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Optimisation d'entrepôt : outils et bonnes pratiques - FAQ Logistique

  INTERVIEW

‘‘L’externalisation des activités logistiques constitue avant tout un projet de coopération.’’ Y. BUISSON, FM LOGISTIC

Yannick BUISSON, Directeur Général de FM Logistic France

Interview de Yannick BUISSON, Directeur Général de FM Logistic France.
Réalisée le 20/11/2013 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique dans le cadre du dossier thématique « Optimisation d’entrepôt : outils et bonnes pratiques ».



Présentez-nous l’activité de FM Logistic en France.

FM Logistic est un spécialiste sectoriel. Nous adressons en particulier des clients qui interviennent dans les secteurs de l’Industrie FMCG (NDLR : biens de grande consommation) et de la Grande Distribution. Ces clients représentent environ 70 % de notre chiffre d’affaires.

Nous développons également des offres pour des secteurs bien spécifiques, ceux de la santé, des produits pharmaceutiques, des cosmétiques et des produits de luxe.

  Autres contributions

Jean-David ATTAL, Viastore Systems
‘‘ Dans l’entrepôt, les « économies de bouts de chandelle » peuvent se révéler très couteuses au final ’’

Chantal LEDOUX, BOA Concept
‘‘ La qualité du service délivré aux clients dépend avant tout de l’implication des équipes ’’

Christian MORIN, MORIN LOGISTIC
‘‘ Une externalisation des opérations d’entreposage doit prendre en compte les impacts de la localisation des entrepôts sur le volet transport ’’

Gilles SAUBIER, STEF
‘‘ STEF a adopté une démarche très volontaire par rapport aux économies d’énergie ’’

Bertrand JAUFFRET, Cleversys
‘‘ Un bon outil informatique dans un entrepôt mal optimisé ne donnera pas de résultats satisfaisants ’’

Loïc LE CHARTIER, Hardis
‘‘ Il faut s’assurer que le WMS retenu sera suffisamment évolutif pour répondre correctement aux besoins futurs de l’entrepôt ’’

En tant que prestataire logistique, nous accompagnons nos Clients de l’étude à la conception d’une offre de services adaptée à leurs attentes, qui peut être constituée de différentes prestations (stockage, manutention, réception, préparation de commandes, organisation transport, etc.) jusqu’à sa mise en œuvre et par la suite au travers d’une démarche d’amélioration continue. En fait, nous œuvrons, au quotidien, afin pour garantir, à nos Clients, la disponibilité constante de leurs produits et ainsi contribuer à la satisfaction de leurs propres Clients.

Nous sommes également un des acteurs importants dans les domaines du co-packing, et du co-manufacturing Nous sommes un des principaux acteurs ayant développé un réel savoir-faire dans ces domaines.

Enfin dernier volet stratégique dans notre développement, celui de l’organisation de transport, une offre de service qui est en forte croissance et qui permet d’offrir une solution adaptée aux attentes de nos Clients et répond ainsi au développement du multicanal.


Quels sont les domaines dans lesquels les entreprises peuvent encore optimiser leurs entrepôts?

En France, les entrepôts sont encore relativement peu mécanisés en termes de stockage. Je pense que dans le futur, en tout cas pour certains secteurs, la mécanisation va se démocratiser.

Aujourd’hui, on optimise et on automatise partiellement les process logistiques pour limiter les investissements et faire en sorte de pouvoir bénéficier de ROI raisonnables. Je pense que le schéma optimum consiste à investir sur le long terme dans des solutions de stockage, de préparation de commandes automatiques.

En ce qui concerne les prestataires, les contrats avec les clients sont généralement de trois ans. Ces durées limitées constituent bien évidemment un frein à de tels investissements dans la mesure où elles ne permettent pas de bénéficier de la visibilité long terme nécessaire pour en assurer la rentabilisation.

C’est pourquoi aujourd’hui les acteurs qui investissent dans des projets d’automatisation de stockage sont essentiellement les acteurs de la Grande Distribution. Ils peuvent en effet bénéficier d’une bonne visibilité sur l’évolution de leurs activités. Ils le font dans leurs entrepôts détenus en propre avec une échelle de temps de 10 à 15 ans.



Vous parlez d’automatisation et de mécanisation. Quelles sont les conditions nécessaires en termes de flux pour que ces solutions deviennent pertinentes ?

Le principal critère concerne les typologies de flux à traiter. L’automatisation est particulièrement pertinente dans des activités dans lesquelles nous devons traiter un grand nombre de commandes avec peu de quantités, dans un délai très court.

Prenons l’exemple de la cosmétique, quand on reçoit les commandes le matin pour des livraisons à effectuer dans l’après-midi, il convient qu’en début d’après-midi au plus tard elles soient prêtes à être expédiées. Elles sont alors triées par département pour des raisons de constitution de plan de transport.

Le délai de traitement dans l’entrepôt est donc très court et est imposé. Il est incompressible dans la mesure où il dépend également des délais de transport nécessaires pour livrer les produits une fois expédiés depuis l’entrepôt. Avec un traitement manuel, il est très compliqué d’atteindre l’objectif. Dans cette activité, il est ainsi nécessaire qu’une partie du stockage soit automatisée en particulier celle qui concerne les références qui tournent le plus vite. Des algorithmes existent pour sélectionner les références pertinentes.

Sur la cosmétique, surtout si on a du multicanal, et sur certains dossiers pour la Grande Distribution avec des volumes où on est sur une prise moyenne par ligne faible, quand vous devez piquer pour chaque magasin, un colis par référence, il est nécessaire de se poser la question.


Que fait-on lorsqu’il n’est pas possible de mécaniser ?

Quand il n’est pas possible de mécaniser, nous cherchons à identifier sur la supply chain des optimisations au travers d’un projet coopératif axé sur l’amélioration continue. C’est pourquoi FM Logistic déploie sur toutes ses activités et forme l’ensemble de ses Managers au programme d’amélioration continue nommé « MOVE ».


Qu’est ce qui fait qu’une relation entre un client et son prestataire va bien fonctionner ?

L’externalisation des activités logistiques constitue avant tout un projet de coopération. Cela va au-delà d’un simple objectif de diminution des coûts. Pour le client, il convient de profiter de ce projet d’externalisation, pour remettre à plat ses processus, la relation des ventes avec la logistique, et construire autour de cela un système vertueux.

Il est donc incontournable que le prestataire appréhende les enjeux et les objectifs de son client. Il doit également être force de proposition. C’est donc grâce à une équipe projet pluridisciplinaire et une capacité à capitaliser les bonnes pratiques que nous pouvons faire émerger, ensemble, la solution adaptée.

On est ainsi réellement sûr du partenariat dès le départ avec la connaissance des produits et des enjeux pour le client.


Considérez-vous que vos clients aient une bonne connaissance de leurs flux ?

Généralement s’ils ont l’expérience de la collaboration avec un prestataire, ils ont en effet une connaissance juste de leur activité. Par contre dans le cas d’une première externalisation, un investissement important du prestataire est nécessaire. C’est alors un apprentissage commun de ce qu’il faut savoir maîtriser, des enjeux pour le taux de service et la maîtrise des coûts. Cela implique encore plus de proximité avec le client. Nous devons en particulier identifier des données qui n’étaient pas nécessairement suivies lorsque les opérations étaient jusqu’alors réalisées en interne.


Bio Express

Yannick BUISSON est Directeur Général de FM Logistic France depuis une année. Entré dans le groupe il y a 16 ans, il y a occupé en France et à l’international des fonctions de Direction Informatique, Process et Amélioration Continue.

Site internet de FM Logistic : www.fmlogistic.com


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