On note d'ailleurs depuis 6 ou 9 mois un vrai retour de ces sujets dans les entreprises alors qu’en 2014 et 2015, nous ne voyions passer que très peu de cahiers des charges.

Du côté des éditeurs, il convient de prendre conscience que les sociétés utilisent généralement un développement maison inspiré de méthodes de travail qui leur sont propre. Il s’agit par conséquent de partir de cet existant, sans chercher à tout révolutionner du jour au lendemain. Il conviendra ensuite d’accompagner le client vers l'usage de fonctions utilisées de la même manière dans plusieurs sociétés et capitalisées en termes de soft.

La situation est finalement assez semblable à celle qu’a connue le marché du WMS il y a quelques années. Au début, chaque entreprise gérait son entrepôt avec ses propres règles. Aujourd'hui, un certain nombre de bonnes pratiques se sont progressivement mises en place. Par exemple, toutes les solutions entrepôt proposent désormais la gestion de la préparation multi clients et toutes entreprises le font plus ou moins de la même manière.

Les bonnes pratiques du métier devraient donc progressivement se mettre en place.

Certains clients en sont d’ailleurs demandeurs et attendent de nous que nous leur proposions des méthodes de travail, que nous les orientions vers des fonctions déjà existantes et éprouvées par d'autres sociétés.


Bio Express :

Isabelle BADOC est titulaire d’un Mastère Spécialisé « Intelligence Marketing » obtenu à HEC en 1997 et diplômée depuis 2015 d’un MBA Global & Domestic Transport Management de l’E.ST. Elle démarre sa carrière en 1998 chez Influe en tant qu’ingénieur commercial sur la solution de Gestion Partagée des Approvisionnements puis est en charge du développement du marketing produit.

A partir de 2007, elle occupe successivement les rôles de Responsable marketing, Industry Marketing Manager et Product Marketing Manager de la gamme Supply Chain au sein de Generix Group. Architecte de la transformation des offres pour le Cloud, sa mission consiste à définir la stratégie de la gamme Supply Chain, de l’animer et de la valoriser auprès des marchés cibles. Elle participe également activement en France aux rencontres de l’Agora Clubs ou de l’ASLOG.

Site Internet de Generix : www.generixgroup.com


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