| Logistique
et démarche HQE
«
Un projet pilote est en cours de développement
à Saint-Quentin Fallavier sur 45
000 m² d’entrepôt logistique
et 3000 m² de bureaux »
poursuit Mathias Copy. Un site connecté
à l’autoroute A43, qui sera
embranché fer. Il prend appui sur
le référentiel HQE élaboré
par le CSTB et sa filiale Certivéa.
Qu’en est-il de ce référentiel
HQE ? La Haute Qualité Environnementale
(HQE) se définit comme une démarche
de management de projet visant à
obtenir la qualité environnementale
dans une opération de construction
ou de réhabilitation. L’obtention des performances
environnementales de l’ouvrage est autant
une question de management environnemental
qu’une question architecturale et technique.
« L’une des méthodes les plus fiables
pour y parvenir est de s’appuyer sur une
organisation efficace et rigoureuse du projet
» dit Mathias Copy. C'est pourquoi le référentiel
technique de certification est structuré
en deux volets permettant d’évaluer les
performances atteintes sur les éléments
structurants de la démarche HQE :
- le référentiel du Système de Management
de l’Opération (SMO) pour évaluer le management
environnemental mis en oeuvre par le maître
d’ouvrage ;
- le référentiel de la Qualité Environnementale
du Bâtiment (QEB) pour évaluer la performance
architecturale et technique de l’ouvrage.
La
mise en oeuvre d’un Système de Management
d’Opération permet de définir la Qualité
Environnementale visée pour le bâtiment
et d’organiser l’opération de façon à l’atteindre,
tout en maîtrisant l’ensemble des processus
opérationnels liés à la programmation, la
conception et la réalisation de l’ouvrage.
La
Qualité Environnementale du Bâtiment vise,
quant à elle, 14 cibles (ensembles de préoccupations)
à un niveau très performant, qu’on peut
regrouper en 4 familles :
Site
et construction
Cible n° 1 : Relation du bâtiment
avec son environnement immédiat,
Cible n° 2 : Choix intègre des
produits, systèmes et procédés
de construction,
Cible n° 3 : Chantier a faible impact
environnemental,
Gestion
Cible n° 4 : Gestion de l’énergie,
Cible n° 5 : Gestion de l’eau,
Cible n° 6 : Gestion des déchets
d’activités,
Cible n° 7 : Maintenance – Pérennité
des performances environnementales,
Confort
Cible n° 8 : Confort hygrothermique,
Cible n° 9 : Confort acoustique,
Cible n° 10 : Confort visuel,
Cible n° 11 : Confort olfactif,
Santé
Cible n° 12 : Qualité sanitaire
des espaces,
Cible n° 13 : Qualité sanitaire
de l’air,
Cible n° 14 : Qualité sanitaire
de l’eau,
Dans
les entrepôts, six thèmes sont considérés
par le maître d’ouvrage. Ils se déclinent
également sur les 14 cibles :
- Aménagement durable du territoire : diagnostic
de site, choix de la localisation, mode
de transport, maîtrise des flux, etc.
- Aménagement durable de la parcelle : accès
et flux sur la parcelle, paysage, aspect
architectural…
- Adaptation du bâtiment au procédé : fonctionnalité
des espaces, distances de déplacement, conception
des quais de chargement, confort des postes
de travail (éclairés, chauffés, vue sur
l’extérieur, éviter à tout prix la climatisation
dans les bureaux de façon à ne consommer
que 45 à 50 kWh/m², bien inférieure au label
THPE de Très Haute Performance Énergétique),
ergonomie, flexibilité (ICPE, adaptabilité
aux différentes rubriques).
- Conditions de travail et management :
locaux sociaux, qualité des ambiances intérieures
: mobilier, couleurs, limitation du bruit,
diminution de la pénibilité (passages de
portes et joints de dalles), formation des
salariés au système de management environnemental,
communication au personnel, système de management
de l’environnement ISO 14001.
- Confort et économie d’énergie
o des bureaux d’exploitation : isolation,
consommations, énergies renouvelables, GTC,
éclairage naturel, etc.
o des entrepôts (chauffés ou non) : énergies
renouvelables, GTC, éclairage, confort d’été
(consommation pour le chauffage le cas échéant,
Bilan Carbone, si non chauffés),
- Bâtiment : choix des matériaux, environnement
et santé : durée de vie, pérennité des performances,
entretien et maintenance, risques sur la
santé et l’environnement (avec des objectifs
très précis tels que : interdire le PVC,
classification EUCEB des isolants), emploi
du bois, emploi des matériaux recyclés ou
recyclables, matériaux locaux, économie
d’eau potable, gestion des déchets, chantier
vert…
«
Il est vrai que la démarche HQE dépend
étroitement du comportement des utilisateurs
» souligne Mathias Copy. « Ainsi, est-il
vain de chercher à se passer de la climatisation
si certains salariés apportent leur propre
source portative de chauffage, ainsi qu’une
lampe à halogène de 500 W pour subvenir
à l’éclairage naturel fourni par les puits
de lumière ou à la led qui ne les satisfait
pas ». On en est même venu lors de
simulations thermiques, à comparer les qualités
thermiques du béton et celles du pisé, système
constructif monolithique en terre crue compactée
dans un coffrage, répandu dans la région
Rhône-Alpes. Le pisé restitue au cours de
la nuit de la fraîcheur qu’il emmagasine
le jour : c’est donc un matériau vivant,
c’est-à-dire qu’il respire, absorbe et restitue
l’air et l’humidité ambiante. En outre,
la recyclabilité du pisé en fin de vie du
bâtiment est une caractéristique intéressante.
Malheureusement, aucun constructeur n’est
en mesure d’offrir une garantie décennale
pour le bâtiment logistique qui adopterait
le pisé.
«
L’ADEME soutient toutefois ce genre
de démarche et aidera toute demande de construction
de bâtiment logistique HQE en Rhône Alpes
avec une prise en charge jusqu’à 50% des
coûts liés à l’assistance à maîtrise d’ouvrage,
ce qui est le cas de ce projet d’entrepôt
logistique » indique Mathias Copy.
Qualité
environnementale des bâtiments Plate-forme
logistique




La
méthode de calcul de l’Indice
Carbone de Casino
Depuis
2002, le Groupe Casino a mis en place une
démarche de développement durable. Il a
fait appel en 2006 à un organisme indépendant
et reconnu, Bio Intelligence Service (cabinet
spécialisé dans le développement durable)
pour élaborer une méthodologie spécifique
à la grande distribution et utilisable par
tous les industriels. Cette méthodologie
a été validée par l’ADEME qui a apporté
au projet son expertise technique et son
soutien financier.
Parmi
les grands enjeux environnementaux, la lutte
contre le réchauffement climatique est l’un
des plus importants. Ainsi, le Groupe Casino
a-t-il réalisé le Bilan Carbone de ses activités
afin d’identifier les principaux postes
émetteurs de gaz à effet de serre, responsables
du réchauffement climatique. De cette démarche,
sont nées des actions très importantes (optimisation
du transport de marchandises, modernisation
des éclairages des magasins...), mais également
une volonté d’améliorer le profil environnemental
des produits Casino.
Pour
répondre aux préoccupations et aux attentes
environnementales des consommateurs, le
Groupe Casino a décidé de travailler sur
un indicateur innovant qui sera apposé sur
les produits à sa marque. Ce nouvel étiquetage
qui apporte plus de transparence sur les
produits, permettra aux clients de devenir
"acteurs" de leurs consommations en maîtrisant
un paramètre supplémentaire. Cette démarche
s’inscrit dans la philosophie des démarches
qualité initiées par le Groupe Casino depuis
son origine.
Le
calcul de l’Indice Carbone Casino est une
première du genre. La collecte des données
environnementales a débuté en janvier 2007
et a permis d’étudier plus de 600 produits
auprès de 150 fournisseurs directs de Casino,
afin de couvrir l’ensemble du cycle de vie
des produits, depuis les matières premières
jusqu'au point de vente final.
Cet
indice s’intéresse aux cinq étapes du cycle
de vie ("du berceau à la tombe") de chaque
produit :
1) étapes de production (agricoles
pour les produits alimentaires),
2) fabrication du produit,
3) transport, depuis le champ jusqu’aux
entrepôts Casino,
4) emballages, depuis l’extraction
des matières premières jusqu’au
recyclage en fin de vie,
5) distribution, depuis les entrepôts
Casino jusqu’au domicile du consommateur.
Deux
indicateurs sont analysés: l’indicateur
Transport et l’indicateur Distribution.
Que cherche-t-on à calculer
dans l’indicateur Transport ?
Les émissions de gaz à effet
de serre par le transport du produit, du
champ aux entrepôts Casino :
- du champ au fournisseur, c’est la distance
moyenne parcourue par l’ensemble des composants
du produit (ingrédients, produits semi-finis
et emballages), au prorata de leur masse
:
o du champ au fournisseur pour les ingrédients
et les produits semi-finis,
o du fabricant au fournisseur pour les emballages
(emballage primaire, regroupement et palettisation),
- du fournisseur aux entrepôts Casino :
distance moyenne parcourue par le produit
fini et son emballage, du fournisseur aux
entrepôts, au prorata des volumes livrés
par entrepôt.
Et
ce, à partir des facteurs d’émission issus
de la méthode Bilan Carbone, par mode de
transport utilisé par chaque élément entrant
dans la composition du produit. On souhaite
à l’ADEME que l’étiquetage Carbone aide
le consommateur à faire son choix, en favorisant
les producteurs locaux. Que
cherche-t-on à calculer dans l’indicateur
Distribution ? Les émissions
de gaz à effet de serre générées par l’étape
de distribution du produit, c’est-à-dire
l’activité des entrepôts, les transports
des entrepôts vers les magasins, l’activité
des magasins Casino, et les transports entre
les magasins et les clients finals. Et ce,
à partir des émissions de gaz à effet de
serre recensées par le Groupe Casino lors
de la réalisation de son Bilan Carbone alloués
au produit, en distinguant les produits
frais et surgelés, de ceux conservés à température
ambiante, sachant que :
- les émissions liées aux fuites de fluides
frigorigènes ont été allouées exclusivement
aux produits frais,
- les consommations d’électricité ont été
allouées principalement aux produits frais,
- les autres émissions ont été allouées
à l’ensemble des produits présents en magasin.
L’objectif
est d’apposer un pictogramme symbolisé par
une feuille verte sur la face avant des
emballages des produits Casino. L'Indice
Carbone Casino qui s’y trouve mentionné
indique la quantité de gaz à effet de serre
émise pour 100 g de produit. Lorsque la
taille de l’emballage le permet, un complément
d’informations sera disponible au dos par
le biais d’une réglette verte. Cette dernière,
dont les graduations ont été fixées avec
l’ADEME, permet de situer rapidement l’impact
environnemental du produit acheté, précisant
également le potentiel de recyclage de ses
emballages.

Pour
encourager les consommateurs à trier correctement
tous les emballages afin de maximiser le
taux de recyclabilité, le produit porte
une étiquette en 2 parties : le côté vert
clair indique quel pourcentage de l’emballage
sera recyclé (compte tenu du tri actuel
des ménages), tandis que le côté vert foncé
indique le pourcentage qui pourrait être
recyclé si tous les consommateurs triaient
correctement leurs déchets.
Casino
lance ainsi le premier étiquetage environnemental
complet en France. Une première vague de
produits Casino (3,5 millions d’unités vendues)
est concernée depuis juin 2008 :
- Yaourt pot verre *4 nature
- Yaourt pot verre *4 vanille
- Yaourt pot verre *4 citron
- Soda Ondilège framboise cranberry
- Soda Ondilège pomme litchi
- Préparation pour pâte à pizza
- Préparation pour pâte à crêpes,
- Préparation pour moelleux nature,
À
la fin 2008, ce sont plus d’une centaine
de produits qui sont concernés, puis progressivement,
la totalité des produits de marque Casino
(plus de 3000 références alimentaires de
la marque Casino), de façon à ce que le
consommateur connaisse l’empreinte Carbone
de ses achats.

Par
la mise en place de cet étiquetage, Casino
s’engage à travailler sur la réduction de
l’Indice Carbone de ses produits, car des
optimisations sont toujours possibles :
perfectionnement de l’emballage du produit,
modernisation du parc automobile, utilisation
d’énergies renouvelables, etc. À titre d’exemple,
au travers du changement d’emballage des
lardons de saumon (modification des modalités
d’emballage et de transport), l’Indice Carbone
est passé de 940 g de CO2 initialement,
à 880 g. L’impact de la localisation du
fournisseur apparaît clairement, par exemple
pour une boîte de conserve d’un produit
identique. L’Indice Carbone est de :
- 225 g de CO2 pour une boîte origine
France avec transport par camion uniquement,
- 235 g de CO2 pour une boîte originaire
d’Inde avec transport par bateau et
par camion,
- 305 g de CO2 pour celle originaire d’Ukraine
avec transport par camion uniquement.
Il
s’avère par conséquent possible de parler
de logistique verte à condition d’adopter
une approche globale au travers de démarches
appliquées à un site de production ou de
service (management de l’environnement SME
ISO 14001, www.123environnement.fr, ou EMAS,
ou HQE), intégrant toutes les problématiques
liées à la fabrication et au site de production
ou d’activités. Comme à des démarches appliquées
à un produit ou un ensemble de produits
sur l’ensemble du cycle de vie.
Propos recueillis par Jean-Claude Festinger

|