La
complexité grandissante
Plusieurs
entreprises ont compris depuis longtemps
que la fonction logistique était incontournable.
Wal-Mart, Procter and Gamble et Dell, pour
en nommer que quelques-unes, ont non seulement
des fonctions logistiques importantes, mais
ils les utilisent comme outil stratégique
de différenciation.
La
complexité grandissante des flux d’informations
et des produits dans les réseaux de distribution
fait prendre conscience aux gestionnaires
qu’une expertise pointue est requise pour
la gérer et surtout l’optimiser. Par exemple,
la diversité croissante reliée au nombre
important de différents produits : autrefois
un fabricant de produits de beauté pouvait
offrir 100 teintes différentes de rouge
à lèvres alors qu’aujourd’hui, certaines
entreprises comptent jusqu’à 10 000 teintes.
La rotation saisonnière des produits de
lingerie occasionne une gestion très complexe
d’assignation et de réapprovisionnement
des magasins de détail. L’approvisionnement
qui autrefois était local est maintenant
devenu international, la compétition qui
était régionale est maintenant devenue mondiale
et la complexité des transactions informatisées
occasionne une spécialisation qui dépasse
la simple transmission d’une commande.
Ainsi,
plusieurs entreprises n’ont d’autre choix
que d’instaurer des départements logistiques
ayant une connaissance profonde du domaine
ou même dans certain cas d’avoir recours
à des spécialistes de la logistique en impartition
ou en conseil. Cependant, concevoir que
la fonction existe n’est que la première
étape. La seconde consiste à convaincre
tous les dirigeants des départements à déléguer
quelques responsabilités afin de mieux les
intégrer dans le processus. La troisième
étape sera de découvrir le gestionnaire
approprié sur qui ont pourra compter pour
assurer cette fonction complexe.
La
perle rare
En
tant que conseiller en logistique et membre
de plusieurs associations, il n’est pas
exceptionnel de recevoir deux à trois appels
téléphoniques par semaine d’entreprises
à la recherche de professionnels de la logistique.
La complexité grandissante fait en sorte
que les organisations ne peuvent plus compter
sur leurs ressources internes pour combler
ces postes. Cependant, comme ces gestionnaires
se raréfient, certaines organisations optent
pour des investissements en formation à
l’interne. Néanmoins, les universités canadiennes
s’orientent vigoureusement vers la mise
en place de programmes de formation de base
en logistique. Plusieurs programmes existent
déjà au niveau collégial et les universités
intègrent présentement certaines formations
spécialisées dans leurs programmes de génie
ou de gestion des opérations.
Le
chemin est déjà bien tracé pour certains
et la progression de leur entreprise en
témoigne. Pour d’autres, la reconnaissance
de ce domaine est à admettre et espérons
qu’ils le feront avant qu’il ne soit trop
tard. |