La
tendance est au décloisonnement
des fonctions logistiques
Pendant
longtemps, les logistiques industrielles
étaient elles-mêmes cloisonnées
et n’avaient pas adopté l’approche
"Client/Fournisseur".
Aujourd’hui, le logisticien "industriel"
a pris conscience de l’intérêt
du décloisonnement de ses systèmes
logistiques : la fonction logistique a
en charge les approvisionnements, le stockage,
les transports, les flux… Dans l’industrie,
la Supply Chain fait partie intégrante
de la logistique et traite de l’ensemble
des flux physiques et des flux d’information
associés.
Dans
le milieu hospitalier, les directions
générales procèdent
à des tentatives de décloisonnement
avec la mise en place de responsables
logistiques, de directeurs logistiques,
de pôles logistiques qui participent
à des projets d’amélioration
de la qualité des soins.
Il est vrai que, dans le cadre du Plan
Hôpital 2007, l’ordonnance
du 2 mai 2005 relative à la Nouvelle
Gouvernance Hospitalière visait
déjà à donner davantage
de souplesse et d’adaptabilité
à l’organisation médicale
en évitant les cloisonnements préjudiciables
à la prise en charge des patients
par la mise en place de pôles d’activité
— unités de taille suffisante
pour être dotées d’autonomie
et de responsabilité et présentant
une cohérence médicale ou
médico-technique — qui contribuent
à la déconcentration de
la gestion, au décloisonnement
et à la mutualisation des moyens
(humains, logistiques et techniques).
Dirigés par des praticiens, ces
pôles disposant d’une masse
critique sont engagés dans une
démarche de contractualisation
interne pour simplifier la gestion quotidienne
et assurer la mise en œuvre des objectifs
stratégiques de l’établissement.
Le conseil de pôle composé
de représentants médicaux
et administratifs permet l’association
des personnels et favorise l’élaboration
des orientations et des projets du pôle.
Au sein des pôles, des structures
internes, services, unités fonctionnelles…
ont pour mission d’assurer l’organisation
de la prise en charge médicale
des patients et de participer à
l’évaluation des pratiques
professionnelles.
L’organigramme
du CHU de Nantes fait apparaître
une direction générale qui
chapeaute trois pôles administratifs
(regroupant chacun des directions fonctionnelles
: affaires financières, DSI, ressources
humaines…) dont le Pôle Logistique
et Technique. Ce Pôle est composé
de trois directions, la direction de la
logistique et de l’hôtellerie
(DLH), la direction des travaux et des
techniques (DTT) et la nouvelle direction
des achats. La logistique se présente
comme une fonction transversale couvrant
la restauration, la blanchisserie centrale,
les transports de biens, la gestion des
déchets… jusqu’à
la maintenance technique. Activités
qui sont organisées en processus
de réalisations (orientées
produit ou service) et dans ce contexte,
l’ingénieur logisticien joue
le rôle d’expert auprès
des responsables des processus logistiques
de son CHU, pour tout ce qui concerne
les améliorations continues à
apporter au circuit de distribution physique
des produits (prise de commande des services,
gestion optimisée des stocks, fréquences
de distribution, traçabilité
logistique, clauses logistiques des marchés…).
Pour sa part, la plate-forme logistique
du Centre Hospitalier de Caen
gère d’un côté
les produits hôteliers, de l’autre
les produits pharmaceutiques. La réception
est commune et sert au réapprovisionnement
de la zone Hôtellerie, de la zone
Pharmacie de cette plate-forme, ainsi
qu’à la Pharmacie Centrale
en charge de la distribution des médicaments.
Les produits stérilisés
transitent également par cette
plate-forme. Il revient ensuite à
la fonction logistique d’assurer
la livraison de tous ces produits aux
services de soins, et de récupérer
le flux "sale" (notamment les
produits non stériles, les déchets…)
afin de les traiter. Au final, l’approvisionneur
de la plate-forme logistique propose les
quantités à commander qui
sont validées par les acheteurs
de la Pharmacie Centrale.
Aux
Hospices Civils de Lyon, afin
de donner toute sa place à la logistique,
la Direction des Affaires Économiques
a évolué depuis cinq ans
en Direction des Affaires Économiques
et Logistiques. En son sein, la Fonction
Logistique et Transports a, en plus de
la gestion quotidienne de l'approvisionnement
hôtelier, des transports et des
archives intersites, pour mission l'expertise
de l'ensemble des flux inter- mais également
intra- sites.
Les
HCL en quelques chiffres
Une évolution
industrielle des achats et des approvisionnements
Cette
démarche est perceptible dans les
Groupements de Coopération Sanitaire
(GCS), réseaux de santé
constitués pour faciliter, améliorer
ou développer l’activité
de ses membres. L’Union des Hôpitaux
pour les Achats (Uni.H.A.) est un GCS
regroupant 52 membres, dont les 31 CHU/CHR
de France et les 21 plus grands centres
hospitaliers du territoire national, représentant
au total 45 % du marché hospitalier
public français. S’inspirant
des modèles de globalisation des
achats mis en œuvre par les grandes
entreprises nationales françaises
(SNCF, EDF, RATP), Uni.H.A. a été
créé en novembre 2005 sous
l’impulsion de Centres Hospitaliers
Universitaires qui depuis 2000 avaient
développé des projets en
commun autour de la modernisation de la
fonction achat à l’hôpital.
Une "Commission Achat-Logistique"
réunit les Directeurs des Achats
et de la Logistique de ces 52 hôpitaux
membres. L’amélioration conjointe
des processus pour partager les gains
de productivité, intégrer
la logistique et développer la
performance du fournisseur figure parmi
les leviers d’optimisation préconisés
par l’ANAP (Agence Nationale d’Appui
à la Performance ), la DHOS (Direction
de l’Hospitalisation et de l’organisation
des soins) et les fédérations
hospitalières. Un centre hospitalier
est désigné comme leader
d’une filière, par exemple
la filière alimentaire à
Angers et à Tours : il lui revient
d’effectuer les achats groupés
des produits de sa filière pour
ceux des 52 établissements ayant
adhéré sur ce segment d’achat.
Autant dire, que l’activité
administrative spécifique aux achats
des autres centres hospitaliers s’en
trouve réduite. Progressivement,
Uni.H.A. va s’étendre à
toutes les filières d’achats,
qu’il s’agisse des produits
hôteliers, de la micro-informatique,
des transports ou de la formation.
Par ailleurs, dans le cadre d’un
projet d’e-procurement, ce sont
17 Centres Hospitaliers Universitaires
qui se sont regroupés pour leurs
approvisionnements : la solution d’approvisionnement
électronique adoptée, connue
sous le nom d’AchatPro, offre aux
acheteurs des Hospices Civils de Lyon,
du CHU de Dijon, de Nantes, de Poitiers,
Montpellier, comme à ceux du CHU
d’Angers plusieurs possibilités
telles que l'accès au catalogue
fournisseur, avec par exemple la livraison
de fournitures de bureau jusqu'à
la livraison directement dans le service
de soins. « La gestion
s’effectue en déconcentration
budgétaire », commente Gérald
Gasquet, ingénieur logisticien
au CHU d’Angers : « une enveloppe
budgétaire annuelle est attribuée
à chaque service qui a accès
à un catalogue de produits. La
même démarche est mise en
place pour les produits hôteliers
». Cet outil de commande
est appelé à être
amené jusque dans l’unité
de soins. La réussite de la démarche
passe par une fonction logistique capable
d’uniformiser les procédures
d’approvisionnement et par la professionnalisation
en cours de mise en place conduisant à
des référents logistiques.
Notons enfin qu’un fournisseur retenu
par le groupement Uni.H.A. se doit de
déposer son catalogue électronique
sur le portail AUREA — clé
de voûte de la sécurisation
de la chaîne des approvisionnements
hospitaliers — de façon à
ce qu’il soit possible de prendre
le relais en termes d’e-procurement.
Le
cœur de métier de l’hôpital
est encore et toujours de soigner.
«
La prestation logistique des Centres
Hospitaliers doit permettre aux services
de soins de se concentrer sur leur cœur
de métier », affirme
Jean-Pierre Créance, responsable
du Pôle Logistique (Direction des
Services Économiques et de l’Équipement)
du CHU de Caen ajoutant : «
il n’en est pas moins vrai que
dans le milieu hospitalier, il reste encore
du chemin à parcourir pour que
la logistique soit un service d’appui
au patient ». En prenant en
charge des services logistiques fiables,
le logisticien est en effet en mesure
de soulager les soignants des tâches
qui ne leur incombent pas, pour réaliser
leur prestation médicale.
«
Nous avons commencé par intervenir
sur l'hôtelier avec mise en place
d'une plate-forme logistique et le déploiement
du système plein/vide dans les
unités de soins… »,
atteste Sandrine Beruard, responsable
de la fonction Logistique et Transport
au sein des Hospices Civils de Lyon,
«…depuis, les soignants
ont demandé son extension à
la pharmacie. Ils trouvent de l’intérêt
à ne plus avoir à gérer
leur réserve, les commandes…
Dès lors, toutes les compétences
soignantes sont à la disposition
des patients ».
Il convient en effet de professionnaliser
la logistique jusque dans l’unité
de soins, et cela n’est possible
que si la direction générale
de l’hôpital est sensibilisée
à l’importance
du projet logistique.
De
son côté, Jean-Pierre Créance
(Caen) note que dans son établissement,
la distinction est établie entre
les prestations logistiques (entretien/salubrité,
environnement, accueil…), les flux
logistiques : transports, logistique de
distribution (coursiers et vaguemestre),
et la plate-forme logistique commune entre
l’hôtellerie, la pharmacie,
le laboratoire et la stérilisation.
La pharmacie change de dimension en devenant
une officine en charge de la distribution
des médicaments aux patients venant
dans les services de soins, tandis que
tout ce qui est stockable — les
produits hôteliers, comme la pharmacie
et les produits de laboratoires —
se retrouve dans la plate-forme logistique
sous la responsabilité d’un
pharmacien. D’autres centres hospitaliers
(Dijon, Nantes, Poitiers, Lyon…)
ont également commencé à
mutualiser de façon similaire leurs
ressources logistiques : la condition
de leur succès se trouve dans la
bonne entente entre pharmaciens et logisticiens.
| Le
système plein/vide a pour
objectifs de libérer du temps
infirmier, d’optimiser les
stocks dans les armoires des services
et d’améliorer la sécurité
par un rangement codifié
partagé par tous. Les armoires
plein/vide sont des outils de gestion
rationnelle des stocks qui libèrent
le personnel de soins de tout processus
de commande: pour chaque produit,
la dotation est répartie
dans deux casiers. Cette méthode
encore désignée sous
le nom de double casier, est classique
dans l’industrie habituée
à cette méthode d’approvisionnement
connue sous le nom de kanban (étiquette,
en japonais). |
Le
logisticien est tout à la fois
expert et prestataire
Le
CHU étend ainsi la fonction logistique
à différents domaines, comme
on le conçoit en logistique industrielle.
Il s’en suit que le Pôle
Logistique du CHU (Nantes, Angers…)
concentre tous les moyens logistiques
et techniques, tant ceux de l’unité
de production culinaire, que de la blanchisserie,
des services des équipements biomédicaux,
ou encore du secteur des Plans et des
Travaux. À titre d’exemple,
le Pôle Logistique et Technique
du CHU de Nantes comporte une Direction
de la Logistique et une Direction des
Travaux et des Techniques : « notre
directeur de pôle nous fait intervenir
en amont de tous les projets immobiliers,
tant les nouveaux, que les mises aux normes
», indique Blaise Nsimba.
Il est un fait que la rénovation
d’un bâti ancien doit permettre
de revoir les circuits logistiques et
les flux physiques, de redimensionner
les portes, couloirs, monte-charge, de
réétudier les séparations
du propre et du sale, les verticalités
servant à approvisionner les flux
propres et à évacuer les
flux sales de produits ou matières.
En outre, un représentant de la
logistique est intégré dans
le groupe projet en charge de tout nouveau
bâtiment de façon à
pouvoir apporter très en amont,
avant même la réalisation
des plans, ses préconisations organisationnelles
de flux. L’ingénieur logisticien
est donc conduit à intervenir sur
de multiples projets et l’impact
positif de son expertise est perçu
clairement au niveau de la gestion et
de la circulation des flux logistiques
au sein des structures de CHU tels que
ceux de Nantes et d’Angers.
«
L’ingénieur logisticien
est aussi partie prenante dans l’évolution
du système d’information
logistique du CHU notamment pour la gestion
des stocks des produits de santé,
hôteliers et des produits alimentaires
secs (épicerie) », ajoute
Blaise Nsimba (Nantes) : « par
exemple, nous avons rédigé
avec les pharmaciens et les responsables
de la cuisine centrale, le cahier des
charges fonctionnelles du logiciel de
gestion informatisée des stocks
(WMS) qui autorisera en 2010 un suivi
plus fin de l’activité logistique
».
Cet ingénieur logisticien participe
à plusieurs projets d’informatisation
concernant les flux de produits et d’informations
afférents, tant pharmaceutique
(circuit de sécurisation du médicament
par exemple) qu’hôtelière
(e-Procurement).
Blaise Nsimba : « j’interviens
aussi comme prestataire de services en
tant que responsable de la plate-forme
logistique et du processus transport et
distribution des biens. Les prestations
couvrent la réception des livraisons
fournisseurs (médicaments, dispositifs
médicaux et produits hôteliers)
et la distribution aux services (médicaments,
dispositifs médicaux, repas, linge
propre, produits hôteliers) ».
Des réunions trimestrielles sont
organisées au cours desquelles
le "prestataire" et ses "clients"
— la pharmacie, la blanchisserie
et la cuisine centrales, le magasin général
—, dialoguent en vue d’améliorer
leur partenariat par une meilleure perception
des contraintes logistiques de chacun.
Des axes d’améliorations
ont dès lors pu être mesurés
et quantifiés.
La restauration bénéficie
naturellement de l’expertise des
logisticiens. Au-delà de la production
des repas dans une cuisine centralisée,
du transport (souvent en liaison froide)
des aliments vers les services, les plateaux
des patients sont reconstitués
sur place dans des offices de proximité
des unités de soins pour être
livrés dans les étages et
distribués aux patients. La logistique
peut ici apporter son aide pour mieux
organiser la production et le cas échéant,
assurer la distribution des repas jusqu’aux
chambres des patients.
Les préoccupations des logisticiens
s’étendent jusqu’à
la gestion des déchets. À
Lyon, cette fonction est assurée
sous le contrôle de la Direction
des Affaires Économiques et Logistiques
qui met à disposition des différentes
structures de l’institution tous
les biens, produits et prestations de
service nécessaires à leurs
activités et correspondant à
leurs besoins, à l’exclusion
de ceux relevant de la compétence
pharmaceutique. Une fonction "entretien
des locaux et déchets" définit
les conditions d’exécution
des prestations assurées par les
entreprises extérieures et coordonne
les activités liées au tri,
à la collecte et au traitement
des déchets de façon à
éviter les croisements des flux
propres et sales.
L’autre champ d’intervention
est le matériel de stockage dans
les unités de soins et les magasins,
les types de contenants (bacs) et unités
de transport logistiques (chariots et
armoires), ainsi que le matériel
de levage et de manutention utilisés
par les agents logistiques. L’ingénieur
logisticien aide au bon choix dans ces
domaines.
Un partenariat fort avec les conseillers
Condition de Travail a été
développé aux Hospices Civils
de Lyon afin d'agir notamment sur les
Troubles Musculo Squelettiques en proposant
des aides motorisées à la
manutention, des terminaux portables adaptés.
Le
logisticien et la sécurisation
du circuit du médicament
Le
rôle de l’ingénieur
logisticien va à l’évidence
au-delà de celui d’un prestataire
logistique habituel : c’est une
compétence qu’on écoute
et qui cherche à atteindre les
objectifs qui lui sont assignés.
Considérons l’exemple suivant
du rôle susceptible d’être
joué par le logisticien : dans
le contexte de la sécurisation
du circuit du médicament, la prescription
est automatisée de façon
à réduire les risques d’erreurs
des prescriptions manuscrites, celles-ci
pouvant être difficilement lisibles
et donner même lieu parfois à
des erreurs d’interprétation.
« Un groupe projet a évalué
les solutions à apporter à
ce problème, ce qui a conduit notre
institution à financer l’acquisition
d’un logiciel de prescription médicamenteuse
auprès de la société
Siemens Health Services »,
détaille Blaise Nsimba (Nantes).
Pour ce projet baptisé Calypso,
le directeur du pôle Pharmacie du
CHU de Nantes a requis la présence
de l’ingénieur logisticien
dans le groupe de travail afin de tenir
compte de l’aspect gestion des flux
physiques.
Au CHU de Poitiers, le logisticien établit
des audits de blocs opératoires
: il s’est rapproché des
unités de production de soins.
Ce à quoi on réfléchit
à Angers sous le vocable de "logistique
médicale", en lien avec la
pharmacie, la stérilisation, les
laboratoires.
«
À Angers, dans le cadre de
la sécurisation du circuit du médicament,
nous prévoyons de passer d’une
dispensation globale des médicaments
à une délivrance individuelle
nominative », dit Gérald
Gasquet. Toutefois, il n’est guère
envisageable de généraliser
ce processus à l’ensemble
des produits pharmaceutiques. Comment
gérer ce processus aux seuls produits
qui le requièrent? Comment trouver
des points de gestion différenciée
? Par la mise en œuvre d’armoires
sécurisées (Omnicell, Pyxis,
Sextant Médical, Supplypoint) pour
le stockage et la dispensation nominative.
Le réapprovisionnement des médicaments
peut être visuel ou informatisé
: dans ce cas, les armoires sont connectées
au serveur central de la pharmacie.
Les armoires sécurisées
autorisent la surveillance en temps réel
des stocks dans les unités de soins.
Vu leur coût, leur déploiement
est pour l’instant initialisé
dans les seules activités lourdes
et coûteuses : à Nantes,
elles sont appelées à être
installées en cancérologie,
en hématologie, puis en gériatrie.
Il est reconnu qu’elles procurent
des avantages indéniables pour
diminuer les erreurs de dispensation,
en recentrant le personnel sur les tâches
à valeur ajoutée :
- Pour la pharmacie :
o Meilleure organisation et rationalisation
des réapprovisionnements,
o Interfaçage avec un logiciel
de prescription,
o Traçabilité de toutes
les opérations (prélèvements
et approvisionnements),
o Diminution des demandes sur bons d’urgence,
o Diminution des ruptures de stock,
o Diminution des retours de médicaments
à la pharmacie,
o Ces armoires sécurisées
sont adaptées au stockage et à
la gestion des stupéfiants, ainsi
que des besoins urgents et diversifiés
des blocs opératoires et des services
de réanimation.
- Pour l’unité de soins :
o Gain de temps :
> Les commandes sont automatisées
et optimisées,
> La recherche du médicament
est facilitée,
> La disponibilité du médicament
est immédiate,
o Harmonisation des méthodes de
travail,
o Dynamique de modernisation des conditions
de travail.
«
Le logisticien aide de la sorte le pharmacien
à établir le circuit optimum
du médicament », note Gérald
Gasquet (Angers) pour qui, « l’ingénieur
logisticien a aussi pour rôle de
contribuer à l’architecture
du système d’information,
pour la partie "logiciels métiers",
afin d’optimiser ses flux physiques
».
Et s’il y avait une marche supplémentaire
à franchir, quelle serait-elle
? « Ce serait la création
d’une direction logistique pleine
et entière avec une vision sur
toute la chaîne logistique qui travaillerait
main dans la main avec une direction des
achats multisectoriels », répond
Blaise Nsimba. Entre ces deux directions
fonctionnelles, le logisticien aurait
pour mission de gérer les stocks
(centraux et de proximité), d’optimiser
les approvisionnements en développant
l’échange d’informations
avec les fournisseurs externes des différents
secteurs d’achats.
Le modèle d’Angers rejoint
celui de Nantes : Gérald Gasquet,
à l’instar des Supply Chain
managers, intervient sur l’ensemble
des processus logistiques de l’établissement,
comme par exemple les approvisionnements,
le stockage ou les flux logistiques de
la pharmacie et des laboratoires, les
flux de production de la stérilisation.
Le logisticien hospitalier applique au
secteur hospitalier les meilleures pratiques
logistiques issues des secteurs de la
grande distribution ou de l’industrie.
«
À Lyon, la pharmacie s'est également
dotée de logisticiens »,
précise pour sa part Sandrine Beruard
: « les évolutions au
sein des Hospices Civils de Lyon visent
à créer deux "pôles
" logistiques géographiques
: un Pôle pharmacie et hôtelier,
et un Pôle restauration, stérilisation
et blanchisserie, ce qui conduira à
revoir tous les approvisionnements. D’une
part, depuis ces deux pôles vers
les différents établissements,
d’autre part à l’intérieur
même de chaque établissement.
Une réflexion doit donc être
menée entre
les logisticiens de fonctions transversales
et ceux de sites ».
À
Caen, du côté hôtelier,
un service approvisionnement a été
mis en place dans la plate-forme logistique,
tandis que pareille démarche pourrait
voir le jour du côté de la
pharmacie.
Pareilles démarches de progrès
ont également été
mises en place dans d’autres centres
hospitaliers, à Amiens, Cambrais,
comme à Poitiers. Elles sont probablement
embryonnaires dans divers hôpitaux
régionaux. Toutefois, chaque établissement
hospitalier a un modèle qui lui
est propre, sans pour autant qu’il
y ait de coordination entre les établissements
hospitaliers. Les autorités de
tutelle en ont pris conscience avec la
notion de territoires de santé
portée par la loi HPST (Hôpital,
Patients, Santé, Territoire) ,
qui préconise la mutualisation
des moyens médico-techniques et
de la logistique.
Avec
ces armoires, l’infirmière
commence par s’identifier.
Elle introduit ensuite le nom
ou le code du patient. Un tiroir
de l’armoire s’ouvre,
ainsi que le clapet contenant
la dispensation individuelle nominative
du patient. Elle prend la quantité
de médicaments qui est
mise à sa disposition,
et qu’elle acquitte de façon
à déclencher le
réapprovisionnement du
médicament. De telles armoires
sécurisées permettent
de créer des stocks tampons
dans lesquels il est possible
de prélever des médicaments
en sécurité et ce,
en respect d’une prescription
qui a été validée
au préalable: la personne
habilitée (le personnel
médical, l’infirmière…)
qui y a accès (par exemple
au travers d’une clé,
d’un procédé
de reconnaissance biométrique)
déclare ce qu’elle
a prélevé de façon
à s’assurer a posteriori
que la prescription a été
effectuée sans erreur. |
Indispensables outils de gestion de stock
«
La mise en œuvre d’un logiciel
de gestion de stock est incontournable
», dit Blaise Nsimba qui a validé
le choix du logiciel qui équipera
le CHU de Nantes en 2010.
Plusieurs éditeurs de WMS (Warehouse
Management System, ou logiciel de gestion
d’entrepôt) ont des offres
et des références dans le
domaine hospitalier.
À Angers est mis en œuvre
le logiciel Pharmatic Manager (a-SIS)
à la pharmacie, tandis qu’au
CHU de Dijon, c’est LM7 (a-SIS également)
qui est utilisé. Au CHU de Strasbourg,
il est fait usage du logiciel Gold Stock
d’Aldata, tandis que dans les Hospices
Civils de Lyon (tout comme à l’hôpital
des Quinze-Vingts), c’est Gildas
Hospilog de KLS Logistic
qui a été implanté
pour la gestion de la pharmacie et des
produits hôteliers. Le CHU de Caen
qui ne dispose pas encore de WMS pour
la partie hôtelière, exploite
le programme Pharma pour gérer
sa pharmacie. De leur côté,
certains CHU comme celui de Nîmes
ont développé en interne
leurs propres outils informatiques pour
la gestion d’une plate-forme commune
hôtelier-pharmacie.
Pour
sa part, Jean Louis Dussart, Ingénieur
Conseil Associé (cabinet
OGIP Organisation) pense
que, dans les domaines liés aux
évolutions des systèmes
d’informations, à la robotisation
des processus pharmaceutiques pour la
dispensation nominative et aux grands
axes de déploiement sur la logistique
hospitalière, il serait nécessaire
que des comités ou clubs logistiques
hospitalières se mettent en place
pour d’une part capitaliser les
nombreux retours d’expérience
sur l’ensemble des centres hospitaliers
et d’autre part être force
de proposition et d’appui technique
sur l’élaboration des CCTP
liés à la logistique.
Dans le secteur industriel, des clubs
logistiques se sont mis en place depuis
plusieurs années et par branche
sectorielle dont les objectifs premiers
sont :
- Capitaliser les retours d’expériences
de l’ensemble du secteur,
- Bénéficier des savoir-faire
et appliquer les règles "Copier
c’est Gagner",
- Être force de proposition pour
les nouvelles technologies (systèmes
d’information et moyens physiques
: robots pharmacie, armoires de dispensation…)
- Établir des référentiels,
standards et outils communs reconnus et
duplicables.
Le
WMS génère automatiquement
une batterie d’indicateurs et participe
de ce fait à la maîtrise
des stocks et à l’amélioration
de leur gestion de façon à
ce que les unités de soins aient
toujours les bons produits à leur
disposition.
À titre d’exemple, citons
le CHU d’Angers qui gère
avec Pharmatic Manager tout à la
fois les produits pharmaceutiques, le
stock et le hors stock de ces mêmes
produits. Les propositions de réapprovisionnement
sont tirées du "planning fournisseurs"
mentionnant les commandes planifiées
à date. Un mode de déclenchement
sur seuil est également possible
en cas d’aléa entre deux
commandes. Dès réception
des produits, la traçabilité
est assurée en interne : des étiquettes
code-barrées sont imprimées
et accolées sur ces produits, leur
emplacement de stockage est mentionné
sur ces étiquettes avec le numéro
de produit et le lot. Les demandes informatisées
des unités de soins (gérées
en armoires plein/vide ou en demande globale)
sont quant à elles récupérées
à la pharmacie, traitées
par le logiciel qui planifie la dispensation
selon l’ordre des tournées.
Sandrine Beruard indique qu’à
Lyon où est mis en œuvre le
logiciel Gildas Hospilog de KLS Logistic,
« une pharmacie centrale approvisionne
les pharmacies des établissements
hospitaliers constituant les Hospices
Civils de Lyon. Les modes de distribution
sont ensuite relativement disparates.
Dans chacun de ces sites, on exploite,
soit des réserves fonctionnant
avec le système plein/vide, soit
des listes personnalisées de dotation…
Des essais de distribution nominative
par un robot sont en cours sur l’un
des sites ».
Sandrine Beruard ajoute : «
les produits hôteliers sont déjà
gérés en plein/vide ; les
dispositifs médicaux stériles
pourraient être gérés
eux aussi avec des dispositifs pleins/vide
». Les équipements (robots,
armoires sécurisées, plein/vide)
disposent de casiers ou de paniers modulables
susceptibles en effet d’être
utilisés pour tous les produits
de l’hôpital.
Il est un fait que le plein/vide exige
beaucoup de rigueur et une formation adéquate
du personnel de soins : il impose en effet
de prélever toujours dans le même
casier, tant que celui-ci contient des
produits, et de ne passer au second casier
que lorsque le premier est vide. Interdit
par conséquent de déroger
à cette règle fondamentale.
Un système plein/vide ne fonctionne
pas sans cette rigueur. « À
Nantes, nous avons décidé
de supprimer momentanément le plein/vide
pour cette raison », nous apprend
Blaise Nsimba qui souhaite mettre en place
des référent(es) logistique
par étage : « cette personne
et son suppléant seront formés
pour gérer le plein/vide dont les
règles pourront alors être
respectées. Le référent
logistique sera l’unique interlocuteur
des services d’approvisionnement
». Et de prendre exemple sur
le CHU de Montpellier où le plein/vide
est complètement géré
par les équipes logistiques, ce
qui constitue une sécurité
de bon fonctionnement, et sur le CHU de
Poitiers où cette fonction est
assurée par du personnel soignant.
« À Angers, les orientations
actées sont essentiellement du
plein/vide pour les dispositifs médicaux
(stériles ou non stériles)
gérés par la pharmacie.
Également du plein/vide pour les
solutés et les produits de nutrition
spécialisés »,
précise Gérald Gasquet :
« la distribution des médicaments
pourrait s’appuyer sur des armoires
sécurisées ou sur des robots,
selon la variabilité de la prescription
». Les robots conviendraient pour
les prescriptions stables au fil du temps,
tandis que les armoires sécurisées
seraient vouées aux prescriptions
instables, comme aux délivrances
en urgence.
La mise en œuvre d’étiquettes
électroniques RFID en lieu et place
d’étiquettes code-barrées
est au stade de la réflexion sans
pour autant donner lieu à réalisation.
En région lyonnaise, une nouvelle
blanchisserie verra le jour à l’horizon
2012/2013 avec prise en charge des besoins
d’autres établissements hors
Hospices Civils de Lyon. La blanchisserie
pourrait être l’un des premiers
secteurs ciblés pour l’implantation
des étiquettes électroniques
RFID.
Comment,
dans l’hôpital de demain,
les moyens logistiques seront optimisés
La
réforme hospitalière introduite
dans le Plan Hôpital 2007 visait
à donner plus de facilités
aux professionnels pour la réalisation
de leurs projets, à réformer
les modes de financement des établissements
publics et privés, et à
leur offrir de nouvelles possibilités
de développement :
- Moderniser les structures hospitalières
en accordant davantage de confiance à
la capacité de décision
de leurs responsables,
- Desserrer le carcan des règles
d'achats publics pour accélérer
les investissements et simplifier la gestion,
- Redonner aux établissements leurs
capacités d'innovation et d'adaptation,
mais aussi leur fournir les moyens de
leur développement,
- Disposer de davantage d'autonomie et
de capacité d’initiative
dans l'exercice de leurs responsabilités
quotidiennes,
La logistique apparaît comme l’un
des leviers de l’amélioration
des soins.
Sandrine Beruard (HCL) met l’accent
sur le changement de culture en cours,
du fait que la logistique fait une intrusion
dans certains secteurs qui jusque-là
vivaient en autonomie, voire en autarcie.
Il est un fait que tous les processus
se retrouvent dans l’hôpital
: les soins, la blanchisserie, la restauration…
tous au service des soins aux patients.
« Mais avons-nous vocation de
faire tous ces métiers ? »,
s’interroge Blaise Nsimba : «
sur certaines filières comme
le nettoyage ou la blanchisserie, des
difficultés de recrutement de personnels
compétents sont rencontrées
».
«
À l’avenir, la logistique
devra se consacrer à son entité
hiérarchique propre, mais, comme
c’est déjà le cas
dans certains de nos établissements,
elle pourra également prescrire,
apporter ses conseils ou son expertise
en logistique sur les différents
processus supports aux soins que sont
les circuits des produits pharmaceutiques,
des instruments chirurgicaux, des analyses
biologiques ou des prestations hôtelières
(restauration, blanchisserie…),
mais également sur la logistique
au sein des unités de soins
», admet Gérald Gasquet :
« le logisticien pourra également
intervenir dans la construction
de tableaux de bord, regarder les
niveaux de stock, analyser les niveaux
de commandes, s’intéresser
aux circuits de distribution, et préconiser
des actions d’amélioration
sur l’ensemble des processus logistiques
de l’établissement».
La mutualisation des moyens pourrait être
envisagée entre différents
hôpitaux, de façon à
les optimiser : il convient par exemple
de pouvoir rentabiliser l’unité
de stérilisation (ou la restauration,
ou la blanchisserie) en l’exploitant
24 heures sur 24, notamment lorsque les
capacités de production sont excédentaires.
« Notre blanchisserie effectue
des prestations pour certains clients
externes », signale Blaise
Nsimba : « avec le développement
du linge à usage unique, concomitamment
à la modernisation de la blanchisserie,
l’utilisation du linge textile a
été réduite. La surcapacité
qui en résulte a été
absorbée par la charge sous-traitée
pour des établissements privés
et publics ». Cette sous-traitance
a été assurée bien
entendu avec l’accord la Direction
des Ressources Humaines.
Pareille dynamique exige la satisfaction
de prérequis :
- Accepter de décloisonner les
fonctions Achat, Approvisionnements, Stockage…
- Disposer en interne de compétences
logistiques affirmées, et mettre
en place une véritable fonction
d’ingénieur logisticien,
ce qui ne va pas sans problème,
notamment lorsque la fonction logistique
n’est pas vraiment reconnue. Sandrine
Beruard soulève « le
cas de ces agents d’exécution
qui font l’objet d’un reclassement
dans une direction transport et logistique,
alors que l’hôpital aurait
besoin de vrais professionnels ».
De plus, les agents concernés ne
sont pas nécessairement motivés
pour migrer vers la logistique. «
D’où l’intérêt
du Pôle Logistique pourvu d’une
direction des ressources humaines spécifiques
à la logistique », assure
Blaise Nsimba : « il est essentiel
qu’il n’y ait pas de frein
à prioriser les profils requis
». Ce problème de compétences
hantait autrefois le milieu industriel
estimant qu’il ne suffisait pas
de reclasser dans la logistique le personnel
exécutant dont on ne savait que
faire ailleurs et dont la productivité
était bien moins performante. Il
s’en est suivi dans l’industrie
la mise en place
de formations à la logistique
auxquelles ont participé tous ceux
ayant à s’intégrer
dans une fonction logistique. Dans le
même esprit, au CHU de Nantes a
été mise en place une formation
Client-Fournisseur que tous les agents
logistiques affectés à la
distribution doivent suivre. Une formation
de CAP Magasinier (durée : 9 mois)
est suivie par deux personnes qui ne disposaient
d’aucun diplôme auparavant
et qui ont un très bon potentiel.
- De son côté, Jean-Pierre
Créance note que dans les années
2001 à 2003, le CHU de Caen qui
n’avait pas alors une haute estime
de sa logistique, refusait des stagiaires
d’écoles de logistique :
« aujourd’hui, cela n’est
plus vrai. Nous travaillons avec des CAP,
des BEP, des Bac Pro, BTS, ainsi que des
ingénieurs postulant un stage au
CHU de Caen. Nous sommes en mesure de
fournir à ce personnel un sujet
de stage ».
- « Il faut aussi avoir une
bonne visibilité de la chaîne
logistique qui débute par l’expression
du besoin, et se poursuit jusqu’à
sa satisfaction », dit Blaise
Nsimba.
Dans ce contexte, la première condition
pour réussir l’implantation
de structures logistiques au sein de l’hôpital
est de disposer d’un directeur coordonnateur
de pôle logistique qui fasse partie
du Comité de Direction et qui soit
volontaire sur les sujets de la logistique.
Les centres hospitaliers de Nantes et
d’Angers bénéficient
de directeurs ayant un périmètre
très large, faisant le cas échéant
partie du Conseil Exécutif. En
l’occurrence, ils sont entendus
du directeur général.
«
La logistique ne doit d’autre
part plus être perçue comme
un ensemble d’entités élémentaires,
les transports d’un côté,
les magasins ou la direction des services
économiques de l’autre
», insiste Gérald Gasquet
pour qui, « la logistique doit
intervenir sur l’ensemble des processus
faisant intervenir des missions logistiques
: les approvisionnements, le transport,
le stockage… ». À
l’instar de l’industrie, l’hôpital
passe d’une logistique couvrant
des métiers très ciblés
à une logistique transversale.
Pour asseoir ses performances logistiques,
l’hôpital de demain devra
disposer d’indicateurs. Blaise Nsimba
(Nantes) participe à la définition
d’indicateurs (de productivité,
de taux de service, de couverture de stock…)
pour ce qui concerne la logistique de
distribution : le contrôle de la
satisfaction des clients quant au fonctionnement
de la logistique globale est confié
à une autre direction, celle de
la qualité. « Il y a
là beaucoup à construire…
», estime Gérald Gasquet
(Angers), «…avec en préalable
des systèmes d’information
et des outils d’aide à la
décision favorisant la construction
rapide d’indicateurs
logistiques pertinents ».
La pharmacie d’Angers dispose à
cet égard d’un système
informatique permettant de connaître
le taux de service des fournisseurs, le
taux de service aux clients, le niveau
de stock et la couverture du stock de
l’hôpital, le nombre de prélèvements…
« L’enjeu à venir
est de créer le tableau de bord
logistique du CHU afin de rechercher des
possibilités d’amélioration
».
Enfin, selon Blaise Nsimba, « l’un
des enjeux de demain est d’harmoniser
la fonction logistique dans l’hôpital
». En particulier, le recrutement
d’un logisticien de niveau Bac+4
ou Bac+5 doit s’accompagner de la
définition du poste d’expert
capable de refondre la logistique. «
Pour sa part, l’ASLOG nous donne
les moyens de nous comparer à d’autres
secteurs d’activité où
la logistique est efficace, ainsi que
les moyens de faire pénétrer
la logistique par la grande porte en s’appuyant
sur le référentiel hospitalier
en cours d’élaboration
».
À
ce titre la Commission Logistique Hospitalière
de l’ASLOG travaille depuis plusieurs
années sur des axes de progrès
et d’améliorations (systèmes
d’informations, traçabilité,
sécurisation des circuits des médicaments…),
et depuis 2009 sur la définition
et la mise en place d’un référentiel
logistique hospitalière permettant
à chaque centre hospitalier d’auditer
son fonctionnement logistique sur les
aspects stratégie, approvisionnement,
moyens et système d’informations,
pour mettre en place un plan d’actions
d’amélioration avec des indicateurs
pertinents de suivi de la performance.
Jean-Claude Festinger
www.aslog.org
1
- Dans le cadre du projet de loi Hôpital,
Patients, Santé, Territoire (HPST),
il a été décidé
en mai 2009 de regrouper la Mission Nationale
d'Appui à l'Investissement Hospitalier
(MAINH), la Mission Nationale d'Expertises
et d'Audits Hospitaliers (MEAH) et le
Groupement pour la Modernisation du Système
d'Information Hospitalier (GMSIH) au sein
d'une nouvelle entité : l'Agence
Nationale d'Appui à la Performance
des établissements de santé
et médico-sociaux (ANAP). L'ANAP
a pour objectif de fournir aux établissements
de santé et aux établissements
médico-sociaux les services et
les outils leur permettant de perfectionner
la qualité des soins et leur gestion,
et ce afin de mieux prendre en charge
la population.
2 - Le texte de loi a été
adopté le 23 juin 2009 par l’Assemblée
nationale et le 24 juin par le Sénat.
Il a été promulgué
le 21 juillet 2009 et publié au
journal officiel du 22 juillet.
3 - Cahier des Clauses Techniques Particulières
Les
participants à cette étude
Sandrine
Béruard
Depuis 7 ans aux HCL en tant qu'ingénieur
logistique.
Jean-Pierre
Creance
2001 à ce jour : CHRU de Caen,
ingénieur en chef responsable du
pôle logistique
2000 à 2001 : AFT - IFTIM, formateur
logistique
1999 à 2000 : Transports Lexoviens,
consultant logistique
1986 à 1999 : GFP (papeterie Hamelin),
responsable logistique
1983 à 1986 : Guy Degrenne, chef
du service administratif commercial.
Jean-Louis Dussart
Ingénieur Conseil associé
à OGIP Organisation, 35 ans de
conseil en logistique sur les secteurs
automobile, aéronautique, ferroviaire,
grande distribution et depuis 5 années
dans le secteur hospitalier. Auditeur
logistique référentiel Renault
et membre de l’ASLOG Région
Nord Pas de Calais.
Gérald
Gasquet
Depuis 10 ans au CHU d'Angers en tant
qu’ingénieur logisticien,
au préalable responsable logistique
chez Valéo, certifié CPIM
APICS.
Blaise Nsimba
Depuis 6 ans au CHU de Nantes en tant
qu’ingénieur logisticien,
précédemment à l'APHP
pendant 2 ans en tant qu’ingénieur
logisticien au sein du groupement hôpitaux
Nord (hôpital St Louis comme rattachement).
Parcours antérieur : issu de la
grande distribution, pendant 8 ans cadre
commercial et ensuite logistique au sein
de la direction Sud-Est du groupe AUCHAN
(couvrant une zone allant de Nice à
Perpignan).
Pour
aller plus loin :
 |
|
16/06/2009 |
|
Le
Référentiel logistique hospitalier
de l’ASLOG
Dans l’hôpital, le responsable logistique
a la charge des flux physiques,
des flux d’informations qui y sont
associés, des flux financiers résultant
des améliorations de la performance
logistique, et des flux humains,
c’est-à-dire des déplacements indispensables
des hommes chargés d’accompagner
les flux de produits. Dans les démarches
en cours, il cherche à acquérir
une expertise logistique similaire
à celle existant dans le milieu
industriel… Une logistique prête
à adopter les meilleures pratiques
de l’industrie au bénéfice du patient. |
|