| Les
transporteurs l’ont bien compris. Les ports
et les navires se sont mécanisés et leurs
configurations ont évolué pour traiter des
containers standard. Ceci aura permis de
mécaniser les processus, d’optimiser l’espace
sur les bateaux et sur les zones de stockage
des ports, de garantir une compatibilité
multimodale internationale avec les transports
routiers maritimes et fluviaux. Là encore,
lourds investissements, processus préétablis,
intégration de systèmes complexes et obligation
de planifier et de gérer un volume préétabli
de flux physiques.
Les
organisations qui sont producteur et distributeur
de leurs produits et qui ont l’expérience
de la production, utilisent les concepts
de mécanisation au niveau de leur distribution
et parviennent généralement à équilibrer
les contraintes entre production et distribution.
Cette démarche aboutie à une optimisation
et une rentabilité globale de leur chaîne
d’approvisionnement. Il faut cependant accepter
que certaines industries ne soient pas propices
à cet équilibre et que certaines entreprises
ont payé le prix fort sans obtenir les résultats
attendus. Il convient donc de respecter
les fondamentaux de l’industrialisation
pour approcher cette démarche. |
|
L’automatisation
des processus de distribution doit être
évaluée en fonction de critères de conception
connus et fiables sur une période d’au moins
5 ans (6 à 12 mois d’études + 6 à 18 mois
d’installation + ROI minimal sur ce type
d’installation à partir de la mise en activité).
Les critères de conception primaires : Les
ressources humaines, les volumes de flux
transactionnels, l’évolution des catalogues
produits, le positionnement géographiques
des points de consommation et la capacité
financière de l’entreprise. Les critères
secondaires : les technologies applicables,
la proportion des processus mécanisable,
les plates-formes technologiques disponibles,
etc.
L’automatisation
des processus implique une parfaite maîtrise
des processus de l’entreprise, de la commande
du client à la facturation de cette commande.
Il faut donc étudier les processus existants
et élaborer les critères de conception à
appliquer sur les processus cibles. Ces
processus seront de trois types :
• Processus administratifs SCM
(traitement des commandes, gestion des stocks,
gestion du personnel, gestion du transport,
traitement des factures, etc.)
• Processus d’aide à
la décision (tableaux de
bord et KPI)
• Processus opérationnels
(réception, stockage, préparation,
etc.)
Le
périmètre de la démarche d’automatisation
doit encadrer globalement l’ensemble des
processus pour que le retour sur investissement
soit obtenu. L’intégration de machines ou/et
de systèmes pour automatiser des processus
opérationnels va influencer la conception
des outils d’aide à la décision et les processus
administratifs. Par exemple, l’installation
d’un entrepôt automatisé va avoir un impact
fort sur les ressources humaines qui devront
organiser des équipes de travail en 3/8
pour rentabiliser l’investissement. Il faut
aussi considérer que l’utilisation de machines
implique la présence sur le site de ressources
spécialisées pour réaliser les opérations
de maintenance et la gestion d’un stock
de pièces détachées parfois volumineux et
coûteux.
Dans
tous les cas, il faut bien considérer que
l’automatisation physique des flux de marchandise
est asservie aux résultats des traitements
informatiques réalisés en amont. Par conséquent,
l’optimisation potentielle d’un poste automatisé
(trieur de préparation, transstockeur, carrousels
de préparation, etc.), est directement conditionnée
par l’aptitude du traitement informatique
qui l’alimente à lui fournir un flux transactionnel
linéaire et optimal, proche de la capacité
maximale de la machine et synchronisé avec
les autres éléments de la mécanisation installée.
Le but ultime étant que chaque élément mécanisé
soit utilisé à sa capacité maximale sans
ralentir les autres éléments de l’installation.
Le tout, pendant toute la durée d’utilisation
considérée dans le calcul du ROI initial.
Dans
certaines entreprises, les flux transactionnels
sont variables ou évènementiels (saisonnalité,
évènements, météo,
modes, etc.). Dans ce cas, les flux transactionnels
sont contraints par des pics d’activités
qui doivent impérativement être considérés
dans les critères de conception de l’installation.
Certaines entreprises viseront une surcapacité
de leur installation pour absorber les pics
d’activités ce qui aboutira à un amoindrissement
de la rentabilité de l’installation. D’autre
choisiront une configuration moyenne et
absorberont les pics avec l’aide d’un prestataire
logistique. Mais une installation mécanisée
est au mieux, strictement limitée à la capacité
maximale de son élément le plus faible et
en générale à la capacité maximale de l’ensemble
de son organisation dans un contexte donné.
En
conclusion, toutes les distributions ne
se qualifient pas pour l’aventure du tout
mécanisé. Prenez soin de bien étudier les
contraintes et n’hésitez pas de profiter
de l’expérience d’autres entreprises par
le biais de visite, de conférence ou toutes
autres opportunités de rencontre.
Richard
Cochet
Directeur de projet, Groupe GCL
www.gclgroup.com
|