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Le projet PAXD pour grouper les approvisionnements
C’est
à Châtres, dans la ZAC du Val Breon, à
la mi-février 2010, qu’Heppner a implanté
un pilote logistique, chargé de l’approvisionnement
des magasins Media Saturn en France :
tel est l’objectif du projet PAXD ou Pre-Allocated
Cross-Docking (cross-docking de commandes
préalloties). S’il donne satisfaction,
il est appelé à être dupliqué dans d’autres
pays d’Europe. « Nous avons commencé
avec deux fournisseurs, l’un dans le domaine
de la télévision, l’autre en téléphonie
domestique », se remémore Patrick
Roman, responsable logistique de l’entrepôt
Heppner à Châtres : « aujourd’hui,
ce sont les produits de quelque 12 fournisseurs
qui sont présents sur notre plate-forme,
parmi lesquels, pour les plus connus et
drainant les plus forts volumes : Bosch
& Siemens, Electrolux, Samsung, SEB, ….
Au total, 400 fournisseurs alimentent
les magasins Media Saturn. À terme,
70 % de ceux-ci
devraient transiter par cette même
nouvelle voie ».
Les
magasins Media Saturn, localisés dans
l’hexagone, sont des centres de profit
décentralisés, libres de s’approvisionner
auprès des 400 fournisseurs référencés…
Dans un schéma classique de distribution,
ils se faisaient livrer leurs commandes,
l’absence d’infrastructures logistiques
ayant pour conséquence l’encombrement
des quais de réception, des livraisons
au mauvais moment…
Le
projet PAXD doit permettre de s’affranchir
de ces difficultés et de livrer les marchandises
(en quantités moindres certes) d’une multitude
de fournisseurs afin de satisfaire pleinement
les commandes effectuées individuellement
par les magasins. Dès lors, l’équipe logistique
de chacun de ces sites n’aura donc plus
à s’affairer autour du déchargement d’un
grand nombre de camions livrant une ou
plusieurs palettes, mais d’un seul camion
complet.
« Nous traitons sur Châtres des commandes
pré-alloties », précise Patrick Roman
: « en effet, chaque fournisseur continue
de recevoir ses commandes comme avant
: rien ne change, exceptées les livraisons
à jour et heure fixes sur l’entrepôt».
Les
fournisseurs n’ont donc plus à livrer
33 magasins en France : ils regroupent
les marchandises à livrer en un lieu unique,
en l’occurrence la plate-forme logistique
de Heppner à Châtres qui va se charger
ensuite d’effectuer l’éclatement des palettes
vers les 33 magasins Media Saturn.
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L’organisation logistique des approvisionnements
des magasins
A
Châtres, Heppner dispose d’une plate-forme
logistique multiclients de 20 000 m²,
constituée de 3 cellules de 5 600 m²,
auxquels viennent s’ajouter des box pour
le stockage des matières dangereuses.
Ce bâtiment de 13 mètres de haut, permet
de stocker des palettes jusqu’à 10,68
m du sol. L’une des cellules est aujourd’hui
dédiée à Media Saturn. Elle offre environ
3 000 m² d’emplacements de stockage de
masse (au sol), l’autre moitié de la cellule
étant constituée de racks autorisant le
stockage de quelque 2 900 palettes, voire
la constitution de stocks de débord (pour
Domus notamment).
De
plus, cette installation « nouvelle génération
» répondant aux exigences environnementales,
est équipée de systèmes de sécurité des
plus pointus et dispose notamment d’un
système de vidéosurveillance complet.
«A
ce jour, encore nombreux sont les magasins
qui travaillent déjà avec un prestataire
logistique », admet Patrick Roman
: « à titre d’exemple, nous recevons
les marchandises destinées à Domus, que
nous expédions à son prestataire qui à
son tour assure la livraison finale… La
situation n’est pas optimisée ».
Il est clair que le schéma idéal serait
celui d’un centre de consolidation assurant
la livraison directe aux magasins : il
n’y aurait alors plus de coût de transport,
puisque celui-ci serait déjà intégré dans
le contrat PAXD. « Aujourd’hui, nous
confie notre interlocuteur, seuls deux
magasins Media Saturn nous demandent d’effectuer
leurs livraisons sur leurs plates-formes
logistiques… Nous livrons directement
tous les autres magasins ».
Initialement,
deux livraisons par semaine sur chaque
magasin avaient été envisagées. Avec l’augmentation
des volumes traités, Heppner en réalise
trois par semaine.
Concrètement,
Heppner consolide sur son entrepôt de
Châtres les flux provenant des fournisseurs
de sorte à pouvoir les livrer groupés
aux magasins. Demain, une autre organisation
pourrait être imaginée : celle qui consisterait
pour Heppner à enlever la marchandise
chez les fournisseurs puis à livrer directement
les magasins en s’affranchissant du passage
par la plate-forme.
Par
conséquent, il n’y a pas vraiment de stock
avancé sur le site de Châtres. La plate-forme
d’Heppner ne réceptionne que les marchandises
déjà commandées par Saturn, en assure
la consolidation, puis leur ré-éclatement
vers les magasins à l’instar d’une plate-forme
de cross-docking. À l’évidence, certains
événements sont toutefois générateurs
de très fortes ventes et donnent lieu
à des livraisons par palettes complètes.
Tel a été le cas des téléviseurs (LG,
Panasonic, Philips, Samsung, TCLThomson)
au moment de la Coupe du Monde de football,
ou encore des PC portables et moniteurs
au cours de l’été ("back-to-school", en
prévision de la rentrée des classes),
des matériels électroniques (lecteurs
de DVD…) ou du petit électroménager avant
la fête des mères… « À cet égard,
admet Patrick Roman, pour ne pas prendre
la responsabilité d’intervenir sur la
préparation réalisée en amont, nous ne
touchons pas les palettes complètes avec
la bande de garantie du fournisseur».
Certains fournisseurs (la téléphonie domestique…)
livrent leurs produits en vrac : « dans
ce cas, nous assurons alors la répartition
des colis par magasin, chaque colis étant
susceptible d’être déposé sur la palette
d’un autre fournisseur de façon à optimiser
le plan de chargement et le plan de transport
».
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La plate-forme Heppner de Châtres
La
zone au sol de la cellule vouée à Media
Saturn est divisée en travées, chacune
de celles-ci étant dédiée à un magasin
au moment de la réception des marchandises
(il n’y a pas d’emplacement fixe de stockage).
En parallèle, dans un souci d’optimisation
du plan de transport, les produits bruns
et blancs peuvent être séparés et donc
positionnés dans deux travées différentes.
Au fur et à mesure de la réception des
marchandises, celles-ci sont déposées
dans les travées correspondant aux magasins
destinataires, lesquels étant livrés à
jour et heure fixes dans la limite des
heures d’ouverture de chaque travée.
Si une travée est pleine avant
l’heure de clôture, une deuxième
est ouverte pour un second camion à
destination de ce même magasin.
Dès lors, un rendez-vous est pris
pour la réception de ce second
camion de livraison.
Lorsqu’une
travée est fermée, une autre travée est
alimentée par le flux qui continue d’être
déversé par le fournisseur, tandis que
le transport est organisé en aval par
Heppner Le processus est donc relativement
simple, mais efficace. Pour l’optimiser
encore davantage, les marchandises destinées
aux magasins du sud de la France (servis
en 48 heures) sont livrées en priorité
par les fournisseurs. Viennent ensuite
les magasins de province, puis ceux de
la région parisienne. Par ailleurs, en
cas de rupture de stocks résultant de
très fortes ventes, le magasin passe une
commande urgente aux fournisseurs concernés.
Ceux-ci livrent au plus vite l’entrepôt
de Châtres qui satisfait au mieux la demande
de ce magasin.
Certains
articles peu volumineux sont susceptibles
d’être approvisionnés en conteneurs complets
et dont la ventilation pourrait s’effectuer
sur la plate-forme. Pour ce type de fret,
il s’agit d’un nouveau process, baptisé
BBXD (Break Bulk Cross-Docking).
À
l’évidence, la mutualisation des transports
permet de réduire les distances parcourues,
agissant sur les émissions de gaz à effet
de serre, tout en diminuant les coûts
logistiques, et ceux de transport grâce
à l’optimisation des chargements, comme
les coûts de manutention, les frais administratifs.
À charge pour Heppner, demain, d’évaluer
ces gains…
Jean-Claude
Festinger
www.aslog.org