| Quelques
données statistiques préliminaires
Dans
le cadre de son métier de consultant, Gilles
Vaquin a procédé à quelques études
qui sont retransmises ici : « des chiffres
sur les accidents dans les entrepôts ont
été publiés de façon disséminée ».
Une synthèse a été établie sur les accidents
liés à l’utilisation de matériels de manutention
dans les entrepôts et dans les cours de
chargement, tant dans les petites entreprises,
que dans les grandes. Ce sont 18 décès qui
ont été dénombrés en 2006, contre 16 en
2005… et 22 en 1991.
«
La courbe est à peu près stable, bien
qu’il y ait beaucoup plus de matériels en
circulation aujourd’hui, ce qui signifie
qu’en valeurs relatives, on est parvenu
à abaisser le taux des accidents mortels
». Toutefois, au global, on dénombre 22
000 arrêts de travail en 2006, 958 d’entre
eux ayant entraîné des invalidités partielles,
voire définitives… représentant au total
826 000 journées de travail perdues. « Ces
chiffres pourraient nettement s’améliorer
s’il y avait une volonté de sûreté dans
les matériels », estime Gilles Vaquin,
ajoutant que « sur les 226 accidents
étudiés par l’INRS, 37 % des personnes décédées
étaient des piétons ! ».
D’autre
part, 31 % des décès sont dus au renversement
du chariot élévateur… Des solutions techniques
existent pour y faire face.
Enfin,
32 % des décès sont dus à des risques divers.
Notamment, 15 décès sont à mettre au compte
de l’imprudence : tel opérateur est monté
sur les fourches d’un chariot élévateur
pour aller chercher une pièce dans un rayonnage,
ou changer une lampe ! Rappelons que dans
le travail en hauteur, l’utilisation des
nacelles est rendue obligatoire !
Comment
éviter qu’un chariot élévateur soit utilisé
à mauvais escient ? « Tout simplement
en interdisant son utilisation à des personnes
non habilitées », répond Gilles Vaquin
: « et ce, grâce à des systèmes techniques
: le chariot élévateur va "lire" une clé
Dallas, une carte à puce ou une étiquette
électronique RFID qui sera couplée au système
de lecture de badge d’accès au site logistique
». La liaison radio permet de faire communiquer
toutes les informations de sécurité. On
fera également usage d’un limiteur de vitesse
du chariot de manutention, susceptible là
encore de réduire considérablement le nombre
d’accidents : le chariot réduira automatiquement
sa vitesse en prenant les virages. Des détecteurs
de chocs équiperont également le chariot,
de façon à le stopper si le cariste venait
à heurter fortement un obstacle fixe (des
rayonnages) : l’opérateur devra aller chercher
son superviseur pour remettre en route le
chariot de manutention. « Bref, les
solutions techniques existent chez les constructeurs
». Il est toujours utile de leur associer
une séance de pédagogie afin d’expliquer
au cariste les risques qui le menacent.
Il convient de responsabiliser chaque cariste,
appelé à utiliser un chariot pendant une
période fixée : « j’ai mis en oeuvre
ce processus chez certains de mes clients
qui comptent jusqu’à 10 utilisateurs différents
de certaines machines, donc 10 codes différents
d’accès », explicite Gilles Vaquin
: « si l’on retrouvait une machine détériorée,
on saurait reconnaître le code d’utilisation
au moment de la défaillance, et retrouver
son conducteur car il est tracé… Voilà comment
on peut responsabiliser chaque opérateur.
Dans certaines entreprises, un budget est
alloué à la casse : l’objectif est d’abaisser
ce budget, la réduction étant susceptible
d’être répartie entre les utilisateurs sous
forme de points bonus ».
On
estime d’autre part à 34 % des feux d’entrepôts
qui ont une origine malveillante, alors
que dans d’autres secteurs, cette cause
arrive à la 3e ou à la 4e place parmi les
causes d’incendie.
Attention
! Les valeurs annoncées relatives aux actes
de malveillance proviennent, selon Olivier
Lagneaux (DRIRE), des assureurs.
Or tous les sinistres ne sont pas nécessairement
déclarés, notamment lorsqu’intervient une
franchise : si celle-ci est supérieure au
coût réel de la malveillance, on ne fait
pas de déclaration.
Les
aménagements du bâtiment logistique
Dominique
Le Tainturier constate qu’il n’est
pas possible de concevoir une plate-forme
logistique sans avoir à l’esprit tout à
la fois la sûreté et la sécurité, et sans
tenir compte des items se rapportant tant
à l’évacuation qu’à la problématique de
l’intrusion. Comment aménager une plate-forme
pour que l’accès ne soit pas trop facile
(éviter l’intrusion), mais aussi que cet
accès soit tout de même suffisamment facile
(permettre aux pompiers d’intervenir le
cas échéant).
Toujours sur la problématique de la sûreté,
Jean-Pierre Pasquier (Quille)
préconise une action sur les issues de secours
de façon à ce qu’elles soient non-décondamnables
de l’extérieur : on peut toujours les ouvrir
de l’intérieur, mais jamais de l’extérieur…
Ce qui n’est pas la situation idéale pour
les SDIS. « Nous essayons de ne pas
mettre d’accès direct entre les locaux techniques
(chaufferies, locaux de transformateurs…)
et l’entrepôt. Pas de baies vitrées sur
la hauteur des deux premiers mètres de l’entrepôt…
Ce qui toutefois pourrait être critiqué
par l’Inspection du Travail en cas de présence
de postes fixes. Une autre solution serait
de grillager les parties vitrées ».
À propos de la sécurité incendie : «
il est impossible de se passer des lanterneaux
de désenfumage. Ils sont barreaudés
». Il en va de même des éclairages zénithaux
par lanterneaux : eux aussi sont souvent
barreaudés. Le barreaudage sert à deux composantes
de la sûreté : il empêche la chute dans
les lanterneaux lorsque ceux-ci sont ouverts.
Le barreaudage permet aussi d’éviter le
risque de passer au travers de lanterneaux
zénithaux, au cas où quelqu’un viendrait
à heurter l’un d’eux. Les accès en toiture
sont nécessaires, puisqu’il faut bien les
entretenir. Généralement, ils sont réalisés
par des échelles à crinoline — conçues et
fabriquées en respect de la norme Française
NF E 85010 — condamnables.
Les
accès aux bureaux et aux locaux sociaux
sont généralement sécurisés au moyen de
digicodes, ou d’autres systèmes de contrôle
d’accès. Les menuiseries extérieures aux
bureaux sont bien souvent conçues avec des
vitrages retardateurs d’effraction. Les
locaux d’accueil de chauffeurs (y compris
salle de repos, sanitaires et douches) sont
usuellement à l’extérieur, sans accès direct
avec l’entrepôt, ou au travers d’un sas
gardienné.
On
peut compléter ces moyens en doublant les
clôtures par l’extérieur soit avec des haies
défensives, soit par des fossés interdisant
le lancement d’un véhicule bélier. Attention
aussi aux merlons faisant obstacle au flux
thermique : ils peuvent faciliter l’intrusion
!
Mais
la vulnérabilité des bâtiments, c’est quoi
au juste ?
«
Quels sont les outils à mettre en place
pour éviter l’intrusion et réduire la vulnérabilité
des bâtiments ? », s’interroge Dominique
Le Tainturier qui souhaite l’intervention
de Pierre Chapon (Siemens) s’apprêtant à
suivre la voie tracée par Jean-Pierre Pasquier
(Quille) sur les différents volets de la
vulnérabilité technique.
«
Tout est une question de temps
», affirme-t-il : « il faut gêner l’intrus
dans sa progression, le retarder par des
objets physiques, des grilles, des portes
qui ferment bien ». Sans oublier de
jouer également sur le temps en détectant
l’intrusion le plus précocement possible
sur le périmètre de l’enceinte, puis à la
périphérie du bâtiment, en protégeant les
vitres, les portes… Une démarche qui ira
jusqu’à la protection de l’objet que l’on
veut soustraire à la convoitise. Sans oublier
de transmettre l’information issue de la
détection.
La
mise en oeuvre de moyens électroniques s’impose,
certes. Mais au préalable, n’oubliez pas
les règles d’usage : ne pas mettre un objet
de valeur près d’une paroi, mais plutôt
au centre du risque. Il ne faut pas le cacher,
mais plutôt l’éclairer pour gêner le malfaiteur.
«
Il existe de nombreuses possibilités
techniques et électroniques pour ralentir,
voire arrêter l’acte malveillant… Mais avant
de définir la solution à adopter, il convient
de se poser les bonnes questions : contre
qui veut-on se protéger ? Quel est le risque
à éviter ? Est-ce la perte du patrimoine
? La perte d’un objet rare, unique ? Ou
celle d’un process de fabrication ?».
Qui est le prédateur : un malfrat du quartier,
ou la personne indélicate désireuse d’emprunter
un objet rare du patrimoine ? Les personnes
incriminées, sont-elles bien entraînées
? Quel temps se sont elles données pour
parvenir à leurs fins ? Il faut tenir compte,
dès le début du projet, de ces différents
risques, mais aussi identifier les menaces
à éviter (Le vol ? L’agression d’une personne
? L’incendie ?). La réponse à toutes ces
questions permettra de bâtir une stratégie
de protection adaptée aux risques. « Ces
considérations font partie de notre approche
globale : celle-ci est très mathématique.
En effet, le risque est le produit de la
menace par la vulnérabilité… Il faut d’abord
s’occuper des menaces, puis quantifier la
vulnérabilité du site ». Cette vulnérabilité
est bien souvent d’ordre humain, celle de
personnes ayant très envie de parler et
de donner (même involontairement) moult
informations à des malfaiteurs. Ceux-ci
apprendront que telle porte n’est pas toujours
fermée le soir… « Il faut faire passer
le mot d’ordre de la discrétion au sein
de nos équipes ! ».
Y
a-t-il des indicateurs de performances à
mettre en place en matière de sûreté ?
Les logisticiens ont déployé de nombreux
indicateurs de performance, susceptibles
d’être utilisés pour mesurer la sûreté.
Ainsi, l’utilisation d’un matériel roulant
(le chariot de manutention) est susceptible
d’être mesurée par le nombre d’heures de
fonctionnement. On pourrait imaginer de
diviser cette mesure par le nombre d’accidents,
et ramener le résultat au coût de l’accident,
pour trouver un bon indicateur.
Pourrait-on
imaginer de même un indicateur pour qualifier
la conception d’un bâtiment, en tenant compte
du nombre d’intrusions ? « On n’a pas
ce genre d’indicateur », répond Jean-Pierre
Pasquier (Quille). « C’est l’assureur
qui est actuellement le mieux placé pour
tenir les comptes de la malveillance
».
Venons-en
aux entrepôts classés ICPE (Installations
classées pour la Protection de l’Environnement)
Il revient à Olivier Lagneaux (DRIRE)
de nous éclairer sur ces établissements.
| Pour
mémoire, selon l’article 511-1 du
Code de l’Environnement, les installations
classées se réfèrent aux installations
exploitées ou détenues par toute personne
physique ou morale, publique ou privée,
pouvant présenter des dangers ou des
inconvénients pour la commodité, la
santé, la sécurité, la salubrité publique,
l’agriculture, l’environnement, la
conservation des sites et des monuments,
ainsi que des éléments du patrimoine
archéologique. Le régime des ICPE
est issu d’une loi du 19 juillet 1976,
aujourd’hui codifiée aux articles
L 511-1 et suivants du Code de l’Environnement,
et de son décret d’application du
21 septembre 1977. Cette loi de 1976
a remplacé une loi du 19 décembre
1917 qui classait les établissements
selon trois critères : insalubre,
dangereux ou incommode. Ces installations
et activités sont inscrites dans une
nomenclature, et doivent obtenir une
autorisation préfectorale, ou être
déclarées avant leur mise en service,
suivant la gravité des dangers ou
inconvénients qu’elles peuvent présenter. |
Pour
chacune des rubriques de la nomenclature
figurent le rayon d’affichage, c’est-à-dire
le périmètre au sein duquel doit être organisée
l’information préalable au public, et le
régime dont relève l’activité ou le produit
:
- A, pour Autorisation,
- D, pour Déclaration,
- La catégorie S concerne les installations
devant faire l’objet des servitudes, c’est-à-dire
essentiellement les installations Seveso
et présentant des risques technologiques
majeur
- L’organisation de la nouvelle nomenclature
:
o Série des 1000 : classement par substances.
Par exemple, 1 400 pour les substances inflammables.
La rubrique n° 1510 concerne le stockage
de matières, produits ou substances combustibles
[tout ce qui peut brûler, palettes et emballages
compris] en quantité supérieure à 500 t
dans des entrepôts couverts, le volume des
entrepôts étant supérieur ou égal à 50 000
m3 (régime A), supérieur ou égal à 5 000
m3, mais inférieur à 50 000 m3 (régime DC).

o
Série des 2000 : classement pas activités
(par exemple : 2 300 pour les activités
liées aux textiles, cuirs et peaux).
A
titre d’exemple donné par Olivier Lagneaux,
dans l’arrondissement du Havre, sont instruits
bon an, mal an, entre 4 et 6 dossiers de
nouveaux entrepôts soumis autorisation.
« Les règles du jeu sont à peu près
connues, dans la mesure où la réglementation
est quelque peu "fluctuante" du fait de
ses évolutions et du retour d’expérience
». Et Olivier Lagneaux de donner l’exemple
du lamellé-collé dont sont constitués de
nombreux entrepôts, classé jusqu’alors M0…
et qui ne devraient plus l’être à terme.
Ce classement M correspond à la réaction
au feu d’un matériau, c’est-à-dire son aptitude
à s’enflammer, à contribuer au démarrage
et à la propagation de l’incendie.
Le
classement M compte 6 catégories :
- M0 pour les matériaux incombustibles,
- M1, non inflammables,
- M2, difficilement inflammables,
- M3, moyennement inflammables,
- M4, facilement inflammables,
- M5, très facilement inflammables.
|
Ce
système va disparaître petit à petit du
fait de la mise en application de la Directive
Produit de Construction (DPC) qui impose
le marquage CE sur les produits. Il va faire
place au système de classification européen
appelé Euroclasse. Les classes A1 à F remplacent
M0 à M4 dès lors que le marquage CE du produit
entre en vigueur, c’est-à-dire pour les
produits qui ne requièrent pas d’essai en
vue d’une classification.
«
La réalisation d’un dossier Installation
Classée peut être l’occasion d’une réflexion
de l’exploitant (et de son bureau d’études)
en quête de la solution globale la mieux
adaptée à sa situation », commente
Olivier Lagneaux. Ce dernier note que la
rubrique n° 1510 est une réglementation
franco-française : en Europe, la directive
Seveso impacte les installations classées,
et il revient à l’Etat membre de décider
des normes de sécurité à appliquer derrière
ses propres frontières… En fait, une concurrence
existe entre les Etats membres : il n’existe
pas [encore] de texte européen permettant
d’uniformiser les pratiques, de sorte que
certaines entreprises françaises peuvent
être amenées à subir cette concurrence de
la part d’autres s’implantent dans des pays
où la réglementation est moins contraignante,
où l’on ne s’intéresse qu’aux issues de
secours et au travail en grande hauteur,
sans se préoccuper des normes de détection
d’incendie… Ainsi en est-il d’industriels
chinois implantant leur entrepôt en Europe,
peu importe que celui-ci soit localisé en
France, en Allemagne ou en Belgique, pourvu
que les coûts soient minimalisés.
Sous l’impulsion de Pierre Chapon
(Siemens), le débat s’oriente vers un aspect
particulier de la réglementation, faisant
intervenir la rubrique 2662 (stockage de
matières plastiques, caoutchoucs, élastomères,
résines et adhésifs synthétiques) et la
rubrique 2663 (stockage de pneumatiques
et produits dont 50 % au moins de la masse
totale unitaire est composée de polymères
: matières plastiques, caoutchoucs, élastomères,
résines et adhésifs synthétiques). Sont
classées les installations pour lesquelles
le volume susceptible d’être stocké est
- supérieure ou égale à 1 000 m3 dans le
cas de la rubrique 2662, ou 2 000 m3 dans
le cas de la rubrique 2663 : régime de l’Autorisation,
- supérieure ou égale à 100 m3, mais inférieure
à 1 000 m3 dans le cas de la rubrique 2662,
supérieure ou égale à 200 m3, mais inférieure
à 2000 m3 dans le cas de la rubrique 2663
: régime de la Déclaration.
Dans
le cas du régime de Déclaration, il est
préconisé d’installer des détecteurs de
fumée. « En effet, explique Pierre
Chapon, un foyer d’incendie dans un
dépôt de matières plastiques ne se développe
pas de la même manière que dans un dépôt
de bois. On observe une longue période durant
laquelle le feu couvant émet des aérosols
de combustion sans pour autant développer
de flammes, ni d’élévation suffisante de
température pour mettre en oeuvre le sprinklage
».
Dans
une installation renfermant à la fois des
substances classées 1510 soumises à Autorisation,
et 2662 soumises à Déclaration… le régime
d’autorisation l’emporte sur le régime déclaratif.
« Tel est le droit », juge Olivier
Lagneaux (DRIRE), « le Code de l’Environnement
laisse une place à l’arbitrage par un arrêté
préfectoral qui, s’il ne peut contredire
l’arrêté ministériel, est susceptible de
prévoir différentes solutions, notamment
la détection de fumée ».
La
bonne information bien transmise
Dominique
Le Tainturier s’interroge : « dès
lors que l’on a détecté un événement malveillant,
il y a lieu de supposer qu’on a besoin
d’outils pour prévenir… Mais qui ? Comment
? Dans quelles conditions ? ». Il
faut transmettre l’information pour pouvoir
agir.
La
présence d’un poste de surveillance est
bienvenue : l’intervention peut être très
rapide du fait de la présence d’opérateurs
sur place, connaissant bien le site. Leur
action est complétée par des postes de télésurveillance
agréés par les sociétés d‘assurance : ils
sont aptes à saisir l’information, l’horodater,
la contrôler, et la transmettre de manière
à faire intervenir un personnel interne
(les cadres de l’entreprise, le personnel
d’astreinte) disponible au moment requis.
De
quoi sera fait demain ?
«
Quelles sont les technologies émergentes
? », s’interroge Dominique Le Tainturier
: « que pensez-vous de la nécessité
de mise à jour des systèmes électroniques
de protection des entrepôts ? ».
Pierre
Chapon (Siemens) répond en premier
: « il est essentiel de rendre crédible
l’alarme. C’est surtout ce qui est cherché
pour le moment ». Il faut éviter que
l’alarme anti-intrusion se déclenche intempestivement,
et ce, en couplant plusieurs phénomènes
physiques (ultrasons, infrarouges…) de manière
à les rendre intelligents le plus possible.
Du
côté des contrôles d’accès, un badge peut
se perdre ou être donné, un digicode n’est
pas inviolable du fait des traces de doigt
que l’on laisse sur les touches… « En
matière de contrôle d’accès, on se dirige
vers la biométrie, l’empreinte digitale,
l’empreinte rétinienne… ». De tels
systèmes innovants sont d’ores et déjà commercialisés
: leur rapidité de détection est un critère
important, dans la mesure où il faut contrôler
un flux de personnes traversant un portique
(pas question de faire la queue pour aller
travailler !). « La recherche porte
également sur l’amélioration de la maintenabilité
des systèmes : on s’oriente vers la télémaintenance
afin de pouvoir intervenir à distance, sans
avoir à se déplacer ».
Revenant
sur les statistiques d’accidents, Gilles
Vaquin note que « les accidentés ne
vivent pas nécessairement dans l’entrepôt.
Certains, tels que le chauffeur de camion,
ne pénètrent que périodiquement dans l’entrepôt.
Nous nous attendons à ce que très prochainement,
une solution soit mise au point pour la
détection homme-machine et machine-homme…
Lorsqu’un intervenant extérieur pénétrera
dans l’entrepôt, on lui confiera un badge
possédant une adresse électronique. Il sera
prévenu par un signal sonore dès qu’un matériel
de manutention se rapproche de moins de
20 m de lui. Le conducteur du chariot sera
lui aussi prévenu de la présence d’un piéton
à proximité de lui ». D’autres technologies
: téléphone portable, Wi-Fi, RFID… vont
nous permettre de communiquer les uns avec
les autres au sein de l’entrepôt.
«
Il y aura aussi lieu de mettre en place
des mesures organisationnelles… Des mesures
indispensables pour la maintenance des sites
logistiques et l’amélioration concomitante
de l’accidentologie », estime Gilles
Vaquin.
Qu’en
est-il de l’avenir en matière de conception
des bâtiments ? Jean-Pierre Pasquier
(Quille) répond en faisant état
des bâtiments écologiques, intégrant le
développement durable. « Sur les plates-formes
logistiques, on a tendance à voir des bâtiments
qui grandissent, qui s’approfondissent…
Auparavant, il n’était pas rare de trouver
des bâtiments de 100 m de profondeur… On
commence à trouver des bâtiments de 120
m, 130 m, ou 140 m, ce qui n’est pas sans
poser quelques problèmes quant à la sécurité
contre l’incendie. Problèmes de gestion
des issues de secours d’abord : dans une
construction locative où la cellule voisine
est occupée par une autre entreprise, comment
gérer l’issue de secours qui se trouve dans
le mur coupe-feu ? De quel côté l’ouvrir
? Une réflexion s’impose sur la problématique
qui en découle ». Quant aux chariots
élévateurs, ils imposent la présence de
locaux de charge, implantés habituellement
à l’opposé des bâtiments, ce qui impose
au cariste parvenant en fin de sa journée
de travail de traverser toute la zone de
stockage pour retourner à son vestiaire…
Ceci ne représente pas la solution idéale
eu égard aux accidents des piétons traversant
la zone de manoeuvre des machines de manutention.
Le fait de disposer les chargeurs juste
derrière les locaux sociaux et les bureaux
conduit par ailleurs à s’interroger sur
les rayonnements électromagnétiques. Bien
d’autres problèmes se posent qu’il va bien
falloir revoir : la gestion de l’eau, la
gestion des déchets...
Voir
également : le compte rendu de la
table ronde n°2 : La maîtrise des risques
dans la chaîne logistique intégrée

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