Publications > Cluster PACA Logistique > Cahier thématique n°2 : Responsabilité Sociétale des Entreprises


Responsabilité Sociétale des Entreprises

Une publication du Cluster PACA Logistique

« Force est de constater que, pour beaucoup d’entre nous, la notion de RSE reste floue, du fait notamment de l’ambiguïté des concepts mobilisés (par exemple la notion de partie prenante) et la multiplication des termes liés (développement durable, responsabilité sociale, performance globale, comportement éthique, entreprise citoyenne…).

C’est pourquoi le Cluster Paca Logistique se propose de modestement contribuer, via un Cahier thématique dédié, à éclairer ce concept et à le rendre à la fois plus concret et plus attractif.
Ce premier numéro vise à préciser le contenu théorique de la RSE, à travers l’étude de quelques définitions puisà commencer à l’illustrer en présentant la démarche volontariste d’une entreprise adhérente, la Méridionale, grâce aux données fournies par Olivier Varin, son directeur adjoint, en charge du développement durable*».
Isabelle Bardin, Déléguée générale



Qu'est ce que la Responsabilité Sociétale des Entreprises ?

Ces dernières années ont été marquées par la multiplication d’appels de plus en plus pressants à la « responsabilité sociétale de l’entreprise ». On peut distinguer deux grandes interprétations du contenu de cette notion.

Pour des organismes tels que l’OCDE, l’Union Européenne, le Ministère français de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie ou encore le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) ou Novethic, la RSE est la déclinaison des principes du développement durable à l’échelle de l’entreprise, avec une attention très marquée au dialogue avec les parties prenantes, censées véhiculer les attentes de la société civile et de la communauté qui entourent l’entreprise.

La définition de la Commission Européenne, qui fait de la RSE « un concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire » permet de mettre en valeur que :

  • la RSE couvre les matières sociales et environnementales, malgré le terme anglais de « corporate social responsibility » ;
  • la RSE n’est pas et ne devrait pas être séparée de la stratégie et des opérations;
  • la RSE est une démarche volontaire allant au-delà des obligations légales imposées;
  • un aspect important de la RSE est la manière dont les entreprises choisissent d’interagir avec leurs parties prenantes internes et externes (salariés, clients, fournisseurs, ONG, autorités publiques.).

Si, dans une telle perspective, la RSE apparaît intimement liée au développement durable, il est cependant à noter que d’autres organismes (ONG, syndicats.) soutiennent que le débat sur la RSE vient surtout de « l’échec des gouvernements nationaux à remplir leur rôle ou, au niveau international et intergouvernemental, au défaut de développement de règles internationales régissant le comportement des entreprises » (CISL, 2004 p. 54). La responsabilité sociale viendrait alors pallier l’insuffisante responsabilité juridique des entreprises.

En matière académique, les travaux menés sur la RSE se fondent majoritairement sur la définition proposée par Carroll en 1979 : « La RSE intègre l’ensemble des attentes économiques, légales, éthiques et philanthropiques que peut avoir la société à l’égard d’une entreprise à un moment donné ». Une entreprise socialement responsable doit donc tout à la fois remplir les obligations économiques (être profitable) et légales (respecter la réglementation) qui lui sont faites en adoptant par ailleurs un comportement éthique (c’est-à-dire en dépassant le minimum que définit la loi et/ou les pratiques en vigueur, à travers la mise en oeuvre de codes, des concepts et pratiques vertueux et exemplaires) et en s’engageant dans des actions destinées à améliorer le bien-être de la communauté qui soutient son activité et qui, à ce titre, mérite un retour (notion de 'giving back’) (Carroll, 1998).

La RSE correspond donc à une recrudescence des attentes des acteurs sociaux à l’égard d’une institution, l’entreprise, dont la pertinence et la légitimité se voient interrogées au fur et à mesure que la notion de développement est réinterprétée à travers le concept du développement durable. Dans ce sens, la RSE n’est effectivement pas une notion indépendante du DD et l’on peut d’ailleurs constater que son irruption dans le monde des affaires a pour première conséquence de pallier la relative faiblesse du pilier 'équité sociale’ du DD tel qu’il est fréquemment mis en pratique par les différents acteurs, souvent très centrés sur l’environnement.


La Méridionale et son Système de Management Environnemental



La Compagnie Méridionale de Navigation (C.M.N.), aussi appelée La Méridionale, expression qui est devenue sa marque commerciale, est un armateur privé marseillais d’origine familiale fondé en 1931 et aujourd’hui contrôlé majoritairement par STEF, spécialiste européen de la logistique sous température dirigée.

Depuis 1936, l’activité de la compagnie maritime est centrée sur la desserte de la Corse, pour le fret à l’origine puis, à partir de la fin des années 1980, également pour les passagers. Elle assure la délégation du service public sur la Corse en partenariat avec la SNCM. Avec trois navires de type roulier mixte et 440 salariés, dont 322 navigants français, la Méridionale assure 20 traversées par semaine entre la Corse (Bastia, Ajaccio et Propriano) et le continent dont 4 traversées qui sont prolongées sur la Sardaigne (Porto Torres) via Propriano ; soit une capacité hebdomadaire de 10.000 passagers et de 42.000 ml de fret.

Photos : La Méridionale


Une démarche initialement axée Qualité au Management Environnemental


Depuis plus de quinze ans, La Méridionale s’est engagée dans une démarche qualité qui lui a permis dès 1996, d’être le premier armement français en Méditerranée et le deuxième en France exploitant des navires à passagers à obtenir la double certification ISM (management de la sécurité) /ISO (management de la qualité) 9002. Elle est maintenant au standard NF EN ISO 9001 version 2000.

Très rapidement cette volonté d’une qualité de service toujours améliorée conduit l’entreprise à s’inscrire dans une démarche de gestion responsable de ses activités visant à allier performance économique et réduction de son impact sur l’environnement. En 2003, l’entreprise participe à l’élaboration de la « Charte Bleue » d’Armateurs de France qui contient 5 engagements en faveur de la sécurité des personnes et des biens transportés, de la qualité des navires et de la préservation de la mer et du littoral.

En 2005, un groupe de travail interne se constitue pour « inscrire » La Méridionale dans le concept de développement durable, et cibler les actions à mettre en oeuvre, avec la volonté de positionner la Compagnie comme une entreprise durable, soucieuse de sa performance, respectueuse de la planète, de ses salariés et partenaires. Cette même année, La Méridionale s’engage à garantir la promotion et le respect de la diversité dans ses effectifs en signant la Charte de la diversité. L’année suivante débute le processus qui conduira à la certification ISO 14001 avec le lancement d’une analyse environnementale. En parallèle, pour sensibiliser les salariés, le groupe de travail communique par l’intermédiaire d’une lettre d’information interne baptisée « Méridionale attitude ». Son volontarisme environnemental se manifeste aussi concrètement par l’acquisition en 2007, d’un véhicule électrique et de vélos sur les quais, afin de minimiser l’utilisation de véhicules à moteur et ainsi de réduire l’émission de gaz d’échappement.

En 2008, un Système de Management Environnemental (SME) est mis en place afin d’identifier puis gérer les impacts significatifs de l’entreprise sur l’environnement, en vue d’adopter une démarche continue de progrès et de communiquer de manière transparente sur les résultats atteints.

Les impacts environnementaux significatifs sont tout d’abord identifiés et mesurés à travers un bilan Carbone qui permet de cerner les principaux postes d’émission et ainsi déterminer les leviers de réduction les plus pertinents et efficaces ; Un plan d’actions listant 41 mesures possibles est ensuite proposé (cf. paragraphe suivant) Enfin, La Méridionale est auditée fin 2008 par le Det Norske Veritas, qui donne un avis favorable et lui attribue en 2009 la norme ISO 14001 : 2004.

En 2011, un deuxième bilan carbone est réalisé. Ses chiffres qui portent sur l’activité 2010, sont encourageants puis qu’ils témoignent d’une diminution en 3 ans de -6,8% des émissions de gaz à effet de serre (objectif de 6,5 %).

Objectifs et illustrations du plan d’actions environnementales



Suite au bilan Carbone réalisé, la Méridionale adopte un plan de 29 actions (16 totalement réalisées à ce jour, les autres étant en cours d’accomplissement) visant à :

- Réduire les consommations de tous types
anticiper la diminution de la dépendance aux énergies fossiles, et en réduire la consommation ; réduire les consommations des véhicules utilitaires ; s’intéresser aux consommations d’autres fluides ; privilégier une consommation rationnelle des produits utilisés et éviter ainsi le gaspillage ;

- Préserver le milieu marin
prévenir les pollutions et diminuer les impacts des rejets de toute nature ; contribuer à la protection des mammifères marins ;

-Impliquer les salariés
trier et valoriser les déchets de toutes natures ; développer la culture environnementale en interne.

-Préparer l’avenir
mettre en place une veille règlementaire et normative dans le domaine de l’environnement ; assurer une veille attentive et suivre les évolutions technologiques sur les énergies alternatives notamment;

Les exemples suivants illustrent la déclinaison pratique de ce plan d’actions tant dans le domaine stratégique (construction d’un nouveau navire, participation à des programmes de R&D) qu’au quotidien.

Le Piana : un laboratoire d’innovations « vertes »

Le tout nouveau navire amiral de La Méridionale, lancé en 2011, grâce notamment à l’utilisation de technologies de pointe, respecte rigoureusement les règles environnementales visant à contrôler et à réduire les déchets polluants dans la mer et dans l’air. Il a d’ailleurs été classé « NAVIRE PROPRE » selon les critères internationaux du Bureau Veritas. Il est aussi le premier navire neuf à répondre aux exigences françaises sur l’accessibilité à bord.

Conçu comme un laboratoire d’innovations, notamment en matière environnementale, l’armement a choisi de recourir à des spécifications inédites pour sa construction, parmi lesquelles :

  • un dessin d’hélices et de carène optimisé pour la vitesse commerciale ;
  • un revêtement de coque au silicone, sans produits biocides toxiques et réduisant les frottements ;
  • des moteurs à injection électronique capables d’un rendement optimum dans une large plage de fonctionnement ;
  • un traitement des eaux de ballast et des eaux noires optimal ;
  • le rejet des gaz d’échappement en avance sur la règlementation ;

Mais aussi un circuit de tri sélectif des déchets ou la détection de la présence du passager dans la cabine pour permettre des économies d’énergie.

Déjà un des navires les plus écoresponsables et soucieux de l’environnement dans sa catégorie, il s’avère aussi prêt pour le futur puisqu’il est aussi pré-équipé pour mettre en oeuvre une alimentation électrique externe par le quai. Ce système, connu sous le nom de « Cold Ironing », permet au navire, lorsqu’il est au port, de se brancher sur le réseau d’électricité terrestre et, ainsi, de couper ses moteurs et d’effectuer ses opérations portuaires sans polluer.


La participation au Projet AIRCLAIR

Le projet AIRCLAIR (Amélioration de l’Impact environnemental et Réduction de Consommation des moteurs à fuel lourd, par L’Analyse Infra Rouge) a pour objectif de concevoir, développer, et mettre à disposition les prototypes d’un nouveau capteur capable d’analyser la qualité du carburant en continu à l’entrée du moteur, et de modifier instantanément les réglages du moteur (injection électronique). Est visé un gain de 5% et plus en consommation, suivant la qualité du fuel, tout en respectant les limites d’émissions polluantes.

Première compagnie maritime à équiper la totalité de sa flotte avec le système de repérage en temps réel des cétacés : REPCET


La Mer Méditerranée est un lieu de reproduction et de vie très apprécié de nombreux cétacés, comme les rorquals, les cachalots ou les baleines, et notamment aux abords de la Corse. Un accord tripartite entre la France, l’Italie et Monaco pour la protection des mammifères marins a défini en 2002 un espace maritime de 87.500 km², le Sanctuaire Pelagos.

La collision avec des navires étant un des premiers cas de mortalités non naturelles de ces animaux, depuis 2006, 6 à 8 officiers de la Méridionale suivent chaque année la formation « Navigation et Cétacés » (dispensée par l’ENSM). Par ailleurs, la Compagnie a participé à la mise au point du premier système informatique permettant de signaler en temps réel aux autres navires la position des cétacés observés en mer. En juin 2009, elle a ainsi installé un prototype du système de repérage des cétacés sur son navire le Scandola afin d’effectuer des tests. Tous ses navires sont désormais équipés de ce système collaboratif.

Actualités

Tous les ans depuis 2006, les Rendez-Vous de la RSE et de ses innovations est un événement professionnel majeur dans la région PACA valorisant les pratiques RSE dans notre région. Cet évènement a drainé en 2012 plus de 1500 visiteurs. Les prochains « Rendez-Vous de la RSE » se dérouleront au parc Chanot le 14 février 2013. Ils verront la participation de plus de 50 experts régionaux et nationaux, l’organisation de 12 ateliers, 4 mini-conférences, une séance plénière, une séance de clôture, et la présence de plus de 50 stands et un village de l’innovation RSE.
Cette année, la remise des Trophées RSE PACA fera l’objet d’un deuxième évènement qui se tiendra au mois d’octobre 2013 au Silo.
Cela permettra une meilleure valorisation des entreprises et leur laissera plus de temps pour candidater et préparer leur dossier. Ces trophées récompensent les entreprises mettant l’homme, l’environnement, la territorialité et les parties prenantes au centre de leurs préoccupations. Elles sont désignées par un jury associant des syndicats salariés (CFDT, CFTC, FO, CFE-CGC) et patronaux (UP, CGPME, Medef).
Pour mémoire, en 2012 parmi les 10 entreprises qui ont reçu les trophées régionaux, 4 étaient adhérentes à un PRIDES (Pôle Régional d’Innovation et de Développement Economique Solidaire). Le Cluster Paca Logistique serait donc très heureux d’accompagner la candidature d’un - ou plusieurs - de ses adhérents et se tient à votre disposition pour tout renseignement !

Pour plus d'nformation sur le Cluster PACA Logistique et ses publications, visitez le portail : www.cluster-paca-logistique.com


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