«
Par la suite, Maël Barraud créait
sa propre entreprise : Influe, avec qui
un premier accord était signé
pour la vente du logiciel de OCS…
Avant qu’il ne crée son propre
progiciel concurrent, EWR ».
Il n’empêche qu’OCS
continuait à se développer
pour Mars et pouvait se targuer de trouver
L’Oréal parmi sa clientèle
(en l’occurrence LaSCAD, Gemey,
Garnier), gagnant même récemment
des parts de marché avec des clients
prestigieux tels que Lu, Danone, Kraft.
« Aujourd’hui, une soixantaine
d’entreprises, des grosses sociétés,
comme des PME/PMI font de la GPA avec
notre solution », précise
Alain-Jacques Vincent ajoutant : «
nous avons lancé la GMA en
2006 avec FM Logistic qui démarrait
le premier pool associant Benedicta et
Nutrimaine, auquel s’est joint ultérieurement
Pastacorp ».
Toujours
en 2006, le logiciel OCS était
mis en place par ID Logistics sur sa plate-forme
de Cavaillon. Apparemment, d’autres
prestataires logistiques sont dans les
starting-blocks pour lancer des projets
similaires associant le logiciel OCS à
leur propre système de gestion
d’entrepôt.
De son côté, IPS Europe,
le 4PL (4th-Party Logistics Provider)
de la GMA, a mis en oeuvre le logiciel
OCS dans un pool regroupant Kimberley-Clark
et Kellogg’s, ainsi que dans un
autre projet de pool resté confidentiel.
FM Logistic… ID Logistics…
IPS Europe… Les premiers essais
de GMA sont apparemment transformés.
« Depuis le début de
l’année, nous constatons
le passage à la vitesse supérieure
», constate Alain-Jacques Vincent.
L’Optimisation des Commandes
et des Stocks
En somme, CTS développe un logiciel
polyvalent, en l’occurrence OCS,
tant pour la GPA (Gestion Partagée
des Approvisionnements) que pour la GMA
(Gestion Mutualisée des Approvisionnements).
Un logiciel qui gère 20 enseignes
et 200 entrepôts, et sait traiter
les produits standards, comme les promotions,
la gestion en palettes, en couches, boxes,
cartons, unités consommateurs…
Plus de 1 500 clients en France l’utilisent
: Andros, Cadbury, Dior, Emtec, Fischer,
Fujifilm, Heineken, Intermarché,
Lactel, Materne, Minute Maid, Ryssen,
Whirlpool… « Certains
clients tels que Cristal d’Arques
exploitent notre logiciel pour des relations
de fournisseur à fournisseur, par
exemple pour le réapprovisionnement
en juste à temps et si possible
en camions complets, d’un industriel
par un producteur d’emballages »,
poursuit Alain-Jacques Vincent : «
ainsi en est-il de l’approvisionnement
d’Amora en pots de verre. OCS reçoit
chaque semaine le plan de production d’Amora,
découpe ce plan de production en
camions complets, y ajoute le stock de
sécurité et réapprovisionne
l’usine en juste à temps
». Dans un autre contexte, celui
du projet FastNet de Lu, OCS reçoit
les commandes des distributeurs (Carrefour,
Auchan…). L’heure et la date
de préparation de chacune de ces
commandes sont fournies par un système
interne de Lu. OCS traite ce portefeuille
de commandes et effectue leur découpage
en camions complets de façon à
réapprovisionner en juste à
temps l’entrepôt de préparation,
par l’usine de fabrication des produits
Lu. « Le stock de l’entrepôt
de préparation a pu être
réduit à 3 heures seulement
», admet Alain-Jacques Vincent.
Quid du domaine de la GPA traditionnelle
? De nombreuses références
peuvent être citées. Ainsi
en est-il du groupement Intermarché
(Les Mousquetaires) qui a choisi OCS pour
le réapprovisionnement de ses 38
bases logistiques en France (produits
frais, secs, mixtes, gel et marchandises
générales) par sa propre
infrastructure de production qui lui garantit
une royale indépendance d’approvisionnement
: ses unités de production représentent
60 sites en France, un chiffre d’affaires
de 2,9 milliards d’euros en 2009,
et plus de 8 500 collaborateurs, ce qui
en fait un acteur incontournable de l’industrie
agroalimentaire. Une quinzaine de ces
usines ont été équipées
par CTS, notamment celles d’embouteillage
de l’eau, du vin, ainsi que le "moulin"
de production de pain congelé.
OCS,
logiciel simple, orienté utilisateur
OCS est un logiciel en français
et en anglais : chaque utilisateur a son
code d’accès et son mot de
passe pour assurer la confidentialité
des échanges. Tout est filtré
: chacun ne voit que les informations
le concernant, mais les calculs prennent
en compte l’ensemble des données
des différents industriels appartenant
à un même groupe. Différents
utilitaires servent à paramétrer
le logiciel, définir le groupe
d’appartenance (les différents
industriels avec qui la mutualisation
est effective) ou les modes de transport
(des camions, des wagons…) qui seront
mutualisés. S’y ajoute une
phase d’interfaçage, en l’occurrence
les "tuyaux" EDI permettant
de recevoir les états d’inventaire
et de renvoyer les ORDERS à chacun
des industriels. Une phase d’automatisme
est également prévue pour
confier à OCS les travaux de nuit
: le matin, l’utilisateur n’a
plus qu’à valider les propositions
de commandes reçues au cours de
la nuit. Enfin, une phase de reporting
sert à l’ensemble des analyses
: mesure de la qualité de service,
détermination de la couverture
moyenne, analyse de l’unité
logistique optimale, visualisation des
sorties et des stocks, analyse des manquants,
suivi des modifications de propositions…
Le coeur d’OCS se trouve sous l’onglet
"préparation", où
l’on peut la fiche propre à
chaque produit (fond de rayon ou promotion)
et donnant sa description (nombre d’unités
consommateur dans un même carton,
nombre de cartons par couche, poids de
la palette, etc.), intégrant les
codes à barres de l’unité
consommateur, du carton, de la palette…
Chaque distributeur possède des
entrepôts à approvisionner
: pour chaque entrepôt, sont fixées
des règles de calcul (taux de service,
nombre de jours de stock…), le délai
de réapprovisionnement, les jours
de livraison autorisés, le mode
de livraison (camions de 33 palettes,
wagons complets, nombre de points volumétriques
ou de points tarifaires…). Les produits
à stocker dans chaque entrepôt
sont indiqués dans le référencement.
Il suffit dès lors de "brancher
les tuyaux" pour que l’industriel
reçoive chaque jour par EDI l’état
d’inventaire, les sorties de l’entrepôt
et le niveau de stock, puis, compte tenu
de la couverture désirée
par le distributeur, de déterminer
la quantité à réapprovisionner
en palettes complètes, en couches
ou en cartons, et ce, à la bonne
date, en tenant compte des règles
imposées. Et pour constituer le
camion complet, l’outil informatique
analyse tous les produits susceptibles
de compléter un camion, saupoudre
les places disponibles au sol sur tous
les produits (ceux les plus près
du stock minimal), par des itérations
successives de façon à ce
que la couverture de stock soit homogène
en finale.
Dans le cas de la mutualisation des livraisons
de quelques industriels ayant à
réapprovisionner le même
entrepôt de distributeur, OCS considère
la totalité de leurs produits et
propose la constitution d’un camion
complet en tenant compte des couvertures
de stock à respecter par chacun
des industriels dans leurs contrats respectifs
signés avec les distributeurs.
OCS reçoit chaque nuit l’état
d’inventaire (sorties de stocks,
manquants) des différents industriels
présents dans le pool, intègre
ces données, prend en compte le
plan de promotion et ceux des produits
dont le stock est proche du seuil minimal.
Le distributeur peut imposer également
la satisfaction
d’une "commande imposée"
pour les magasins, appelée à
être livrée en cross-docking
: OCS, positionne d’abord cette
"commande imposée" dans
le camion, puis complète le camion.
Le processus se poursuit automatiquement
jusqu’à ce que le camion
soit plein : le tiers de confiance n’a
plus qu’à décider
des livraisons compte tenu des règles
communes. Il peut augmenter les fréquences
de livraison en livrant moins à
chacun… C’est le principe
même de la GMA.
Jean-Claude
Festinger
www.aslog.org