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Cent
années au service du confort et de
l’environnement
Fondée en 1907 par Charles Saunier
et Maurice Duval, l’entreprise Saunier
Duval se développe dans les années
vingt dans le secteur des chauffe-eau chauffe-bains,
avec la mise en place de produits aux noms
évocateurs : Vesugaz, Stromboli,
Ménagère, Junior. À
l’issue de la Seconde Guerre Mondiale,
Saunier Duval a bénéficié
des effets de la reconstruction du pays
et de l’arrivée du gaz naturel
dans les foyers. L’entreprise fait
alors tourner à plein régime
les usines de Montreuil et de Vincennes,
et multiplie les agences sur le territoire
français. Les années soixante
voient l’arrivée des premières
chaudières murales mixtes sur le
marché et l’ouverture de l’usine
de Nantes. Parallèlement, Saunier
Duval se développe à l’étranger
et s’implante en Italie, en Grande-Bretagne,
en Pologne, en Roumanie… avant de
rejoindre en 2001 les rangs de Vaillant
Group.
De son côté, la marque Vaillant
doit beaucoup à son fondateur Johann
Vaillant qui, en 1874, ouvre à Remscheid,
en Allemagne, un atelier de chaudronnerie
en cuivre et de fabrication de pompes. On
lui doit le brevet du premier chauffe-bain
à gaz à système fermé,
le lancement des chauffe-eau Geyser Vaillant,
la construction de l’usine actuelle
de Remscheid et la renommée de la
marque dans toute l’Allemagne.
Saunier Duval propose aujourd’hui
une large gamme de chaudières murales
au gaz. La marque offre également
un ensemble de produits et de systèmes
davantage tournés vers les économies
d’énergie et les énergies
renouvelables : chaudières à
condensation, chauffe-eau solaires utilisant
les ressources du solaire pour garantir
un vrai confort en eau chaude, pompes à
chaleur qui se servent des ressources du
sol et de l’air pour chauffer ou rafraîchir
les habitations, et climatisation.
Attention à ne pas confondre chauffe-eau
solaire et panneau photovoltaïque !
Le chauffe–eau solaire permet de capter
la chaleur véhiculée par les
rayons du soleil. Il fonctionne avec un
fluide caloporteur circulant entre un ballon
et un "panneau solaire" (le capteur)
exposé au rayonnement solaire. Le
fluide qui circule dans le panneau chauffe
au soleil et transmet sa chaleur à
l’eau stockée dans le ballon.
Lorsque l’eau a atteint sa température
de consigne, la pompe s’arrête,
le fluide ne circule plus. Un chauffe-eau
solaire couvre jusqu’à 70 %
des besoins en eau chaude de l’habitat.
Chaque modèle est couplé à
une énergie d’appoint qui prend
le relais en cas de mauvais temps, afin
de toujours garantir un appoint en eau chaude.
Quant à la pompe à chaleur,
elle fonctionne suivant un cycle thermodynamique
inverse de celui du fréon dans un
réfrigérateur. Elle peut capter
la chaleur de la croûte terrestre
via un réseau de tubes enterré
(pompe à chaleur géothermique
MAGNA GEO), ou la chaleur de l’air
grâce à un ventilateur et un
échangeur d’air (pompe à
chaleur aérothermique MAGNA AIR).
L’énergie captée est
ensuite valorisée à un niveau
thermique plus élevé grâce
à un système frigorifique
à compression. Les pompes à
chaleur Magna de Saunier Duval sont produites
depuis novembre 2009 à Nantes.
La solution hybride (GENIA HYBRID) est quant
à elle bâtie sur deux générateurs
de chaleur : une chaudière à
condensation et une pompe à chaleur
aérothermique fonctionnent grâce
à un boîtier "intelligent"
qui définit le générateur
le plus approprié pour assurer le
confort souhaité (capacité
à couvrir les besoins en chauffage)
et garantir le coût de fonctionnement
le plus économique.
Acteur majeur du chauffage, Saunier Duval
se devait d’anticiper les futurs besoins
en énergies renouvelables induits
par le Grenelle de l’Environnement.
C’est pourquoi l’entreprise
a inauguré en septembre 2009, la
ligne de production de capteurs solaires
HelioPLAN dans son usine de Nantes. Une
ligne qui monte en puissance progressivement.
En l’occurrence un atelier robotisé
de 2 500 m² ayant nécessité
un investissement de 3,5 M€, d’une
capacité de 165 000 panneaux par
an (soit un panneau toutes les deux minutes
à pleine cadence) bénéficiant
de hautes performances (faibles pertesthermiques,
une surface d’absorption de 2,35 m²
figurant parmi les plus importantes du marché…).
Cette ligne solaire est conçue pour
élaborer trois types de verres (structurés,
clairs, antireflet), ainsi que des panneaux
verticaux, horizontaux et autovidangeables.
La flexibilité est de mise : elle
permet de fabriquer des panneaux solaires
de taille plus petite suivant la demande
du marché. Quatorze modèles
y sont réalisés en commençant
par l’assemblage de quatre profilés…
Un fond est posé et enduit de colle…
De la laine de roche servant d’isolant
est positionnée… L’absorbeur
(un serpentin de plusieurs mètres
dans lequel circule le fluide caloporteur)
est assemblé à l’aide
d’un robot-laser… Une grande
vitre est encollée, puis la colle
polymérisée…
La ligne solaire a également été
conçue pour que des personnes handicapées
puissent y travailler. Un partenariat avec
l’Agefiph pour intégrer du
personnel à mobilité réduite
sur certains postes, comme la presse du
cadre ou la ligne d’emballage.
Dans le cadre de la politique de responsabilité
globale menée par le site industriel
de Nantes, la ligne solaire a été
pensée dans un esprit de respect
de l’environnement. Ainsi, l’eau
qui sert à refroidir les soudures
ou les brasages est réutilisée
grâce à un groupe froid, ce
qui permet d’économiser 33
m3 d’eau par jour. La majorité
des déchets sont par ailleurs recyclés,
que ce soit du bois, du métal ou
du film étirable.
Enfin, l’usine a mis l’accent
sur la qualité des produits fabriqués
: tous les paramètres techniques
sont enregistrés dans une base de
données afin d’assurer la traçabilité
des panneaux sur le terrain.
Le
projet Agility de Lean Manufacturing : les
petits trains approvisionnent les lignes
d’assemblage
«
Agility, c’est le nom du projet
qui a été mené voici
un peu plus de deux ans », indique
Vincent Lemaître, chargé de
projet Supply Chain et par ailleurs "Broker",
c’est-à-dire interface entre
le client et l’usine : « nous
avions pour objectifs de standardiser et
de simplifier les flux physiques et les
flux d’information, d’approvisionner
et d’évacuer les lignes d’assemblage
en flux synchrone par trains, de confier
le pilotage de la performance logistique
interne à un "service flux"
dédié, d’améliorer
la sécurité et l’ergonomie
du quotidien ».
La résolution de cette problématique
multiple a conduit à optimiser les
stocks, accroître l’efficacité
de la main-d’oeuvre indirecte, supprimer
les gaspillages (en japonais : les "mudas",
comme on les appelle dans le système
de production de Toyota, autrement dit en
"lean manufacturing") en vue d’optimiser
les flux internes.
Le mot "lean" signifie littéralement
: maigre. Un processus lean est un processus
débarrassé de toutes les opérations
inutiles et des stocks en excès qui
le rendent lourd et moins performant. Au
travers du lean management, l’industriel
cherche à supprimer tous les gaspillages,
produire en flux tendus, gérer la
qualité en favorisant l’amélioration
continue, réduire les cycles de développement
des produits.
Les
sept gaspillages fondamentaux
(ou mudas) sont :
1)
La surproduction : il ne s’agit
pas de continuer à produire
alors que l’ordre de fabrication
est soldé.
2) Les attentes : opérations
mal enchaînées, mal
ordonnées, temps de cycle
non équilibrés entre
machines.
3) Les déplacements et
les manutentions inutiles en raison
de machines mal implantées,
d’opérations mal
ordonnées, de mouvements
de stocks.
4) Les opérations inutiles,
par exemple, aller au-delà
des attentes des clients)
5) Les stocks excessifs dus à
des ateliers encombrés,
au temps passé à
rechercher les pièces stockées.
6) Les gestes inutiles résultant
d’une mauvaise conception
des postes de travail.
7) Les défauts (rebuts,
opérations sans valeur
ajoutée, retards).
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«
La solution logistique alternative a
pour nom : le train », poursuit
Vincent Lemaître : « à
l’instar du tramway nantais qui s’oppose
au taxi, il s’agissait pour nous de
transformer le mode de livraison classique
d’antan, point à point, par
un mode de livraison par tournées
». Quelle serait alors la mission
du chauffeur de ce train ? « De
garantir le bon fonctionnement de l’atelier…
», répond Vincent Lemaître,
«… en approvisionnant les
pièces demandées, là
où elles sont demandées, quand
elles sont nécessaires ».
Le chauffeur de train effectue sa tournée
au sein des ateliers, ramasse tout ce qui
est vide, va chez le fournisseur, remplit
les bacs vides, et poursuit sa tournée
de livraison aux clients. À cet égard,
le train peut être vu comme un "métronome"
qui transmet l’information relative
à la consommation du client (rythme,
nature) au travers de prélèvements
réguliers et définis. Des
horaires réguliers… Des batchs
réguliers… Le train livre les
pièces demandées au plus près
du point de montage, voire au plus près
de la main de l’opérateur :
dans l’esprit du Toyota Production
System, le transport est en effet un "muda",
un gaspillage qui doit être minimisé
car il n’apporte pas de valeur ajoutée
au client final. En outre, le mouvement
est considéré lui aussi comme
un "muda" s’il ne contribue
pas directement à l’ajout de
valeur sur le produit fini : pour l’opérateur,
le fait de tendre un bras pour prendre une
pièce ou de faire un pas de côté
est en effet un "muda".
Quant aux palletiers renfermant de gros
emballages, ils sont remplacés par
des supermarchés modulaires positionnés
au plus près de la ligne, et l’alimentation
de la ligne se fait par de petits trains
à grande fréquence de livraison,
de façon à éliminer
les mudas de stock et de transport générés
par la logistique traditionnelle.

« Finalement, dit Vincent Lemaître,
le client se doit de pouvoir produire l’ensemble
des références liées
à son process, sans se soucier de
l’approvisionnement en composants.
Ce qui ne signifie pas pour autant que le
bord de ligne soit en permanence plein
». Car, souvenez-vous ! Le stock est
lui aussi un "muda" si l’usine
conserve plus de matières et de composants
qu’il n’en faut pour réaliser
le travail demandé.
Pour
la planification des réceptions,
a été déployé
un logiciel qui permet aux fournisseurs
de réserver via Internet des créneaux
de livraison. Le moindre problème
logistique empêche la ligne d’assemblage
de produire les chaudières demandées
: celles-ci devront basculer sur un autre
OF (ordre de fabrication), générant
une perte de fabrication comprise entre
une demi-heure et une heure. Il y a donc
lieu de supprimer les reséquencements
d’OF. D’autre part, la mise
en oeuvre du flux tiré par la demande
implique le déploiement du kanban
pour un maximum de fournisseurs internes,
le lancement d’un approvisionnement
par train pour les lignes d’assemblage.
DES
STANDARDS PARTOUT
«
Tout ceci impose l’existence de
standards », estime Vincent Lemaître
: « le travail du train doit être
répétable, et pour ce faire,
il y a lieu de définir quatre standards
: la gamme de travail (l’ordre dans
lequel le chauffeur de train va effectuer
sa tournée), le plan de chargement
(pour charger plus vite, et pour décharger
plus vite), l’itinéraire (optimisé
et imposé au sein de l’usine
de manière à éviter
tout risque d’accident), des horaires
ou plutôt un temps de tournée
». Concrètement, le fournisseur
met ses composants à disposition
du train dans le supermarché gros
volume (palettes complètes de produits)
du lean manufacturing : son rôle est
de ranger un maximum de pièces (3
000 références) dans un minimum
d’espace de façon à
ce que le train fasse un minimum d’arrêts
pour collecter les composants nécessaires
à la production d’un ou de
plusieurs produits. Le train collecte ces
composants qu’il dépose dans
un supermarché de proximité
en bord de ligne.
Autrefois, le picking de chaque pièce
stockée dans des racks nécessitait
un arrêt. « Aujourd’hui,
sur une aire identique, on dispose de 15
à 50 composants susceptibles d’être
prélevés au cours du même
arrêt ! », admet Vincent Lemaître
: « en moyenne, le train effectue
trois arrêts dans ce supermarché
et n’y séjourne que 15 à
25 minutes, contre une heure autrefois
». Pour garantir la qualité
des prélèvements, les pièces
prélevées sont reconditionnées
avant d’être livrées
aux lignes d’assemblage.
Des produits en débord se trouvent
dans un palettier voisin du supermarché
grossiste : un cariste sur son chariot élévateur
est chargé de réapprovisionner
le supermarché en palettes retirées
du stock de débord. « Pour
ce réapprovisionnement, nous avons
réalisé un développement
informatique dans SAP qui, à partir
de tous les ordres de fabrication calcule
les besoins à venir sur 36 heures,
"explose" les nomenclatures et
donne le besoin de chaque référence
», explique Vincent Lemaître.
Passage obligé du lean et de la réduction
des mudas : les petits emballages en lieu
et place des gros conteneurs d’antan.
C’est un préalable à
la mise en flux des stocks et des en-cours.
Il est alors plus aisé de placer
toutes les pièces en bord de ligne,
donc de produire plusieurs modèles
sur la même ligne, en séquence
et par petits lots, dans un espace réduit.
D’où réduction des encours,
des stocks et des délais. Les petits
emballages sont mis en flux sur des structures
modulaires, les "flowracks" qui
autorisent la personnalisation des bords
de ligne de façon à en accroître
la productivité, car la ligne est
le lieu de création de la valeur
ajoutée.
Le flowrack est le grand allié du
lean manufacturing. C’est le standard
de travail mis en oeuvre partout, dès
l’atelier de pré-assemblage
de pièces, avant d’être
livrées à l’assemblage
final. Il s’agit d’une structure
tubulaire modulaire personnalisée
et ergonomique qui remplace les anciennes
structures de stockage de masse et autorise
le micro-ordonnancement de la production.
Tout y est paramétrable : longueur,
largeur, largeur, architecture, équipements
optionnels… Le matin, à la
prise de poste, l’opérateur
se rend sur la ligne renfermant le moins
de stock pour produire en respect des bons
de travail qui s’y trouvent déposés
et de la contenance (ou du poids) des bacs
dans lesquels ils seront disposés.
La prise de décision est visuelle.
Les lignes sont dimensionnées de
façon à ce que l’allure
y soit à peu près homogène.
Le chauffeur de train, après contrôle
de l’ordre de fabrication, embarque
les bacs qui s’y trouvent et les emporte
vers les lignes d’assemblage.
On retrouve ces flowracks partout sur les
lignes d’assemblage des chaudières.
Il a le super-avantage d’être
d’une très grande flexibilité.
La
rentabilité (240 000 €) a été
atteinte au cours des deux années
du projet de déploiement du Lean
dans l’usine de Nantes, essentiellement
grâce à l’optimisation
de la main-d’oeuvre.
LA DÉMARCHE DE PROGRÈS VERS
LE LEAN MANUFACTURING
La démarche de progrès a été
menée avec le cabinet de conseil
GéoLean, à partir de mi 2007,
en trois étapes :
1) L’analyse
a. La réalisation d’un MIFA
(Material and Information Flaw Analysis),
c’est-à-dire d’une cartographie
du flux de la valeur ("ce que le client
est disposé à payer pour obtenir
la satisfaction de son besoin"), également
connue sous le nom de Value Stream Mapping.
Cette cartographie détaille et recense
les différents processus de production.
Elle sert à visualiser le flux de
création de valeur dans le processus,
à discriminer les tâches à
valeur ajoutée de celles à
non-valeur ajoutée, finalement à
réduire les stocks et améliorer
les temps de traversée (lead time).
C’est le premier outil du Lean Manufacturing,
qui permet d’ajouter les flux d’information
aux cartographies classiques de déplacement
des pièces, et ainsi de raisonner
sur la constitution des stocks : toute activité
est une succession de tâches, parmi
lesquelles seule une partie génère
de la valeur pour le client, les autres
n’étant que des non-valeurs
ajoutées, des gaspillages, autrement
dit des "mudas". C’est une
cartographie descriptive des flux dans le
processus étudié, qui, dans
l’idéal, couvre la Supply Chain
entière : de l’approvisionnement
des matières à la livraison
au client consommateur. Elle couvre le flux
physique, ainsi que le flux d’information
et de pilotage du processus.
b. La constitution d’une database,
c’est-à-dire d’un tableau
regroupant toutes les caractéristiques
de tous les articles présents sur
la ligne d’assemblage. Il est ainsi
à Nantes une ligne sur laquelle 1
000 différents composants peuvent
être approvisionnés à
tout moment.
2) La transformation et la création
des supermarchés, des trains. L’essentiel
de cette transformation s’est déroulé
dans des "chantiers Hoshin" pour
impliquer un maximum d’opérateurs.
Chacun de ces chantiers correspond à
un travail focalisé sur une zone
et un thème définis, pendant
un temps court (typiquement une semaine),
correspondant à la mise en oeuvre
de l’approche Kaizen d’amélioration
continue à petits pas.
3) La stabilisation du projet, l’obtention
des résultats et la définition
des objectifs futurs.
LES
FLUX D’INFORMATION
L’usine est parcourue par trois flux
d’informations :
- Un flux séquencé (ou flux
synchrone) : on n’amène à
la ligne d’assemblage que ce dont
elle aura besoin dans les minutes ou dans
les heures à venir. Le fournisseur
ne fabrique que la quantité nécessaire
au client. Ce flux a été déployé
grâce au développement en interne
d’un logiciel de micro-ordonnancement
interfacé à SAP. Chaque jour,
les OF (ordres de fabrication) alimentent
ce logiciel qui crée une interactivité
entre tous les ateliers internes et le client
(en l’occurrence la ligne d’assemblage).
Chaque fournisseur de l’usine sait
ce qu’il doit livrer au client. Simultanément,
le client peut contrôler que chaque
fournisseur va bien lui livrer les pièces
requises. « Le chiffre parlant
: c’est 4 heures de stock d’en-cours
dans l’usine », commente Vincent
Lemaître : « nous sommes donc
en flux tendu, à la pièce
près, de façon à minimiser
le stock ».
- Le flux tiré, en l’occurrence
un kanban de fabrication et un kanban de
prélèvement. On n’amène
à la ligne d’assemblage que
ce qu’elle a déjà consommé,
même si elle ne va pas le consommer
dans la minute ou l’heure qui suit.
Chaque référence a un nombre
d’étiquettes kanban dédié
: le chauffeur de train récupère
chaque bac vide, se fie à l’étiquette
qui s’y trouve apposée (en
l’occurrence un kanban de prélèvement)
pour ramener un bac plein prélevé
dans le stock.
- La gestion des reliquats : lorsque les
pièces manutentionnées sont
lourdes (de 4 à 15 kg) et volumineuses
(cas de blocs hydrauliques), on s’interdit
de les faire porter par les opérateurs
pour éviter le risque de troubles
musculo-squelettiques. Concrètement,
plutôt que de compter le nombre de
pièces requises et de les amener
sur la ligne d’assemblage, on choisit
de livrer une palette de pièces et
de ramener ensuite dans le stock la palette
avec les pièces non consommées.
L’ASSEMBLAGE,
ESSENTIELLEMENT HUMAIN
Les composants constituant les différents
produits de chauffage (chaudières
à condensation, pompe à chaleur
HYBRID…) sont pré-assemblés,
puis livrés par trains en bord de
lignes d’assemblage — on en
dénombre une dizaine — des
diverses familles de chaudières.
C’est une externalisation du pré-assemblage
qui a été adoptée pour
ne pas trop charger les lignes d’assemblage,
et conserver une bonne maîtrise de
la polyvalence du personnel.
Le train qui emporte les composants pré-assemblés
vers la ligne d’assemblage final,
tire également un wagon dans lequel
sont disposés les cartons afin de
les évacuer vers le compacteur. D’autres
wagons peuvent aussi être accrochés
au train pour l’emport de pièces
de plus gros volume. Au total, ce petit
train est susceptible de tirer 6 wagons.
Sur la ligne d’assemblage final, chaque
opérateur, muni de son chariot (adaptable
selon les contraintes de chacun), circule
le long d’une boucle en forme de U,
bordée de flowpacks afin d’y
prélever les pièces dont il
a besoin pour assembler sa chaudière
de A à Z… Avec l’aide
éventuellement de préhenseurs.
Il la contrôle, la dépose sur
une palette, enfin filme la palette lorsqu’il
y a déposé la dernière
chaudière à produire : l’opérateur
est donc impliqué dans la qualité
de sa fabrication. Selon la demande du client,
ce sont jusqu’à 6 ou 7 opérateurs
qui peuvent ainsi circuler le long de cette
boucle qui se veut flexible : sur une même
boucle peuvent être assemblés
plusieurs modèles d’une même
famille de produits. Il faut environ une
demi-heure pour fabriquer une chaudière
à condensation (sans compter le temps
de pré-assemblage des constituants
de cette chaudière).
LES
PROBLÈMES RÉSOLUS
Quelles sont alors les problématiques
rencontrées ? « La première
correspond à ce que nous avons désigné
par : " la condition du chauffeur de
train" ». Vincent Lemaître
développe ces propos : « nous
avons certes retiré de l’autonomie
aux opérateurs du fait de l’imposition
de standards. Ils se plaignaient d’avoir
l’impression (en fait subjective)
de réaliser plus de manutentions.
La mise en oeuvre de trains implique une
gestion des wagons, c’est-à-dire
des accrochages et des décrochages
de wagons ».
«
Il s’avérait que les opérateurs
avaient énormément de pression
quant à l’arrêt de ligne…
», ajoute Vincent Lemaître,
«… puisque sur certaines
lignes, pour certains composants, on ne
disposait plus que de 3 heures de stock,
contre 2 semaines auparavant ! Aujourd’hui,
cette problématique est acceptée
dans le quotidien des opérateurs
comme un point positif ».
Enfin, dernier problème rencontré,
celui de l’éloignement du responsable
hiérarchique qui se trouve dans son
bureau : que faire alors en cas de problème
sur la ligne d’assemblage ? «
Aujourd’hui, la situation s’est
améliorée. Les opérateurs
savent où reporter en cas de difficulté
».
Au-delà des problèmes…
Les points positifs correspondent à
la gestion simplifiée des approvisionnements
grâce au déploiement du kanban
et du flux séquencé, avec
plus d’ergonomie puisque les charges
manutentionnées sont mieux maîtrisées
(7 t par équipe contre 15 t auparavant).
Que penser du faible niveau de standardisation
des produits des anciennes gammes : les
chaudières traditionnelles. Il est
1 000 articles dans l’usine susceptibles
d’être assemblées pour
fabriquer ces chaudières. «
La mise en place à 100 % des
flux tirés s’est avérée
difficile du fait du manque de surface de
stockage et d’un risque pour la qualité
» reconnaît Vincent Lemaître
ajoutant qu’aujourd’hui, «
la logistique intervient avec la R &
D dès la conception des pièces
et des assemblages, de façon à
mieux appliquer les standards sur les nouvelles
gammes ».
Les gains obtenus sont multiples :
- Réduction du nombre de chariots
élévateurs : 6 engins en moins
dans le parc de chariots. A contrario, le
parc de tracteurs a augmenté de 4
unités : leur coût d’achat
et de maintenance s’avère néanmoins
bien moindre.
- Accroissement de 50 % de l’efficacité
de la main-d’oeuvre indirecte sur
les lignes d’assemblage de la nouvelle
gamme (les lignes "full OPF").
- Réduction d’au moins 25 %
(et jusqu’à 50 %) des stocks
en bord de ligne.
- Diminution de 99 % du nombre de reséquencement
d’ordre logistique.
- Amélioration de l’ergonomie
et de la sécurité, grâce
notamment à la présence d’un
ergonome sur le site.
- Optimisation de la flexibilité,
autorisant la fabrication à la palette
(voire moins, quand il le faut).
- Spécialisation du service Flux,
autorisant le déploiement des standards
et des bonnes pratiques. La quasi-totalité
des lignes d’assemblage (pompes à
chaleur, panneau solaire) sont livrées
en flux par un train. En fait, 98 % des
pièces et composants sont livrées
par le train, car certains composants très
volumineux, très lourds restent tributaires
d’un chariot de manutention.
L’étape
suivante pourrait être de livrer sur
des trains les palettes de produits finis
issus des lignes d’assemblage vers
l’expédition. Des tests ont
été menés qui ont donné
satisfaction. Il ne reste plus qu’à
activer la démarche et à déployer
le processus de départ.
Jean-Claude Festinger
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